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 Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}

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MessageSujet: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Dim 10 Juin - 23:02

Je marchais. Vide et résigné. J’avançais. Passant du ponton sur les quais aux rues grossièrement pavées. Le monde se rétrécissait autour de moi. Claquement des sabots. Grincement des charrettes. Scie stridente ou martellements métalliques. Qu’elle était loin ma cité natale emplie d’épices et de sable. Ici tout était rugueux et âpre. Tout était poussiéreux et sale. La rousse s’en fichait éperdument ; me poussant de la main sans pitié, elle me forçait à avancer. Pas après pas j’allais vers mon prochain maître. J’avais peur, dans cette ville inconnue en un lieu étranger à mes sens. Où était-ce ? Où étais-je ? Nous marchâmes seulement quelques minutes après avoir traversé les docks. Sur une estrade érigée pour l’occasion un homme au visage étonnement débonnaire attendait. Était-ce lui mon nouveau maître ? La bourse que sortait le capitaine semblait aller dans ce sens et j’affichais malgré moi un regard désespéré.

« Que voilà donc ! Tu m’amènes un spécimen de choix la Rousse.

- Un naufragé. Il a l’habitude du métier, trouve un acheteur de goût, je suis certain que tu en tirera un bon prix. Il a du talent... du moins son corps en a. »

Dit-elle d’un rire moqueur en tâtant mes fesses sans aucune gêne. Donnant la bourse à l’homme je compris qu’il n’était qu’un grossiste. Chargé d’organiser les ventes. Ainsi je ne serais qu’une marchandise parmi d’autres. Ravalant ma salive pour ne pas perdre la face j’obéis et m’approchai de lui alors que ma sauveuse m’abandonnait sans état d’âme à mon triste sort. Au moins m’avait-elle toujours bien traité elle.

« Déshabille-toi ! »

Son ton tranchait avec celui employé pour parler au capitaine. Dur et ferme il me toisait de ses deux billes noires d’un air calculateur.

« T’es sourds ! »

Ne put-il s’empêcher d’ajouter en faisant claquer des fers dans sa main. Me forçant au calme je pris une grande inspiration et enlevai mes braies de toiles. Je n’avais depuis longtemps plus peur de me dévoiler nu, mon corps ne m’appartenais plus, je m’y étais fait. Mais être jugé comme marchandise sur.. ça. C’était étrange et cela me dérangeait. Il me tourna autour, tâta mon corps comme on vérifie la maturité d’un fruit. Je ne dis rien, l’homme armé à ses côtés me dissuadait de la moindre résistance. Le fouet qui pendait entre ses mains m’ôtait même tout élan de liberté. Il finit par hocher la tête d’un grognement approbatif et me passa des fers aux poignets et aux chevilles ainsi qu’un anneau qui m’enserra le cou. La sensation était affreuse, j’avais l’impression qu’on m’étranglait à tout instant bien que la pression était supportable. Mais plus que tout le frottement du métal contre ma peau était un supplice dont je n’avais pour l’heure qu’un maigre aperçu.

« Avec les autres comme lui. Allez ! »

On m’emmena dans une tente où l’on m’abandonna dans la poussière et la touffeur aux côtés d’autres hommes comme moi, destinés à servir les vices de pratiques refoulées. Nous étions trois, et nous n’échangeâmes qu’un regard. Cela suffisait à faire passer la détresse et la souffrance, la résignation ou la panique. Tout était dit. Demain nous serions vendus, nous ne nous reverrons jamais plus et nous aurons chacun un nouveau maître, un nouveau destin.

Cette nuit là étrangement je m’endormis, avec la certitude que mes anciens démons referaient surface le lendemain. Ce fut une nuit sans rêve, le genre de sommeils qui n’ont d’autre but que de donner un peu répit au corps. Nul baume pour mon âme. Il ne me restait qu’un semblant d’espoir dilué par l’odeur âcre de la peur qui emplissait mes narines.

A peine l’aube venue l’on vint nous chercher. Nous n’eurent pas à aller bien loin. La grande place où se tenaient les foires et les marchés était à deux pas des tentes. Je vis des dizaines d’autres esclaves en sortir, de tout. Hommes, femmes, enfants, et même quelques vieillards. Des guerriers, des domestiques, des gens de plaisir comme moi. Le rôle de presque tous se lisait sur leur corps ou dans leur attitude. Moi je restais droit et fier, ce n’était qu’une façade bien sûr, mais j’y tenais. C’était le peu de dignité qu’il me restait, les miettes de mon orgueil brisé. On me laissa sur une estrade avec les deux autres hommes et une demi-douzaine de femmes. C’était l’échafaud du sexe.
La cité était silencieuse, elle s’éveillait à peine. Nous devions être installé et présentable pour la foire qui ouvrirait d’ici une heure tout au plus. On m’ôta tout mes fers à l’exception de mon collier, relié par une chaîne à un anneau métallique fixé dans le sol. Les acheteurs devaient pourvoir se rincer l’œil sans entraves. Bien sûr pas de vêtements. Allait-on aussi nous demander de jouer un numéro ? Cette idée en me traversant l’esprit m’arracha une grimace de dégoût. Ma situation me dégoûtait moi-même. Le bois de l’échafaud était couvert de tapis coloré, des couleurs chaudes, le rouge de la passion pour nous. Du vert et du bleu pour les hommes d’armes et des couleurs simple, ternes pour les domestiques. J’étais comme une perle dans un écrin pourpre et doré. On nous disposa de manière avantageuse. Harmonieuse pour que la marchandise ait belle allure.

En voyant l’homme de la veille nous placer je compris qu’effectivement, nous aurions chacun un petit jeu d’acteur. Alors que les premiers clients arpentaient la place on me mit avec un jeune homme à la peau couleur chocolat. Plus jeune que moi encore, il avait l’air terrorisé. Il n’était pas dans la tente avec nous hier soir. Il devait appartenir à un autre marchand. Lorsqu’il croisa mon regard il ne le lâcha plus, s’y raccrochant comme un noyé à un rocher. Il me faisait mal au cœur. Lui n’avait pas vécu tout ce que moi j’avais connu. Il était peut-être même encore vierge. Comme j’aurais aimé le délivré de là, lui donner une chance de décider de sa vie par lui-même. Mais non, tous ce que je pus faire et ce qu’on attendait de moi ce fus de l’embrasser. De frotter nos corps l’un contre l’autre, de laisser nos mains s’amuser en caresses aguicheuses, tout cela pour le plaisir des clients. Je me perdais dans le baiser, comme il s’était perdu dans mon regard. Je n’y prenais aucun plaisir, mais en me concentrant uniquement sur ça je parvenais à oublier le monde et ses horreurs, à oublier la place, les cris, les pleurs.

J’avais de la chance dans mon malheur, le marchand qui m’avait acheté pour me revendre ne marquait pas ses esclaves. J’avais aperçu furtivement sur d’autres des marques de brûlures qui m’avaient fait tressaillir. Sans doute que nous, les objets sexuels, devions avoir l’enveloppe la plus séduisante possible. Il ne voulait pas nous abimer.

Petit à petit mes compagnons d’infortunes étaient vendus et disparaissait avec leur nouveau propriétaire. Quand ce fut le tour du jeune noir je crus que j’allais verser des larmes tant je lisais dans ses yeux un malheur total et une détresse absolue. Il s’accrocha à moi et l’on dû le tirer de force pour le remettre à son maître. Je devais tenir bon, ne pas craquer... J’étais à nouveau seul, je n’avais plus d’illusoire échappatoire pour tenter d’oublier ce qui m’arrivait. Il n’y avait plus que moi et quatre femmes sur cette estrade. J’étais trop bronzé, les longs mois en mer avait halés ma peau et dans les standard local cela n’était visiblement pas un critère de beauté. Il fallait être pâle, blanc et brun pour les plus prisés. J’étais blond et bronzé. Quelle ironie. Moi qui dans mon pays était considéré comme superbe, devenu marchandise dans une contrée lointaine je devenais fade et sans intérêt.

Vers midi une maquerelle à l’air très expérimentée, un peu trop même vint nous voir. Elle acheta deux filles d’office avant de s’approcher de moi. Me jaugeant d’un regard expert elle dit d’une voix autoritaire et froide.

« Tourne ! »

J’obéis. Pivotant sur moi-même je la laissais me mâter tout son saoul. Je ne voulais pas finir dans un bordel. Le marchand alla lui souffler une information me concernant, tout sourire.

« Il a de l‘expérience dans le domaine... »

Serrant les dents je renvoyais à cette femme le regard le plus insolent que je pus, dans mon état, former. Elle rit et se désintéressa bien vite de moi, me laissant seul avec le marchand très déçu.

« Ne t’en fais pas, si tu n’es pas vendu aujourd’hui on te trouvera bien une place dans un endroit moins regardant... »

Dans les bas fonds de la ville. Une perspective peu réjouissante. La journée allait toucher à sa fin, j’étais seul sur mon échafaud, comme un condamné à la potence. Les autres estrades étaient presque toute vides, il n’y avait plus grands monde sur la place et les quelques passants m’accordaient à peine un regard. Dans ma tête, j’étais fichu. Je serais jeté en pâture à un bordel mal famé d’un quartier pauvre. J’espérais qu’un des badauds encore présent allait s’arrêter pour moi, pour la première fois j’espérais avoir rapidement un nouveau maître...
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Lun 11 Juin - 15:16

"Elirël où vas-tu?"

Le jeune homme s'arrêta net dans le couloir et se retourna rapidement pour constater que sa discrétion avait été inutile. Une femme d'une cinquantaine d'années avec de longs cheveux blancs qui encadraient son visage fatigué. Il lu dans son regard bleu azur une lueur d'inquiétude et elle croisa les bras comme pour se donner contenance. Ils savaient tout deux combien ce jour était particulier et avec les événements récents, elle avait des raisons de se poser des questions et de s'inquiéter pour son seul fils. C'était difficile de rassurer une mère inquiète mais elle ne devait pas s'en faire comme cela. Un léger sourire s'afficha sur les lèvres fines du renard qui revint vers elle à pas lents et mesurés avant de l'enserrer dans ses bras un long moment. Il déposa un baiser sur son front et rangea une mèche de cheveux derrière son oreille alors que son sourire calme ne le quittait pas. Il se pencha vers elle et lui saisit les mains en la regardant droit dans les yeux.

"Ne t'inquiète pas mère, une petite promenade ne me fera pas de mal aujourd'hui, j'ai besoin de m'éloigner un peu... Et peut-être trouverai-je quelque chose d'intéressant pour moi?"

"Fais très attention, tu m'as fait très peur la dernière fois que tu es parti..."

Il hocha la tête en signe d'approbation alors qu'elle passait sa main sur son front, là où une cicatrice s'était formée depuis le temps. Cette fois il était hors de question qu'il parte seul bien qu'être accompagné d'une personne ayant autant de conversation qu'un mur ne l'intéressait pas vraiment. Il lui promit d'être prudent alors qu'elle lui chuchotait un 'bon anniversaire' quand il la quitta. Il n'aimait pas la voir aussi triste et voulait vraiment tout faire pour la rendre heureuse. Il avait besoin de s'éloigner pour pouvoir réfléchir, il voulait voir des choses nouvelles sans être dérangé en ce jour qu'il considérait important. Il n'arrivait pas à sourire de manière sincère alors qu'approchait sa vingt-huitième années, trop de souvenirs lourds à porter lui revenaient en mémoire. Se saisissant d'une longue cape noire qu'il avait posé sur une chaise de bois, il quitta la demeure de sa mère en soupirant. Il avait juste besoin de respirer. Le jeune homme marchait d'un pas tranquille dans la neige mais il avait toujours cette désagréable impression d'avoir tous les regards portés vers lui et ne savait pas quoi faire pour changer cela. Quand enfin il fit face à la sortie de Lathor, un long soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'il repensait aux derniers événements qui avaient pu se passer. Il avait besoin de prendre l'air. Il revêtit la longue cape sombre alors que le soldat qui avait fait appeler approchait, menant par la bride deux chevaux fougueux. Il s'approcha de l'un des deux, celui dont la robe se confondait avec la neige et le monta avec aisance. Il regarda droit devant le paysage qui s'offrait à lui, la neige commençait à disparaître pour laisser apercevoir une végétation fragile, l'été n'était pas loin mais Lathor se trouvait dans le Nord de la contrée, là où la température était la plus basse.

Il jeta un regard en coin au soldat qui grimpait sur l'autre cheval à la robe sombre avant que tout deux ne partent au galop, traversant la grande plaine. Le renard savait exactement là où il voulait se rendre et prit la direction du Sud de la Lathorie, là où il était sûr de voir des choses différentes, un endroit plus clément pour lui. Il était certain de ne croiser aucune connaissance, cela lui changerait les idées. Eli espérait vraiment trouver une chose qui capterait de nouveau son attention, qui l'intéresserait de nouveau. Ce jour le faisait toujours déprimer au plus haut point, il repensait à chaque instant à son père. Il regarda à sa ceinture la dague qu'il portait, un de ses cadeaux qui lui avait fait tant plaisir... Maintenant il ne voulait plus rien, jamais plus et ce de personne. Ses prunelles couleur ambres se voilèrent un instant alors qu'il continuait de galoper, marquant la distance avec l'homme censé le protéger. Il voulait être seul mais avait fait une promesse à sa mère. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, assit sur son cheval à l'harnachement simple en parcourant les terres du Nord, mais le ciel se teintait de couleurs orangées. La nuit tombait rapidement en Lathorie mais le Renard s'en moquait car la ville portuaire qu'il cherchait à rejoindre naissait à l'horizon. Il n'eut pas besoin de dévoiler son identité pour y pénétrer, c'était là que se déroulait le plus gros du commerce de cette contrée et toutes les races pouvaient s'y trouver sans que cela ne pose le moindre problème. Une belle entente qu'il n'était pas possible de voir partout malheureusement. Il caressa l'encolure de son cheval et regarda autour de lui les nombreux étalages qui présentaient des choses diverses et variées. Beaucoup d'objets que l'on ne voyait pas souvent à Lathor. Il descendit de sa monture en prenant soin de garder la capuche rabattue sur son visage et s'approcha de l'un d'eux, regardant les bijoux en cuir proposés par une jeune femme au regard charmeur... Comme si cette simple chose allait faire en sorte qu'il achète quelque chose dans cette boutique. Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'il s'éloignait, grimpant de nouveau sur sa monture. Il ne savait même pas ce qu'il cherchait exactement et continuait de regarder autour de lui avec une curiosité cachée. Il avait presque chaud caché ainsi mais il ne voulait pas retrouver cette impression d'être regardé de tous. Soudain, alors que le soleil continuait de descendre lentement, quelque chose attira ses prunelles dorées. Un homme se trouvait là, seul sur une estrade et dénudé. Intrigué, Eli se tourna vers le thériantrophe qui l'accompagnait, espérant avoir une réponse de sa part :

"Qui est-ce? Pourquoi est-il présenté ainsi?"

"Ce doit être un esclave pour assouvir tous les vices, mais il ne semble pas être apprécié... hmm... Beaucoup trop bronzé sûrement."

"Très bien... Euh... Restez là et... prenez du repos, visitez un peu..."

Il ne lui laissa là aucune autre explication et lui fit signe de s'en aller. Ce qui l'intriguait chez cet homme présenté comme une marchandise était son regard d'un bleu étonnamment clair, si prenant qu'il n'arrivait pas à s'en détacher. Il donna un léger coup de talon sur le flanc de sa monture pour la faire avancer et s'approcha de l'estrade. Le marchand qui s'en occupait se jeta presque sur le jeune homme qui descendait du cheval. Il était en train de caresser le museau de l'animal sans quitter des yeux le blondinet mais la capuche sur son visage empêchait quiconque de voir cette étincelle d'intérêt qui brillait de nouveau alors que ce jour le désespérait au plus haut point. Cet homme était vraiment mignon, il devait se l'avouer et son corps dénudé lui plaisait tout autant mais ce n'était pas la principale raison pour laquelle il était là. Le marchand se planta devant lui en croisant les bras, un rictus malsain sur son visage :

"Il est expérimenté, obéit bien et..."

"Silence."

Sa voix ne présentait aucune trace de méchanceté, il savait juste se montrer ferme quand il le voulait vraiment. Et là, il se moquait des paroles du marchand. L'ignorant totalement, il lâcha la bride de sa monture et monta sur l'estrade pour regarder celui qui l'intéressait vraiment. L'odeur qu'il portait sur lui rappelait au Renard celle que portait les humains, un seul en particulier... Une douce odeur salée qui rappelait l'océan. Mais il refusait de ce concentrer sur cela, il cherchait à croiser le regard de l'humain bien qu'il devait lever la tête. Franchement, pour un thériantrophe il n'en avait pas la carrure et ressemblait trait pour trait à son animal. Petit et mince... Ce qui pouvait lui porter quelques problèmes. Il retira lentement le tissu qui masquait son visage et passa une main dans sa crinière rousse pour dégager son regard doré alors qu'un léger sourire apparaissait sur ses lèvres. Il voyait de la fierté dans les yeux bleus de l'homme et cela lui plaisait, il ne savait pas pourquoi mais Eli voulait cet homme. Il prit une grande inspiration et regarda le marchand avant de détacher une bourse pleine d'or de sa ceinture et de lui lancer.

"Ce n'est pas la peine de compter, détachez-le."

Il regarda le vendeur de haut en bas pendant que celui-ci s'exécutait et quand enfin l'homme fut libérer des fers autour de son cou, il fit glisser sa cape sur ses épaules pour le couvrir avant de déposer un baiser sur son front avec douceur.

"Bienvenue en Lathorie... Quel est ton nom?"
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Lun 11 Juin - 16:46

Le soleil déclinait et je ne voyais plus rien à quoi me raccrocher. Le mince fil de mon espoir s’étiolait. Je ne savais pas si c’était la peur ou l’air frai du soir mais je commençais à frissonner. Frottant mes mains l’une contre l’autre j’avais du mal à rester immobile. Combien de temps cette mascarade allait-elle encore durer. J’avais terriblement faim aussi. Je n’avais rien mangé depuis la veille à la mie journée, et mon ventre grognait discrètement son mécontentement. J’avais aussi mal au cou, mon collier de métal m’irritait sérieusement la peau. Et le marchand qui attendait, assis, en buvant une bouteille d’hydromel à lui seul. Cette simple vue me fit rager et je lui lançais un regard assassin lorsque nos iris se croisèrent. Ce qui le fit rire et secouer la tête comme si ça n’avait pas d’importance avant de se détourner de moi. Plus le ciel s’assombrissait et plus j’étais seul. Seul parce que j’étais la dernière marchandise humaine restant sur la place, seul parce que les passants se faisait de moins en moins nombreux. Seul puisque fort loin du sol qui m’avait vu naître. De ma cité dorée eux milles couleurs et senteurs, de ma famille, des miens...

Balayant une énième fois le sol poussiéreux et terreux des yeux, je tombais, surpris, sur un cavalier encapuchonné qui me toisait depuis un des accès de la place. Il était accompagné et semblait échanger quelques mots avec ce qui devait être un garde. Celui-ci s’éloigna ensuite rapidement, laissant seule la silhouette montée. Le cheval blanc s’approcha de moi. Je retenais mon souffle, son visage caché par l’ombre de sa capuche éveillait en moi une certaine appréhension mêlé de curiosité, et même d’espoir. Peut-être était-ce un noble du coin, à voir le tissu dont était faite sa cape cela ne pouvait qu’être quelqu’un d’importance. Et pour moi cela ne pouvait qu’être mieux qu’un bordel mal fréquenté. Je ne m’en rendais pas compte, mais concentré par cette vision mi inquiétante, mi réconfortante j’avais cessé de frémir ; et je m’étais redressé dans une attitude ouverte et plus fière à nouveau. Le naturel reprenant le dessus, je lui rendais son regard, bien que je ne puisse le voir, avec franchise et sans honte.

Le vendeur lui aussi l’avait vu arrivé et se précipita vers lui pour venter mes qualités alors qu’il n’en avait lui-même aucune idée. Un marchand, un baratineur, il n’était rien de plus. En cet instant je le trouvais plus pathétique que moi l’esclave. Et quand l’homme inconnu lui intima d’un ton froid et ferme de se taire, je souris. Un léger sourire, pâle pour mes anciens éclats de rire mais un signe de vie, la marque d’une frugale joie.

Je ne quittais pas des yeux le destrier à la robe nivéal et son cavalier. Il ignora mon geôlier et mit pied à terre avec souplesse, grimpant sur l’échafaud par les escaliers de fortune aménagés sur le côté, il s’approcha de moi. Il était plus petit qu’il y paraissait sur son cheval, plus petit et menu que moi. Je ne baissais ni la tête ni les yeux, je restais droit et digne. Il fit alors tomber sa capuche et me révéla une étonnante crinière d’un roux flamboyant ainsi qu’un visage encore jeune et lisse d’une forme triangulaire. Il n’était pas laid loin de là et s’il devait être mon nouveau maître au moins n’aurais-je pas de dégoût à lui laisser mon corps et à toucher le sien.
Nos regards se croisèrent enfin, c’est ce qu’il voulait. Je fus surpris de ne lire dans ses iris d’une étrange et belle couleur orangée, ni étincelle lubrique ou perverse, ni convoitise mal placée, seulement de la curiosité et du désir, qui n’était même pas principalement charnel. Je l’intriguais et l’intéressais. Je ne dis rien, c’était surprenant et j’essayais de comprendre en vain ce qu’il voulait. Je me demandais aussi ce qu’il allait faire.

La réponse vint d’elle-même, se délestant d’un sac de pièce bien rempli il ordonna au marchand de me libérer. Une sensation étrange prenait corps en moi, j’appartenais à cet homme. Ce n’était pas le premier changement de mains dans ma vie d’esclave, mais celui-ci étais inespéré et déconcertant. J’entendis un cliquetis métallique alors que l’on défaisait mon collier. Lorsque le métal rouillé et rugueux frotta contre ma peau une dernière fois je pris conscience de l’état véritable de mon cou. J’avais passé plus de temps que tous les autres avec ce lien et j’avais la chaire à vif à certain endroit. Mon cou était rouge et je le sentais, ma peau me brûlait. Je voulu porter les doigts à ma gorge mais je retins mon geste à mi chemin. Cela ne ferait que réveiller la douleur. Je l’ignorais donc, ce n’était vraiment rien comparé à ce que j’avais connu avec mon premier maître et son équipage.

La brise du soir qui souffla sur ma peau blessée me fit frissonner à nouveau et l’inconnu qui m’avait acheté ôta sa cape et la posa sur mes épaules. Baissant la tête pour le remercier, il baisa mon front avec une douceur qui m’était inhabituelle. Me souhaitant la bienvenue sur cette terre étrangère qu’il nomma Lathorie, et dont j’ignorais totalement la position sur une carte, il me demanda mon nom. Ce à quoi je répondis d’une voix hésitant, cet homme me perturbait avec ses manières tendres et sans hargne ni pulsion quelconque.

« En.. Enguerrand monseigneur. »
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Lun 11 Juin - 19:40

Le jeune Renard ne quittait pas l'homme des yeux, il semblait surpris des manières qu'il employait avec lui. Il est vrai qu'il aurait pu être beaucoup plus dur, son statut lui permettait de se montrer comme tel pourtant il ne voulait pas. Cet homme l'intriguait trop et il ne masquait pas cette lueur de curiosité qui brillait dans ses prunelles dorées. Il ne semblait pas totalement soumis par de mauvais traitements bien qu'il semblait avoir faim, à ce qu'il pouvait entendre de son ventre gargouillant discrètement. Le léger sourire qu'il avait entraperçu sur ses lèvres lui dévoilait un certain contrôle de lui, il avait encore de la personnalité et c'était ce qui l'intéressait plus que tout. Il aimait voir cet air fier dans le regard bleu profond de l'homme, il n'arrivait pas à le quitter des yeux alors que le marchand à côté d'eux était totalement ignoré, trop occupé à compter et recompter les pièces d'or qu'il lui avait donné. Une fois la cape sur les épaules de l'humain, Eli prit son temps pour observer l'état de sa gorge abîmée à cause de l'étau de fer. Il devait souffrir... En silence. Rien qu'à cette pensée il fit glisser son index sur son propre cou où se trouvait les marques encore récentes d'une morsure sauvage. Il ne devait pas y repenser. Il s'interdisait de repenser sa dernière rencontre plutôt mouvementée qui l'avait marqué, aussi physiquement que mentalement. Eli secoua sa tête pour chasser ses idées noires de son esprit pour se concentrer sur cet humain qu'il trouvait étonnant. Il voulait entendre son nom, savoir comment appeler cet homme qui semblait venir de loin. Sa voix hésitante le fit sourire alors qu'il dégageait une nouvelle fois sa chevelure rousse de devant ses yeux. L'entendre l'appeler ainsi le surprenait au plus haut point mais il essayait de ne rien montrer sur son visage.

"Enchanté cher Enguerrand... Appelle moi plutôt Elirël ou même Eli si cela te chante... Le reste est beaucoup trop formel je trouve."

Il jeta un dernier regard hautain au marchand qui faisait mine de le pas les entendre avant de glisser sa main dans celle du jeune homme.

"Viens avec moi..."

Il était beaucoup trop tard maintenant pour qu'il fasse le voyage de nuit, même s'il était accompagné d'un soldat cela pouvait être dangereux. La nature n'était jamais clémente, même lorsque les températures se faisaient plus douces. Vu l'emplacement de ce marché étonnant, la ville portuaire ne devait pas être bien loin et il allait sûrement pouvoir trouver une auberge où se restaurer et dormir paisiblement. Mais avant tout, il avait un problème qu'il devait régler car il n'allait pas partout promener un homme complètement nu qui avait pour seule protection une cape de tissu. Il fallait l'habiller, et convenablement tout de même. Un sourire s'affichait sur les lèvres du jeune homme, un sourire sincère dans ce jour qu'il maudissait... Un vrai miracle. Il marchait lentement sur l'estrade et descendit ses marches avec tout autant d'exagération. Il n'était pas pressé, il avait retrouvé le sourire aujourd'hui et comptait bien en profiter. La rue se vidait progressivement, les gens rentraient chez eux après avoir fait leur 'marché', on voyait sur le visage de certain la fierté de leurs acquisitions et la peur dans le regard de ceux-ci. Eli tenait toujours la main de Enguerrand et l'emmenait avec lui, regardant avec une grande attention les étalages encore présents avant d'en trouver un particulièrement intéressant. C'était cette boutique où il pensait n'avoir vu que des bijoux de cuir. La jeune femme était toujours là, lasse d'attendre les derniers clients. Soudain elle se releva avec vivacité en voyant les deux hommes et s'agrippa presque autour du cou de Elirël où elle murmura d'une voix aguicheuse en faisant glisser une main vers sa ceinture dans le but de le voler :

"Je ne savais pas que t'aimais les plans à trois, il fallait me le dire mon chéri j'aurai tout préparé..."

Un grognement sec sortit de la gorge du Renard qui saisit la main baladeuse dans laquelle se trouvait une dague richement ornée qui lui appartenait. Il repoussa la jeune femme en récupérant son arme et, tenant toujours la main d'Enguerrand, il entra dans la tente pour regarder les quelques vêtements exposés. Mais apparemment, la jeune femme jouait un double jeu, bien que cela ne soit pas ce qu'il recherchait.

"On ne ruse pas avec un Renard mademoiselle... Je suis là pour autre chose. Vous avez sûrement des vêtements plus... Portables que ceux que vous présentez?"

Elle lui désigna une grosse valise dans le fond de la tente en faisant la moue, reportant son attention sur le blondinet qui suivait. Mais le regard glacé de Eli l'en dissuada vite alors qu'il ouvrait la malle couverte de poussière. Il était hors de question pour la jeune femme qu'elle ne l'approche, peut-être était-ce son léger côté possessif qui ressortait à ce moment mais c'était comme ça et il ne pouvait pas faire autrement. Se concentrant sur la malle grande ouverte, il se plongea dedans et en sortit plusieurs vêtements qu'il examina un à un, testant leur texture, les posant de temps en temps sur le torse du jeune humain pour vérifier la taille. Elirël ne pouvait pas le vêtir avec de la mauvaise qualité, ce n'était pas convenable et après tout ce qu'il avait dû subir, rien que cela pouvait le soulager. Au moins, la jeune femme cachait des choses de bonnes qualités pour de bons clients, il avait assez de choix pour revêtir Enguerrand. Il trouva une chemise de velours couleur crème dont les bordures étaient brodées de fils argentés, celle-ci lui plaisait vraiment et irait très bien sur le jeune homme, il en était certain. La mettant sur le côté, il se remit à chercher pour trouver des braies semblables qu'il pourrait porter le temps de revenir à Lathor. Quand enfin son regard se posa sur un tissu couleur sombre qui lui plu, il retira le vêtement de la malle et attrapa la chemise au passage. Il se releva et s'approcha de l'humain, se mordant la lèvre inférieure en pleine réflexion. Il fit tomber la cape de ses épaules sans pudeur pour bien positionner la chemise avant de le regarder un long moment :

"Je pense que cela t'ira parfaitement, qu'en dis-tu?"
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Mar 12 Juin - 8:07

Elirël. C’était le nom de mon nouveau maître, dont les manières ne cessaient de me surprendre. Quel genre d’homme était-il, qui était-il ? Avait-il des responsabilités ? Ou bien était-ce un de ces nobles qui profitait de tout les avantages de leur condition sans jamais avoir à se soucier de quoi que ce soit ? Quoi qu’il en soit, le fait de l’entendre déplorer la formule de politesse que je venais d’employer en la traitant de trop “formelle“ me surpris grandement, au point que mon expression s’en fit le reflet. Ecarquillant les yeux, je me contentais d’hocher la tête d’un mouvement à peine perceptible pour toute réponse. Que pouvais-je dire d’autre de toute manière. Je n’arrivais pas à cerner quel genre de propriétaire il serait. Pourquoi m’avait-il acheté au juste ? Je ne m’en plaignais pas, cela ne pouvait pas être pire que les bas fonds, mais enfin, il me laissait perplexe.

Mon cœur rata un battement quand il prit ma main. Qu’est ce que cela voulait dire ? Il ne me traitait pas comme un esclave, il se comportait d’égal à égal. J’étais stupéfait par la situation. A moins que cela ne fasse parti du jeu qu’il voulait instaurer entre lui et moi. Peut-être qu’il se sentait seul et avant besoin de compagnie, quitte à l’acheter et à faire croire que j’étais son amant. De telles histoires devaient bien arriver. Autant d’interrogations qui me laissaient songeur.

Mais pour la première fois depuis longtemps, je me sentais bien. Sa cape était d’une douceur et d’une qualité qui la rendait des plus confortable, je ne frissonnais plus. Sa main dans la mienne était avec ses autres attentions les premières marques de tendresse que l’on me manifestait depuis des mois. Je me surprise à sourire, comme ça, sans raison. Je me sentais simplement serein, la peur avait passé pour l’heure.

Je le suivis donc jusqu’à la tente d’une marchand ambulante. Qu’espérait-il y trouver ? La commerçante se jeta quasiment littéralement sur mon maître pour lui susurrer d’une voix coquine quelques mots. J’en perçus la plupart et compris que j’allais déjà servir dans la soirée. Peut-être voulait-il me tester. Etrangement cela ne me rebuta pas, après-tout ça n’était vraiment pas ma première fois à plusieurs, et celle-ci aurait sans doute le mérite d’être moins douloureuse... L’équipage n’avait jamais été tendre avec moi je préférais d’ailleurs ne plus y penser, ils étaient tous morts à présent, c’était du passé. Mon passé, aussi moche soit-il.

La réponse d’Elirël m’interloqua d’avantage encore. Non il ne venait pas passer du bon temps mais me trouver des vêtements. Clignant des yeux, surpris, ébahit même, je coulai un regard à la vendeuse qui faisait déjà mine de se tourner vers moi. Mon maître l’en dissuada d’un seul regard et elle afficha une moue boudeuse en retour. Dans mon pays une femme se comportant de la sorte, aguichant publiquement un homme et se dévergondant sans honte aurait été enfermée quelques jours. Dans mon pays il n’y avait pas d’esclave déjà, chacun était libre mais digne. Il y avait des pauvres bien sûrs comme partout, mais sans doute moins qu’ici, et ils ne vivaient pas dans le même genre de misère. Ils avaient des vies sobres, souvent difficiles ; mais au moins avaient-ils encore un statut social et des droits. Le désert me manquait, la chaleur du soleil sur ma peau, les fragrances sucrées qui titillaient mes sens et toutes les couleurs chaudes qui rendaient belle et chaleureuse ma cité. Non, ici je n’étais rien. Rien qu’un corps, une marchandise. Tous ce qui intéressait était mes lèvres, ma langue, mes fesses et mon entre-jambe. Ma personnalité était effacée, toutes mes pensées sans intérêts, qui j’étais, qui j’avais été, ce que je rêvais d’être, tout cela personne ne s’y intéressait. La seule chose qui important à présent c’était quels désirs j’étais capable d’assouvir, quels vices je pouvais supporter et quels rôles je pouvais tenir. Et rien de plus.

Je m’étais égaré dans mes pensées pendant que mon maître fouillait une grande malle dans le fond de la tente, emplie de caisses et d’articles finalement assez hétéroclite et de mauvaise qualité pour la plupart. Après quelques minutes de recherche il mit de côté, sous l’œil agacé de la femme, une chemise et un pantalon de meilleure facture que le reste, quoique assez simple. Revenant vers moi, je notais qu’il se mordait la lèvre. Signe d’excitation ou de perplexité ? Sans doute un peu des deux. M’ôtant la cape des épaules, il posa la chemise sur mon torse pour voir si elle m’allait pendant que la vendeuse me mâtait sans discrétion, un sourire de catin sur les lèvres. Je l’ignorais complètement et répondis à mon maître, bien que le simple fait qu’il me demande mon avis m’étonnait une fois encore.

« La chemise est faible en couleur, cependant l’ensemble me siéra surement d’avantage qu’une absence d’habillage. »

C’était un test de ma part. Je voulais voir s’il était indulgent au point de souffrir d’une contradiction. Qui plus est j’avais parlé sans hésiter cette fois, d’une voix claire et cultivée laissant entendre mon léger accent des sables. Je voulais aussi lui montrer que je n’étais pas ce que tout le monde croyait... Sans éveiller de soupçons notables, bien entendu. Mon identité réelle devait rester secrète, ce mystère demeurait mon plus précieux allier et la seule chance de salut à mes yeux. J’étais moi aussi un noble dans le sang, sans doute même plus que lui. Je le toisai avec intérêt, attendant sa réaction sans crainte ni courber l‘échine.
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Mar 12 Juin - 12:07

Le jeune homme avait vite remarqué que sa manière d'être surprenait le blondinet et cela l'amusait bien qu'il ne montre rien sur son visage, gardant juste un sourire paisible. Il avait arrêté de ressasser ses souvenirs partagés avec son père pour se concentrer sur Enguerrand qu'il ne lâchait pas d'une semelle. Ses prunelles dorées l'observaient avec une curiosité non masquée alors qu'il tenait toujours la chemise contre son torse. Quand il vit que l'homme avait remarqué son fichu tic nerveux quand il réfléchissait, il arrêta de se mordre la lèvre inférieure. Il l'écouta avec grande attention donner son avis, voulant voir ce qu'il y avait vraiment derrière ce regard profond. Il crut percevoir un accent dans sa voix claire mais fut incapable de dire d'où il venait vraiment. Elirël connaissait vaguement les terres humaines et ne s'y aventurait presque jamais. Mais c'était sa formulation qui lui plaisait le plus, il avait de la culture et ne lui cachait pas, sa voix chantante parlait avec aisance et toute son hésitation avait disparu. Ainsi il ne s'était pas trompé en le voyant et croisant son regard fier. Le Renard avait raison, l'esclavage ne l'avait pas dépossédé de tout et il voulait savoir ce que renfermait cet homme d'origine inconnue. Il allait pouvoir être de bonne compagnie, ce qui lui changerait des soldats nordiques aussi bavards qu'un mur du Temple. Après tout, il ne leur demandait pas d'être intelligents mais forts, certains ne pouvaient pas tout faire en même temps. Rien que d'y penser, il soupira silencieusement. La Lathorie n'était pas la meilleure des contrées pour s'épanouir culturellement et il ne le savait que trop bien. Peut-être était-ce pour cela finalement qu'il avait acheté cet homme. Pour lui rendre un peu de dignité et avoir une personne avec qui parler. Son regard d'ambre croisa celui de l'homme plus grand que lui et son sourire se fit plus amusé sur ses lèvres fines alors qu'il lui donnait les vêtements.

"Je m'en doutais quelque peu... Mais je pense que c'est la seule chose ici digne d'être portée. Je pourrai sûrement trouver quelque chose qui sera à ta convenance une fois à Lathor..."

Il marqua une pause et referma la grosse malle pour s'asseoir dessus, se moquant royalement de la poussière présente. Après tout il avait connu pire et ce n'était pas cela qui allait l'effrayer.

"Nous ne nous occuperons de cela demain, les voyages de nuit sont encore trop risqués. Tu devrais vite te vêtir et gardes la cape sur toi ; même si les marques de verdures sont déjà bien présentes, c'est un désert glacé ici."

Cela allait surtout lui permettre de masquer l'odeur humaine qu'il dégageait et ainsi assurer sa sécurité. Les thériantrophes n'étaient pas vraiment cléments avec ce genre de personne et il avait déjà vu des choses plutôt horribles en compagnie de son ancien maître et chef. Elirël se souvenait en particulier d'un humain venant vendre sa marchandise qu'un fou s'était amusé à démembrer avant de le jeter dans la mer de glace. Triste sort pour un innocent et il ne voulait pas voir ce jeune homme dans le même état. Il comprenait cette haine mais n'arrivait pas vraiment à l'accepter au près des siens car il savait au fond de lui que tous les humains n'étaient pas comme cela. Cependant l'image du pirate lui revint en mémoire et il passa sa main sur sa joue, l'effleurant à peine. La cicatrice qu'il lui avait fait était encore visible malgré la poudre albâtre qu'il avait utilisé pour la masquer. Il ne fallait pas repenser à cela, tout avait finit par s'arranger après tout. Il se tourna même pour lui laisser le temps de s'habiller tranquillement, lançant un regard assassin à la marchande à chaque fois qu'elle voulait se retourner et finit par se lever en s'étirant longuement. S'approchant de la jeune femme qui lui souriait toujours avec cet air charmeur, il déposa quelques pièces d'or devant elle pour payer les vêtements et se pencha à son oreille pour lui demander où il était possible de trouver une auberge convenable. Ses poings se serrèrent brusquement quand elle se mit à rire.

"Ah mon chéri tu trouveras rien de bien ici pour toi et... ta belle compagnie! Faudra quitter le marché si vous ne voulez pas vous faire voler... voire plus pourquoi pas, vous êtes plutôt mign..."

"Il suffit."

Sa voix était redevenue glacée et son regard s'assombrit un instant. Peut-être n'aimait-il pas les choses formelles, il n'appréciait pas non plus un relâchement tel. Il saisit la jeune femme à la gorge sans aucune pitié, pressant assez pour que cela soit douloureux, et lui murmura quelques mots qui la fit pâlir avant de la libérer. Elle se mit à tousser pour retrouver son air et rangea les pièces d'or avec précipitation en s'éloignant de lui alors que le Renard s'approchait du cheval blanc qui les avait suivit sans bruit jusqu'à l'étalage comme le voulait son dressage. Suivre son maître, c'était ce qu'on apprenait aux animaux non? Il caressa le museau de l'animal un long moment dans le silence le plus total comme pour se calmer lui-même. Les derniers événements l'avaient rendu vite irritable voire même violent si l'opposition était trop grande, trop marquée et il n'aimait pas qu'on se moque de lui, il avait déjà été suffisamment humilié comme cela auparavant. Ce qui s'était passé ce jour là ne devait plus jamais se reproduire. Prenant une grande inspiration il regarda enfin Enguerrand, le sourire retrouvé comme si la scène ne s'était jamais déroulée et il reprit sur un ton enjoué :

"J'espère que tu sais monter à cheval car ce sera là notre seul moyen de locomotion."

Il devait avant de partir retrouver le soldat censé l'accompagner. Après un court instant de réflexion pour se rappeler la géographie des lieux, il su exactement quelle direction il allait prendre pour vite trouver une auberge. La Lathorie avait beau être un territoire étendu, il le connaissait très bien grâce aux nombreuses chasses qu'il avait pu pratiquer. Prenant place sur le dos de l'animal, il s'avança un peu pour lui laisser de la place et tendit sa main au jeune homme pour l'aider à monter. Il lui fit signe de se tenir à lui et donna un coup de talon léger sur le flanc de l'animal pour le faire avancer. Ses prunelles dorées cherchaient partout la seule autre personne susceptible d'avoir une monture. De temps à autre il ne se gênait pas pour regarder derrière lui comment allait Enguerrand, il se plaisait tout particulièrement de se perdre dans ce regard si bleu. Il croisait ses yeux pour la énième fois quand il entendit un hennissement et le bruit d'un cheval au galop qui se rapprochait. Retrouvant ses esprits, il vit enfin le thériantrophe en question qui semblait toujours respirer la joie de vivre... Hum... Son visage fermé et les poings croisés sur son torse lui indiquait clairement que Eli avait perdu trop de temps... Mais il n'était pas non plus un gamin. Malgré tout, il soupira et ne donna aucune explication sur la présence de l'humain. A entendre le soldat, il avait déjà trouvé une auberge et avait réservé des chambres mais il n'avait pas prévu une personne supplémentaire. Cela ne perturba pas pour autant le Renard qui suivit le guerrier jusqu'à l'établissement en question, gardant toujours son calme absolu.

Le lieu était plein de vie même si une désagréable odeur d'alcool s'en dégageait. Elirël entendait clairement les rires des personnes déjà présentes à l'intérieur et descendit de cheval. Il continuait de garder son silence, ce qui étonnait particulièrement l'autre thériantrophe qui fit mener les deux animaux dans l'écurie attenante une fois le jeune humain descendu. Toujours le sourire aux lèvres, il leva un instant la tête pour regarder le ciel qui s'assombrissait de minutes en minutes avant de saisir de nouveau la main d'Enguerrand et de pénétrer dans l'auberge, oubliant complètement d'attendre l'autre homme. Il n'était pas dur à retrouver de toute façon, avec sa crinière rousse. Il s'approcha du comptoir où se tenait nonchalamment l'aubergiste et lui demanda de les emmener dans la chambre réservée. Il regarda instant les gens présents dans la salle avant de leur faire signe de les suivre et c'est ce que fit Eli sans lâcher la main du jeune humain. Une fois dans la chambre plutôt spacieuse et richement garnie pour le lieu, leur hôte expliqua les services que le soldat avait réservé pour le Renard et son sourire se fit plus marqué. Il n'avait rien omit et disposait ainsi d'une femme de chambre à son service au moindre problème, de plus un déjeuner copieux lui serait amené le lendemain et il jeta à ce moment un regard à Enguerrand avant de se rendre compte de la corbeille de fruits sur la table de bois. S'étirant une fois l'homme gras parti, il se tourna vers le jeune homme et se glissa dans son dos, susurrant à son oreille avant de se laisser tomber dans le lit moelleux avec paresse :

"Tu devrais aller te détendre en prenant un bain, ta journée a dû être rude."
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Mar 12 Juin - 13:37

Il m’offrait de m’acheter des vêtements selon mon goût plus tard. Intéressant, il était vraiment princier avec moi. Mais je n’allais surement pas cracher sur un peu de luxe. Certes je n’avais jamais été un fervent admirateur du faste parfois grandiloquent des cours, mais entre ma vie de Prince et celle d’Esclave, j’avais beaucoup perdu. En retrouver un tant soit peu de confort n’était pas pour me déplaire. Acceptant les vêtements je passai la chemise par-dessus ma tête avant d’enfiler les braies sombres. Le tissu n’était pas rugueux c’était déjà ça. Je rabattis à nouveau la cape sur mes épaules, suivant son conseil. Je constatais également avec amusement, qu’Elirël s’était détourné de moi pour me laisser un peu d’intimité, et qu’il obligeait la vendeuse à agir de la sorte. Décidemment il était plein d’attention à mon égard. Cela semblait presque suspect, peut-être cela cachait-il quelque chose ? Je verrais bien... Pour l’instant j’étais satisfait de jouer le jeu quoiqu’il ne fût pas utile. Je me permis d’en faire la remarque en le remerciant.

« Merci. Mais cela n’était pas nécessaire. »

J’assistais alors à l’échange entre mon maître et la commerçante putain. Ses manières déplacées ne plurent pas du tout à Elirël et sa réaction me surpris. Ne disant rien je restais en retrait le temps qu’il règle la question. Puis suivant la crinière rousse à l’extérieur de la tente où attendait son destrier à la robe immaculée, sa question me tira un léger sourire. Si je savais monter ?

« Les façons gourgandines vous énerveraient-elles ? » Répliquai-je en saisissant sa main pour me jucher avec l’aisance que confère l’habitude sur l’animal.

« Je sais très bien, oui... et pas que les chevaux. » Ajoutai-je encore en l’enlaçant pour ne pas risquer la chute. J’avais un maître atypique, et cela me rendait nerveux de ne pas savoir pourquoi ni dans quel but il agissait de la sorte. Il me fallait le tester pour le percer à jour et le comprendre. Quitte à le provoquer un peu. J’avais prononcé la deuxième partie de ma phrase à voix basse sur un ton relativement neutre. Je n’étais pas non plus fou, mais sa réaction m’intéressait.

Durant le trajet il n’avait de cesse de se tordre sur sa scelle pour croiser mon regard, comme s’il y cherchait quelque chose. Je n’esquivais pas et me permis même de lui sourire doucement à plusieurs reprises. J’étais vraiment détendu pour une fois, c’était agréable de ne pas craindre de coups ni de vivre dans l’appréhension permanente. Pas de fouet qui claquait pour vous contraindre à obtempérer, pas de regard pervers ni de geste outrageant. J’aurais presque pu croire que cet inconnu allait me ramener chez moi en toute quiétude. Mais je savais pertinemment que ça n’était pas le cas, alors que voulait-il ? Qu’attendait-il de moi ?

Le cavalier que j’avais aperçu depuis mon échafaud un peu plus tôt nous retrouva, et échangeant quelques mots avec mon maître, il nous guida ensuite vers une auberge où d’après ces dires il avait réservé deux chambres. Ce qui le préoccupait puisqu’à présent nous étions trois. Je me retins de lui dire que je dormirais avec Elirël car en vérité je n’en savais trop rien. Il était bien capable de me donner une chambre pour moi tout seul.

Il n’en fut rien, une fois arrivé nous délaissâmes la monture entre les mains du garde et pénétrâmes dans la bâtisse emplie de rires et d’un brouhaha qui m’étais coutumier. J’avais l’impression d’arriver sur un bateau pirate à l’heure du repas le soir. L’ambiance et l’atmosphère embrumée par l’alcool était singulièrement similaire. J’évitais de trainer aux abords de l’équipage à ces moments là, mais une fois ils m’avaient attrapé alors que je m’apprêtais à rentrer dans la cabine du capitaine. Je n’avais pas gardé un bon souvenir de la soirée. Des matelots pirates ivres ne sont pas très délicats. J’avais appris des positions que j’aurais préféré ne jamais connaître. Secouant la tête pour chasser ses ombres pensées de mon esprit je suivis mon maître qui suivait lui-même le tenancier. La chambre était à l’étage, une belle chambre, spacieuse et plutôt bien décoré. Et le service était impeccable. Je ne dis pas non à la vue du lit pour y passer une nuit. Et quand mon regard accrocha une corbeille de fruit savamment garnie et disposée sur une table, mon estomac me rappela à lui bruyamment. Je salivais sur pieds et déglutit en attendant la suite.

Elirël était passé dans mon dos pendant ce temps, il me glissa d’une voix suave à l’oreille de me détendre. Entendant le sommier émettre un léger grincement j’en déduis qu’il s’était laissé choir sur le lit à l’allure des plus confortable. J’allais être ravi de lui obéir. Sans lui demander la permission je saisis une poire dans la corbeille et y plantant mes dents, j’en savourai la chaire juteuse comme si je n’avais pas mangé depuis presque deux jours. Ce qui d’ailleurs était le cas...

Gardant le fruit prisonnier de mes mâchoires je m’approchai du baquet d’eau fumante installé dans la pièce. Il était assez grand pour que je puisse presque m’y allongé, à condition de garder les épaules hors de l’eau. Ne me faisant pas prié, j’entrepris de me déshabiller devant mon maître sans aucune honte. Il m’avait déjà vu nu et je ne pouvais pas dire que je n’étais pas habitué à la chose. Me coulant dans le bain en récupérant la poire entre mes doigts, je poussai un soupire d’aise très convaincant et des plus sincère. J’étais aux anges. Un peu d’eau propre et chaude, de quoi soulager ma faim et aucune menace à l’horizon. Je fermais les yeux en laissant vagabonder mes pensées, oubliant jusqu’à la présence d’Elirël. C’était si bon... que je m’endormis, avant même de prendre conscience de l’état de fatigue dans lequel j’étais.
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Mar 12 Juin - 18:14

Bloqué en Lathorie. Depuis plus d'une semaine. Il suffisait de rajouter un soleil de plomb et de l'herbe rase et il se serait cru de retour sur la Lande à vivre son cauchemar. Heureusement ce n'était pas le cas. En vérité il vivait plutôt bien son exile temporaire sur les terres glacées, presque aussi bien en fait que son compagnon. Daemon supportait moins le froid que lui, s'était fondamentalement un homme du sud, pas étonnant quand on pensait à son lignage d'ailleurs. Mais ça mieux valait ne pas trop en faire mention dans un moment pareil. Bref, ils étaient tous deux coincés dans une chambre de bordel à essayer de démêler exactement ce qui leur était arrivé pendant la nuit... à voir la tonne de liquide rouge aux quatre coins de la pièce soit leur compagne d'un soir avait un soucis soit ils ne savaient absolument pas où ils avaient cachés le corps. Et en plus de cela avoir l'impression de s'être fait passé dessus par un troupeau de gnous en furie était tout sauf agréable... à bien y réfléchir non, pas de gnous, des ours bruns.

Arren cligna des yeux et cessa de regarder le plafond inintéressant et poussiéreux pour rouler péniblement sur le coté avant de se forcer à se mettre à quatre patte. Exercice fort difficile alors que la terre semblait avoir décidé de tourner à toute vitesse sous lui. Il lui fallut un bon quart d'heure pour parvenir en position verticale, puis un autre quart d'heure pour atteindre la petite pièce servant de bassine pour s'y plonger la tête dans l'eau glacée. Une fois assez en forme pour mettre correctement un pied devant l'autre il s'enroula comme une galette dans les fourrures qu'il réussit à dénicher un peu partout dans la chambre avant de descendre d'un pas vacillant l'escalier de bois branlant. Il faillit plus d'une fois passer le pied au travers d'une marche ou se prendre dans les plis de sa cape mais parvint sans trop de casse en bas où il mit la note sur le dos de son compagnon avant de s'engouffrer dans la gueule béante de la porte et immédiatement dans le froid glacial de l'extérieur. L'air vif lui fit du bien et en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire il retrouva assez de vigueur pour s'en aller voir les échoppes ouvertes par un temps pareil. A croire qu'ici il fallait une avalanche pour que la vie s'arrête, s'en était presque poétique.

Ils étaient venus par pure curiosité, il fallait l'avouer, et aussi par désœuvrement. Ils n'y avaient rien à faire, en attendant que le Silence soit réparé, que de marcher ou se tourner les pouces... ou tout autre activité qui ne nécessitait pas un navire en état de prendre la mer sans danger. Ce marché était le dernier lieu aux environs immédiats qu'ils n'ai pas visité auparavant. C'était donc tout naturellement qu'ils s'y étaient rendu... et drogué. Mais mieux valait ne plus y penser.

Il visita d'abord les forgerons avant de tomber, complètement par hasard, sur les vendeurs d'esclaves. Il fronça les sourcils en entendant les voix des vendeurs héler leurs clients et s'approcha, observant avec dégoût les revendeurs. Il serra poings et dents en observant la vente d'une jeune fille... la bile lui montait à la gorge et il se sentait des envies de génocides. Comment pouvait on infliger ça à des êtres humains... comment pouvait on même envisager une telle ignominie, un tel déshonneur... comment pouvait on oser mettre un être en cage comme cela, sans raison, juste pour le plaisir de... de quoi d'ailleurs ? De se servir d'eux ? De les humilier jusqu'à ce qu'il ne se considère plus eux-même que comme des objets ? L'esclavage n'aurait jamais dû exister... jamais ! Et eux ! Ils disaient détester les humains pour la manière dont ceux-ci les avaient traités et ils osaient faire ça ?! Quelle sorte d'ignobles hypocrites étaient-ils pour se comporter ainsi ? La liberté était sacrée ! Dans n'importe quelle civilisation ! Que se serait-il passé si s'était EUX que l'on avait mit aux fers pour être vendus hein ?!

Grondant tout bas il s'avança encore, dans la ferme intention d'expliquer sa façon de penser à ce troupeau de salopards de premier ordre mais fut stoppé net en voyant qui débarquait au bout de la rue. Il se posa dans un coin, n'ayant pas spécialement envie de croiser le renard plus qu'il ne craignait une quelconque vengeance de la part du groupe. Il suivit avec attention ce qui se passait, de plus en plus furieux. Seulement furieux ? Oh que non. S'était, pour l'occasion, un complexe mélange de fureur, de mépris, de dégoût, de rébellion, d'ahurissement, de compassion... des émotions qu'il ne ressentait, pour la plupart, pas souvent mais qui surgissait d'un seul coup comme un poison dans son corps. Il souffla fortement par les naseaux et dû se faire violence pour ne pas bouger alors qu'Elirël tournait autour d'un jeune homme, la vingtaine tout au plus. Il s'approcha encore jusqu’à pouvoir mieux distinguer le prisonnier en question, le détaillant avec autant de compassion et de pitié qu'il avait manifesté de violence à l'égard du renard lors de leur dernière rencontre. Pauvre enfant. Si jeune...

Il sentit son cœur de pierre faire un bond douloureux en volant un aperçut du regard bleu profond. Si bleu... s'était.... tout simplement impossible. Morbleu, sacrebleu, ventrebleu, comment pouvait on avoir de tels yeux, des abysses, des lacs de hautes montagnes, des gemmes à la pureté indéniable. Orbes céruléennes voilées par des sentiments douloureux, telle la main ombreuse du destin venue dissimuler l'éclat premier de ce regard au reste du monde. Parbleu quel était donc la magie qui avait fait naître ces fenêtres à la fois ophidiennes et célestes donnant sur un monde chatoyant de bleus, ces perles iridescentes à la clarté de saphir sombre, cette nuit tombée sur son cœur en un instant de grâce indicible qui s'évaporait déjà, aussi éphémère que la vie d'une phalène des profondeurs égarée par erreur sous un soleil de plomb. Il avait les larmes aux yeux, irrémédiablement perdu devant la contemplation de cette icône de peine et de honte, cette figure finement dorée, niellée de vie et irradiant cet éclat assombrit d'un soleil contraint à la servitude. Il lui ressemblait tant, ce petit être fragile et enchaîné, il lui ressemblait tant... à lui... que s'en était presque dérangeant, presque... blessant. C'était ces yeux... ses yeux...

Il avança hors de sa cachette, obnubilé, hypnotisé par l'éclat fugace de deux prunelles qu'il reconnaissait sans les connaître. Il tenta de s'approcher.. en vain... une brève collision avec une étale et les voilà partit maître comme esclave. Vers une destination qu'il ne connaissait point et qui l'excluait, lui volant ces yeux sublime dans leur horreur familière. Baissant la tête il effaça rageusement les larmes, preuves de faiblesse, qui voulaient sur ses joues et secoua la tête comme un homme sortant d'un rêve. Le songe était passé, la colère restait.
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Mar 12 Juin - 19:33

Elirël n'avait pas quitté des yeux l'homme alors que celui-ci montait sur le cheval avec une aisance étonnante qui lui prouvait que ce n'était pas la première fois qu'il prenait place sur le dos d'un animal aussi noble. Il avait détaillé son visage aux traits encore adolescents, il était vraiment très jeune et ne comprenait toujours pas comment il avait pu finir dans de telles conditions... Si misérables. Il espérait tout de même pouvoir lui procurer un peu de soulagement après avoir croisé son regard si bleu. Il ne s'était absolument pas douté de l'ombre qui les observait en secret, il faisait plutôt semblant d'ignorer la première question de Enguerrand, encore trop énervé par la marchande. Il pouvait tolérer certains comportements, mais d'autres lui étaient devenu intolérables avec le temps. C'était ainsi, son regard doré était resté impassible jusqu'à ce qu'il entende son murmure. Il haussa un sourcil sans se retourner mais avait été grandement surpris de l'entendre dire cela après ce qu'il avait dû endurer. Eli ne voulait même pas essayer de l'imaginer, une certaine personne lui en avait déjà donné un aperçu et cela lui suffisait amplement. Il avait légèrement toussoté malgré tout et avait lancé un regard intrigué et curieux à l'homme dans son dos. Il ne comprenait pas, pourquoi cela? Pourquoi ce genre d'insinuations? Il restait encore perplexe de ses paroles qu'il ressassait, presque avachi dans le lit moelleux de l'auberge. La seule chose qu'il savait réellement, c'était que le sourire léger mais sincère du jeune homme l'apaisait. Depuis sa dernière rencontre avec les pirates, il broyait souvent du noir et évitait le regard des autres... Mais lui, lui permettait de penser à autre chose. Il avait retrouvé le sourire grâce à lui et espérait vraiment en savoir plus à son sujet. Il s'étira paresseusement alors que Enguerrand allait tranquillement chercher une belle poire dans la corbeille de fruits, il se doutait bien que celui-ci devait avoir faim et resta silencieux pendant qu'il dégustait tranquillement la chaire juteuse. Il joua avec ses mèches de cheveux roux pendant que le jeune homme approchait tranquillement du grand baquet d'eau en se déshabillant sans montrer la moindre gêne. Cette fois il devait l'avouer, il en avait profité pour détailler le corps sculpté de l'humain qui était plus qu'agréable à regarder alors qu'il se plongeait dans l'eau en soupirant d'aise. Un sourire d'amusement apparu sur les lèvres du Renard qui comprenait très bien ce genre de chose et alors qu'il continuait de l'observer avec curiosité, il se rendit compte que Enguerrand s'était endormi. Riant silencieusement, il se leva à pas lents du lit et s'approcha du baquet d'eau sur la pointe des pieds avant de glisser sa main dans le cou du jeune homme en attendant une réaction de sa part et se pencha pour souffler à son oreille :

"Dormir dans un lit sera plus confortable je pense..."

Il le laissa se préparer tranquillement en attendant assit sur le lit, puis se dénuda à son tour sans aucune pudeur pour se baigner tranquillement. Plongé dans l'eau, il fit discrètement glisser ses doigts sur son torse où la peau bleuie dévoilait de récentes ecchymoses. Ses côtes en avaient pris un sacré coup, il fallait l'avouer. Il appréciait de court moment de détente où chacun de ses muscles se détendait. Il sortit pourtant rapidement de l'eau et attrapa une des serviettes que l'aubergiste avait mis à leur disposition, l'enroulant autour de la taille avant de s'asseoir à nouveau sur les draps rebondis pour se sécher avant de se rhabiller. Il croisa une nouvelle fois Enguerrand qui semblait déjà dormir et se leva avec lenteur, prenant ses chaussures à la main pour ne les mettre qu'une fois sortit de la chambre. Il remarqua que le soldat faisait le guet devant sa porte et un grondement sourd s'échappa de sa gorge. Il détestait cela et le réexpédia vite fait dans ses quartiers. Pourtant celui-ci refusa clairement et le suivit jusque dans la salle au rez-de-chaussé où Elirël s'installa pour commander des boissons. Il ne regardait aucune des personnes présentes et se concentrait sur les verres qui défilaient devant ses prunelles dorées. Pourquoi avait-il réellement acheté cet homme? Plus il tentait de répondre à cette question, plus l'alcool lui donnait des réponses surréalistes. Complètement saoul il finit par presque s'écrouler sur la table alors qu'il tentait de se relever et c'est ce soldat, cette ombre continuelle qui l'aida et le ramena maladroitement dans sa chambre. Mais au milieu du couloir qui semblait désert, il finit par violemment pousser l'homme contre un mur et lui donna l'ordre expéditif de le laisser seul. Même ivre il y avait des choses qu'il ne pouvait pas supporter et ce guerrier quasi-muet en faisait partie. Il marcha en chancelant vers sa chambre qu'il ouvrit plutôt bruyamment la porte malgré lui alors qu'il s'entravait dans un meuble invisible. L'alcool ne lui avait jamais réussi et il se demandait encore pourquoi il avait bu pour se rendre dans cet état. Il s'approcha du lit en riant bêtement et se laissa tomber dans les draps avant de se souvenir de la présence d'Enguerrand. C'était étonnant que l'alcool lui ait fait oublié une personne dans son genre, lui qui n'arrivait pas à se détacher de son regard. Il ignorait toujours si l'homme dormait où non mais il fit glisser ses doigts fins sur l'épaule bronzée qu'il avait à disposition avant d'embrasser sa peau. Il se parlait presque tout seul alors que ses doigts s'entortillaient cette fois autour des cheveux blonds de l'homme sans aucune violence rien.

"Mais c'est que tu es vraiment mignon tu sais? Je sais même pas quel âge tu as en plus... T'es peut-être trop jeune va savoir? Bof, après ce que j'ai vu je devrais même pas m'en inquiéter... Je suis un vrai crétin... Je sais même pas ce que je fais là..."

Il se sentait ridicule. Peut-être n'était-il pas si grisé que cela? Boire lui permettait d'oublier mais il se demandait pourquoi vouloir oublier après une rencontre telle... Il effleura les lèvres de l'homme des siennes avec une extrême lenteur avant de s'effondrer dans le lit en riant silencieusement. Pitoyable, lamentable... Il n'avait pas d'autre mot pour désigner cela. Il passa ses doigts sur la cicatrice que lui avait fait le pirate et qu'il masquait en usant de poudre normalement destiné aux demoiselles. C'était cela qu'il avait voulu oublier... A quoi bon? Tant de questions, si peu de réponses... L'alcool embrumait son esprit et il ne savait plus quoi faire alors que la nuit était maintenant complètement tombée. Il regarda le plafond un long moment et soupira. Pourquoi? Pour rien, aucune véritable raison à ce geste il voulait juste soupirer. Il resta longtemps sans bouger, les bras croisés sur le torse à regarder une chose inexistante avant d'à nouveau de tourner vers Enguerrand. Il s'allongea à côté de lui, faisant cette fois glisser ses doigts sur son ventre plat. Il alla même plus loin en coulant sa main sous la seule chose qu'il portait sur lui, frôlant à peine sa peau hâlée avant de se retirer. L'alcool lui faisait perdre la raison pourtant il embrassa franchement les lèvres de l'homme sans se soucier si oui ou non il dormait toujours avant de se laisser retomber dans le lit en enfouissant son visage dans les draps. D'une voix étouffée, il se répéta à lui-même :

"Un vrai crétin..."
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Jeu 14 Juin - 19:52

Mon esprit flottait non loin de mon corps pour une fois. Nul besoin de m’évader par delà les rêves pour fuir une réalité insupportable. Mon corps allait bien, il n’était pas maltraité ni ne souffrait, je pouvais enfin, pour la première fois depuis longtemps, me reposer. Et ça, c’était un présent inestimable à mes yeux, j’étais redevable à mon nouveau maître des soins qu’il m’apportait. Ce fut ma peau qui m’alerta du contact, mais je ne pressentais aucune violence, seulement une douce caresse sur mon cou et quelques mots insufflés aux creux de mon oreille. Rouvrant lentement les yeux je battis deux fois des cils et sans réelle réflexion je me contentais d’obéir et me levai. Attrapant une serviette je me séchai sommairement, l’esprit encore à moitié assoupi, avant de m’étaler sur le lit sans me poser d’avantage de question. Allongé sur le dos, la serviette simplement posé sur la taille, je retournai en quelques secondes au pays des songes et de la quiétude éternelle, pendant que mon maître se baignait à son tour. Je ne pus me faire une idée de la beauté de son corps, dommage...

Mon souffle était régulier et paisible, mon torse se soulevait au rythme lent de ma respiration dans le plus grand calme. Rien ne venait rompre le silence de la nuit si ce n’étaient ses propres murmures. Je ne savais pas si Eli m’avait rejoint pour dormir ou non, s’il avait d’autres activités en tête. Je m’en fichais, je dormais. À un moment dans mon sommeil, j’entendis un claquement que j’identifiais comme celui d’une porte fermée un peu trop brutalement. Mon inconscient me ramena un peu plus d’un mois en arrière dans la cabine de mon premier maître, le capitaine. J’étais dans mon lit de fortune en train de me reposer quand le capitaine rentra dans ses quartiers bruyamment. J’avais eu une journée éprouvant, un matelot qui s’ennuyait avait réquisitionné mes services, sans mon avis bien évidemment. J’espérais que le capitaine se contenterait d’aller se coucher ce soir sans avoir à me toucher. Mais c’était un souvenir mainte et mainte fois revu, un cauchemar classique et redondant, je connaissais la suite. Gardant mes paupières closent je priais intérieurement en entendant ses pas se rapprocher de moi, son parfum alcoolisé emplissait déjà mes narines. Mais contrairement à d’habitude, je ne ressentis qu’un léger effleurement sur mon épaule suivit d’un baiser dénué d’agressivité. Je sentis des doigts fins et délicats jouer avec mes cheveux dorés sans aucune brutalité. Puis une flopée de phrases hachées et troubles dont j’arrivais à peine à saisir le sens. L’enchaînement des évènements de ce rêve était si déroutant que je me surpris à répondre à ses questions d’une voix éteinte et faible mais audible.

« C’est pour ça que vous m’avez choisis... Dix-neuf ans à peine... Moi non plus... »

Un souffle chaud caressa mon visage et une haleine empestant l’alcool vint frôler longuement mes lèvres. Qui cela pouvait être ? A la fois tendre et ivre. Puis plus rien pendant un long moment, si long que mon cauchemar se dissipa ; la suite logique n’avait pas eu lieu cette fois, si bien que ce rêve n’eut plus lieu d’être et disparut, dans les limbes de mon esprit emplies d’image viciés et d’horreurs licencieuses.

Puis plus tard, à nouveau une caresse, prêt de mon nombril, elle m’arracha d’ailleurs un frisson qui n’était pas désagréable à vrai dire. Rentrant le ventre sous le parcours de ces doigts à la peau douce, je trouvais cet étrange rêve plus logique en sentant cette main s’aventurer vers mon entre-jambe. Frémissant de plus bel je m’agitais un brin dans mon demi-sommeil, gémissant comme seul savent le faire les endormis. Mais la caresse s’affaiblit et finit par se retirer. Si seulement j’avais fait ce genre de rêves les mois précédant... Rien n’y était désagréable.

Soudain un baiser bien appuyé vint me tirer des bras de Morphée. M’éveillant en douceur je répondis à cette étreinte par réflexe bien que l’haleine embuée à l’eau de vie m’eut toujours déplu au plus haut point. Laissant le voile de mes paupières fermé je glissai ma main dans la nuque de.. de qui au juste ? J’ouvris les yeux en un instant. Mon cœur se calma en voyant des mèches rousses. C’était seulement Elirël, j’étais donc toujours dans cette chambre à l’auberge, étendu sur un lit moelleux. Alors que je commençais tout juste à mobiliser mon corps pour la suite me semblant la plus rationnelle, il se détacha de moi et se laissant retomber à mon côté il cacha son visage contre le matelas en se répétant qu’il était un crétin. Je n’y compris rien. Me redressant sur les coudes en clignant des yeux pour bien réveiller mes sens, je le regardais, interdit. Ce devait-être la boisson, certains ne tiennent plus quand ils sont trop avinés. J’étais son esclave sexuel, je n’étais pas censé m’occuper de lui, pourtant je me levai et nouant la serviette autour de mes reins je pris la direction de l’escalier. Je lui devais bien ça, vu la manière dont il s’était occupé de moi jusqu’à maintenant.

Il était bien tard et la salle était vide, mais un des aubergistes était encore présent. Me regardant d’un mauvais œil il fit mine de m’ignorer. J’étais peut-être un esclave seulement vêtu d’une serviette mais j’avais été Prince et je n’avais pas tout perdu de mon charisme. Claquant des doigts sous son nez je l’obligeai à me regarder et lui fis par de la requête. Surpris par ma demande, il s’en alla dans les cuisines sans poser de questions et revint peu de temps après avec des feuilles de menthes fraiches entre les doigts. Le remerciant je fis demi-tour et retournais dans la chambre à l’étage. Mon maître n’avait pas bougé et j’émis un bref soupire de consternation. Posant la menthe sur la table je m’approchai de l’évier et mis en marche le robinet d’eau froide pour remplir la cuvette. Coulant un regard par-dessus mon épaule, j’eus pitié de lui. Cet homme semblait porter lui aussi son lot de cicatrices. Je n’aurais pas dû m’apitoyer sur son sort, après tout, il m’avait tout de même acheté. Je n’étais pas libre. Mais il avait été si gentil que je n’avais pas le cœur à le laisser dans cet état lamentable. Coupant le jet d’eau je retournai auprès d’Elirël. Caressant doucement son dos de ma main afin ne pas l’effrayer et lui signaler ma présence. Je n’avais pas pour autant l’intention de le laisser là, et je l’obligeai à relever la tête. L’entrainant avec moi je le fis sortir du lit et l’amenai devant le lavabo, et sans plus de ménagement je plongeai son visage dans l’eau glacé. Il pouvait bien résister, d’une il était bourré et de deux il n’était pas bien épais aussi le maîtrisais-je sans grand mal. Réitérant l’expérience une deuxième fois je le lâchai enfin. Essuyant sa bouille avec une serviette je pris le temps de le regarder avec un léger sourire, je l’aimais bien je crois. Il allait mieux, mais n’était pas encore tout à fait alerte.

Glissant les feuilles de menthe derrière mes dents en prenant garde de les abîmer le moins possible, je posai mes lèvres sur les siennes pour échanger un long baiser. Il ne refusa pas comme je l’espérais. Je n’eus plus qu’à renforcer l’étreinte jusqu’à pouvoir glisser de ma langue la menthe dans sa bouche avec une double fonction, remplacer la mauvaise haleine par quelque chose de plus gouleyant, et l’aider à retrouver la raison sous la puissance de l’arôme. Je poursuivis le jeu le temps que cela fasse effet puis voulu rompre l’échange, mais lui ne l’entendit pas de la même façon. D’une main il maintint nos lèvres collées et de l’autre il caressa mon visage, glissa le long de ma gorge, explora mon torse... Il était bien réveillé maintenant.
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Ven 15 Juin - 13:14

Le jeune Renard était incapable de faire le moindre mouvement et restait toujours allongé dans le lit si moelleux de l'auberge. L'alcool embrumait ses sens alors que tout son corps semblait lourd comme de la pierre. Elirël ne faisait même plus attention à la présence du jeune homme à ses côtés et ne le sentit même pas se lever du lit pour quitter la chambre. Le baiser qu'il lui avait rendu ne l'avait pas perturbé et il donna l'impression de n'avoir rien senti, trop ivre sûrement pour que son esprit réalise ce qui s'était passé. Ses doigts se refermèrent pourtant lentement sur les draps alors qu'il repensait à ce pirate. Tellement occupé à ruminer son histoire misérable, il n'entendit pas la porte se fermer doucement et des pas feutrés s'éloigner pour descendre, lui qui pourtant avait l'ouïe fine. D'une manière ou d'une autre, il était trop grisé pour réagir et la situation ne paraissait pas irréaliste. Bien au contraire, cela aurait pu être chose naturelle qu'Enguerrand sorte en profitant de son état pour fuir. Il ne semblait pas venir de Lathorie par cet accent si spécial pourtant le sentiment de liberté était trop important au point d'empêcher certains de réfléchir. Pourtant après un long moment où le silence régnait dans la chambre, Eli entendit de nouveau des pas légers qui s'arrêtaient sur un soupir. Toujours aucune réaction de sa part alors qu'il gardait la tête enfoncée dans les coussins. Seule sa respiration rauque à cause de sa position se faisait entendre. Il laissa le jeune humain se promener dans la chambre sans rien dire ni savoir vraiment ce qu'il préparait, continuant de broyer du noir une chose qui ne pouvait pas être modifiée. Il entendait l'eau couler sans y être vraiment attentif, passant la main sur sa joue marquée comme si cela allait lui permettre de faire disparaître la chose. Trop ivre et lamentable, il continuait de penser à ce que lui avait dit ce sang-mêlé à propos de son statut de chef. Ce Daemon avait raison, c'était cela le pire, et Eli avait du mal à l'accepter. Il allait devoir changer, il en était bien conscient. Mais pour le moment il ne voulait pas, préférant rester là en se murant dans le silence le plus total pour réfléchir.

Il se plongeait toujours dans ses idées sombres, alcoolisé au point de s'en dégoûter lui-même quand il sentit soudain une caresse dans son dos qui le fit agréablement frissonner. Malgré tout il ne se leva toujours pas, n'ayant pas la force de se sortir du lit tant tout son être lui semblait lourd. Il savait que ce geste était celui d'Enguerrand et celui-ci le fit même relever la tête sans lui laisser d'autre choix. Trop grisé pour avoir une réaction vraiment censée, il ne comprit pas pourquoi il le tirait ainsi de la literie douillette pour l'amener devant la cuvette qui semblait remplie d'eau. Eli avait l'impression que tout tournait autour de lui et n'aurait pas tenu debout si le jeune homme ne le maintenait pas devant le lavabo. Sans qu'il ne s'y attende, l'humain plongea soudain son visage dans l'eau et le contact glacé le fit frémir alors qu'il tendait de se débattre. Voulait-il le noyer pour assurer sa liberté? Il ne s'était pourtant pas pensé si affreux en sa compagnie... Il avait l'impression d'étouffer jusqu'à ce qu'il sorte son visage du liquide froid, lui permettant de prendre une grande respiration. Mais il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Enguerrand réitérait son geste. Sa lutte était vaine car il le maîtrisait sans grande difficulté. Quand il le lâcha enfin, Eli le laissa essuyer son visage trempé tout en le regardant avec le sourire qu'il aimait tant sur ses lèvres alors que quelques mèches rousses s'égouttaient sur la chemise qu'il portait sur lui. N'empêche, lui qui avait cru à une tentative pour le noyer se sentait mieux et avait l'impression que l'emprise de l'alcool diminuait sur lui alors qu'il retrouvait peu à peu ses sens. Le jeune homme savait ce qu'il faisait et Elirël ne savait pas la raison pour laquelle il l'avait aidé ainsi.

Il le regarda glisser quelques feuilles sans sa bouche avec curiosité et au moment où il allait repartir s'allonger dans le lit à cause d'un mal de tête prenant, Enguerrand l'embrassa longuement. Il se laissa surprendre de nouveau et profitait de ses lèvres délicates sur les siennes. C'était avec douceur, aucune brutalité ne venant ni de l'un ni de l'autre, rien ne venant perturber le moment. Il le laissait faire avec un étonnement en lui rendant même son baiser, le sentant glisser ce qui était donc des feuilles de menthe dans sa propre bouche. Sa langue devint rapidement joueuse à son contact, l'ivresse le quittait totalement. Le goût fort le faisait vite réagir alors qu'il l'embrassait d'avantage. Le jeune homme savait vraiment s'y prendre et il tombait dans son jeu sans aucune résistance, même avec grand plaisir. Il appréciait l'arôme frais de la plante alors que sa main glissait sur le visage du jeune homme qu'il avait retenu pour prolonger le baiser. Il était incapable de le laisser partir, pas maintenant qu'il était totalement réveillé... Son index glissa jusqu'à la base de son cou et ses doigts fins frôlèrent son torse jusqu'à son flanc halé. Il finit pourtant par s'écarter de lui, ses lèvres effleurant à peine les siennes alors qu'il sentait le souffle chaud d'Enguerrand sur sa peau. Le tenant au niveau des hanches, il le tira contre lui avant de mordiller la base de sa gorge sans la moindre violence dans ses gestes mais plutôt par jeu. Eli l'emmena, se rapprochant du lit et se laissa tomber dans les draps en l'entraînant dans sa chute volontaire. Il se plaça au dessus de lui et emprisonna son bassin de ses jambes sans pour autant l'empêcher de bouger et se tenant au dessus de lui sans difficulté il l'embrassa encore. Pourtant, alors qu'il se tenait aussi proche de son visage et qu'il frôlait ses lèvres de l'index, il finit par réaliser ce qu'il faisait et se souvenait des murmures d'Enguerrand dans son sommeil. Dix-neuf ans à peine, encore un gamin par rapport à lui bien que ses manières ne correspondaient guère à son âge et son statut. Un futur adulte dont la liberté était déjà volée et que l'on avait forcé à grandir... Il ne connaissait rien à sa vie antérieure mais sentait qu'il avait du vivre des choses bien pire que lui et ses propres lamentations étaient source de ridicule. L'embrassant soudain avec encore plus de douceur il se pencha à son oreille pour lui murmurer d'une voix suave alors qu'il frôlait sa joue lentement jusqu'à descendre de nouveau dans son cou :

"S'il te plaît... Offre-moi ton corps juste... Juste cette nuit..."

Il ne savait pas vraiment pourquoi il lui demandait cela alors qu'il déposait des baisers tendres sur sa peau tout en caressant son ventre et jouant avec la serviette presque défaite autour de sa taille mince. Il repensait au pirate et ne voulait pas forcer le jeune homme pourtant il avait comme besoin de ce semblant d'amour. Cela faisait déjà quelques semaines qu'il cherchait à se changer les idées, trouver une personne vraiment douce avec lui. Son corps avait été souillé, le souvenir était encore récent et il ne voulait pas imposer cela à cet humain dont il aimait tant le sourire. Il ne connaissait absolument rien de lui et voulait en apprendre plus sur lui et sa personnalité sans le forcer ni le brusquer. Il ne savait pas si c'était encore l'alcool qui le faisait penser comme cela mais il se trouvait idiot, une nouvelle fois. Un fin sourire se dessina sur les lèvres d'Eli qui croisa le regard bleu profond d'Enguerrand. Il pencha vers son visage jusqu'à sentir son souffle et chuchota en jouant avec ses mèches de cheveux :

"Tu peux refuser, c'est ton droit après tout... Enguerrand..."

Il l'embrassa avec tendresse pour marquer une pause avant de murmurer une nouvelle fois ;

"Dis-moi d'où tu viens, tu m'intrigues tellement..."


Dernière édition par Elirël Sigrïn le Jeu 19 Juil - 14:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Mar 3 Juil - 11:51

{A écouter en lisant : Clique !}
Mon jeu d’ivresse et de caresse se fit ma prison, comment moi, un esclave de la chaire pouvais-je ignorer que mes charmes auraient un effet dévastateur sur mon maître. Je ne pouvais pas. Je pris conscience, alors que mon maître prolongeait notre baiser, qu’inconsciemment je l’avais souhaité. Je le désirais moi aussi, et si j’avais employé pareille méthode pour le ranimer ce n’était pas à des fins innocentes. Sa main sur ma hanche me fit frissonner, la sensation était délectable. Je comprenais que c’était ce qui me plaisait chez lui, sa tendresse, la douceur de ses gestes qui transpiraient le désir. Nulle violence dans cette danse, aucune frayeur ni de douleur. Il m’appréciait pour qui j’étais, et pas uniquement pour mon corps. Je sentais chez lui un mal-être aussi réel que le mien, je sentais qu’il cherchait du réconfort. C’est pour cela que je ne résistai pas quand il m’entraina sur le lit, pour cela que je lui rendis son étreinte quand il se pencha pour m’embrasser. Mais je ne voulais pas le brusquer, pas plus que lui ne voulait me malmener. Nous testions un terrain commun de désirs et de plaisirs. Il cherchait à oublier quelque chose et moi j’avais envie de le faire par choix pour une fois, j’avais envie d’être aimer avec un peu plus de sincérité, j’avais envie de décider de cet ébat. Je voulais une première fois, celle qu’on m’avait volé il y déjà trop de mois, celle que je n’aurai jamais plus et que j’avais à jamais, perdu.

Mon maître était perturbé, je le voyais bien, il me regardait et hésitait. Mais il prit lui aussi le parti de laisser sa passion parler pour une fois, il me demanda cette nuit. Le regardant droit dans les yeux de mes intense iris bleus, je ne dis pas oui, il n’avait pas fini. Il m’avait posé la question alors qu’il désirait plus que tout une réponse, alors qu’il avait le droit et le pouvoir de m’obliger à lui fournir cette réponse. Cela m’ému, j’en restai muet. Glissant distraitement mes mains dans son dos je pris le temps de considérer sa question, d’en appréhender le sens. Il me voulait, mais il me laissait le choix, je pouvais le lui refuser. Jamais encore mon maître n’avait posé la question, ni même ne se l’était-il seulement poser à lui-même. Et cette créature pitoyable que je venais de sauver de la noyade, lui qui m’avait acheté pour m’arracher de ma funeste destinée, lui qui voguait, égaré sur des flots immenses.

Ses baisers au souffle chaud, ses doigts volubiles, sa naïveté touchante et sa demande maladroite eurent raison de moi. Toute barrière céda. Oui, oui je voulais moi aussi partager avec lui cette nuit, oui je lui offrais mon corps s’il m’offrait le sien. Je voulais que cette fois soit un plaisir consenti et désiré, je voulais goûter à la jouissance du sexe sans chaîne ni entraves pour m’y forcer. Il avait gagné et j’étais moi aussi excité, je n’entendis même pas sa dernières demande, je m’en fichais ; me redressant brusquement dans un élan irrésistible, je l’embrassai avec une passion sincère et pure, je voulais sentir son corps contre le mien. Mes mains agrippèrent sa nuque et son échine, je me pressais contre lui en ne cherchant qu’à lui dire oui. Et peu importe la douleur fugace que je ressentais lorsqu’il embrassait mon cou à la chaire encore blessée, peu importe si j’acceptais ce qu’on m’avait imposé : aimer les hommes. Peu importe tout cela, je le voulais lui, je voulais profiter de ma nuit, j’avais fait un choix, trop tard pour reculer.

Je cherchais sa langue de la mienne avec ardeur, épousait ses formes des miennes en superposant nos corps, j’avais envie de le sentir, de le toucher, d’aimer ça, rien qu’une fois.
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Sam 21 Juil - 13:52

Le temps semblait s’être figé alors que les deux jeunes gens se regardaient dans le plus grand silence. Elirël avait l’impression que l’instant durait une éternité, il retenait son souffle en attendant la réponse tant souhaitée de Enguerrand. Chacun de ses muscles était douloureusement crispé, il se retenait de continuer ses quelques attentions bien que sa main cavalière frôlait toujours sa hanche dénudée sans pouvoir s’en écarter. Il avait peur de sa réponse, peur d’un refus brutal alors que tout chez le Renard le désirait et il ne se cachait pas. Ce qui l’inquiétait en plus de cela, c’est qu’il ne se connaissait pas lui-même et ne savait pas de quelle manière il allait réagir si vraiment l’humain le repoussait. C’était son choix après tout mais Eli ignorait si il accepterait de le laisser partir ou si il préférerait agir par égoïsme et ainsi le forcer. Il se contenait et plongeait son regard ambre dans les yeux océan du jeune homme, en quête de réponses claires. Celui-ci semblait réfléchir à sa proposition avec un certain étonnement et le thériantrophe se demanda un instant depuis combien de temps le jeune humain était forcé de faire cela. Mais il n’eut pas le temps de s’interroger plus qu’il frissonna légèrement, appréciant le contact de ses mains qui se glissaient dans son dos, les mauvais souvenirs le hantaient toujours et cette douceur dans ses gestes lui faisait du bien. Il ne pu se retenir d’avantage et embrassa de nouveau le jeune homme contre lui, frôlant sa joue du bout des doigts avec tendresse sans quitter son regard envoûtant.

Elirël se demandait quelles pouvaient être les pensées de Enguerrand à ce moment même, que cela soit sur la situation présente, sur lui-même, sur ce qui venait de se passer et sur ce qui allait sûrement suivre. Lui ne savait plus quoi penser exactement mais une seule chose était sûre ; il ne pouvait tout simplement pas en rester là alors que l’humain l’avait embrassé ainsi. Le Renard était plus que curieux à son sujet, c’était une surprise pour lui car le jeune humain l’intriguait et ce, plus qu’il ne l’avait d’abord pensé. Après tout, il n’était pas comme les gens qu’il avait l’habitude de voir et sa manière d’être tranchait avec l’univers glacé qu’il avait toujours connu. Cela lui plaisait tant, il devait se l’avouer à lui-même, le jeune homme était sous le charme d’un inconnu. Un instant pensif, il se mit à jouer avec les mèches blondes qui encadraient si bien son visage quand soudain Enguerrand le prit au dépourvu en se redressant pour l’embrasser avec passion. La stupéfaction passée, Eli lui rendit son baiser avec la même flamme et, sentant son corps tout contre le sien, il fit tomber le dernier rempart entre eux en détachant la serviette qui le couvrait à peine. Il admira son corps dénudé, dessinant ses muscles du bout des doigts avant de faire lentement glisser sa main sur son bassin. Incapable de quitter son regard il l’embrassa une nouvelle fois, le thériantrophe ne voulait surtout pas le brusquer malgré le désir qui le prenait.

Son dos se cambra légèrement au contact plus prononcé du jeune homme qui s’accrochait à lui et Eli caressa son entre-jambe sans aucune gêne, l’embrassant en descendant progressivement sur son torse puis son ventre plat et bien plus bas encore. Il se demanda un court instant quelle pouvait être l’expérience d’Enguerrand dans ce domaine avant de se dire qu’il finirait par le découvrir tôt ou tard tout comme lui allait apprendre à le connaître... Il fit danser ses doigts sur les zones qu’il savait sensibles et érogènes avec la plus grande des attentions, notant en souriant légèrement la moindre de ses réactions avant de retrouver ses lèvres pour un baiser passionné qu’il ne rompit qu’une fois à bout de souffle. Il enfouit son visage dans le creux de son cou, son souffle rapide chatouillant sa peau meurtrie, appréciant l’instant avec plaisir. Ses lèvres fines effleurèrent sa gorge en essayant de ne pas lui faire de mal tandis qu’il jouait de nouveau avec ses mèches couleur des blés. Eli se pressa d’avantage contre lui et, épousant ses formes ensorcelantes, attrapa une de ses mains qu’il fit glisser jusqu’à son bassin, passant sous le tissu qui n’allait pas le couvrir bien longtemps. Il croisa son regard en gardant son léger sourire et défit lentement sa chemise qu’il laissa tomber sur le parquet, déposant toujours des baisers sur son torse. Enfin il finit par se dénuder totalement sans aucun malaise, sa respiration rapide à cause de l’excitation se confondait avec Enguerrand tandis qu’il lui chuchotait d’une voix chaude.

"Me ferais-tu confiance ?"
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Ven 24 Aoû - 11:06

Confiance ? Non je ne lui faisais pas confiance mais oui je voulais vivre cette nuit à ma façon. Sentir sa peau, aimer son corps et s’enivrer du parfum de la déliquescence absolue. Tant de jours à souffrir, tant d’heures à subir, on me devait au moins cela. Cette nuit j’allais aimer cet homme, ce presque inconnu, cet étrange maître qui sans doute au fond n’était pas tant différent des autres. Mais ce soir je ne le verrais pas, dans l’agréable moiteur de ses draps froissés j’abandonnerais définitivement la morale qui dicte qu’un homme doit aimer une femme, il est trop tard pour moi, on avait choisit à ma place. Ce soir je ne penserais pas à l’avenir, ce soir je terrerais mes soupçons et mes peurs, mes inquiétudes et mes angoisses. Cette nuit, je serais moi et je serais libre.

Alors il put voir dans mon regard la détermination farouche qui irradiait du bleu intense de mes yeux, une force incommensurable héritée de ma lignée, le genre d’étincelle qui force le respect. Maintenant je ne pouvais plus reculer, et lui non plus, nos destins seraient liés, nos mains enlacées et nos doigts entremêlés assemblant une même destinée, quelque chose au fond de moi me disais que le hasard n’avait pas organisé notre rencontre. Il se servira de moi et je me servirais de lui, mais jusqu’où irons-nous ?

D’un sourire rebelle j’envoyais balader sa question, ce blanc-bec n’allait pas m’apprendre mon métier. D’une torsion forcée du bassin je le fis basculer sur le côté afin de le surplomber, une lueur joueuse et désireuse tapis au creux de mes reins et jusque dans l’immensité azurée de mes iridacées. J’étais à lui mais il était à moi pour une fois, et j’avais envie d’en profiter, alors pourquoi se presser ? Faisant glisser mes doigts le long de ses flancs en de longue caresse je vins à ses lèvres pour les goûter une nouvelle fois, avec une volupté passionnée et langoureuse, une ivresse lente et profonde. Il était temps de créer le charme qui rendrait cet instant magique. Du bout des doigts j’éveillais sa peau en de somptueuses arabesques dessinées sur son torse, glissant même jusqu’à ses cuisses. De mes lèvres je retraçais l’harmonieuse courbe de sa mâchoire, baisant sa peau aux milles délices. Ma langue caressa sa gorge et mes dents mordillèrent sa pomme d’Adam sans complexe. Remontant le long de sa joue, nos visage se frôlèrent, je sentais son souffle chaud sur sa peau tandis que l’entêtant parfum de la sienne emplissait mes narines. Grâce et douceur, une manière plus sensuelle de faire naître le désir, cela je ne l’avais pas appris aux côtés des pirates, ces êtres rugueux et brutaux. Non c’étaient là des souvenirs de mon passé, les fragments perdus à jamais d’une vieille ivresse qui refaisait à présent surface.

Mes cuisses halées se frottèrent contre sa peau satinée d’une pâleur tout nordique, j’embrassais son torse, ondulant contre lui en une danse irréelle tel un djinn du désert, créature ardente je brûlais de désir. Le silence était artificiel, le crépitement des flammes et les bruits nocturnes, je ne les entendais pas, il n’y avait que lui, que nous, nous et deux respirations chaudes et chargées d’émois. La transe dura longtemps, mélange subtile et intense de caresses et de baisers, de plus en plus marqués. Mon compagnon avait les canines pointues et ses morsures excitaient mes sens, tandis que mes ongles crissaient sur sa peau dans un chaos parfait. Une harmonie brisée et saccadée qui enflammait nos corps assoiffés. Jusqu’à ce que, n’en pouvant plus, je lui rende les rennes, glissant sous lui sans me détacher de sa peau je me cambrais, remontant mes jambes le long de son dos, flattant ses flancs de mes cuisses. La suite naquit naturellement et la danse reprit, les lèvres entrouvertes, mes soupirs transpiraient le plaisir à chaque coups de reins. Je le laissais faire, m’abandonnant à lui et à ses vices, cette nuit, ma vie, ce vît, tout était permis. Je ne pourrais plus reculer désormais, mais ça m’allait.

Plus tard dans la touffeur douillette de ce grand lit, je ne pus retenir quelques cris, ne voulant pas non plus causer soucis à Eli, je lui mordis l’épaule afin d’étouffer mon supplice qui n’était en vérité que pur délice. Une extase interdite que pour rien au monde je n’abandonnerais, desserrant les mâchoires je me mordis les lèvres en gémissant. Un jour peut-être serais-je puni pour cela, mais quoiqu’il en soit, j’aimais ça.
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MessageSujet: Re: Achète moi ! {Attention scène à tendance sexuelle gay}   Sam 25 Aoû - 12:08

Son regard… Et quel regard empli de volonté, ses prunelles océan montraient une ténacité qui tranchait avec sa condition d'esclave. Qui était-il avant de se retrouver dans une condition aussi dévalorisante? Et même, comment faisait-il pour garder cette allure fière? Ses yeux pouvaient lui dévoiler tant de choses… Impossible de s'en détacher, il se moquait de la réponse à sa question futile, voulant le sentir contre lui, dévorer ses lèvres de baisers passionnés et découvrir les secrets de son corps. Aimer ce jeune homme… Pouvait-il vraiment définir ce sentiment ainsi? Ce n'était pas possible, le thériantrophe n'avait tout simplement pas le droit, pas avec son statut, pas avec la haine encore bien présente entre les deux races même si cet humain ne semblait pas venir de ce continent.

Son sourire tout aussi rebelle que ses yeux azurs eurent malgré tout raison de lui et continua ses douces caresses sur son torse dénudé il l'embrassa avec une tendresse dont il ne se serait jamais cru capable quelques mois voire même quelques jours plutôt. Il continuait de jouer avec ses mèches blondinettes quand soudain Enguerrand le prit par surprise en le faisant basculer sur le côté pour se retrouver sur lui. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres fines lorsqu'il remarqua la petite lueur joueuse brillant au fond de ses prunelles. Il avait envie de lui, il ne le voulait que pour lui à ce moment-là, profitant de sa beauté, lui volant son souffle... Le laissant découvrir son corps sans que cela ne le dérange le moins du monde il se cambra légèrement au passage de ses mains sur ses flancs, légèrement sensible à cet endroit et appréciant ses lentes caresses attentionnées tandis qu'il lui rendait son étreinte passionnée. Le Renard le désirait plus que tout, frémissant à la moindre de ses attentions il lui offrait son corps sans complexe en penchant la tête en arrière à chacune de ses petites morsures, sa main se glissant doucement dans sa chevelure dorée. Son souffle brûlant sur sa peau, la proximité de son visage, ses lèvres fines lui faisaient envie tandis qu'il se noyait de désir dans ses yeux océan.

Les caresses continuaient et s'amplifiaient avec tendresse et sensualité, devenant plus marquées dans une danse où ils s'offraient entièrement l'un à l'autre. Ses bras fins enroulés tel un serpent autour de son corps halé, il s'agrippait contre lui les lèvres pincées en faisant abstraction de tout ce qui pouvait l'entourer, essayant en vain de contrôler sa respiration brûlante de désir. Les mains d'Eli se glissaient le long de son dos, saisissant sa croupe avec douceur comme pour l'accompagner tandis que son visage trouvait refuge au creux de son cou, mordillant sans gêne sa peau dont les parfums l'enivraient. Il aurait voulu que l'instant ne cesse jamais, qu'Enguerrand puisse lui appartenir pour toujours alors qu'il épousait ses formes en passant au-dessus de lui, ne pouvant imaginer se détacher de son corps. Ses doigts fins en profitèrent alors pour découvrir son torse sans qu'il n'abandonne ses petites morsures, taquinant sa peau et dévorant ses lèvres. Elirël se serrait contre lui alors que ses mains se baladaient allègrement sur ses cuisses, remontant lentement sur ses hanches puis ses flancs en des caresses lentes et licencieuses, cherchant les parties les plus sensibles du jeune homme alors qu'il cherchait encore ses lèvres pour des baisers enflammés.

Il sentait le plaisir l'envahir alors que la danse ne faiblissait pas, se sentant bien dans ses bras alors que les gémissements doux de son amant le faisaient frissonner. Il se moquait qu'on l'entende à ce moment-là, alors qu'il était tout contre lui et même en lui. Il se moquait de ce que l'on pouvait penser ensuite de sa personne, cherchant seulement à profiter de cette nuit alors que son corps brûlant transpirait de désir. Les lèvres entrouvertes il ne cachait plus sa respiration saccadée ni même ses propres gémissements alors qu'il voyait Enguerrand essayer d'étouffer ses petits cris en dévorant tendrement son épaule. Le faisant taire d'un baiser ferme mais tout aussi passionné, il ferma les yeux pour profiter de ses lèvres une nouvelle fois. Le serrant contre lui alors que le ballet prenait une toute autre tournure, il enfouit son visage contre son torse pour empêcher le moindre son de s'échapper alors que chacun de ses muscles se crispaient.

Il ne voyait plus le temps passer et avait presque oublié le lieu où il était, se perdant dans le regard du jeune homme et dans les caresses tendres, susurrant son nom d'une voix légèrement tremblotante mais emprunte de désir pour lui. Eli ne voulait pas le relâcher, il ne pouvait pas se séparer de lui, de son regard et de son corps alors que le sien n'en pouvait maintenant plus. Ses doigts se resserrèrent sur les draps un court instant avant qu'il ne finisse par se détendre totalement et se laissa couler sur le côté, se serrant contre Enguerrand alors que ses bras l'enlaçaient doucement. Son torse dénudé et transpirant se soulevant de manière totalement erratique, il cherchait à retrouver son souffle alors qu'il l'embrassait tendrement, profitant du calme de sa situation pour essayer de se calmer. Il ferma un court instant les yeux et essaya de lutter contre le sommeil avant de les rouvrir pour chercher ses prunelles océan, trouvant devant lui un être presque irréel. Reposant sa tête sur son torse, il esquissa un sourire fatigué en se forçant à garder les yeux ouverts.

"Qui… Qui es-tu?"

Il se tourna pour croiser son regard. Question simple, il ne demandait qu'une réponse. Il voulait savoir, il voulait le découvrir entièrement et pas seulement profiter de son corps comme on pouvait en premier lieu s'attendre alors qu'il avait acheté Enguerrand en qualité d'esclave sexuel. Peut-être que Eli n'avait pas vu beaucoup d'humains mais pressentait qu'il ne venait pas du Kandor. Il enfouit son visage dans son cou et se gava de son odeur avant de fermer les yeux, sentant ses muscles qui continuaient de se détendre encore avant qu'il ne sombre totalement dans les bras de Morphée, n'entendant même pas ses paroles si vraiment il lui avait répondu. Combien de temps il passa là, allongé à rêver paisiblement tout contre le jeune homme? Il n'en savait absolument rien mais lorsqu'il rouvrit les yeux, la lumière éclaira son visage et il mit un instant à s'habituer au changement, enfonçant sa tête dans les draps pour profiter de leur douceur encore un peu. Un long soupir de bien être s'échappa de ses lèvres entrouvertes avant qu'il ne décide de vraiment bouger. Prenant une position assise sur le bord du lit, il s'étira ensuite paresseusement et regarda autour de lui en se rendant compte du vide dans le lit à ses côtés.

"Enguerrand?" Il se leva "Enguerrand?! Où es-tu?"


Dernière édition par Elirël Sigrïn le Dim 26 Aoû - 18:02, édité 1 fois (Raison : édit parce que... fraise)
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