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 La curiosité est un vilain défaut [Terminé]

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MessageSujet: La curiosité est un vilain défaut [Terminé]   Jeu 7 Juin - 14:01

Le couloir de pierre du palais de Thortan renvoyait l’écho des pas rapides de Mathys. Le fourreau de sa rapière battait contre sa cuisse au même rythme que sa démarche et le bruit que faisaient ses talons sur la pierre froide formait comme une étrange musique dans ce lieu parcouru par les courants d’air. Toc, toc, toc. Fut un temps où le sol était recouvert d’un épais tapis d’un rouge vif. Il se souvint avoir parcouru ces couloirs les pieds nus, courant à l’époque après quelques monstres tirés de son imagination de petit garçon. Lorsqu’il était devenu roi, il avait retiré les tapis. Il préférait la sonorité dure et pourtant belle que renvoyait la pierre. Il y descellait une sensation de puissance et ironiquement, de franchise, lui qui ne jurait que par les masques. Il ne pouvait y avoir de petits pas feutrés sur un tel sol. Arrivé au bout du couloir, il tourna à droite. Il y avait une porte un peu plus loin, gardée par deux soldats : c’était là qu’il recevait les trois membres de son conseil et sa Main lorsqu’il désirait discuter de choses importantes, loin des oreilles indiscrètes. Il passa devant les deux gardes sans leur accorder un regard. Ils ne s’en offusquèrent pas : Berill avait besoin d’un souverain puissant, et indubitablement, Mathys l’était. Il poussa la porte et pénétra dans une petite pièce agréablement décorée où trônait une unique table ronde et cinq chaises à haut dossier confortables. Tout le monde était là, l’attendant pour commencer. Mathys prit place sur la chaise située à l’autre extrémité : elle faisait dos au mur et de cette façon il pouvait observer toute la pièce sans angle mort. Il croisa ses mains en dessous de sa tête.

- Je vous ai fait mander pour que nous discutions de quelque chose qui me trouble. Personne ne répondit, attendant que le roi continue. J’ai reçu des rapports venant de cette contrée que l’on appelle Cartale. Ce n’est pas nouveau, mais ces disparitions sont devenues plus nombreuses et j’éprouve un certain malaise, comme si quelque chose s’y cachait.
- A quoi pensez-vous, Majesté ? L’homme qui venait de parler était son plus vieux conseiller, l‘étant déjà à l‘époque de son père. Intriguant dans sa jeunesse, il connaissait les subtilités de la cours et ses conseils étaient le plus souvent judicieux.
- Je vous ai fait parvenir un mot. Ce que nous avons trouvé dans la Grande Bibliothèque fait écho à cette mauvaise impression. Cet aventurier qui affirme que des siècles plus tôt, tout un peuple aurait disparu dans cette contrée avec la volonté de se venger.
- Ce n’est peut être qu’une coïncidence… répondit Benedict. Il était à peine plus âgé que son roi, et c’était la première fois qu’on voyait un conseiller si jeune, mais il avait fait ses preuves.
- Je ne crois pas aux coïncidences. Dans notre monde, c’est le meilleur moyen de s’aveugler et de se faire engloutir par l’ennemi. Se tournant vers son Maître Espion, il reprit : qu’en est-il des autres royaumes ? Certains s’alertent ils ?
- Le roi de Naskapi semble s’agiter. C’est-ce que m’ont révélés mes petits oiseaux, mais vous connaissez la difficulté d’obtenir des informations chez ce peuple très dispersé. Les autres royaumes quant à eux ne manifestent aucune inquiétude.
- Ils sont à la frontière de Cartale et si ce que tu dis es vrai, alors mon intuition est peut être vérifiée.
- Nous pourrions envoyer des mercenaires, proposa Benedict.
- Non. Trop voyant. Tout le monde se demanderait pourquoi j'envoie une compagnie à travers Naskapi. Certains pourraient y voir un désir d’expansion de ma part. Tu sais comme moi comment nous sommes venus par nos stupides voisins. Je vais envoyer quelques assassins. Ils sauront se déplacer discrètement jusqu’à Cartale. As-tu des noms ? demanda-t-il à sa Main.
- Je crois avoir les hommes qu’il vous faut, répondit le Maître Espion après quelques secondes de réflexion. Ils ont l’habitude d’opérer en dehors des frontières. Je peux en trouver six qui pourront partir quand vous le jugerez nécessaire.
- J’imagine qu’il leur faudra un équipement spécial.
- Laissez moi m’en occuper, intervint l’homme qui n’avait pas encore parlé. Il était son conseiller militaire. Je peux vous fournir une liste de ce qu’ils auront besoin et vous la faire parvenir dans une heure.
- Fais donc. Mathys se leva. Messieurs, cette réunion est terminée. Méditez sur ce que je vous ai dis. S’il vous vient une idée brillante, venez me trouver dans mes appartements.

Mathys sortit de la pièce le premier et retourna dans ses appartements. Lorsqu’il y fut arrivé, il sortit sur le balcon et observa la nuit qui tombait lentement sur sa ville. *Je n’ai pas manigancé le meurtre de mes parents pour me voir déposséder par un ennemi inconnu, qui qu’il soit !* Ses mains serrèrent la rambarde en pierre. Berill était le royaume le plus puissant du Kandor, pas une vulgaire région qu’on pourrait envahir à sa guise. Il reste ainsi toute l’heure, plongé dans ses pensées mais il s’arracha de sa méditation lorsqu’on toqua à la porte.

- Entre

C’était son conseiller militaire. Il lui tendit une liste des fournitures qu’il jugeait nécessaire. La plupart se trouvait déjà au palais : épée, dagues, vêtements et vivres, mais d’autres nécessiteraient de passer par un forgeron, comme des grappins, des piquets ou de petites hachettes : tout ce qu’il fallait au parfait aventurier.

- Tu as bien travaillé. Il y a à Arrak un forgeron elfe qui s’est récemment installé. Je veux que tu lui fasses porter cette lettre afin qu’il s’occupe de ce qui nous manque. Explique-lui qu’il sera bien payé et que je veux que ce soit fini dans deux jours. Lorsqu’il aura terminé, tue-le. Je ne veux pas qu’il y ait des témoins.

Le conseiller s’inclina et sortit, allant exécuter les ordres de son roi. Il connaissait ce forgeron : Temùjin Glaüssis. Il l’avait rencontré quelques temps auparavant, en compagnie d’un autre elfe. S’il l’avait choisit, c’est parce que sa disparition passerait inaperçu. Les habitants de Berill n’aimaient pas les étrangers, et ils verraient certainement d’un bon œil la disparition de l’elfe. Il n’y aurait donc pas de question et le secret entourant l’expédition serait ainsi sauf. Mathys ressortit sur le balcon, s’abimant dans la contemplation des lunes.


Deux heures plus tard, un homme quelconque vint frapper à la porte d’une petite maison d’Arrak. Il avait sur lui une liste qu’il devait transmettre au forgeron de cette ville. Il ne savait pas ce qu’il y avait sur cette liste et ne désirait pas le savoir : les messagers trop curieux ne vivaient pas longtemps à Berill. Un elfe vint finalement ouvrir, les paupières encore lourdes du sommeil duquel il avait été arraché. L’homme lui tendit le papier, annonçant que c’était une missive du palais puis il repartit. Sur cette liste était indiquée ce qu’il lui fallait forger ainsi que l’interdiction absolue de parler à quiconque de ce qu’il allait forger et pour qui.
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MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut [Terminé]   Mar 12 Juin - 19:10

La nuit commençait à tomber sur la ville dont les rues se vidaient.
Les gens se hâtaient de rentrer chez eux, les marchands fermaient les portes de leurs échoppes. Temùjin en faisait d’ailleurs autant. Il était tard, et fermer boutique lui permit de retourner tranquillement dans son atelier pour continuer son travail inachevé ; le jeune elfe finalisait les ornements de feuilles et de lianes entremêlées sur le pommeau d’une épée. Il y resta d’ailleurs jusqu’à une heure avancée de la nuit, ne s’apercevant qu’après un long moment que la fatigue le gagnait. Résigné, Temùjin haussa les épaules, recouvrit l’arme finement œuvrée d’un tissu beige, et poussa le tout à l’extrémité de son bureau. Comme souvent, l’elfe ne prit pas la peine d’aller s’allonger sur le matelas calé dans l’angle de la pièce, et croisa les bras sur le bureau de bois, cachant sa tête dans le creux de ses coudes. Il s’endormit ainsi.

Il ne sut pendant combien de temps. Quelqu’un frappa à la porte de la boutique.
A peine Temùjin eut-il ouvert les yeux qu’il porta sa main à sa ceinture, prêt à accueillir un indésirable. Il se détendit légèrement lorsqu’une remarque pertinente s’imposa à son esprit ; en règle générale, les voleurs ne frappaient pas avant d’entrer. Restant tout de même sur le qui-vive, le jeune elfe sortit de son atelier pour entrer dans l’échoppe et se diriger vers la porte de celle-ci. Il pouvait distinguer une silhouette humaine à travers le store baissé devant la vitre. Avec prudence, il déverrouilla la porte et l’ouvrit sur un homme que Temùjin n’avait jamais vu dans cette ville. Il reconnaissait toujours un visage, même à cette heure tardive et les cheveux en vrac après un sommeil précaire... Quoi qu’il en soit, cet homme lui tendit une lettre, annonçant tout simplement qu’il s’agissait d’une missive du palais. L’elfe ouvrit la bouche pour parler, mais son interlocuteur se détourna et s’éloigna sans plus de politesse. Temùjin fit la moue, irrité.

« Ce fut un plaisir... Oui merci, pour moi aussi, bonne soirée... » grommela t-il avant de claquer la porte derrière.

Une fois la porte refermée, l’elfe s’intéressa immédiatement à la lettre.
Tout à sa frustration d’avoir été dérangé en pleine nuit, le peu de mots prononcés par l’homme fit enfin tinter ses oreilles pointues. Une missive du palais ? Le roi lui-même faisait appel à ses services ? En parcourant la lettre du regard, Temùjin constata que c’était effectivement le cas. Hm... piquets, grappins, hachettes, coutelas et autres objets qui semblaient destinés à une quelconque expédition en terre inconnue. Et il était précisé qu'il ne devait parler de cela à personne autour de lui. Cette pensée fit mystérieusement briller le regard azur de Temùjin d'une lueur d'amusement ; qu'avait-il donc de si important à cacher ? Ce n'était pas ses affaires, mais puisque cette tâche lui était adressée, il trempait dedans, et cela attisait sa curiosité. Aussi, le fait que cette commande soit envoyée par le souverain ne l’impressionnait pas plus que cela, à vrai dire. Il ferait son boulot comme d’habitude, sans plus ni moins d’application. D’autant plus que la somme était plutôt alléchante.

Un coup d’œil au ciel nocturne lui suffit à savoir où en était la nuit.
Il n’avait du dormir que quelques heures, en fin de compte. Mais cela faisait bien longtemps que le sommeil était quelque chose d’instable pour Temùjin ; il se sentait désormais en forme, bien assez pour se mettre au travail dans l’instant qui suivait. Ce fut exactement ce qu’il fit, sans trop se presser ; il avait du temps devant lui.

**************

Le premier jour passa sans que Temùjin ne quitte son atelier.
Il passait le plus clair de son temps sur la commande qui lui avait été adressée la nuit précédente. En tous cas, ce fut le cas durant le premier jour. L’aube du deuxième jour se fit plus étouffante pour lui. Il fallait qu’il sorte un peu, ne serait-ce qu’une heure, pour se ressourcer à l’air frai. Après avoir avalé une gorgée de l’étrange mélange qu’il composait lui-même avec diverses plantes, il s’éclipsa dans les rues encore désertes de la ville, se dirigeant vers la forêt où il avait l’habitude d’aller, tandis que les tout premiers rayons du jour commençaient à peine à poser des teintes violacées dans le ciel nocturne. L’air frai lui faisait du bien. Cependant, hors de question cette fois de s’adonner à une recherche des plantes qu’il utilisait pour son mystérieux remède ; il ne fit que marcher à travers la forêt silencieuse. Ou presque silencieuse. Car au bout d’un instant, il entendit deux voix masculines. L’elfe s’accroupit dans l’ombre de la végétation aux abords d’un sentier. Deux hommes arrivaient en marchant, visiblement sûrs d’être seuls dans cet endroit habituellement désert.

« Tu crois qu’ils reviendront ? » fit l’un d’eux à voix basse, assez fort pour que Temùjin puisse comprendre.

« Bah, je crois pas. Certains y sont allés, comme eux, et on les a jamais revus. Le roi est bien imprudent si tu veux mon avis. »

« Mais ils seront préparés. Ça m’étonnerait qu’ils entreprennent d’aller en Cartale sans un minimum de préparatifs, tout de même. »

Temùjin sursauta comme s’il venait de recevoir une décharge électrique.
Cartale... Personne ne savait ce qu’il y avait là-bas. Sauf lui. Pour sûr, il n’y était jamais allé. Mais son défunt père lui avait assez parlé de ces contrées pour que le jeune elfe sache ce qui se passait là-bas, dans l’ombre. Son père... il était l’un des leurs, l’un de ceux qui allaient être pris par surprise. Que devait-il faire, maintenant ?

« Eh ! »
aboya l’un des deux hommes en apercevant Temùjin, qui eut un geste de recul. « Qu’est-ce que tu fais ici toi ? »

Les deux gardes étaient maintenant tournés vers lui. L’elfe déglutit, nerveux.

« Je... »

« Tu nous épiais ? »
gronda le deuxième.

Sans prendre le temps de répondre, Temùjin détala à travers la forêt comme si sa vie en dépendait. Peut-être était-ce la cas... Quoi qu’il en soit, leste et rapide comme un félin, l’elfe eut vite fait de semer ses deux poursuivants, sortant de la forêt pour revenir vers la ville, s’engouffrant dans les méandres tortueux de toutes ces rues. Il ne s’arrêta pour reprendre son souffle seulement lorsqu’il fut dans son échoppe, après avoir refermé la porte derrière lui. Il respirait par saccades, tendant l’oreille pour écouter ce qui se passait derrière la porte de la boutique. Mais rien ni personne ne l’avait suivi. L’elfe était seul. Tout était calme. Pour l’instant.
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MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut [Terminé]   Lun 18 Juin - 4:50

Mathys était accoudé à la balustrade du balcon de ses appartements privés. Il regardait le soleil se lever lentement à l’horizon, boule de flammes que rien ne pouvait arrêter. Au fur et à mesure de son ascension, ses rayons chassaient les ténèbres et apportaient avec eux une chaleur bienvenue après la fraicheur de la nuit. Il y avait quelque chose de majestueux dans son apparition, comme si le monde renaissait. Les premiers rayons virent éclairer les imposantes murailles de cette forteresse qu’était Thortan. Jamais prise, elle était un sanctuaire inviolable pour les habitants de Berill.les rayons continuèrent leur ascension et lorsqu’ils arrivèrent au sommet de la muraille, ils formèrent comme une vaste couronne qui illuminait les créneaux. Ils se reflétèrent sur les armures des gardes qui patrouillaient là haut. Le soleil continua encore à monter jusqu’à atteindre enfin le balcon où se trouvait Mathys. Il sentit la chaleur des rayons sur sa peau nue et il huma l’air matinal, encore chargée de l’humidité de la nuit. On frappa à sa porte. Il se retourna et jeta sur son torse nu une cape avant d’inviter la personne à entrer. Fidèle à son habitude, son arme se trouvait non loin de lui. Ce fut son conseiller de guerre qui entra.

- Pardonnez-moi de vous déranger, mon Seigneur.
- Comment avance le forgeron ?
- Il a finis. Les outils que nous lui avions demandés ont été livrés au palais ce matin même et j’ai fais préparer les hommes de l’expédition. Ils sont prêts.
- Et le forgeron, est il mort ?
- Nous ne l’avons pas trouvé chez lui. Il a envoyé un message au palais, expliquant que la commande était prête, mais lorsque nous sommes arrivés, nous ne l’avons pas trouvé dans sa forge.

Mathys réfléchit quelques instants. Pourquoi n’était il pas là pour recevoir son paiement ? La somme promise était des plus généreuses et n’importe quel marchand aurait été ravi de recevoir cet or de ses propres mains. Peut être comptait il le récupérer plus tard…

- Cela ne fait rien. J’imagine qu’il doit être sorti pour chercher des plantes dans la forêt. Il semblerait que ce soit sa grande passion.
- J’ai laissé deux hommes pour surveiller les environs. Ils sont compétents et dès qu’il reviendra, ils s’occuperont de son cas avec toute la discrétion requise.
- Très bien. Dis aux hommes de l’expédition que je vais venir leur parler. Qu’ils m’attendent dans le Salon Bleu.
- A vos ordre, mon Seigneur.

Le conseiller s’inclina et se retira, partant exécuter les ordres de son roi. Mathys passa une tunique et enfila ses bottes montantes noires. Il compléta le tout en passant à sa ceinture sa rapière qui ne le quittait jamais et l’accompagnait dans chacun de ses déplacements. Lorsqu’il fut prêt, il se dirigea vers le Salon Bleu. C’était une pièce qui servait à l’occasion à de petites réunions. Elle tenait son nom du fait que le sol de pierre et recouvert d’un vaste tapi d’un bleu profond, presque noir. Lorsqu’il arriva devant la porte de la pièce, il entra sans frapper. Six hommes en tenue de voyage l’attendaient. Ils se mirent en ligne, le regard fixé droit devant eux. Mathys passa devant chacun d’entre eux, les observant. Ce qu’il vit lui plut. C’était des hommes durs, qui seraient s’adapter et mener à bien leur mission.

- Qui dirige cette expédition ? demanda-t-il.
- Moi, mon Seigneur. L’homme du milieu s’avança. Un peu plus petit que son roi, il était séduisant et puissamment bâti.
- Comment t-appelles tu ?
- Llyrander.
- Très bien Llyrander, je te confie ces hommes. S’adressant à tout le monde. Vous savez quelle est votre mission. Une menace inconnue nous menace depuis Cartale, cette terre dont on ne sait rien. Vous devrez l’explorer et en découvrir les mystères. Trouvez cet ennemi, si cela est possible, tuez-le, mais revenez pour me tenir informé. Vous faites parti des meilleurs de Berill, faîtes honneur à votre rang, à votre royaume et à votre roi !

Les six hommes acquiescèrent avec force puis Mathys leur ordonna de partir. Ils quittèrent la salle au pas de course. Quelques minutes plus tard, ils étaient dans la cours du palais et sautaient sur leur monture avant de partir au galop, vers l’inconnu.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut [Terminé]   Ven 6 Juil - 7:22

[Je m'excuse mille fois pour ce vilain retard >< les épreuves de bac sont enfin terminées, je vais donc pouvoir consacrer bien plus de temps au RP]

Temùjin était nerveux, même après ces quelques heures passées au calme.
Troublé par ce qu’il avait entendu, l’elfe ne cessait de faire les cent pas dans son atelier. Une expédition en Cartale... C’était tout simplement de la folie ! Mais ça, les humains l’ignoraient. D’ailleurs, les Nocturnes ignoraient certainement tout de cela eux aussi. Cette expédition était mauvaise, Temùjin en était convaincu. Peut-être devait-il avertir le roi de Berill et ses hommes de la stupidité de cette décision... Mais l’écouteraient-ils, lui ? C’était fort peu probable. Le roi n’accorderait sans doute aucune importance aux paroles d’un elfe établi ici depuis quelques mois. Et puis, était-il sage de révéler l’existence des Nocturnes avant même que les hommes aient entamé l’expédition ? Cela serait à leur avantage. Il ne fallait rien dire aux humains. En revanche, il avait l’impression que les Nocturnes, eux, prêteraient attention à ses avertissements. Leur sang coulait dans ses veines. Et les humains ? Ils n’avaient aucun rapport avec le jeune elfe. Tout ce qu’ils avaient fait jusque là, c’était le rejeter, se montrer hostile envers lui. Il aurait également pu ne rien faire, ne rien dire à personne. Mais il n'arrivait à s'en tenir là.

Temùjin s’agenouilla sur le matelas calé dans un coin de la pièce, et souleva l’oreiller pour découvrir sa dague. Effleurant un instant les ornements du bout de ses longs doigts, il se saisit de l’arme qui trouva sa place à sa ceinture.

« Il est temps d’y aller... » souffla t-il

Les autres préparatifs furent faits rapidement ; quelques rations de nourriture, une fiole remplie d’une étrange solution à base de plantes, quelques armes de jet et des bandages de premier secours. Pour le reste, il se débrouillerait. Temùjin passa sa besace à son épaule, rabattit le pan de sa veste sur sa dague et sortit de son atelier pour arriver dans la boutique. Curieusement, il resta dans l’ombre quelques secondes. Il y avait des bruits inhabituels à l’extérieur. A pas prudents et feutrés, il se rapprocha de la porte, écartant légèrement le store rabattu pour observer la ruelle. Du moins, il croyait pouvoir observer la rue ; une silhouette très proche, trop proche, lui obstruait la vue. L’elfe exécuta un bond en arrière juste à temps pour éviter la lame de l’épée qui traversa la porte, et qui lui aurait transpercé le crâne.

Temùjin poussa un cri surpris et manqua de tomber à la renverse, retrouvant précairement son équilibre pour se précipiter dans son atelier, alors que la porte de la boutique se retrouvait défoncée par l’homme. Une fois revenu dans son atelier, il se tourna vers la seule échappatoire possible ; la fenêtre. Il l’ouvrit en hâte et sauta à travers l’encadrement, atterrissant dans une impasse sombre et étroite. Mais à peine eut-il le temps de poser pieds à terre qu’une silhouette bien plus grande que lui jaillit de l’ombre pour se jeter sur l’elfe. La promptitude de ses réflexes lui sauva sans doute la vie ; il esquiva un coup qui l’aurait assommé, et donc signé son arrêt de mort. La silhouette baissée de l’elfe frôla son agresseur avec une rapidité fulgurante, passant presque au ras du sol. Le temps que l’homme remarque la plaie qui striait son flanc, sa cible disparaissait déjà à l’angle de la rue, où une flèche se planta dans le mur, ne manquant l’elfe que de quelques millimètres.

Temùjin avait espéré pouvoir les distancer facilement. Mais ils le suivaient de près à travers les rues tortueuses d’Arrak. De très près. De trop près même. L’elfe aurait juré entendre le sifflement de mille flèches dans l’air, derrière lui, et n’osait se retourner pour vérifier si ses poursuivants étaient toujours à ses trousses. Il courut sans ralentir jusqu’à la forêt voisine de la ville, là où il avait pris l’habitude d’aller tranquillement chercher diverses plantes. La forêt qui lui paraissait familière autrefois. Désormais, elle était menaçante, pleine d’ombres et de bruits inconnus. Peut-être était-ce cela que Temùjin fuyait désormais. Quoi qu’il en soit, il courut sans s’arrêter, serrant sa dague dans le creux de sa main, sachant au fond de lui qu’il s’agissait là d’un départ définitif.
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MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut [Terminé]   Jeu 26 Juil - 14:00

Mathys prenait son petit déjeuner dans ses appartements en compagnie d’une charmante créature : une belle femme aux traits délicats et à la chevelure d’or. Elle ne portait pour le moment qu’une chemise négligemment posée sur ses épaules qui ne cachait rien de ses formes voluptueuses et observait son roi piquer un morceau dans son assiette.

- Je ne le croyais pas, mais vous êtes encore plus mignon au petit matin, Mathys, lui dit-elle avec un petit sourire mutin.
- Tu trouves ? lui répondit le roi de Berill en continuant de manger.
- Oui tout à fait ! Vous avez un air tout à fait charmant et étonnement innocent…

Mathys lui rendit son sourire d’un air un peu distrait. La jeune femme s’appelait Rebecca une duchesse veuve et délaissée qui était devenue depuis quelques mois maintenant sa favorite, c’est-à-dire qu’il l’invitait plus souvent que d’autres femmes à partager sa couche. D’aucuns murmuraient qu’il y avait peut être plus là-dessous, mais les pauvres fous se trompaient. Il n’était pas encore temps pour Mathys de prendre épouse, et quand bien même s’était le cas, Rebecca était certes très belle, mais elle ne ferait pas une reine digne de lui. On toqua à la porte ce qui arracha un petit cri de surprise de Rebecca qui alla dans une autre pièce des appartements afin de ne pas se dévoiler dans une tenue des plus légères. Mathys poussa un petit soupir de résignation en annonçant qu’on pouvait entrer. Ses petits déjeuners étaient sacrés et on ne le dérangeait jamais durant ces moments sauf grave nouvelle. Le souverain se prépara donc à entendre quelque chose de désagréable en voyant son Maître Espion pénétrer dans sa suite. Ce dernier s’inclina rapidement avant d’entrer dans le vif du sujet. Il savait que ce n’était pas le moment de tourner autour du pot.

- Majesté, le forgeron elfe que nous avions engagé pour fournir des fournitures à nos hommes s’est échappé hier,
dit il.
- Ah oui ? demanda d’une voix glaciale Mathys, et pourquoi ne suis-je prévenu que maintenant, peux tu me l’expliquer ?

La mâchoire du Maitre Espion se contracta involontairement et il baissa légèrement les yeux à cause de gène. L’homme n’était pas facilement intimidable, mais tout le monde savait dans le royaume que lorsque Mathys n’était pas content, des têtes tombaient et pas tout le temps au sens figuré du terme. Ce fut donc avec une certaine appréhension qu’il reprit la parole.

- Des hommes ont cherchés à le poursuivre mais ils l’ont perdu il y a quelques heures dans la forêt qui borde la ville Arrak. Ils ne sont arrivés au palais qu’il y a quelques minutes pour faire leur rapport.

Mathys poussa un court soupir et se pinça l’arrête du nez, comme s’il était soudain en proie à une violente migraine.

- Si je comprends bien, un vulgaire forgeron a réussi à échapper à des soldats professionnels. Je crois que je dois féliciter ces heureuses personnes qui n’ont pas eu la géniale idée d’envoyer directement un soldat au palais tandis que les autres le poursuivaient, dit Mathys d’une voix dénuée de toute émotion, comme s’il ne faisait qu’énoncer quelque chose de banal. Tu veilleras à les récompenser comme il se doit.
- Il en sera fait comme vous l’ordonnez, Majesté, répondit le Maître Espion, soulagé que ce ne soit pas sa tête qui tombe aujourd’hui.
- Très bien, et quelles mesures as-tu pris pour régler ce problème ?
- J’ai déjà envoyé une équipe de pisteurs professionnels. Ils ne devraient pas avoir de mal à rattraper le fugitif.
- N’échoue pas cette fois, le prévint Mathys.

L’homme s’inclina et sortit en silence. Rebecca revint dans la pièce. Elle avait enfilé sa robe et finissait de se coiffer.

- Je crois que c’est un peu tôt, Rebecca, pour que tu rentres,
lui dit Mathys avec un éclat brillant dans les yeux.

La jeune femme eut un sourire coquin et se délaissa de sa robe qui tomba à ses pieds, révélant ses formes généreuses. Mathys s’approcha d’elle d’une démarche féline. Il était de mauvaise humeur à présent et avait besoin d’un certain remontant. Rebecca poussa un faux cri de terreur et s’enfuit dans la chambre à coucher.


*********************

Virgo Sela ordonna une halte à ses hommes set descendit de son cheval pour observer des traces qui seraient restées invisibles pour le commun des mortels, mais Virgo, ainsi que les hommes sous ses ordres, n’étaient pas des hommes ordinaires. Ils étaient des traqueurs, des hommes entraînés à retrouver des proies perdues dans la nature. C’est-ce qu’il faisait en ce moment. On état venu les voir a petit matin pour leur ordonner de poursuivre et rattraper un jeune elfe qui s’était échappé. Virgo ne savait pas pourquoi la couronne désirait le retrouver, et à vraie dire cela lui était égale. On lui avait confié une mission et il comptait la remplir. Il s’agenouilla et observa de près la terre.

- Il a un, peut être deux jours sur nous, guère plus, dit-il aux quatre hommes qui l’accompagnaient. Il a ralentit l’allure également. Il doit penser nous avoir semés. C’est une bonne chose, d’autant plus que les elfes font des créatures particulièrement difficiles à pister. Il remonta sur son cheval et donna l’ordre de continuer.
- Nous nous dirigeons vers le Sud, remarqua l’un des traqueurs.
- C’est exact. Il cherche peut être à se cacher à Naskapi, ou peut être qu’il veut descendre plus bas.
- Mais il n’y a rien plus bas, protesta un autre homme.
- Si, répondit sombrement Virgo, il y a Cartale…

Ils repartirent au galop.



[HRP]Voila, je pense que nous en avons terminé ici, je te laisse ouvrir la suite où tu veux, Naskapi ou Cartale. N'oublies pas de mettre le titre en orange pour montrer qu'il s'agit d'un Rp scénario [/HRP]
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