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 Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]

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MessageSujet: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Ven 18 Mai - 3:46

    Le soleil était à son zénith et dardait ses rayons d’or sur la côte. Mordun. Cette cité avait longtemps peuplé l’esprit d’Azëhyr. Alors que certains la considéraient comme une simple mais fleurissante ville portuaire, le jeune Nocturne voyait en elle toute la richesse d’un monde qu’il s’obstinait à renier. Mais en ces temps troubles où le souverain Knox Dee’laguer était recherché et donc, en conséquence, rongé par la peur, Azëhyr préférait se tenir loin de tout. En réalité, il n’avait été envoyé en Ekalesias que pour le simple meurtre d’un marchand ni trop riche, ni trop pauvre. Mais le désire incessant de voir de ses propres yeux la capitale l’avait forcé à faire un détour vers Mordun. De pareilles cités étaient pour lui quelque chose d’insolite. Là, perché sur un rocher surplombant la côte et observant la cité en contrebas, il semblait perdu. Comme s’il ne comprenait pas qu’elle force avait permis aux humains et aux autres pour construire pareille ville.

    Une fine brise se leva, balayant les cheveux d’Azëhyr. Il ne bougeait pas, les yeux perdus désormais loin vers l’océan. Ainsi, il aurait resté des heures durant. Pourtant, une curiosité sans faille s’étreignait et le forçait à descendre pour observer Mordun de plus près. Il quitta son rocher et entama sa dénivelée. La plainte sempiternelle qui hantait d’habitude son esprit s’était étrangement tu ce jour-là, laissant le jeune Nocturne dans le silence de son âme corrompue. Le soleil aussi, cuisant ce jour-là, était quelque chose d’insolite pour lui. Sa peau blanche ne le supportait pas facilement, tout comme ses yeux sombres. Arrivé à bon port -oui, c’était le cas de le dire-, le premier désir d’Azëhyr fut de toucher l’eau de la mer. Mordun ne se trouvait qu’à quelques centaines de mètres de là, et le jeune Nocturne apercevait déjà des voyageurs sur les chemins et aux portes de la cité. L’assassin plongea sa main dans l’eau azur. Il fut comme émerveillé de constaté que sa peau ne prenait pas une couleur bleue comme celle de la mer.

    Il s’assit donc au bord de l’eau, sur les rochers acérés de la côte. Ceci était complètement imprudent, mais il s’en fichait. Il fallait savoir une chose : lorsqu’Azëhyr était laissé seul dans le vaste monde, plutôt que sous l’emprise du « Souverain » Knox Dee’laguer, il prenait presque plaisir à faire des choses insensées, même en ayant conscience de se mettre en danger. Et après tout, il ignorait tout des principes qui régissaient ce monde ces temps-ci, mis à l’écart de tout savoir durant de nombreuses années. Ce fut aussi pourquoi il fut plutôt surpris de voir arriver au bout de quelques minutes un humain, tenant dans sa main un long et fin bâton où était accrochée une corde. Pour Azëhyr, il s’agissait d’un arc raté. Pour le pêcheur, il s’agissait sans aucun doute d’une canne à pêche. Le jeune Nocturne se releva prestement et recula de plusieurs pas. Mais en réalité, ce n’était pas lui le plus intrigué mais craintif des deux. Le nouveau venu laissa tomber son matériel au sol. Dans ses yeux passa une étincelle de peur.

    Ce fut cette dernière qui réveilla en Azëhyr sa folie meurtrière qu’il avait pourtant réussi à contenir jusqu’ici. C’était comme si l’Eden venait soudain de se briser, laissant place à l’Enfer. Il dégaina son poignard et en un dixième de secondes, il se trouvait déjà devant le pauvre pêcheur effarouché. Ce dernier brandit sa canne à pêche devant lui comme pour se défendre et ouvrit la bouche pour hurler mais un piètre gémissement quitta ses lèvres. La terreur nouait son estomac. En un bon, Azëhyr se retrouva derrière son ennemi et lui trancha la gorge. Tout s’était passé très vite, et plutôt proprement. Le cadavre de l’homme tomba au sol, inerte. Le jeune Nocturne s’était subitement raidi, ses mains tremblaient irrégulièrement, si bien qu’il dû rengainer son poignard pour éviter de le lâcher. Il dévisagea quelques instants le corps de sa victime. Il ne se posa qu’une question : « Un mort peut-il ressentir la douceur de l’eau ? » Alors hâtivement, Azëhyr se saisit du cadavre par les bras et le tira jusqu’à la mer à un bon mètre de là. Puis d’un geste, il l’envoya briser la surface limpide de l’eau.

    L’assassin observa le corps couler. Les petites bulles disparurent bientôt, ne laissant qu’un silence pesant et une flaque de sang aux pieds du jeune Nocturne. L’adrénaline circulait encore dans les veines de ce dernier. Il s’agenouilla finalement et enlaça son corps avec ses bras, dans un geste plutôt étrange. Ses mains tremblantes tachées du sang de sa victime souillèrent ses fines guenilles noires. Mais il n’y prit pas attention, il s’en fichait. En réalité, Azëhyr se fichait de beaucoup de choses. Dans l’eau face à lui se distinguait toujours les reflets rougeâtres du sang du pauvre pêcheur. Le Nocturne finit par ne plus bouger, pourtant conscient qu’un autre ennemi pouvait arriver ici à tout instant.


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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Ven 18 Mai - 19:54

Mordun. Capitale que je n’apprécie pas particulièrement, comme toutes les régions du continent de Merak d’ailleurs. Moi qui a vécu mon enfance en mer sans presque jamais mettre pied à terre, moi qui a été prisonnière de la terre pendant les autres années. Ce n’est toutefois pas un choix que je fais, je dois suivre cette piste… une piste qui commence ici, qui me mènera, je l’espère, à découvrir ce que je convoite.

Les soleils brillaient dans ce ciel auquel je n’accordai aucune importance. Je me rendis sur le quai à la recherche d’un certain Edgard Winehe dont j’avais entendu parler. Semblerait-il que cet homme avait vu de ses propres yeux les voiles grises à travers un brouillard épais. Semblerait-il… qu’il savait qui j’étais. C’est ce que j’allais découvrir. Je marchai sur le quai d’un pas lent, cherchant du regard le navire décrit par quelques pirates ivres. Je m’arrêtai devant un homme qui s’afférait à rentrer des caisses sur le pont de son navire. Il était plutôt grand, la barbe grisonnante et le corps recourbé par les années. Une balafre traversait son visage, vestige d’une de ses batailles en mer. Il portait des vêtements déchirés et une odeur nauséabonde se dégageait de sa personne. S’essuyant le front en déposant l’une de ses caisses, il releva ses yeux marron vert moi, un sourire pervers au visage. Même s’il connaissait mon nom, il ne me reconnaissait pas d’apparence… La dernière fois qu’il m’aurait vu, j’avais sept ans.

« Que voulez-vous ma p’tite dame? Vous regardez un homme au travail…? » Dit-il sur un ton moqueur en s’essuyant les mains sur ses vêtements.

J’arquai un sourcil en le regardant, mon visage ne trahissait aucune émotion. Quelques instants de silence passèrent et je cessai de le dévisager de la sorte.

« Edgard Winehe? » Dis-je sur un ton interrogateur. Il fallait dire que je n’avais pas souvenir de cet homme, il devait être qu’un simple pirate engagé par mon père, mais pas quelqu’un d’important, sinon son visage me reviendrait.

L’homme se racla la gorge en s’appuyant sur la rambarde et me lança un regard surpris. Visiblement, il cherchait à savoir qui j’étais et surtout, qui m’avait donné son nom. Il acquiesça finalement pour répondre à ma question, et je continuai :

« Je cherche un navire en particulier… paraîtrait-il que vous l’avez aperçu en mer il y a quelques temps. »

« Des navires, il y en a des tonnes ma p’tite dame, faudra être plus précise. » Dit-il en déployant ses dents jaunâtres, du moins, celles qui restaient.

« Vous savez… le navire aux voiles grises, celui qu’on aperçoit accompagné d’un brouillard important. » Dis-je avec patience.

« Ah, ce rafiot! Oui je l’ai aperçu il y a quelques semaines au large d’Ekalesias. Je ne croyais pas un jour revoir ces voiles… Je me demande qui est à sa barre aujourd'hui.» Dit-il avec un ton nostalgique. « Pourquoi le cherches-tu jolie demoiselle? »

Un sourire apparu sur mes lèvres, j’ignorais si ces informations étaient véridiques, mais il était le seul que j’avais croisé qui avait su me confirmer la présence du navire de mon père. Ainsi, ses paroles devenaient précieuses et il méritait de conserver la vie. Je ne lui répondis pas, sachant qu’il n’aurait pas plus d’informations à me donner sur le sujet. Il n’avait pas à savoir qui j’étais… je ne voulais pas qu’on sache.

Je tournai les talons, m’éloignant de l’homme qui tentait vainement d’attirer mon attention en criant, mais je continuais à l’ignorer. Après un certain moment, je m’arrêtai remarquant un homme qui s’enlaçait… lui-même. Il y avait notamment une marre de sang à ses pieds et l’eau… l’eau de cette mer était teintée d’un rouge que je pouvais facilement attribuer au sang. Cet homme avait commis un meurtre, acte irréparable pour plusieurs âmes humaines… c'en était évident, mais moi je le contemplai de façon silencieuse, n’étant pas vraiment offusqué par ce geste anodin à mes yeux. Je n'en avais que faire de ses gestes, mais il avait fallu qu'il se trouve sur ma route.


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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Dim 20 Mai - 14:44

    Azëhyr ferma les yeux un instant. Il semblait plonger dans une autre réalité. Pourtant, il était bien conscient du monde concret autour de lui, mais tentait au maximum de s’en détacher. Ses mains qu’il gardait toujours pour enlacer son torse avaient lentement cessées de trembler. Ses pieds se trouvaient en plein dans la flaque de sang de la victime, déjà happée par les abysses. Il redoutait l’instant où quelqu’un découvrirait son meurtre, mais en même temps, il refusait de se relever et de partir. Il était bien ici, près de l’eau. Près de la mer et de ses secrets. Pour lui, cette dernière n’était pas une simple et vaste étendue d’eau salée. Elle était un formidable univers inconnu, une véritable énigme. Azëhyr ne comprenait pas. Il était bien mais il n’aimait pas ne pas comprendre. C’était frustrant. Cela le gênait. Il ouvrit les yeux en pensant à cela. Ses épaules étaient soudain secouées de spasmes étranges. Il tendit timidement une main vers l’eau et trempa ses doigts dans le liquide jusque-là très peu troublé. Un bruissement retentit soudain. Azëhyr ramena à la hâte sa main. Pourtant, il ne se releva pas, ne s’enfuit pas, ne bougea pas d’un pouce.

    Une jeune femme finit par se présenter dans le champ de vision du Nocturne. Ce dernier releva la tête. Son visage ne trahissait aucune expression. Il ne savait pas que ce qu’il avait fait était mal, il ne comprenait pas. Personne ne lui avait jamais dit, il ne pouvait pas comprendre. Pour Knox Dee’laguer, tuer était quelque chose de bien, au contraire. Donc pour Azëhyr aussi. Celui-ci ne pouvait donc pas savoir que cette femme était comme qui dirait « témoin » et qui dit témoin dit « ennemie ». Pourtant, durant plusieurs secondes, elle ne bougea pas d’un pouce. Elle ne semblait pas préoccupée par le meurtre du jeune Nocturne, au contraire. Elle restait silencieuse. L’assassin évita son regard. Il avait soudain l’impression que la nouvelle venue venait de briser son intimité en le découvrant ainsi, dans cet instant de fascination pour ce secret qu’était la mer. Il serra un peu plus ses mains autour de son corps, les empêchant tant bien que mal de trembler. Pas maintenant. Puis brusquement, sans pour autant croiser le regard de la jeune femme, Azëhyr murmura :

    - Si vous cherchez l’eau, elle est déjà partie. C’est trop tard, les voiles ont déjà disparu à l’horizon.

    Ce n’était pas compréhensible. L’assassin n’avait jamais été très lucide et très doué pour communiquer. N’ayant pas l’habitude de parler, sa voix restait un peu rauque. Mais souvent, le Nocturne ne prononçait pas ses phrases pour rien. Il parlait de l’eau en parlant de sa fascination pour la mer et du fait qu’elle se soit déjà reculée avec la marée. Et les voiles étaient bien entendue celle d’un bateau qu’il avait déjà vu passer au loin à quelques reprises. Azëhyr se releva lentement, tenant toujours son poignard dans une main. Il était peut-être imprudent mais pas complètement inconscient. Il détailla la jeune femme devant lui. Ce qui le frappa fut ses yeux, d’un bleu perçant. Il l’observa ainsi quelque instant, sans trop se soucier de la potentielle dangerosité de la nouvelle venue. Elle pouvait être n’importe qui, faire partie de n’importe quelle famille important, travailler dans n’importe quel endroit, pour n’importe qui, Azëhyr s’en fichait. Il aimait bien ne pas savoir ce genre de choses.

    Le jeune Nocturne acquiesça simplement la tête en signe de salut. Ce geste était très trompeur vu que, dans sa main gauche, il serrait toujours la garde de son poignard. Parallèlement à son observation, il guettait les moindres signes de la femme, près à contrer une éventuelle attaque. Il sentait quelque peu oppressé avec cette autre personnes à seulement trois mètres de lui. Son intimité avait été violée, il ne voulait donc aucun bien à cette nouvelle venue. Au contraire. Mais il ordonnait à son corps de ne pas bouger, ne voulant pas la tuer avant de savoir ce qu’elle venait faire ici. Car si l’on y songeait bien, rares étaient ceux qui s’aventuraient à un pareil endroit de la côte. Il y avait quelques pêcheurs, peut-être de rares touristes et certains pirates, mais jamais de jeunes âmes perdues. Azëhyr avait beau peut-être connaître ce genre d’endroit, il en avait beaucoup rêvé. Il l’image qu’il se faisait avant de cet endroit était tout autre de ce qu’il voyait maintenant. Mais il ne s’attarda pas sur ce détail, fixant intensément la jeune femme comme s’il cherchait à percer tous ses secrets.


Dernière édition par Azëhyr X'ăleos le Dim 27 Mai - 17:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Mer 23 Mai - 21:00

La façon d’agir de cet homme était peu commune, il exprimait une certaine démence. Ses gestes nerveux, sa façon de tenir sa lame dans sa main, sa façon de me regarder en disait long. Il était en quelque sorte fascinant pour moi, en plus de son apparence quelque peu différente des humains. J’étais tellement concentrée à le détaillée que je ne sentais pratiquement pas la brise de l’océan caresser ma peau et l’odeur salée qui effleurait mes narines. Je le regardais, lui, l’étrange homme qui se tenait dans une marre de sang. Il n’avait pratiquement pas réagit à ma présence, mais je sentais son regard me scruter comme s’il essayait de lire en moi. Je me refermai, préférant ne rien laisser transparaître.

Un murmure traversa les vents pour se rendre jusqu’à mes oreilles, des paroles rauques dont j’ignorais la signification. Il avait prononcé ces mots d’une façon peu compréhensible, j’avais également pu lire sur ses lèvres tant son murmure était faible. Soit avait-il dit cela à mon intention, ou alors il se parlait à lui-même. Quoi qu’il en soit, je croyais comprendre qu’il parlait d’un navire dont les voiles avaient été reprises par l’horizon. J’arquai un sourcil, essayant de comprendre en le regardant se lever lentement et en notant la présence de son poignard. Il était visiblement prudent, mais je n’avais pas l’intention de m’attaquer à lui, la curiosité m’avait seulement fait rester.

L’homme me fit un signe de tête à peine perceptible, surement sa façon de me saluer. Son regard devint plus intense, il aurait même été gênant pour quelqu’un qui n’y était pas habitué. Mais moi, je connaissais déjà bien des gens qui étaient devenus fous là où j’avais été retenue prisonnière… Je savais que cette folie gagnait souvent ceux qui se retrouvaient désemparés, ceux qui n’avaient plus d’espoir à quoi s’attaquer. Ou alors, tout simplement ceux qui n’avaient rien connu d’autre.

« Comment étaient ces voiles, dites-moi? À quoi ressemblaient-elles? » Demandais-je d’une voix calme et chaleureuse. Mes paroles avaient presque sonnées comme une mélodie envoûtante.

Je ne lui voulais rien de mal et je désirais que cela paraisse dans chacun de mes mots. Il n’y avait aucun signe d’agressivité, mais je demeurais tout de même sur mes gardes; il était armé. Je n’avais toutefois pas plus peur de son arme que de sa folie que je dénotais parfaitement dans son attitude. Je me doutais qu’au plus profond de lui, quelque chose le tracassait… quelque chose avait bien fait en sorte qu’il en soit ainsi. Tous possédaient cette parcelle en eux, mais certains ne faisaient que la développer un peu plus.

Je lui souris, les yeux remplis d’intrigue et de questionnement. Et s’il avait, lui aussi, aperçu les voiles grises que je recherchais? L’espoir vivait en moi, elle brûlait à une vitesse impressionnante. Chaque pas que je faisais vers la connaissance me rapprochait de mon but, celui de retrouver mon paternel. Je le saluai à mon tour du même signe de tête, j’espérais réussir à le mettre en confiance, que sa main soit moins crispée sur son arme.
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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Dim 27 Mai - 17:06

    Azëhyr dévisageait la mer d’un regard absent. Les vagues qui venaient simultanément se briser contre les rochers de la baie, l’écume qui léchait par à-coup les pieds du jeune Nocturne, la brise qui transportait les effluves marines jusqu’au port de Mordun,… Il en avait presque oublié la présence dérangeant de la nouvelle venue, qui semblait méditer les paroles de l’assassin. Finalement, elle lui adressa la parole d’une voix chaleureuse. Azëhyr l’ignora, continuant sa contemplation de l’eau comme s’il s’agissait du plus merveilleux et inaccessible des trésors. Malgré tout, les mots de la jeune femme n’étaient pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Les voiles l’avaient donc tant intéressé ? Le Nocturne fut fier d’avoir capté l’attention de l’inconnue. Malgré tout, il ne répondit pas, le regard toujours plongé dans l’eau limpide qui reflétait le soleil à ses pieds.

    - Les voiles ne ressemblaient pas, elles étaient bien réelles, comme le soleil et la pluie. Elles étaient, souffla Azëhyr.

    Il fusilla la jeune femme du regard comme si ce qu’il venait de dire difficilement était évident. Un étrange spasme remonta la colonne vertébrale de l’assassin et ses doigts se contractèrent soudainement. Il pencha sa tête sur le côté, ses yeux écarquillés soudain rivés sur un point invisible dans l’eau. Comme lors d’une crise d’épilepsie sauf que là, il se contenait et se contrôlait encore vaguement, au lieu de pas du tout. Azëhyr recula d’un pas, par instinct plus que par prudence. En réalité, il ignorait ce qu’était la « prudence ». Pour lui, il ne s’agissait que d’un mot parmi tant d’autre, qu’il ne comprenait pas. Le regard du jeune Nocturne se posa à ses pieds où luisait toujours la flaque de sang vermeille. Il l’a détailla sans réagir, comme si tuer était quelque chose de normal et de fréquent. Pour lui peut-être. Sûrement.

    Puis le jeune homme reporta son attention sur la jeune femme, toujours plantée devant lui, qui semblait bel et bien attendre une réponse. Mais que voulait-elle que l’assassin lui dise ? Il n’avait pas compris sa demande, il ne savait pas pourquoi elle avait besoin de savoir alors l’envie de lui répondre s’était effacée. Il était comme ça, Azëhyr. Il ne savait pas ce qu’il désirait vraiment. Pour l’instant, tout ce qu’il voulait, c’était plongé dans cette eau limpide. Mais il avait peur. Affreusement peur. Alors il planta de nouveau son regard sombre dans celui de l’inconnue. Cette dernière ne cillait pas, ce qui fit se renfrogner le Nocturne. Habituellement, les gens baissaient les yeux lorsqu’il les détaillait et les dévisageait ainsi. Mais pas cette femme. Non, elle semblait si sûre d’elle que baisser les yeux aurait presque été une ignominie. Alors Azëhyr ne baissa pas les yeux. Il les ferma lentement et murmura simplement, de sa voix rauque :

    - Les voiles ne sont pas utiles, le navire peut flotter sans. Alors pourquoi chercher à savoir ?

    En bref, sa question signifiait, techniquement parlant : « Je ne te répondrai que si tu me donnes une bonne raison de te répondre. C’est comme ça. » Ignorant de nouveau l’inconnue, qu’il croyait inoffensive, le jeune Nocturne se rassit au bord de l’eau, dans la mare de sang, après avoir subitement rouvert les yeux. Le soleil l’éblouit et il papillonna des paupières avant que ses pupilles ne s’habituent à la luminosité. Azëhyr gardait toujours son poignard serré dans sa main mais le simple fait que la jeune femme ne l’ait pas attaqué tout de suite le rassurait. Quelque peu. Il pensait sûrement que, désormais, elle ne désirait pas du tout s’en prendre à lui. Peut-être avait-il tort, peut-être pas. En tous les cas, ce qui était certain, c’est qu’il était très inconscient d’ignorer une potentielle ennemie de la sorte. Pourtant, il s’en fichait. Il continuerait à agir ainsi jusqu’à avoir la réponse qu’il attendait tant. Car dans sa vie, personne ne lui avait jamais répondu sincèrement. C’était donc un moment passionnant pour lui, sans qu’il ne le montre vraiment.
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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Mer 30 Mai - 21:57

Le regard fuyant de cet homme se posait sur la beauté de la mer. En même temps, je le comprenais d’y retrouver ou rechercher certains rêves, de vouloir caresser la brise qui émanait de l’océan. Il me rappelait moi lorsque j’étais encore qu’une enfant. Au fond de mes prunelles brillait sans cesse cette lueur de fascination face à ces eaux dangereuses. Son silence me rappelait le mien lorsque je contemplais l’horizon. Il fallait profiter de ces beaux jours pendant qu'ils passaient.

Quelques instants plus tard, son souffle se rendit jusqu’à moi et quelques paroles sifflèrent à mon oreille. Sa réponse m’était incompréhensible et je ne pouvais saisir la véritable signification. Je le regardai en fronçant les sourcils, dénotant son regard ravageur sur moi. Ma question était pourtant très simple et il ne savait y répondre convenablement.

Je fis un autre pas en avant, continuant de croiser son regard qui me semblait inaccessible. Il m’épiait et son silence commençait à me rendre folle, mais je ne fis rien. Son murmure vint de nouveau briser le silence, apportant encore plus à cette rencontre quelque chose que je pourrais caractériser de ridicule. Et il se rassit au bord de l’eau comme si rien ne venait de se produire, en m’ignorant. Je n'arrivais pas à saisir à quel jeu il jouait et je n'ne prenait pas plaisir. D’un pas lent, je m’approchai de l’eau et je m’installai à ses côtés, tournant ma tête vers lui.

« Je voulais simplement savoir si le navire que vous aviez vu était celui de mon père. »Dis-je en perdant mon regard à l’horizon.

Les soleils brûlaient ma peau, mais la fraîcheur de la mer venait apaiser tout cela. Je remarquai qu’il tenait encore son poignard comme s’il se méfiait de moi. En même temps, il ignorait tout de moi et je l’avais vu commettre un meurtre. La seule pensée qu’on pourrait nous voir assis, lui dans sa marre de sang me fit sourire.

« N’aillez crainte… Je ne crois pas que ce poignard vous sera utile avec moi. Je veux seulement savoir… »

Je ne pourrais pas partir sans connaître sa réponse, une vraie réponse. Le moindre indice pourrait m’aider à retrouver mon paternel et depuis le temps que je cherchais, je ne voulais pas abandonner, pas même face à un homme qui ne semblait pas avoir toute sa tête. Mon esprit était sans cesse torturé par cette perte, mais il paraissait que le sien le soit aussi.

Comprendre… voilà un mot qui sait me guider. Je finis par me lever, ayant entendu des voix qui venaient de pas trop loin. Je jetai un regard à l’homme en me demandant comment il réagirait, mais rien ne sembla le perturber, comme si c’était dans sa nature de tuer et de ne pas être punis. J’en connaissais des tas de gens comme lui chez les pirates, j’en avais l’habitude, mais il me paraissait différent, comme s’il n’appartenait pas à ce monde. Ce que je savais également, c’est que les gens d’Ekalesias ne réagiraient pas comme moi et il risquait, tout comme moi, d’être tenu responsable.

« Vous devriez venir avec moi… à un autre endroit qu’ici. Vous savez, les hommes de cette terre apprécient rarement voir des marres de sang. »

J’avais dis ça en quelque sorte pour le protéger des regards indiscrets, mais en même temps, s’il me suivait, j’aurais plus de chances qu’il daigne me répondre.
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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Dim 10 Juin - 4:12

    La jeune femme s’était impatientée. Azëhyr l’avait ressenti dans ses gestes et son regard. Elle vint s’asseoir près de lui après avoir démontré son désarroi par des mots que le Nocturne ne saisit pas. En quoi son père venait soudain bouleversée la conversation ? Cette dernière avait pris une tournure sérieuse. Azëhyr n’appréciait pas ce qui était sérieux. Car quoi qu’il arrivait ensuite, une seule erreur et la faute retombait sur nous. Les conversations sérieuses étaient un jeu dangereux. Le Nocturne se crispa un peu à l’idée que cette femme puisse être assise près de lui. La situation devenait comique. Azëhyr trouvait plutôt qu’elle devenait dangereuse. Les mots de l’inconnue, qui semblaient sincères, accentuèrent les doutes de l’assassin. Elle lui demandait de rengainer son arme dans cette situation ? C’était très imprudent de sa part, et surtout inconscient. Mais Azëhyr avait déjà remarqué qu’elle n’était, elle, pas armée. Docilement, avec des gestes lents et prudents, le Nocturne rangea son poignard dans son fourreau, pourtant conscient que cette femme n’était sûrement pas inoffensive. Il garda cela dit la main près de son arme.

    En réalité, il avait obéit par principe. Il ne désirait pas que l’inconnue parte maintenant. Pour une fois que quelqu’un s’asseyait près de lui, il n’avait pas envie que cet instant se termine maintenant, si soudainement. Il n’osait plus la regarder, maintenant qu’elle était assise ici. Sa présence le mettait mal à l’aise, mais il ne fit aucun geste. Ce n’était pas dans ses habitudes de dévoiler ses faiblesses, même si la plupart du temps, c’est involontaire. Cette situation était tellement insolite pour lui que percevoir difficilement le souffle silencieux mais régulier de la jeune femme l’étonna. Et étrangement, ce fut cet instant où aucun des deux ne pipa mot qui resta gravé dans son esprit. C’était toujours ainsi. Les scènes les moins importantes et les plus infimes étaient pour Azëhyr bien plus que ce que l’on pouvait penser. En réalité, le silence en disait long sur les intentions de l’inconnue.

    Brisant cet instant, des voix indistinctes parvinrent aux oreilles du Nocturne. Des hommes de Mordun, sans aucun doute. Mais après tout, qu’est-ce que cela pouvait bien faire ? Azëhyr garda le regard rivé sur la mer qui avait cessé de s’agiter. La jeune femme s’était, elle, relevée, et observait l’assassin en semblant attendre quelque chose de sa part. Si elle pensait qu’il partirait d’ici, qu’il quitterait la mer, juste parce que des pêcheurs de pacotille venaient souiller cet endroit, elle avait tort. Pourtant, elle insista, et prit la parole d’une voix calme et posée. Elle semblait sûre d’elle. Dans ses mots, elle laissait transparaître toute sa détermination. Elle ne lâcherait pas l’affaire tant qu’elle n’aura pas eu une réponse convenable à sa question, sans aucun doute. Azëhyr aurait bien aimé l’aider, lui répondre correctement, mais il ne comprenait pas ce qu’elle cherchait à savoir.

    - Les hommes de ces terres n’apprécient rien. Et ne voient rien.

    Il l’avait encore contredit, il n’y pouvait rien. Malgré tout, toujours désirant de rester avec la jeune femme même s’il y avait un potentiel danger. Pour elle comme pour lui. Car après tout, elle avait été témoin de son meurtre, elle était bien courageuse de s’être ensuite assise près d’un assassin. C’était comme si elle avait l’habitude, ce qui n’était sûrement pas le cas. Une fois debout devant elle, Azëhyr continua de fuir son regard tandis que les voix des hommes semblaient se rapprocher rapidement. Dans l’incompréhension se lisait désormais dans le regard du jeune Nocturne. Il demanda dans un souffle, enfin une parole sensée :

    - Partir… Pour aller où ?
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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Jeu 14 Juin - 19:55

Les pas approchaient au loin et les paroles des deux homes semblèrent traverser les vents qui s’éveillaient. Je pouvais déjà sentir leur regard sur nous lorsqu’ils arriveraient tout près, et cet air accusateur qui accompagnait le méprit qui crépitait au fond de leur esprit. Je n’avais aucune envie de devoir m’enfuir alors que j’étais si près du but. S’ils arrivaient à nous, je les tuerais pour ne pas avoir à le faire, et ils iraient rejoindre le cadavre dans l’eau salée, teintant d’un rouge la couleur turquoise de cette mer si enivrante. Mes prunelles rappelant l’océan se posèrent à l’horizon, je ne voyais toujours pas de qui il s’agissait. L’homme se tenait maintenant devant moi, mais son regard fuyant cherchait toujours à se poser ailleurs et sa réponse n’avait aucun sens. Cette dernière était très évasive, comme tout le reste de son être et je failli partir… Tourner les talons et l’abandonner à son sort.

Quelques instants plus tard, je pu lire l’incompréhension qui émanait de toute sa personne et les paroles qui suivirent furent un questionnement qui m’étais adressé. Ainsi, était-il capable de formuler quelque chose qui avait un certain sens. N’était-il pas complètement fou? Un sourire capricieux prit place sur mes lèvres, cet être semblait à la fois ignorant et dément. Je me contentai de lui faire un simple geste, lui signifiant qu’il devait me suivre sans plus tarder.

Je tournai les talons, ne regardant pas une seule fois derrière moi s’il me suivait. C’était maintenant ou jamais, si j’attendais une seule seconde de plus il serait trop tard. Il ne fallu qu’une minute de marche à peine pour croiser les deux hommes qui discutaient entre eux, ils ne posèrent aucun intérêt à moi, ni même à mon compagnon. Un simple hochement de tête pour signifier qu’ils nous avaient vus, sans plus. J’accélérai le pas constatant que j’avais environ trente secondes pour disparaître de leur vue, sans quoi ils feraient le lien assez rapidement entre cette marre de sang et nous, et n’auraient aucun mal à retrouver le corps dans cette eau claire.

Je bifurquai vers la ville, là où tous les marchés avaient lieux… Il y avait beaucoup d’activités en ces lieux festifs et on risquait moins d’être repérés. À ma grande surprise, l’homme me suivit. J’ignore si c’était par curiosité qu’il l’avait fait, mais je doutais que ce soit par peur d’être repéré. Une fois que nous étions camouflés dans la foule, je m’arrêtai subitement.

« Pour aller ici. Vous ignorez ce qu’est le danger, n’est-ce pas? » Me contentai-je de demander, sachant très bien qu’il répondrait quelque chose d’incohérent.

Ma voix avait encore une fois été des plus calmes, même si on pouvait discerner une teinte d’agacement. S’il ne m’était pas utile, je ne voyais aucune raison de rester en sa compagnie, sa folie était déjà beaucoup trop présente chez lui.

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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Mer 27 Juin - 5:07

    Un étrange sourire pris place sur les lèvres de la jeune femme. Azëhyr l’observa sans broncher, s’attendant à une réponse claire et nette de sa part, comme elle savait si bien les formuler. Mais elle se contenta de lui faire un petit geste de la main, l’incitant à la suivre sans poser trop de questions. Habituellement, le jeune Nocturne aurait été réticent à marcher sur les pas d’une inconnue comme celle-ci. Il l’aurait peut-être même tué, si ses questionnements ne l’avaient pas poussé à vouloir savoir ce que cherchait cette femme mystérieuse. Azëhyr emboita mécaniquement le pas à cette dernière et la suivit sur le chemin de terre battue qui menait jusqu’à la ville. Quelques secondes à peine plus tard, ils croisèrent deux hommes échangeant des propos divers. Ils ignorèrent la jeune femme et le Nocturne, ne leur adressant qu’un bref signe de tête. Azëhyr avait recommencé à serrer son poignard dans la garde de sa main, après les avoir croisé. Se rendaient-ils désormais à la ville ? Une appréhension nouvelle se lisait dans les yeux de l’assassin. Cette escapade dans un lieu si peuplé ne l’enchantait guère. Mais si c’était la volonté de la jeune femme, il ne pouvait que la suivre, presque docilement.

    Arrivés dans la ville, en plein cœur d’un marché, Azëhyr se figea littéralement. Des dizaines et des dizaines de voix différentes emplissaient les lieux. Des marchands haranguaient la foule, des habitants passaient sereinement, l’air décontracté. Tous ces visages uniques, ces êtres vraisemblablement différents les uns des autres. C’était étrange. Azëhyr détestait la sensation d’étouffement qui s’éprenait peu à peu de lui. Il se sentait comme oppressé, mal à l’aise. La jeune femme s’était elle aussi arrêtée subitement. Le Nocturne jetait des regards non rassurés autour de lui, comme s’il craignait quelque chose d’improbable. Le brouhaha de la foule pénétrait dans son esprit tel un pieu que l’on ne cesserait d’enfoncer. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, la peur tétanisait ses membres. Il aurait voulu fuir, s’échapper de cet étau de fer qui l’étouffait, mais son corps refusait de lui obéir. Et il y avait cette femme, debout devant lui. Cette femme qu'il avait suivi jusqu’ici et qui attendait toujours une réponse de sa part. Depuis le temps, Azëhyr en avait presque oublié la première question, celle du navire. Le danger ? Qu’était-ce que le danger ? D’après l’interrogation de la jeune femme et son ton employé, ce n’était pas quelque chose de vraiment positif.

    - Je… C’est possible…

    L’assassin avait prononcé les premiers mots qui lui étaient passés par la tête. Une tension palpable s’était installée entre lui et l’inconnue, qui s’impatientait de seconde en seconde. Azëhyr était certain qu’il suffisait d’une parole en trop pour qu’elle quitte ce lieu, même sans avoir eu de réponse. Non, il ne fallait pas qu’elle parte. Pas maintenant. Le peu d’assurance qu’il restait au jeune Nocturne quelques minutes auparavant venait de se dissiper dans ce lieu qu’il trouvait si insolite et hostile. Il sentait le regard de l’inconnue peser plus que jamais sur lui. Les mots se bousculaient dans son esprit, il voulut balbutier quelque chose mais aucun son ne franchit le seuil de ses lèvres. Et alors que la jeune femme s’apprêtait à tourner les talons et à l’abandonner ici, Azëhyr la saisit par le bras d’une poigne dont il ne contrôla pas la force, et souffla tant bien que mal :

    - Les voiles… comme les rochers, les voiles… grise, oui, c’est cela, comme les rochers… avec la fumée de quand il fait froid…

    L’inimaginable effort que le Nocturne avait fait pour prononcer ces mots restait en partie inutile. « la fumée de quand il fait froid » il s’agissait du brouillard ou de la buée qui s’échappe des narines et de la bouche lorsque la température est basse. La dernière phrase qu’il prononça était étrangement claire et lucide, et résonnait plutôt comme une plainte ou une prière au lieu d’une simple demande :

    - Ne partez pas…
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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Dim 1 Juil - 12:29

Je pouvais lire à travers lui facilement, lire à quel point il ne se sentait pas à l’aise en ces lieux, qu’il n’appréciait pas la proximité des autres. La foule lui faisait perdre ses moyens visiblement et même si j’aurais pu trouver cela amusant, ce n’était pas le cas cette fois. Peut-être n’aurais-je pas du l’entraîné ici, mais c’était la seule solution plausible. Je le toisai d’un regard dur, froid qui ne manquerait de s’imprégner en lui. Sa main serrait son poignard encore une fois et j’appréhendais ses gestes. Je ne pouvais qu’être sur mes gardes face à ses réactions.

Je voulu tourner les talons, partir loin en le laissant à son sort, mais quelque chose me retint. Même si ma volonté à cette instant fut d’enfoncer ma lame froide dans son corps, de lui couper la main pour m’avoir ainsi retenu, je n’en fis rien. Je me contentai de me défaire de son emprise alors qu’il parlait de nouveau, mais cette fois, sa réponse m’évoqua quelque chose. Même si ses paroles pouvaient avoir plusieurs sens, il venait tout de même de confirmer qu’il avait vu un navire aux voiles grises, et cette fumée… cette fumée me rappelait les dires de certains pirates à propos d’un brouillard accompagnant l’ « Espoir ».

Je fronçai les sourcils en le regardant et je me questionnai à savoir ce qu’il y avait dans sa tête pour que la folie paraisse autant. J’avais ma réponse désormais, je pouvais partir. Je croisai toutefois son regard qui semblait me supplier de rester, et ses paroles vinrent l’appuyer. Même si j’aurais voulu faire tout le contraire de ce qu’il venait de me dire, mon corps resta figé alors que je le regardais. Était-ce de la pitié que j’éprouvais pour cet homme? C’était un sentiment que je connaissais très peu… Je ne saurais décrire ce qui s’emparait de moi.

« Merci pour cette réponse. »

Ce fut les seuls mots qui franchirent le seuil de mes lèvres. Même s’il fut difficile pour moi de le remercier après tout ces efforts à obtenir sa réponse, je savais que ça lui donnerait, peut-être, un peu plus confiance. Je me sentais mal de l’abandonner, il me faisait penser à moi lorsque j’étais enfant… perdue et abandonnée. Moi, je n’avais eu personne pour me guider à travers cette foule, personne pour alimenter cette petite flamme d’espoir qui brûlait en moi. Je décidai donc de le guider… hors de cette foule.

Je lui fis signe de me suivre une seconde fois, et je me frayai un chemin à travers les commerçants, les jeunes qui courraient dans tous les sens. J’espérais qu’il me suive pour pouvoir lui donner cette liberté, pour qu’il puisse se sentir mieux. Je lui devais bien cela… Après, je pourrais essayer de trouver un navire qui me mènerait à celui de mon père… ou alors attendre qu’il remettre les pieds en Ekalesias, mais cela pourrait prendre du temps.

Ma route me mena dans des ruelles plus calmes, où il pourrait reprendre le contrôle de lui-même. Je fixai son arme toujours serré entre ses mains.

« Vous devriez le cacher, votre poignard. Il ne vous est pas utile, ici. »
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MessageSujet: Re: Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]   Mer 11 Juil - 6:16

    La jeune femme restait figée, et Azëhyr l’observait avec une angoisse et une peur grandissant. Aux alentours, le brouhaha de la foule était en train de le détruire lentement de l’intérieur, pénétrant son esprit tel des dizaines de pics à glace. Le Nocturne sentit un long frisson glacé remonter sa colonne vertébrale et secouer légèrement ses épaules de spasmes. Il baissa les yeux, incapable de soutenir le regard perçant de son interlocutrice. Il se sentait épié, observé, détaillé, et cette sensation lui était des plus désagréables. Elle le mettait mal à l’aise, ceci étant un euphémisme. Il jeta des coups d’œil hagards autour de lui, ce qui ne fit que décupler ses craintes. Autant il pouvait se montrer fort et impitoyable lors de ses meurtres, ignorant où était le problème, autant il pouvait paraître démuni et frêle dans ces situations.

    À sa plus grande stupéfaction, la jeune femme finie par le remercier. Il ne comprit pas pourquoi. Il ne comprenait jamais à quoi servaient les remerciements. Il releva quelque peu les yeux vers son interlocutrice, la suppliant du regard et cherchant une once d’aide dans ses gestes et ses yeux. Pourquoi l’avait-elle emmené ici ? Le jeune Nocturne commença à se dandiné d’un pied sur l’autre, de plus en plus conscient qu’il ne quitterait pas cet endroit. Il avait de plus en plus l’impression d’être piégé dans un étau qui se refermait vraisemblablement sur lui.

    Finalement, comme un infime espoir, la jeune femme lui fit un petit signe l’incitant à la suivre. Azëhyr n’hésita pas plus longtemps. Si elle avait pu le faire pénétrer en ce lieu, elle pourrait sûrement l’en faire sortir ? Quoi qu’il arrive, l’assassin n’avait que ce maigre espoir auquel s’accrocher. Il emboita le pas à son interlocutrice sans quitter ses yeux ses chausses de cuir. Il ne relevait la tête pour rien au monde. La jeune femme le conduisit d’un pas assuré jusqu’à une ruelle reculée où le brouhaha de la foule était minimisé et où les passants ne se montraient plus. Ce ne fut qu’à cet instant qu’Azëhyr remarqua que son cœur battait vite. Trop vite. Il ne comprenait pas. La jeune femme lui demanda de ranger son poignard et, pour la première fois depuis leur rencontre insolite, le Nocturne obéit, malgré ses mains tremblantes.

    L’inconnue avait eu ce qu’elle désirait. Pour l’assassin, c’était une manière détournée de dire que c’était terminé. Que tout allait reprendre un cours normal, ou presque. Azëhyr releva lentement les yeux vers la jeune femme, cherchant dans son regard la suite des évènements. Puis l’assassin avisa une gouttière en-dessus d’eau. Les toits étaient probablement déserts. S’il désirait quitter cet endroit, c’était par ici qu’il devait partir. Le Nocturne agrippa sans trop de difficulté la gouttière, se hissa sur le toit et observa une dernière fois l’inconnue en contrebas. Il lui adressa un bref signe de tête et disparu sur les toits en ne laissant derrière lui qu’un :

    - Merci.

    Spoiler:
     
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Le sang qui souillait la côte [Pv Léha][Terminé]

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