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 Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]

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Chef du Clan du Nord, tribu d'Esmerin
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MessageSujet: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Jeu 14 Juin - 17:32

Lathor, Lathorie

A la reine d'Ekalesias, la demoiselle Almehda Taränisaiï

Je prends ma plume pour vous écrire, moi Elirël Sigrïn, chef de la tribu d'Esmerin, pour annoncer ma venue sur vos terres dans un but diplomatique. Malgré les fortes tensions qu'il est possible de constater entre nos races, j'ai pour espérance de voir une alliance se former et ainsi permettre à nos deux contrées de prospérer. Je ne sais guère si vous avez conscience de la situation précaire établie sur tout le monde de Merak mais j'aspire pouvoir conclure rapidement à vos côtés quelque chose qui puisse convenir aux deux parties. Je connais les qualités maritimes d'Ekalesias mais je ne sais ce qui pourrait sceller un accord possible entre nos races. C'est la raison pour laquelle je me rendrai en personne à Mordun pour vous rencontrer bien que je ne puisse vous donner un jour précis, la distance séparant nos deux contrées étant importante et parcourue de dangers. En espérant que vous m'accorderez une audience pour que nous puissions échanger quelques mots à ce sujet.

Recevez mes très respectueuses salutations,

E. Sigrïn

Le jeune Renard posa enfin sa plume et soupira un long moment. Il n'était pas vraiment de sûr de lui ni même des mots qu'il avait employé, c'était déjà la septième fois qu'il recommençait la lettre posée devant lui. Mais franchement, que dire à un dirigeant dans une lettre? Il préférait encore le face à face et c'était la raison pour laquelle il la prévenait grâce à un courrier aussi bref. Mais il espérait que ses mots seraient correctement choisis car jamais encore il ne s'était adressé à une reine. Rien que penser à cela il essayait de s'imaginer le visage de la jeune femme dont il ne savait en fait pas grand chose. Il se doutait bien que si elle était restée sur le trône c'était qu'elle avait les capacités qu'il recherchait pour réaliser ce genre de choses. Mais il doutait réellement d'une possible alliance, cela ne serait sûrement qu'une rencontre en bonne et due forme sans aucune conclusion formelle. Ses prunelles dorées se posèrent sur le parchemin devant lui alors qu'il se relisait encore une fois. Il avait une écriture fine et inclinée, Eli avait prit soin à ce que chacune de ses lettres soient arrondies et à ce qu'il n'y ait aucune tâche. Un conseiller d'un âge avancé entra à pas lents dans le bureau dans lequel l'homme était en pleine réflexion et celui-ci releva la tête avec curiosité avant qu'une idée ne lui traverse l'esprit. Pourquoi ne pas lui faire lire? Il devait avoir l'habitude des lettres diplomatiques et il saurait lui dire ce qu'il pouvait manquer à sa demande. Se levant de son bureau, il tendit le parchemin au vieil homme qui la parcourut rapidement du regard avant de hausser un sourcil d'interrogation.

"Chef, pourquoi vouloir une alliance avec une région humaine? Vous savez pourtant que beaucoup de thériantrophes n'aiment pas ces créatures!"

"Créatures? Ce n'est pas parce que nos ancêtres ont eu quelques problèmes avec eux que nous devons nous cantonner à cela. J'ai grandement réfléchi à ce sujet avant de rédiger cela."

"Vous ne pouvez qu'avoir un autre but à l'esprit, Amändir ne vous aurait jamais transmis ce genre de pensées envers eux! Ils nous ont traité comme des animaux!"

"En effet ce n'est pas la seule raison qui me pousse à me rendre là-bas mais vous devez me faire confiance."

"Cela a-t-il un rapport avec la cicatrice que vous portez?"

Le jeune homme lui tourna le dos en se murant dans le silence le plus total. Il n'avait pas pu empêcher les gens de constater ce qui entachait son visage depuis sa rencontre avec les pirates. Mais il n'avait absolument rien dévoilé de ce qui s'était passé sur le bateau tout comme il avait payé les soldats qui l'accompagnaient pour les forcer à ne rien dire. Aucun thériantrophe ne devait être au courant de cette histoire, il en valait de son honneur et de sa fierté bafouée. Son index glissa sur sa joue scarifiée alors que les images de cette journée lui revenait en mémoire malgré lui. Il prenait grand soin de la cicatrice qu'il portait en passant des onguents guérisseurs avant de la cacher derrière de la poudre légèrement blanche, normalement destinée aux demoiselles voulant parer leur visage pour le rendre plus attrayant. Jamais on avait encore osé lui faire la remarque ou se moquer de sa personne car il avait beaucoup changé depuis sa rencontre avec le capitaine. Il était devenu beaucoup moins souriant et tolérant, s'énervant facilement. Pourtant sa rencontre avec cet étrange humain aux yeux azurs l'avait comme un peu plus apaisé. Le conseiller lui rendit la lettre en soupirant, il avait comprit que Eli n'allait pas lui donner de réponse. Jamais il n'en donnerait, c'était un secret que jamais il ne dévoilerait. Reprenant le parchemin en y portant la plus grande attention, il finit par l'enrouler avant d'y appliquer le sceau de Lathorie, reconnaissable par le L majuscule semblant glacé à jamais. Cela représentait bien sa contrée, gelée dans ses habitudes. Il devait faire changer les moeurs et c'était peut-être cette lettre qui changerait les choses. Il n'avait rien contre les humains personnellement et une alliance pouvait lui être profitable pour le moment.

"Appelez un messager..."

"Oui chef."

Le conseiller s'effaça comme une ombre, laissant Elirël seul dans le bureau avec ses pensées. Un messager ne fut pas long pour venir se saisir du message et s'inclina devant le jeune homme avant de disparaître à son tour après qu'il lui ait donné la destinataire de la lettre. Cela le surprit également mais son rang ne lui permettait pas de lui poser autant de questions au chef de la tribu. Il devait se préparer rapidement car il savait que le voyage allait être rude. Il devait choisir les meilleurs hommes pour l'accompagner mais ne pouvait pas compter sur son maître de guerre qui était très occupé depuis ces derniers temps. Retournant dans ses quartiers il prépara quelques tenues dont une plutôt garnie et digne de son rang, si vraiment la reine acceptait de le recevoir. Il lui fallut trois jours pour réussir à réunir tout ce dont il avait besoin et quand il fut fin prêt au départ, il laissa un petit mot à Enguerrand qu'il n'avait pas voulu voir sans vraiment savoir pourquoi et retrouva quatre soldats armés devant les portes de Lathor. Une fois qu'ils eurent tous mit au point les endroits où ils allaient camper et comment ils allaient traverser les contrées humaines les séparant d'Ekalesias, ils s'élancèrent à cheval dans les grandes plaines et les montagnes, chacun portant son fardeau pour le voyage. Le Renard devait être rapide et ne pas trop tarder car l'homme qu'il avait envoyé comme messager avait pour animal-totem un aigle, lui permettant de traverser les terres avec une célérité qu'il ne possédait pas et Eli refusait de trop faire tarder la jeune femme si celle-ci voulait vraiment le recevoir.



Chaque monture haletait, le museau se dilatant à chaque respiration. Les chevaux étaient épuisés tout comme les hommes sur leur dos qui n'avaient eu que très peu d'heures de sommeil. Ils avaient traversé la Lathorie sans aucune difficulté apparente mais les montagnes de Berill étaient vraiment infranchissables pourtant il était hors de question pour la troupe de faire un détour. C'était les monts qui les avaient grandement ralenti et épuisés mais le groupe avait fini par parvenir en Ekalesias sans dommage visibles. Bien sûr ils avaient croisé quelques brigands mais rien de tout cela n'aurait pu les empêcher d'avancer car les guerriers qu'il avait choisi étaient forts et savaient se battre, les mettant facilement en déroute. Elirël s'étira avec lenteur et caressa l'encolure de l'animal avant de donner un petit coup de talon pour le faire avancer, pénétrant dans la grande cité de Mordun alors que l'odeur salée de la mer frôlait son visage comme un murmure. Il regardait autour de lui avec curiosité, les étalages apparaissaient sous ses yeux et les odeurs nouvelles envahissaient son esprit alors qu'il continuait d'avancer avec ses hommes. Les gens s'écartaient à leur passage, devinant à leurs regards curieux la race à laquelle ils appartenaient. Il crut parfois deviner une leur de dégoût mais restait fier et droit, s'arrêtant dans une auberge pour quelques heures de repos avant d'aller dans le palais de la reine pour la rencontrer. Il en profita pour se détendre dans un bon bain et s'occupa des quelques égratignures qu'il avait eu en les couvrant d'un onguent avant de vêtir une chemise de soie blanche brodée d'or par endroits et des braies tout aussi claires et du même tissu. Prenant une grande respiration, il s'approcha du miroir qu'il avait à disposition pour regarder la cicatrice de sa joue, tirant légèrement sur sa peau en grimaçant. Il n'aimait pas voir son visage ainsi, comme défiguré, pourtant il ne pouvait faire autrement maintenant. Sortant une petite boite sombre du sac qui avait prit avec lui, il recouvrit légèrement son visage de poudre blanche pour masquer la trace comme il le pouvait tout en faisant en sorte de rester naturel. A chaque fois qu'il voyait son reflet il avait honte et des réminiscences qu'il préférait oublier lui revenaient.

Soupirant légèrement une fois qu'il se sentit prêt, il sortit de la chambre qu'il avait réservé pour rejoindre ses hommes qui l'attendaient en bas. L'un d'eux lui remit son épée et il attacha d'un geste vif le baudrier autour de sa taille et ajusta sa chemise avec lenteur. Il n'était plus pressé après tout, maintenant qu'il était arrivé à destination lui et sa garde ne risquait pas grand chose. Le soldat le plus âgé qui s'était éclipsé sans qu'il ne s'en rende compte lui apporta sa monture qui avait également pris un peu de repos et il prit place sur le dos du cheval à la robe blanche, toujours avec la même agilité. Eli était légèrement nerveux, c'était la première fois qu'il quittait vraiment sa contrée et ne se sentait à l'aise sur ces terres qui n'étaient pas les siennes. Il défit un bouton de sa chemise alors qu'il avançait, sous le regard étonné d'un de ses soldats. Mais ce n'était pas vraiment de sa faute et se moquait de ne pas être à la convenance de la reine ou des gens l'entourant, il avait chaud un point c'est tout. Les thériantrophes le suivaient à pied et l'entouraient, faisant reculer les gens qui s'intriguaient de voir une telle formation passer en ville. Le Renard se tenait droit sur son animal et approchait du palais avec lenteur alors que la nervosité grandissait en lui à chaque instant. Quand enfin des humains armés l'arrêtèrent à l'entrée du palais royal, il descendit de sa monture.

"Mon nom est Elirël Sigrïn, chef de la tribu d'Esmerin des thériantrophes du Nord et je souhaite m'entretenir avec votre reine."

Un des humains hocha la tête et le conduisit à l'intérieur, ne lui permettant d'avoir pour seule protection qu'un seul guerrier qu'il choisit avec précaution pour la force qui se dégageait de lui. Un ours blanc était toujours utile non? Il marchait d'un pas qui paraissait tranquille mais son regard couleur couchant regardait toujours autour de lui avec agitation. Finalement l'homme s'arrêta net devant une grande porte et toqua une fois avant d'annoncer le jeune chef qui ouvrit la porte quand l'humain lui fit signe. Refermant doucement la porte derrière lui, il s'inclina légèrement devant la personne qui se présentait à lui, ne la regardant pas de suite dans les yeux par respect.

"Salutations. Je suis Elirël. J'espère que ma lettre n'était pas trop cavalière car je ne savais comment m'adresser à vous, reine Taränisaiï."


Dernière édition par Elirël Sigrïn le Mer 24 Oct - 9:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Ven 15 Juin - 17:36

La surprise l'avait emplie lorsqu'elle avait reçu la missive du chef thériantrophe, la surprise qu'un dirigeant du clan du nord décide de venir parler avec une dirigeante humaine alors même que les relations entre leur deux races n'avaient jamais été cordiales. Certes son royaume été plus ouvert que d'autres et elle avait toujours prôné la fin de l'attitude discriminatoire et ouvertement méprisante des humains envers les changeformes, mais elle doutait sincèrement que ces efforts ai réellement trouvés un écho en Lathorie. Puis, une fois la surprise passé ce fut un mélange de perplexité et de suspicion qui finit par laissé, un bref instant, la place à la vexation. L'homme ne lui demandait même pas son avis, il s'invitait sans la moindre gène. Cependant elle n'en fit pas grand cas, leurs terres étaient éloignées l'une de l'autre et envoyer un message prenait du temps. Il était déjà fort aimable de sa part d'avoir prévenu de sa venue, ainsi elle pourrait préparer le palais afin que rien ne gène leurs discussions. Mais le voyage était si long qu'elle se vit, bien évidement, forcée de patienter. Elle se sentait un peu plus assurée que par le passé, elle y était bien contrainte de toutes façons, aussi elle ne se plaignit ni ne montra ce que pouvait lui inspirer la perspective d'un entretient avec celui qui se nommait Elirël Sigrïn bien qu'elle ai tenté d'en apprendre un peu plus sur lui, notamment en discutant avec le messager qui avait délivré la lettre de son chef. Il était vrai que l'aigle l'avait fascinée, elle avait beau avoir l'habitude de voir un thériantrophe se transformer elle n'avait jamais vu l'un d'entre eux lié à un oiseau auparavant et s'en réjouissait. L'ayant remercié de sa célérité et installé aussi confortablement que possible elle lui avait demandé de lui tenir compagnie en attendant celui qu'elle devait rencontrer. Bien que l'homme sembla peu disposé à parler et assez mal à l'aise elle se montra aussi ouverte et polie que possible. Comme on le lui avait toujours recommandé bien entendu.

De même elle avait été surprise de voir que Kÿsham, bien qu'étant du sud, ne manifestait pas la moindre agressivité à l'égard de ce soudain compagnon de conversation qu'elle s'était trouvée. Ou du moins si il se montrait quelque peu froid s'était pour des raisons qu'il prétendait toutes autres. Quoi qu'il en soit les jours précédant l'arrivée d'Elirël furent à la fois longs et étranges dans l'atmosphère qui avait soudain envahie le palais de Mordun. Elle devait faire taire ceux qui été contre sa décision, se justifier devant ceux qui la voyait à présent comme la légitime souveraine, quand aux autres... elle devait bien les rassurer d'une manière ou d'une autre. Seule son cher ami et la jeune chevalière d'Helios semblait un tant soit peu lui faire confiance. Il était vrai qu'elle aurait volontiers reposé son règne naissant sur les épaules de son frère bien aimé mais celui-ci était, pour l'instant, introuvable. Elle avait donc dû faire appel, en désespoir de cause, à ses camarades afin de lui apporter nouvelles et soutient, parcourant la campagne en son nom. La jeune femme était également une thériantrophe bien entendu et il était vrai qu'elle commençait à avoir davantage confiance en ce peuple qu'en ces humains qui se disaient ses pairs. Et cela même après l'entrevue avec les autres souverains.
Lors qu’enfin on lui annonça l'arrivée de la délégation de Lathorie elle était attablée devant une partie d’échec en compagnie de Kÿsham et d'un de ses plus précieux conseillé. La chaleur était accablante en cette journée, un soleil de plomb frappait la ville et l’absence de vent ne faisait qu'ajouter à l'aridité de l'air. La grande terrasse ombrée adjacente à son bureau et donnant sur les jardins verdoyants avait été pourvu d'une table basse et de confortables demi tabouret, des meubles de bois clairs fait de deux parties s’emboîtant et sur lesquels il fallait s'asseoir à genoux et le dos bien droit. Les pièces d’échec, fait de cornes lisses, brillaient sous le soleil avec un lustre qui attirait l’œil bien que leur fonction première ne fut point la décoration. L'homme, d'un certain âge, lui apprenait les subtilités de cet art qui avait toujours passionné son époux décédé avec beaucoup de patience. Il fallait avouer que son esprit encore naïf avait du mal à saisir le fonctionnement de certaines tactiques très abouties.

Elle abandonna cependant l'activité à l'annonce qu'on lui fit et quitta la terrasse pour l'intérieur du bureau officiel, tout de bois et de bibliothèques d'une grande austérité alors qu'un de ses gardes introduisait le jeune chef auprès d'elle. Il s'inclina et elle en profita pour l'étudier en détail. Presque de la même taille qu'elle il paraissait jeune et était doté d'une apparence peu commune qui la fit sourire doucement avant qu'elle ne s'incline gracieusement à son tour.

« Bienvenu à Mordun, Messire Singrïn. J'espère que le voyage ne fut point trop éprouvant et je suis heureuse de vous accueillir. Je vous en prie, prenez place et détendez vous, vous devez être éreinté après une chevauché aussi longue...  »

Elle conduisit son invité vers la terrasse débarrassée de son jeux d'échec et où des servantes déposait des rafraîchissement et des douceurs, des fruits du sud et de l'eau claire, elle ne buvait presque jamais de vin après tout, ainsi qu'un peu de pain au miel et de fromage. A son approche le grand guépard au poile mordoré, Kÿsham sous forme animal, releva la tête et vint l'accompagner tandis qu'elle s'asseyait, ordonnant sans brusquerie à l'une de ses jeunes servantes d'apporter un siège plus confortable pour le thériantrophe qui n'apprécierait certainement pas, après la dureté de la selle de monte, de devoir faire de l'exercice alors qu'il était déjà fourbu. La bête superbe vint poser sa tête sur les genoux couvert de soie de la reine et elle caressa sa fourrure douce distraitement, laissant un peu de temps à Elirël pour se remettre et l'observant avec politesse et intérêt de ses yeux verts scintillants. Le chant des oiseaux et le bruit lointain de la mer troublait le doux silence avant qu'elle ne reprenne la parole, lui souriant.

« J'ai prit des dispositions pour vos compagnons, ils disposerons également de repos et de tout ce qui leur sera nécessaire durant votre séjour. Vous ne m'avez, hélas, pas informé des délais de votre séjour, car je suppose que vous ne pouvez rester indéfiniment parmi nous.  »

Elle marqua une pause, durant laquelle elle put de nouveau étudier le jeune chef à sa guise sans pour autant paraître intrusive. Buvant un peu d'eau pour se rafraîchir bien qu'elle ne craignit pas tant la chaleur que d'autres elle offrit un fruit à son invité, l'un de ceux typiques de la région.

« Vous m'avez dit rechercher une alliance messire, n'y voyez aucune offense mais j'ai été très surprise, et flattée, que vous décidiez de mettre de coté l'inimité bien connue entre nos deux races afin de travailler à un accord qui nous serait profitable. Je ne vous cacherais pas que la situation en Kandor n'est pas des plus stables aussi cette proposition me paraît forte opportune. Je connais bien évidement les talents de votre nation, tout comme vous avez conscience des nôtres.  »
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Sam 16 Juin - 6:58

Le jeune Renard se redressa pour enfin voir la jeune femme qui se présentait à lui, un sourire doux affiché sur le visage alors qu'elle s'inclinait à son tour avec la grâce que lui conférait son rang. Il croisa son regard vert étincelant alors qu'elle s'adressait à lui en l'accueillant chaleureusement. Lui-même était soulagé d'être arrivé alors qu'elle l'invitait à se détendre. Il espérait tout de même que la fatigue ne paraissait pas trop sur son visage tout comme le fait qu'il avait très chaud en cette journée ensoleillée. Ses prunelles couleur ambres parcoururent un instant les différentes bibliothèques de bois du bureau dans lequel il se trouvait avant de regarder à nouveau la jeune femme. Tout dans cet endroit respirait le soleil à commencer par elle et cela le changeait beaucoup de sa Lathorie et de sa neige presque perpétuelle. La reine était à peine plus petite que lui mais il ne l'observait que très peu, essayant de ne pas faire paraître la gène que lui instaurait le lieu. Eli la suivit jusqu'à la terrasse qu'il avait déjà remarqué alors que des servantes déposaient de quoi permettre une discussion agréable. Il regarda avec une légère curiosité les fruits déposés sur table, il ne connaissait pas ce genre de denrées introuvables sur ses terres qui étaient difficiles à cultiver. Un léger frisson traversa son dos quand il posa les yeux sur le guépard qui s'approchait à pas tranquilles de la reine. Il n'était pas difficile pour lui de deviner cette lueur d'intelligence dans le regard qui différenciait les thériantrophes des animaux tout comme il savait à quel clan il pouvait appartenir. Il ne quitta pas la bête des yeux pendant que la reine demandait à l'une de ses servantes d'apporter au jeune homme un siège plus confortable que celui sur lequel elle se tenait. Retirant son baudrier, il se posa tranquillement dans les coussins que lui proposait la servante en gardant par simple réflexe son arme à proximité, bien qu'il était certain de ne pas en avoir besoin la chose était devenue naturelle chez lui. Il retint un soupir d'aise alors qu'il se sentait déjà plus à son aise. La jeune femme devant lui caressait distraitement la fourrure du guépard tranquillement installé la tête posée sur ses genoux, l'observant alors qu'il faisait de même. C'était agréable de ne pas faire face à un silence continuel et glacé, le bruit de la mer se faisant encore entendre là où ils se trouvaient. Il inclina respectueusement la tête quand elle lui expliqua avec le sourire qu'elle avait pensé au confort des soldats qui l'accompagnaient avant de parler de la durée du séjour. Il profita de la pause qu'elle marquait pour s'expliquer ainsi que la remercier car il ne s'attendait pas à autant de prévenance.

"Je vous remercie pour votre sollicitude concernant les hommes m'accompagnant. Je suis conscient de ne pas vous avoir en effet donné de délais précis quant à ma présence ici car en effet je ne puis rester indéfiniment sur vos terres. J'espérai avant tout pouvoir discuter avec votre personne sans que le temps ne me soit compté."

Il laissait la jeune femme l'observer car son regard vert étincelant ne le gênait absolument pas, bien au contraire elle arrivait parfaitement à le mette à l'aise et ainsi dissiper la nervosité qui l'avait d'abord gagné. Lui en faisait de même ainsi il pouvait constater la prestance qui se dégageait d'elle et qui lui rappelait, étrangement, celle qu'il pouvait voir dans le regard bleu profond d'Enguerrand. Pourtant il essaya de ne pas se concentrer sur ce trouble et continua son étude de la jeune femme qui prenait un rafraîchissement. Il fit de même, la chaleur étant presque trop étouffante pour lui, avant de voir avec curiosité le fruit qu'elle lui tendait. S'en saisissant, il mit un instant avant de croquer sa chair juteuse et apprécier cette saveur qui lui était inconnue avant que la reine ne reprenne son discours. Elle entamait déjà le sujet de l'alliance qu'il recherchait, peut-être que son voyage sur ces terres brûlantes ne durerait ainsi pas trop longtemps. Lui qui voulait voyager, voilà qu'il regrettait à Lathorie glacée. Mais encore il ne devait pas se plaindre, c'était ses soldats lourdement vêtus qui devaient le plus subir ces soleils de plombs, animaux des neiges, leur habitude n'était pas de se promener dans la rase campagne malheureusement. Il se concentra de nouveau sur les dires de la jeune femme qui se disait surprise de sa demande bien que celle-ci soit mal choisie à cause de la situation précaire du Kandor. Une lueur soudain toute intéressée brilla dans ses yeux et il se demanda si cela avait un rapport avec Meniev, il se demandait vraiment dans quel état se trouvait présentement cette région et c'était en partie la raison de sa venue cachée derrière un masque diplomatique. Après tout ce simple mot le protégeait de toute attaque provenant des principautés humaines et, tout en pensant cela, il jeta un regard un peu plus froid au guépard qui semblait ne pas bouger. Lui semblait être aux ordres de la jeune reine donc il n'aurait là non plus aucun problème. Toussant légèrement pour s'éclaircir la gorge, il reporta son attention sur le regard vert étincelant qui ne le quittait pas.

"Je ne m'en montre guère offensé car après tout cette décision à laquelle j'ai longtemps réfléchi en a également surpris beaucoup autour de moi. Je vous remercie de la confiance que vous me portez pour me dévoiler la situation des principautés du Kandor, chose que je l'ignorai depuis ma place à Lathor."

Il marqua une pause, réfléchissant aux mots qu'il allait employer avant de reprendre ;

"J'ai pour souhait de changer cette tension continuelle présente entre les thériantrophes et les humains en une chose qui pourrait profiter à tous. Cependant certaines régions, qu'elles soient du Kandor ou de Lathorie sont peu enclines à cela. Mais Ekalesias en revanche est une terre ouverte et c'est la raison pour laquelle mon choix s'est porté sur vous."

Détournant le regard pour admirer le paysage visible depuis la terrasse, il prit un autre rafraîchissement, n'étant pas encore habitué à une telle chaleur. Le Renard garda un moment le silence pour de nouveau réfléchir. Il allait entamer un point plutôt sensible et allait devoir faire attention à ce qu'il allait dire.

"Les rumeurs se propagent avec célérité et bien que je ne connaisse que peu de choses aux autres régions du Kandor... J'ai ouïe dire que Meniev était dans un état des plus malheureux. Pour une région riche de commerce, cela est dommage... Mais auriez-vous une quelconque information à ce sujet? Car j'aurai été grandement intéressé par une alliance avec leur roi également..."

Il reporta son attention sur la reine, son visage calme et presque souriant ne faisait rien passer de la demande qu'il avait pu faire aux pirates mais la curiosité était grande et sa venue risquée alors il ne fallait rien laisser croire. Son sourire amical se faisant plus franc, il reprit tranquillement.

"J'espère tout de même qu'une chose telle n'aura aucune incidence si vraiment un accord se formait entre nos races car j'en serai le premier fort désolé. Je ne sais vraiment ce que pourra vous apporter la Lathorie dans une alliance et c'est car j'aurai souhaité vous entendre vous prononcer sur ce sujet délicat que je suis présentement devant vous..."


Dernière édition par Elirël Sigrïn le Dim 17 Juin - 16:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Dim 17 Juin - 14:55

Elle était bien aise de le voir apprécier le conforte certes modeste qu'elle offrait et cela malgré le regard qu'il avait lancé vers Kÿsham et qu'elle n'avait pas manqué de noter du coin de l'oeil. Le grand guépard n'avait pas réagit et elle en était grandement reconnaissante même si elle savait parfaitement que le thériantrophe n'était pas du genre à se montrer particulièrement attaché aux vieilles inimités. Elle laissa donc Elirël répondre à ses paroles sans s'émouvoir, profitant de l'eau fraiche qui contrastait agréablement avec l'air chaud ambiant. Elle soupira un peu de soulagement en l'entendant affirmer qu'il n'était pas offensé. L'idée même de l'offense lui était étrangère, après tout elle avait reçu ce jeune chef comme invité, si elle avait voulut l'insulter jamais elle n'aurait accepté qu'il entre ici. Elle profita d'un instant de silence de sa part, alors qu'il tournait la tête vers le jardin emplit de parfum et de verdure, pour lui répondre.

Je suis honorée que nos efforts ai eut un écho sur vos terres messire, c'est l'une de nos première pré occupation que d'instaurer davantage d'équilibre entre nos deux races et de faire cesser les discriminations qui nous ont divisés depuis si longtemps. Vous avez dû remarquer, je pense, que rien ne différencie un thériantrophe d'un humain dans ce palais. » elle sourit avec douceur «  Après tout c'est aux dirigeants de montrer l'exemple n'est ce pas ? J'espère de tout cœur que nous parviendrons à accomplir quelque chose capable de renforcer cette idéal  

Elle le laissa contempler le paysage qui devait être bien différent de celui de son pays, se demandant ce qu'il pensait. Elle était curieuse bien sûr, après tout ce n'était pas tout les jours qu'elle avait l'occasion de rencontrer quelqu'un comme lui, quelqu'un venant de si loin. Elle n'avait jamais vu elle-même la Lathorie, à son grand regret d'ailleurs mais son devoir de reine l'avait toujours empêché de quitter son royaume. Son devoir et les exhortations de Küsham qui préférait ne pas la voir quitter ses terres sans une solide escorte, chose qui ne plairait certainement pas aux habitants du nord. Mais peut-être qu'elle pourrait à présent si Elirël et elle parvenait à un accord. Le jeune homme reprenait d'ailleurs enfin la parole et elle écouta attentivement.

Le sujet lui fit perdre son sourire, une expression de tristesse se peignant à la place sur ses traits délicats. Elle serra doucement une main dans la fourrure d'or de son compagnon tandis que la bête émettait un grognement bas. Baissant la tête la jeune reine l'observa un moment avant de soupirer faiblement. S'était douloureux de l'admettre mais elle se sentait grandement responsable de la tragédie qui était survenue peu de temps auparavant sur les terres limitrophes entre Meniev et Ekalesias. La citée de Caladon était un partage entre les deux royaumes et elle avait été sauvagement pillée malgré sa taille imposante. Et que dire du grand manoir ! Brulé, pillé... et le roi de Meniev mort. Elle avait été reconnaissante que le royaume voisin ne l'ai pas accusé mais elle-même ne se pardonnait pas d'avoir été si négligente au sujet de la sécurité du traité. Et d'un autre coté elle avait été également ravie, un ravissement coupable bien entendu, mais elle devait avouer que s'était sa première lueur de chance depuis des semaines. Elle avait été incapable d'être elle-même présente au traité en raison d'un impératif à Mordun et avait délégué la responsabilité à un de ses conseillés. Heureusement semblait-il, ses appartements avaient fait partit du pillage. Elle ne souhaitait même pas pensé à ce qui se serait passé si elle avait été présente.

Se forçant à relever la tête elle lui adressa un faible sourire d'excuse pour son état soudain pensif et répondit enfin sous le regard sombre de son compagnon à quatre patte qui agitait la queue, inquiet pour elle.

 Son Altesse le roi Sabazios de Meniev a été récemment assassiné lors d'un raid pirate contre la ville portuaire de Caladon. Cela me navre particulièrement, nous devions signer un important traité commercial et nous avions choisit cette citée comme symbole de l'union. Je n'ai malheureusement pas pu assister à la signature du traité et envoyé quelqu'un à ma place » Elle marqua une pause, soucieuse « Je dois avouer que je ne comprend pas. Ces pirates sont forcément passés par les eaux territoriales de mon royaume pour atteindre Meniev... et je n'ai pas été informé. J'ai fais rappeler tout les vaisseaux en postes et aucune n'a vu quoi que ce soit. C'est extrêmement préoccupant. J'ai décidé de faire doublé la garde sur nos côtes. Les leurs sont déjà dévasté je ne souhaiterais pas que les nôtres subissent le même sort, surtout en ce moment 

Elle repris un peu d'eau et s'arrêta un instant, le silence douillet quelque peu mis à mal par les déclarations qu'elle venait de faire. Elle entreprit de peler une orange et en grignota un quartier, pensive, avant de regarder la cote lointaine d'où parvenait le doux bruit des flots. Elle reporta finalement son regard sur Elirël et sourit doucement.

 Mais bien sûr vous n'y êtes pour rien, je suis désolé de cette soudaine attitude, j'ai bien des soucis. Notre alliance ne sera jamais entachée par les actes sordides de ces bandits des mers. Ils n'ont aucune allégeance ni morale. Bien entendu je gage que ce n'est pas le cas pour vous, messire. » Elle sourit «  Voyons, ce que pourrait apporter Lathor à notre peuple ? J'ai entendu dire que vos forgerons étaient très habiles. Et je suis certaines qu'il y a en votre royaume il se trouve des denrées qui pourrait intéresser les nôtres. Nous pourrions établir des routes commerciales comme nous l'avons fait avec le sud. Je ne vous demanderez pas, en revanche, une aide militaire, je comprend parfaitement que les vôtres ne désirent pas mourir au nom d'une race qu'ils ne portent pas dans leur cœur 
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Sam 23 Juin - 9:59

Le jeune Renard continuait d'observer la reine avec une légère pointe de curiosité dans ses prunelles d'ambre. Elle était une personne très charmante de le recevoir en ces lieux tout de même, car il ne lui avait pas vraiment laissé de choix quand il avait envoyé la missive annonçant son arrivée et elle aurait très bien pu refuser cette entrevue. Après tout, il ne pouvait rien faire dans cet endroit, il n'était pas sur ses terres et n'avait aucun contrôle. Eli regarda autour de lui pour admirer une nouvelle fois le paysage ensoleillé qu'il n'avait encore jamais vu. Il soupira un instant tandis que la chaleur l'étouffait vraiment, il n'était pas habitué à cela alors qu'il reprenait une gorgée d'eau fraîche pour apaiser sa gorge déjà brûlante. Il finit par terminer le fruit inconnu mais délicieux qu'il tenait entre les mains avant d'écouter avec le plus grand sérieux Almehda, hochant la tête par moment pour montrer qu'il était d'accord avec elle. Elirël était conscient que l'éducation des gens du Nord faisait des humains des créatures horribles qu'il ne fallait surtout pas approcher mais cette jeune femme se différenciait beaucoup des histoires racontées aux plus petits pour les former à la dureté de la vie. Ses idées et son point de vue sur la paix le surprenaient quelque peu bien qu'il se refusait à montrer le moindre signe de surprise sur son visage. Il continuait de l'observer dans le plus grand silence, elle recherchait un équilibre qui pourrait satisfaire tout le monde et il esquissa un léger sourire quand elle lança que c'était aux dirigeants de montrer l'exemple. Elle n'avait pas tort sur ce sujet en effet. Lui avait finit par se reprendre en main pour faire preuve de plus de sérieux depuis quelques temps. Il espérait lui aussi pouvoir instaurer une alliance entre Ekalesias et Lathor. Il pensait d'abord faire cela pour en apprendre plus sur les contrées humaines et ainsi réfléchir à un plan d'attaque futur mais la reine et ses pensées lui avait fait changer d'avis pour sa principauté. Celle-ci de toute façon permettrait d'améliorer le commerce sur ses terres gelées et c'était sans compter le pillage de Meniev qu'il avait commandé. Mais cela, la jeune femme ne devait jamais en entendre parler. Il jeta à nouveau regard au paysage en plissant les yeux un instant, aveuglé par les soleils, avant de se concentrer une fois encore sur Almehda qui semblait avoir perdu le sourire.

Il ne s'était pas trompé, c'était un sujet sensible qu'il avait abordé et il devait s'être passé quelque chose de plus grave qu'un simple pillage pour qu'elle prenne soudain un air si pensif. Eli jeta un coup d'oeil au guépard qui grognait doucement alors que la main dans sa fourrure tachetée se resserrait doucement. Lui-même perdit son léger sourire alors qu'elle baissait la tête. Il ne pouvait malgré tout pas s'empêcher de l'étudier une nouvelle fois, cherchant à croiser ses yeux verts tandis qu'elle soupirait. La jeune femme finit tout de même par relever la tête et il attendit dans le plus grand silence alors qu'elle lui contait ce qui s'était passé ce jour-là. Il était de plus en plus étonné et masquait avec brio cette étincelle d'amusement dans son regard brûlant. Il ignorait royalement l'animal qui s'inquiétait pour la reine et se pencha légèrement vers elle en feignant la surprise. Fronçant à peine les sourcils quand il entendit qu'elle aurait dû se trouver là-bas, il soupira intérieurement de soulagement. Il ignorait la raison pour laquelle elle ne s'était pas trouvé là-bas à ce moment mais cela lui avait sans doute sauvé la vie. La mort d'un seul roi suffisait amplement et Elirël était plus que ravi. Dire que sans le vouloir il avait ainsi empêché la signature d'un traité qui aurait pu le gêner plus tard. et qu'il venait en proposer un autre beaucoup plus avantageux pour Lathor. C'était une aubaine pour lui, la chance tournait en sa faveur pour une fois. Il laissa un long silence s'installer sans rien dire à ces paroles, il pensait à Arren qui allait devoir lui apporter le butin après avoir trié tout ce qu'il avait pu saisir lors du pillage. Ses prunelles dorées dans le vague, il pensait à la terreur qu'il avait dû infliger aux humains de cette contrée. Et Lathor n'était pas soupçonnée par cela... C'était parfait, vraiment. Il sortit de ses pensées en sursautant légèrement quand la jeune femme recommença à parler, croisant son regard d'ambre et il lui rendit un sourire doux.

"C'est tout à fait compréhensible rassurez-vous."

Son sourire qu'il voulait rassurant s'agrandit légèrement alors qu'elle lui assurait que l'alliance ne serait pas gênée par ce genre 'd'accidents' malencontreux. Malgré ce qu'il avait pu se passer ce jour-là, il était content que Arren ait finalement accepté de réaliser la mission et que tout c'était agréablement bien déroulé pour eux. Il hocha la tête en l'entendant tout en se forçant à garder un visage amical tandis qu'il jubilait intérieurement à ce qu'il entendait, murmurant de manière presque inaudible un "bien sûr" alors qu'il reprenait une gorgée d'eau glacée. Il faisait trop chaud pour lui à cet endroit et il regrettait finalement la neige de la Lathorie. Justement voilà qu'elle en parlait et il se fit plus sérieux en l'écoutant sans d'avantage penser à tout cela. Il haussa un sourcil de surprise quand elle parla des forgerons comme de personnes habiles. C'était étonnant de voir la renommée de Lathor sur ce point précis mais c'était plutôt bon à savoir car il connaissait ces thériantrophes précisément et reconnaissait leur travail admirable. Eli retint légèrement une grimace quand il entendit que la reine avait déjà réalisé différentes routes commerciales avec le Sud et il se demanda un instant si cela n'avait pas un rapport avec ce clan que tous les lathoriens haïssaient. Secouant de manière à peine perceptible sa tête pour chasser ces hypothèses, il s'inclina légèrement devant elle avant de murmurer avec un sourire ravi :

"En effet Lathor possède de grands forgerons fort talentueux mais j'ignorai que leur renommée était parvenue jusqu'à votre contrée, c'est l'une des principales qualités de cette ville qui se base plutôt sur le travail artisanal. Je serai très intéressé par la mise en place de routes commerciales et donc vous procurer des produits de bonne facture mais le chemin séparant nos contrées peut s'avérer dangereux c'est la raison pour laquelle il faudra que nos deux peuples se mettent à contribution pour la protection des marchands."

Il marqua une pause. C'était tout à fait possible de traverser les terres à cheval ou caravane mais le chemin le plus court passait par Berill et ses hautes montagnes n'étaient pas très accueillantes. Passer par la mer serait une chose des plus faciles pour les marchands humains d'Ekalesias mais beaucoup de thériantrophes du Nord ne supportaient pas la vie sur un bateau. Surtout que ce n'était pas une des forces de ses terres enneigées et les mers de glace étaient souvent infranchissables pour ceux ne maniant pas parfaitement leur navire. Il ne savait pas ce que préférerait la reine mais il fallait profiter de l'arrivée de la saison douce où la neige disparaissait et les températures augmentaient légèrement pour commencer les premiers échanges commerciaux. Il finit par soupirer avant de reprendre en pensant à l'armée qu'il formait :

"Car vous avez raison, il sera presque impossible pour moi de convaincre mes soldats de quitter la Lathorie pour se battre pour les humains, même si une alliance est mise en place. De plus, un grand nombre d'entre eux ne supporte pas la chaleur, les hommes qui m'ont accompagné en souffrent beaucoup trop et ce seulement car ils voulaient assurer ma protection."

Il se dit tout de même qu'il allait vivement devoir discuter avec ses conseillers de la démarche à suivre si vraiment la jeune femme acceptait cette alliance qu'il ne savait pas encore comment sceller. Puis soudain une idée lui traversa l'esprit alors qu'il reprenait un fruit pour en croquer un petit bout. Il se pencha une nouvelle fois vers elle et effleura la main libre d'Almehda en croisant son regard étincelant, gardant son visage le plus sérieux possible en souriant légèrement :

"Puis-je vous inviter en Lathorie pour que vous puissiez découvrir le peuple avec lequel vous pourriez vous allier? Cela vous permettra sûrement de vous faire une idée plus précise de ces terres éloignées qui sont méconnues des humains, peut-être aurez-vous également des demandes plus spécifiques quant à l'alliance. Bien sûr votre... Ami sera tout bien accueilli tout autant que votre personne, je me porte garant de votre sécurité et serai votre propre guide si vous le souhaitez."
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Jeu 28 Juin - 14:04

Le jeune homme était de plaisante compagnie malgré le sujet fâcheux qu'il avait amené, elle ne lui en tenait d'ailleurs pas rigueur. Pas plus que de la chance qu'avait la Lathorie de n'être qu'une cible secondaire pour les pirates qui visaient souvent plus les richesses du sud. Il semblait pensif mais finit tout de même par répondre, peut-être après avoir réfléchit aux conséquences des événements qu'elle lui avait dévoilé. En effet, Lathor était surtout réputé pour ses forgerons, elle même en ayant entendu parler plus d'une fois, s'était l'une des seules informations qu'elle possédait d'ailleurs, au sujet de l'économie de ce pays lointain. Et justement, cet éloignement allait sans doute être le principal problème à la mise en place d'une route commerciale. Vers le sud s'était plus facile, il suffisait simplement de s'assurer que les navires étaient bien protégés et approvisionner et la route était, certes longue, mais surtout facile car elle ne passait pas par les eaux des autres royaumes humains. Hors pour se rendre dans le nord s'était précisément ce qu'il faudrait faire, ça ou alors s'éloigner assez pour passer au delà mais cette fois s'était des pirates qu'il faudrait se méfier , ils n'hésiteraient pas à attaquer les convois pour les piller. Elle réfléchissait attentivement à la question quand la proposition du thériantrophe la prit complètement au dépourvu. Elle observa les prunelles d'ambre face à elle avec une surprise qu'elle mit un instant à dissimuler poliment. Certes elle appréciait grandement le geste que venait de faire Elirël et se doutait qu'il représentait beaucoup. L'idée de pouvoir visiter le royaume neigeux lui était un ravissement mais elle se demandait tout de même quelles seraient les conséquences d'un tel voyage. Les habitants de Lathor ne verraient peut-être pas cela d'un bon œil, tout autant que les siens. Elle resta pensive un long moment puis répondit enfin avec un doux sourire.

Je serais plus qu'honorée de visiter votre royaume messire et de rencontrer votre peuple. Ma curiosité à votre égard a toujours été grande, tout autant bien entendu qu'à l'égard des thériantrophes du sud. Si véritablement je puis vous accompagner cela serait pour moi une expérience des plus enrichissantes. Et peut-être qu'ainsi les vôtres serons moins enclins à nous voir comme des menaces. Je me doute, tout comme vous je pense, que votre invitation risque de mécontenter certains de votre côté comme du mien cependant je pense que c'est une occasion en or d'effectuer un rapprochement entre nos peuples. Vous pourriez en apprendre davantage sur nous et nous pourrions davantage apprécier les vôtres, sans toutes les rumeurs et extravagances que rependent certains à votre sujet. Et puis il est bien normal que je vous rende la pareil après votre venue ici. 

Elle s'arrêta un bref instant et caressa en souriant la fourrure du guépard qui avait relevé le museau à l'entente des paroles du renard et le regardait avec méfiance. L’inquiétude qu'il manifestait à son égard était touchante et elle en était très reconnaissante. Cependant elle doutait fortement du bien que ferais sa venu avec elle en Lathor. Les Thériantrophes du nord pourraient, peut-être, accepter une humaine, peut-être... mais un de leurs cousins du sud, elle en doutait fortement. Il y avait aussi le problème du siège de pouvoir. Elle reporta son attention sur Elirël.

 Votre proposition me donne matière à penser. Mais avant d'accepter je dois tout d'abord vous avertir, messire Sigrïn., tout comme vous je suis liée à ma couronne et ne puis quitter mon pays pour un temps indéfinis, et encore moins sans donner de période précise à mon absence. Pas alors que le Kandor est si troublé. Avant d'accepter votre proposition je dois donc consulter mon frère et savoir si il acceptera de prendre l’intendance d'Ekalesias lorsque je vous accompagnerais. Si il refuse je serais contrainte de refuser également.  De nouveau elle s'arrêta et se demanda intérieurement si son frère accepterait. Il n'était pas comme elle, il était libre et fort, et il avait ses propres obligations. Oui... elle ne pouvait l'obliger à accepter mais espérait qu'il ne lui refuserait pas.

 J'espère que vous accepterais de patienter jusqu'à sa venu. Ainsi nous pourrions discuter plus avant et remonter ensemble vers votre patrie. En bateau peut-être, afin d'expérimenter nous même le voyage que ferons les marchands. Il nous suffirait d'accoster près de la frontière avec Berill et ainsi nous n'aurions pas à remonter trop au nord en risquant un naufrage. Peut-être, si la navigation est clémente, pourrions nous établir un poste de commerce en ces lieux afin de couper le trajet de chacun de moitié. Il nous suffirait alors d'y faire acheminer les marchandises et de permettre aux marchands de disposer de commodités.... vous devez avoir prévus une liste de marchandises dont vous avez besoin n'est ce pas ?
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Ven 20 Juil - 12:37

Le jeune thériantrophe était plus que ravi de constater la surprise naissante dans les prunelles émeraude de la reine d’Ekalesias alors que celle-ci essayait de rapidement se reprendre pour la masquer avec politesse. Un léger sourire se dessina sur les lèvres fines du Renard randis qu’il fixait le visage de la jeune femme avec une grande attention, la laissant tranquillement réfléchir à sa proposition. Il était rare qu’il convie lui-même quelqu’un à visiter ses terres et c’était encore moins le cas quant il s’agissait des humains qui n’étaient pas les plus appréciés. Pourtant il espérait pouvoir réussir une alliance paisible grâce à cela, sa contrée ne pouvait pas seulement se reposer sur la qualité de ses forges et il devait trouver autre chose pour faciliter la vie de ses pairs. Il repensa un instant au chef de la tribu de Gonëvia mais chassa rapidement les réminiscences d’une discussion qui manqua d’être mouvementée. Il se fichait de savoir ce qu’il pouvait penser de cette alliance car à la moindre opposition de sa part, Eli n’hésiterait pas à le détrôner pour devenir le seul maître de la Lathorie. Il se concentra de nouveau sur la jeune femme qu’il ne quittait pas des yeux et attendait avec curiosité la réponse qu’elle allait lui fournir. Il l’espérait positive, il ne savait pas pourquoi mais il avait hâte de faire découvrir la ville gelée sur laquelle il avait les pleins pouvoirs. Il se redressa légèrement quand il vit le doux sourire illuminer le visage de son interlocutrice et l’écouta avec la plus grande attention. A l’entendre, il était bien parti pour revenir sur ses terres en charmante compagnie, Eli était aussi curieux qu’elle concernant les humains et il n’hésiterait pas à répondre à toutes ses questions si bien sûr celles-ci restaient acceptables. Après tout cela lui permettrait de comprendre un peu mieux les humains qui semblaient ne pas apprécier les différences des thériantrophes et il pourrait peut-être permettre à son peuple de mettre de côté les vieilles haines qui l’animait toujours. Il hocha la tête quand elle marqua une pause et afficha un sourire amical en ignorant royalement le guépard qui semblait soudain méfiant comme si sa proposition cachait quelque chose de grave. Il aurait pu bien sûr profiter de ce genre de visite dans une contrée aussi lointaine pour éliminer la reine mais Lathor n’était pas prêt pour le moment à faire face à une guerre ouverte.

"En effet, ce voyage pourrait être quelque peu mal-perçu par certains. Cependant je suis du même avis que vous car nous avons beaucoup de choses à apprendre l’un de l’autre et je saurai faire accepter aux miens votre présence. Les thériantrophes comprendront que cette rencontre n’aura pour but que des jours plus paisibles et j’espère qu’il en sera de même pour les humains."

Elirël continuait de l’observer alors qu’elle reprenait tranquillement la parole, ses prunelles d’ambre ne quittant pas les lèvres de la jeune femme. Il comprenait très bien ce qu’elle voulait dire car il avait dû faire face aux mêmes problèmes qui concernaient le pouvoir en place. Après tout, lui non plus ne pouvait absolument pas se permettre de quitter la Lathorie pour une période aussi longue sans assurer le maintient de l’ordre par des personnes dignes de confiance.... Ou presque car le Renard était peut-être un peu paranoïaque mais les conseillers qui l’entouraient le gênaient plus qu’autre chose. Mais cela était une autre histoire. Il croisa les bras contre son torse et prit une profonde inspiration tandis qu’elle abordait le sujet, expliquant qu’elle devait avant tout s’adresser à son frère. C’était donc la seule personne pouvant influencer la chose, il finissait par se dire qu’il allait peut-être lui aussi devoir le rencontrer pour essayer de le convaincre s’il le fallait vraiment ou au moins faire connaissance. En voyant la jeune femme et son caractère, il se demandait si l’homme en question lui ressemblait ou s’il allait avoir affaire à quelqu’un de totalement différent. Bien qu’il n’en montrait rien, Eli était ravi d’entendre que le Kandor faisait face à une période de troubles car si vraiment il devait s’y attaquer, cela lui permettrait de prendre l’avantage. Il espérait un jour prendre Berill, la seule principauté humaine qui touchait vraiment la Lathorie et qui pouvait représenter un vrai danger pour les thériantrophes mais il devait avant tout consolider son armée et la patience était de mise. Il continuait de l’écouter dans le plus grand silence, se crispant juste un instant lorsqu’elle parla de voyage en mer. Il n’avait pas l’habitude de se trouver sur un bateau mais l’idée qu’elle proposait était intéressante et il ne devait pas passer à côté de ça. Eli soupira légèrement tout de même avant de profiter d’une autre pause pour intervenir en essayant de masquer la gêne que représentait pour lui un voyage sur les flots.

"Je patienterai donc jusqu’à son arrivée en ces lieux. Je ne vois là aucune raison pour moi de refuser bien évidemment, surtout si je suis en votre compagnie qui est des plus plaisantes. Cela nous permettra en effet de discuter paisiblement pour assurer cette alliance et pourquoi pas la fortifier. Faire le voyage en bateau est bien sûr une idée excellente tout comme celle de couper la route de moitié car cela pourra éviter tout danger pour les marchands et les thériantrophes pourront assurer le trajet sur terre, nous disposons de moyens de transports sûrs qui peuvent braver les neiges."

Il marqua une pause et réfléchit un instant à la question de la jeune femme. Bien évidemment la Lathorie avait besoin de vivres en premiers lieux mais il devait réfléchir à ce qu’il ferait précisément importer d’autre. Les matières premières telles que les minerais ou la peau animale ne manquaient pas, il en était certain cependant quelques articles de confort n’avaient jamais tué personne et les métiers pouvant fournir cela se faisaient moindre. Il but une longue gorgée d’eau en jetant un coup d’oeil au ciel bleu. Eli ferma un instant les yeux avant de se tourner vers la jeune femme pour y concentrer toute son attention.

"Je pense que les thériantrophes ont avant tout quelques besoins alimentaires à satisfaire car comme vous devez vous en douter, les terres enneigées ne sont que très rarement cultivables car les températures sont peu clémentes et ce même lors des saisons les plus chaudes. Bien sûr les vivres que la Lathorie pourrait importer serait principalement pour le confort de ses habitants car nous ne mourront pas non plus de faim, il en va de soit."

Il prit tranquillement appui dans les coussins à sa portée et croisa le regard de la reine avant de poursuivre sa pensée.

"En plus de cela et je pense que vous l’ignoriez, Lathor est l’une des villes du Nord connue pour sa joaillerie raffinée et j’espère bien évidemment pouvoir vous en faire profiter. Mais ce genre de métiers se meurent par manque de moyens et seul ce commerce pourrait me permettre de raviver cette flamme. Je pense qu’un apport de tissus tels que la soie, le lin ou le coton serait bénéfique mais il faut avant tout que cela soit dans vos moyens. De plus, j’ignore comment faire pour permettre à votre contrée de ne pas être quelque peu perdante dans cette alliance car vous m’aviez plutôt parlé des forgerons mais pensez-vous à quelque chose de précis ? Car j’ignore si cela peut suffire pour égaler les demandes qui sont les miennes."
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Mar 24 Juil - 12:49

Il avait beau être aussi jeune qu'elle il lui apportait un sentiment différent que les pompeux rois des principautés, toujours à la recherche de leur seul bénéfice et bien qu'elle apprécia grandement Sigfried, le seul d'entre eux qu'elle respectait totalement, il était tout de même grandement son aîné. Hors ce n'était pas le cas de ce jeune chef qui semblait avoir grandement à cœur le confort de son peuple, chose qu'elle admirait et comprenait sans effort, elle même recherchant une paix similaire. Elle écouta donc tout en réfléchissant. Il était vraiment que les demandes d'Elirël étaient, dans l'ensemble, aisées, les métaux précieux étaient peut-être les seuls qui nécessiteraient un petit effort mais cela se réglerait sans grand soucis. Elle sourit et repris finalement la parole.

« J'avais une idée précise oui, il se trouve que nous avons quelques récents soucis avec les navires pirates, certains semblent s'être dotés d'amélioration dépassant les nôtres et ce n'est pas une bonne chose. Votre peuple possédant de meilleurs connaissances que nous en matière de forge je me demandais si vous accepteriez de forger certaines armures de vaisseaux, notamment ceux des navires marchands qui assurerons le transport des vivres. De même je pensais à certains bois rares que l'on ne trouve qu'au nord et qui feraient des acquisitions de choix pour nos chantier navals. Oh bien sûr je ne souhaite point dépeupler vos forêts, il suffira d'établir un quota strict et une surveillance des sites de coupes si vous acceptez bien entendu. »

Elle y avait pensé dès le départ, les chantiers d'Ekalesias était la principale force du pays et si elle pouvait les renforcer ce serait un gros avantage. Non seulement elle prouverait que son règne ne nuisait pas à la principauté mais elle pourrait peut-être même rallier à sa cause les guildes de bateliers et de marchands qui avaient toujours eut des vues sur certaines des richesses naturelle du nord. Mais ce n'était qu'un début. Il y avait bien des choses qu'elle était prête à demander pour son royaume mais elle ne souhaitait pas accabler le thériantrophe et son peuple. Si déjà il consentait à ces deux demandes elle s'estimerait tout à fait satisfaite.

« Je serais également ravie si nous pouvons bénéficier d'une exclusivité sur les articles de joaillerie une fois que nos marchands vous aurons fournis en matière première bien entendu. De même, nous pourrions faire de Lathor un client unique pour certains de nos articles si cela vous sied. Pour ce qui est des denrées périssables, de la nourriture et des articles ménagers classique qui pourraient faire l'objet d'une vente je ne vois aucune limite à poser, tant que les guildes de marchands ne s'estiment pas lésés et respectent les lois de nos deux nations. »

Elle prit une pause, inspira doucement et savoura un fruit d'eau frais pour se détendre. Peut-être certains n'en avaient-ils pas l'impression, là dehors, mais ces discussions étaient bien plus longues, bien plus prenantes qu'on ne l'imaginait. Qu'elle même ne l'avait imaginé quelques temps plus tôt. Se reconcentrant rapidement elle agita sa longue chevelure bouclée dans une brise de fortune puis caressa la tête douce du léopard qui la regardait.

« Je pensais que nous pourrions également échanger sur un plan moins matériel. Nos deux cultures sont riches et ne se connaissent pas aussi bien que nous pourrions nous en vanter. Il nous serait certainement possible d'apprendre les uns des autres, d'échanger nos savoirs, nos points de vue. De créer une amitié durable qui ne se baserait pas uniquement sur les intérêts économiques. Je doute que vous le sachiez mais Mordun, cette ville, est, par exemple, sous le coup d'une loi depuis une vingtaine d'années autorisant les couples mixtes à vivre en son sein. J'en connais moi même plusieurs. J'aimerais que notre travail commun aboutisse à d'autres améliorations de ce genre, à plus grande échelle. J'ai bien entendu quelques idées mais elles demanderons sans aucun doute d'être longuement étudier. »

Elle continua à discuter en sa compagnie pendant le reste de l'après-midi puis l'invita à dîner en sa compagnie après l'avoir conduit dans les roches appartements qu'elle avait fait préparer à son intention. Elle-même se changea après une douche parfumée, adoptant un style moins riche et moins pompeux encore puis rejoignit son invité dans la salle à mangé de ses appartements personnels où la table était déjà dressée et remplie de mets succulent et typiques du pays. Elle lui sourit puis prit place avec lui et quelques autres convives. Discutant de menus sujets les heures passèrent dans l'entente et une humeur presque joyeuse. Alors que le troisième plat principal était apporté un page vint chuchoter à l'oreille d'Almehda qui ouvrit de grands yeux surpris puis sourit et se leva.

« Veuillez m'excuser un bref instant messieurs, mesdames. Mon frère vient d'arriver » Elle quitta la salle un moment, le temps de l’accueillir et de partager avec lui un instant plus intime avant de le conduire dans le hall afin qu'il se restaure ( et qu'elle lui présente Elirël dès qu'elle le pourrait ). « Le Seigneur Tristan Kerns de Berill ! »
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Lun 30 Juil - 18:18

Il y avait de cela des mois que le Chevalier de Berill n’avait pas mit les pieds à Ekalesias, et il devait l’avouer, sa sœur lui manquait. Malgré qu’ils communiquaient sans cesse par lettre, rien était tel que de pouvoir la prendre dans ses bras et veiller à ce qu’elle aille bien. De plus, Tristan avait apprit récemment la triste mort de son mari et il aurait tellement voulu être à ses côtés pendant ce moment… mais il n’avait pas été là, quel mauvais frère faisait-il. Occupé à parcourir les terres de Merak, à la recherche de la justice en compagnie de ses coéquipiers, lesquels il avait à présent du mal à se séparer, Tristan n’avait pu se présenter plus tôt, malgré lui.

Quoi qu’il en soit, la route fut extrêmement longue et pénible. Tristan avait reçu un violent coup dans le bas du dos lors de son dernier affrontement et il ne s’était pas encore remis de sa blessure, laquelle le faisait énormément souffrir lorsqu’il était à cheval. Pourtant, rien ne l’arrêterait jusqu’à temps qu’il atteigne sa destination : Le palais de sa sœur.

Quelques heures s’écoulèrent pendant lesquelles il essaya de trouver les mots qui pourraient la réconforter, tout en évitant de la replonger dans le malheur qu’elle avait vécu. Le chevalier savait qu’Almedha aurait tant à lui raconter et il avait hâte de pouvoir entendre la douce mélodie de sa voix. Même si des kilomètres les séparaient, il se rappellerait toujours son ton réconfortant et sa bonne humeur et ce, malgré toutes les difficultés qu’elle surmontait. C’était sa perle…

Il arriva finalement à la frontière où on le laissa passer sans soucis parce qu’on l’avait reconnu. Ici, il avait une réputation qui le précédait, même si cela ne faisait pas son bonheur. Les gardiens lui firent un signe de tête en guise de salutations et Tristan leur adressa un sourire pour toute réponse. Aucun mot ne fut échangé et c’était mieux ainsi. Il gagna la demeure de la reine d’Ekalesias en très peu de temps et descendit de sa monture, enfin soulagé d’être arrivé. Il confia sa monture à l’un des palefreniers de l’écurie royale qui en prendrait grand soin, puis s’avança vers les escaliers menant à la grande porte du château.

En toute délicatesse, cette dernière s’ouvrit, laissant paraître un homme qui servait humblement sa reine. Ce dernier salua Tristan avec bonne humeur et le pria d’entrer sans tarder, lui assurant que sa majesté serait ravie de sa présence. Un sourire égaya les lèvres du Chevalier qui emboîta le pas de l’homme jusqu’à la grande salle. Tristan se doutait qu’elle serait occupée à cet instant et voulu retenir l’homme afin qu’il ne la dérange pas, mais il était déjà entré dans la pièce.

Quelques instants plus tard, la belle Almedha sortit de la salle pour l’accueillir. Il ne pu s’empêcher de la prendre dans ses bras comme première réaction, puis relâcha un peu l’étreinte. Ils discutèrent un bref instant et ensuite, on annonça son arrivée dans la salle à manger.

Sans mot dire, il s’installa à la table et posa son regard curieux sur l’homme qui était présent. Il s’agissait sans doute d’Elirël Sigrïn dont lui avait parlé sa sœur dans une de ses lettres… ou alors il se trompait. De nature protectrice, il l’observerait afin de découvrir si les raisons de sa présence ici étaient bonnes ou mauvaises.
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Mar 31 Juil - 19:31

Elirël était curieux de ce que pouvait formuler la jeune femme pour ne pas être lésée dans cette alliance, surtout après les nombreuses demandes qu'il avait pu faire. Il se pencha légèrement en avant en la voyant sourire, prête à reprendre la parole et l'écouta avec calme, réfléchissant à ce qu'il pourrait réaliser à son tour pour Ekalesias. Il tiqua légèrement lorsqu'elle fit mention des améliorations de certains navires pirates, serrant un instant le poing avant de se forcer au calme. Il s'était rappelé de l'alliance faite avec le Capitaine du Silence et avait fait réparer son bateau en y mettant tout le savoir-faire de ses forgerons, se moquant de savoir quelles pouvaient être les conséquences. Mais à présent qu'il le savait, cela lui posait problème car elle trouvait la similitude entre les armures pirates et celles construites par les thériantrophes, cela pouvait mettre en péril ce qu'il essayait de construire tant bien que mal. Détournant un instant ses yeux couleur ambre pour admirer le paysage en buvant une gorgée d'eau, il réfléchissait à un moyen pour arranger la chose. Le Renard était sûr que son maître de guerre et forgeron en chef pourrait comprendre et trouver un moyen de ne pas rendre leur travail reconnaissable. Se concentrant de nouveau sur les paroles de la jeune reine, il esquissa un sourire en hochant la tête lorsqu'elle parla des bois rares présents sur le territoire nordique. Il fallait avouer que c'était une richesse qu'il était heureux de posséder car c'était un bon moyen d'échange et que les nordiques n'utilisaient pas beaucoup ce que pouvait leur offrir la forêt des Soupirs, préférant la pierre pour des constructions plus solides face aux rafales furieuses qui pouvaient balayer le territoire.

" Et bien, effectivement les forgerons de Lathor pourront travailler sur certaines armures une fois les plans disponibles. Ainsi vous pourrez choisir entre amener les bateaux directement sur les rives de Lathorie pour permettre une pose rapide des armures mais cela inclus le risque de voir vos bateaux se faire attaquer ou, de manière plus sûre mais plus longue, l'envoi de ces dernières pièces par pièces avec quelques hommes qui pourront les installer sur place et ainsi vous permettre de constater la qualité. Pour ce qui est des bois rares, la coupe ne posera aucun problème si cela est bien sûr fait avec modération car c'est cette forêt qui permet aux plus grosses tempêtes d'épargner la ville de Lathor. "

Soupirant légèrement une fois sa tirade terminée, il but une petite gorgée d'eau pour se rafraichir avant de croquer dans un nouveau fruit qu'il ne connaissait pas saisi dans la corbeille, appréciant sa chair pulpeuse et son goût sucré. Il n'avait vraiment pas l'habitude d'une chaleur telle et avait du mal à la supporter pourtant le jeune homme ne montrait rien même si une légère rougeur sur ses joues étaient bien visible. Passant une main dans sa crinière rousse, il dégagea son visage et apprécia un petit vent frais qui souffla dans leur direction. Il se concentrait sur les paroles de la reine pour essayer d'oublier ce mauvais temps, préférant finalement les tempêtes glacées de sa contrée. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle fit mention de la joaillerie qu'il proposait, qu'elle est l'exclusivité sur les articles de ce genre ne le dérangeait absolument pas, bien au contraire car cela allait permettre de faire connaître la Lathorie pour ses autres métiers en dehors de celui de la forge. Ainsi elle lui proposait de faire de même et c'est ce qui pouvait rendre une alliance intéressante. Il se promit d'y réfléchir une fois au calme car il ne voulait pas non plus précipiter les choses. Elle venait de lui assurer qu'il n'y allait pas avoir de limites concernant certaines de ses demandes et c'est ce qui l'arrangeait le plus.

" Bien sûr l'exclusivité sur ce genre de produit sera tout à fait réalisable, les joailliers pourront rapidement travailler dès le premier envoi de matières premières. J'espère que les bijoux que nous aurons à vous proposer seront à votre goût. Quant à votre proposition, je pense y réfléchir calmement et en discuter avec certains conseillers autour de moi une fois revenu en Lathorie car cela peut vraiment être bénéfique pour nos deux contrées. "

Il croisa les bras contre son torse en prenant une profonde respiration, appréciant le calme que pouvait apporter le paysage jusqu'alors inconnu. Il haussa cependant un sourcil en se penchant légèrement vers la jeune femme quand celle-ci commença à parler d'un échange possible de culture. Cela le surprenait plus que tout et il n'aurait jamais prévu une chose pareille mais après tout c'était avantageux car les humains finiraient peut-être par comprendre que les thériantrophes n'étaient pas des monstres tels qu'ils étaient décrits dans le passé et que cette vision faussée finirait par disparaître des esprits de tous. Mais il ne devait pas trop s'avancer sur cela non plus car il fallait avant tout convaincre les nordiques des biens-faits d'un tel échange car l'agressivité de certains pouvait poser un véritable problème. Eli espérait donc pouvoir compter sur le soutien de son maître de guerre pour assurer la protection de la reine une fois arrivée sur leurs terres. Il but une autre gorgée avant de lui répondre tranquillement, ravi de voir la tournure que prenaient les choses.

" Je dois avouer que je ne m'attendais pas à une proposition telle mais c'est une surprise agréable. Certes les intérêts économiques sont importants mais nos deux peuples ont tant de choses à apprendre l'un de l'autre. J'ignorai tout concernant cette loi en effet et ce n'est pas quelque chose de courant à Lathor car malheureusement les étrangers sont difficilement acceptés et c'est ce point de vue que je souhaite voir disparaître avec cette alliance. Je serai heureux de pouvoir partager vos idées pour que nous puissions apporter des améliorations similaires car cela apporterait un changement radical sur la perception des uns et des autres. "

La discussion continua de bon train sur des sujets un peu moins importants que celui pour lequel ils s'étaient rencontrés et Elirël ne vit plus le temps passer grâce à la compagnie de la jeune reine. Celle-ci le convia d'ailleurs à se joindre à elle pour diner, invitation qu'il accepta avec grand plaisir. Malgré tout, une légère réticence retenait sa joie car il ne se sentait pas à ses aises entouré d'autant d'humains même si il était le premier à demander de ne pas s'attarder sur cette seule différence. Les appartements que la reine avait mis à sa disposition étaient plutôt riches en décoration, parfaitement adaptés pour un palais tel que celui où il se trouvait. Il avait tout de même fini par quitter ses quartiers pour se rendre là où ses hommes l'attendaient, leur demandant d'envoyer une lettre de sa part à Wolfgang car Eli voulait à tout prix le tenir informé de la situation. Pourtant, il ne laissa pas filtrer trop d'informations tant que l'alliance n'était pas scellée de manière. Il quitta ses hommes confiant, retournant au palais pour prendre un peu de repos et une fois de retour dans ses quartiers, il se laissa glisser dans un bain glacé, plongeant un moment sous l'eau jusqu'à ce que l'air ne lui manque et le force à remonter. Il finit par sortir de l'eau et se prépara sans se presser, enfilant des vêtements plus convenables que sa tenue de voyage. Il arrangea sa tenue au possible et resta un moment à regarder la cicatrice qu'il avait sur la joue, décidant de ne pas la cacher avec des artifices inutiles. Une fois prêt, le Renard prit une profonde inspiration avant de quitter ses quartiers où il fut conduit dans une grande salle à manger directement dans les appartements personnels de la reine. La table était déjà dressée et prête à accueillir ses convives, les différents mets disposés représentaient une palette de couleurs qui attirait le regard ambre du thériantrophe. Il se tenait droit et légèrement crispé, plutôt mal à l'aise entre les quelques personnes présentes. Eli attendait la reine presque impatiemment et se sentit soudain soulagé lorsqu'elle entra dans la pièce pour prendre place et il lui rendit son sourire en hochant légèrement la tête. Une nouvelle fois les discussions tranquilles reprirent et le jeune chef finit par se détendre un peu plus. Il haussa un sourcil curieux quand il remarqua Almehda se lever pour quitter la pièce un moment. Il termina promptement une discussion intéressante que la jeune femme revenait accompagnée d'un homme qui imposait le respect par sa simple présence et dont l'allure était plus que surprenante au vue de tous les tatouages qui ornaient son visage et surement tout le reste de son corps. Etait-ce le frère dont la jeune reine lui avait parlé? Lorsqu'on annonça le nom de l'humain et son titre permit à Eli de s'interroger d'avantage à son sujet. Le Renard l'observait avec curiosité et se leva pour s'incliner légèrement en signe de respect juste avant que celui-ci ne prenne place à la table. Croisant son regard, il resta un long moment silencieux avant de se présenter par lui-même sans détacher ses yeux de l'humain.

" Enchanté de vous rencontrer Messir Kerns, mon nom est Elirël Sigrïn. Je serai ravi de pouvoir converser avec vous lors de ce diner. "


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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Mar 7 Aoû - 16:49

Au bras de son frère, Almehda rayonnait de bonheur. Avec la présence de Tristan s'envolait soucis et peurs, hésitations et appréhensions. Était-elle la seule qui ressentait le changement dans son maintient, dans l'éclat de ses yeux et de ce sourire doux qu'elle lui dédiait à lui et à lui seul et qui criait mieux que tous les mots du monde l'amour qu'elle éprouvait pour lui. Le conduisant à leur places respectives, en bout de table, où elle reprit place avec son frère qui s’intéressa à Elirël, le renard ayant lui même lancé la conversation de manière fort polie. Se servant du vin parfumé de sa coupe elle savoura un bref instant les réactions mitigées de l'auguste assemblée. L'amiral Hilern observait les deux hommes qui l'entourait d'un œil sombre qu'elle n'oserait interpréter. Il semblait particulièrement hostile envers Elirël pour une raison totalement inconnue, lui qui se montrait de bonne composition face aux thériantrophes de la ville, faisant de gros efforts pour s'ouvrir à d'autres façons de penser que sa discrimination intégrée à l'éducation particulièrement classique qu'il avait reçu. Ses conseillers eux se montraient particulièrement prolixe envers le jeune chef d'Esmerin mais ce n'était absolument pas une surprise, dès qu'elle avait parlé d'une potentielle alliance les hommes s'étaient mis en tête de charmer et cajoler le jeune homme afin d'obtenir ce qu'ils pensaient être le mieux pour Ekalesias. La jeune femme appréciait leur ferveur mais désapprouvait grandement la manière de procéder, elle l'avait subtilement fait comprendre, d'ailleurs, lorsqu'elle avait placé les invités et bien entendu, lorsqu'elle avait adjugé à Tristan la place du roi défunt.

En bout de table, Kÿsham, sous forme humaine, apostropha amicalement Tristan pour lui souhaiter la bienvenue, ses cheveux à la couleur étrange nettement retenus en arrière et habillé à la manière des nobles de la nation, présentant un flagrant contraste à la fois avec le chevalier mais aussi avec son habituelle tenue décontractée et légère qui attirait l’œil autant que les critiques. Dissimulant derrière sa main un petit sourire amusé la jeune femme retourna ses yeux brillant vers l'homme aux cheveux pâles, le contemplant avec un mélange de satisfaction et d'admiration. Son frère était si imposant, si impressionnant... son attitude protectrice à son égard la comblait tout autant qu'elle tentait d'être là pour lui, lui rendant une part de l'attention et des soins qu'il lui offrait. Elle l'aimait énormément, avait toujours tout partagé avec lui. Elle savait qu'il ne l'abandonnerait jamais et qu'il serait toujours là pour elle. Elle aurait volontiers passé le reste de la soirée avec lui dans ses appartements, à discuter de tout et de rien, à faire, peut-être, une partie d’échec ou bien à marcher dans les jardins pour profiter de la fraîcheur marine de la soirée qui exhalait l'iode en un parfum reposant et apaisant. Aussi apaisant que la calme respiration du guerrier à ses cotés. Entourant toujours le bras musclé de Tristan d'un des siens, si frêle en comparaison, peau dorée contre peau de cuivre, elle chipa une grappe de raisins sucrés qu'elle posa dans son assiette tout en s'occupant de présenter officiellement les deux hommes.

« Messire Sigrïn voici mon frère Tristan. Tristan je t'ai parlé de mon invité, Elirël Sigrïn de Lathor, il est venu jusqu'ici pour discuter d'une alliance entre nos deux nations. Nous en discutions cette après-midi mais j'ai pensé que tu aimerait peut-être participer, après tout que ferais-je sans toi ? »

Lui adressant un doux sourire aimant elle fit signe à un page de venir le servir, ce qu'il fit avec ce qui ressemblait à de l’inquiétude. Il resservit également Almehda en vin, ainsi qu'Elirël après un bref instant d'hésitation. De l'autre coté de la table les discussions avaient repris leur train habituel dans cette ambiance à la fois officielle et détendue, mélange des deux mondes qui se côtoyaient au palais. Elle tourna son attention vers Elirël alors qu'elle se faisait un peu plus discrète afin de laisser aux deux hommes le temps de s'apprivoiser quelque peu. Il n'était pas rare, elle le savait, pour Tristan de voir des inconnus, mais elle savait que le thériantrophe n'était pas au fait de tout les usages du sud. La différence physique entre les deux vis à vis était aussi amusante à voir, entre le chevalier tout de muscle et de prestance et le charmant jeune homme qui n'avait sans doute jamais manier une arme. Oh certes elle-même n'avait jamais manier une épée ou, d'ailleurs, toute autre arme, mais c'était naturel, elle était reine, non guerrière, elle se devait d'être un exemple pas une exception. Elle repensa à la proposition du jeune homme et se redressa légèrement.

« Tristan, messire Sigrïn m'a invité à visiter son pays afin de mieux le connaître. Je souhaiterais accepter. Mais je ne peux pas laisser Ekalesias sans quelqu'un pour assurer sa sécurité. Penses-tu que tu pourrait.... accepter l'intendance, le temps de mon voyage ? »

Elle appréhendait un peu la réaction de son frère, après tout elle ne proposait ni plus ni moins que de traverser deux nations humaines par terre ou les flots des pirates par mer pour se rendre dans un pays lointain et rude qui n'était pas réputé pour son amour des humains. Hors de portée de toute aide potentielle, loin des lignes de communications des caravanes... elle serait menacée, très menacée si le renard ne tenait pas sa promesse ou ne parvenait pas à calmer les esprits de ses confrères. Oui s'était risqué mais cela promettait aussi beaucoup si elle réussissait. Les trésors que le royaume du nord possédait leurs seraient ouverts. Mais ne s'avançant pas sur ses arguments elle se contenta d'observer la réaction du chevalier à ses cotés.
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Ven 10 Aoû - 17:06

Le respect qu’apportait cet être venu du nord envers le chevalier Tristan de Berill n’était que formalité habituelle, mais il permettait aussi de voir que cet homme était doté d’une ruse exemplaire, surtout lorsqu’on remarquait le silence qu’il avait maintenu quelques instants. Un être réfléchit venu d’une terre qui servit jadis à réfugier des hommes qui s’enfuyaient des Principautés, du moins c’est ce qu’il apprit selon les légendes. Après, ceux qui disaient venir du nord passaient pour fou, car on ne croyait pas véritablement que des hommes puissent y survivre. Aujourd’hui, et depuis quelques années, ils avaient des preuves formelles qu’un peuple s’y était installé. Tristan ne saurait dire s’ils constituaient des ennemis plutôt que des alliés, mais il ne tarderait à le savoir.

Ses iris indigo se posèrent tendrement vers sa sœur qui avait gardé une certaine proximité envers lui, et il se doutait fort bien qu’elle ne le laisserait pas partir comme il était venu. Chaque fois qu’il devait la quitter, il sentait cette déchirure profonde en lui et espérait qu’il la retrouvait tel qu’il l’avait laissée. Il ne se pardonnerait pas que quelque chose puisse lui arriver durant son absence, mais savait que sa destinée n’était pas à Ekalesias. Sa route les avait séparés, mais il ne manquait pas de garder un contact assez répétitif avec elle.

Sa sœur adorée lui proposa alors de se joindre à une discussion politique concernant une potentielle alliance entre les deux peuples, ce qui paraissait à prime abord un peu inquiétant. Ces hommes du nord n’avaient-ils aucune rancune envers les Principautés? Les légendes voudraient que beaucoup d’entre eux furent brûlés vifs par les humains et accusés de sorcellerie pendant plusieurs années. Un bon nombre d’entre eux auraient périt et le reste aurait fuit avant de subir le même sort. Le peuple du nord serait donc la descendance de ces êtres dotés d’une forme animale, comme il en connaissait beaucoup aujourd’hui. Si ces légendes disaient vrai, comment un peuple pourrait-il facilement pardonner un tel affront? Plusieurs questions persistaient dans son esprit, mais Tristan ne jugea pas le moment opportun pour les mettre sur table, préférant se tourner vers l’avenir. S’il était ici en paix, il avait certainement de bonnes raisons que le chevalier prendrait le temps d’écouter.

Un page le servit quelques instants plus tard, ce qui détourna l’attention de la dernière question de la reine. Le chevalier ne s’empêcha pas de prendre quelques bouchées de repas qu’on venait de lui offrir, lui qui n’avait rien dégusté de consistant depuis fort longtemps. Il ne reposa les yeux sur sa sœur que lorsqu’elle lui adressa la parole une seconde fois. Le chevalier déposa alors ses ustensiles sur la table et plongea son regard protecteur dans celui de sa sœur, qui voulait indubitablement signifier qu’il désapprouvait son idée. Tristan connaissait bien les routes du Kandor, mais ignorait totalement de ce à quoi elle pourrait faire face une fois à Lathorie. Il jugeait qu’elle n’était certainement pas prête à faire ce voyage et ce, même s’il acceptait d’assurer la sécurité d’Ekalesias pendant son absence. Un bref moment de silence emplit la pièce, pendant que Tristan jaugea messire Elirël du regard. Il n’accordait aucune confiance à cet homme, du moins pour l’instant, et il ne le laisserait pas emmener sa sœur vers l’inconnu, seulement en se fiant sur de bonnes paroles.

« Ma reine » Commença-t-il. « Je suis tout à fait enclin à participer à cette discussion concernant l’alliance des deux nations, je crois que cela pourrait être profitable si les deux parties ont quelque chose à offrir de stable. Je suis très intéressé de connaître les développements.» Dit-il en marquant une pause par la suite. « Toutefois, je ne pourrai accepter l’idée de vous laisser seule sur les routes hasardeuses de notre royaume, en plus d’une terre que je ne connais point. Ekalesias a besoin de toi, Almehda, encore plus aujourd’hui et nous ne pouvons pas risquer que quelque chose ne t’arrive. Ce serait tragique pour le peuple, sans compter ce que ce serait pour moi. » Et il avait prononcé ces derniers mots sans aucun égoïsme. Il connaissait les enjeux, mais il était fermé à cette idée. Son regard balaya la pièce pour s’arrêter sur sa sœur. « Je ne vois que deux options envisageables. La première serait que tu me laisses y aller à ta place afin que je puisse voir ce dont il en retourne. Ainsi, tu serais en sécurité au sein de ton royaume et j’aurai la conscience tranquille. La deuxième serait que je t’accompagne pour ce périple, ainsi, je pourrai m’assurer de ta sécurité. Le cas échéant, je suis certains que tu as quelques contacts de confiance qui pourraient accepter l’intendance pendant ce temps. La très chère Irina d’Hélios, que tu connais comme chevalier d’Ekalesias, pourrait veiller à ce que tout se passe bien durant ton absence. »

En attendant la réponse d’Almehda, il prit quelques bouchées de son repas pendant qu’il avait encore le temps. Il espérait qu’Elirël soit du même avis que lui… cela prouverait sans doute ses intentions. S’il insistait pour qu’elle vienne seule, Tristan pourrait se douter de quelque chose. Même après ces propos, l’ambiance était plutôt bonne malgré les regards inquiétants du page. Cet homme avait attiré la curiosité du chevalier lorsqu’il avait détaillé son visage quelques instants plus tôt.
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Mar 14 Aoû - 12:53

De nouveau installé à la table et plongé dans le silence le plus total, Elirël se mit à jauger la force de l'homme auquel il s'était présenté. Un mauvais réflexe sûrement mais il ne pouvait s'en empêcher et le fait de s'être levé dans un geste qui semblait une simple formalité lui permettait d'évaluer la taille de l'humain par rapport à la sienne. Il ne devait pas se concentrer sur cela et penser à autre chose. Secouant de manière presque imperceptible la tête, il saisit de nouveau ses couverts et mangea avec lenteur, profitant des mets disposés à proximité. Le jeune homme se faisait discret et suivait distraitement les conversations des conseillers autour de lui, ne quittant pas la reine et son frère des yeux. Il y avait quelque chose entre les deux personnes, un lien de famille si spécial qui semblait si précieux… Il ne comprenait pas ce genre de choses lui qui était fils unique mais cela ne lui manquait pas le moins du monde. Il sentait un regard sombre sur lui mais n'y prêtait pas vraiment attention, jetant seulement quelques coups d'oeil autour de lui il remarqua un homme dont les prunelles de mercure lui rappelait un peu trop celui d'une certaine personne qui préférait ne pas voir avant longtemps. Il préféra l'ignorer plutôt que de se trahir en montrant que son visage lui était familier. Eli devait après tout rester le plus calme possible malgré le léger malaise qu'il ressentait toujours au milieu de tous ces humains. Un léger haussement de sourcil dévoila sa curiosité quand il vit la jeune reine masquer de sa main ce qui ressemblait à un sourire et il détailla un long moment l'homme qui avait apostrophé le chevalier sans que rien ne réponde à sa propre interrogation. Se reconcentrant sur les deux jeunes gens, il inclina une nouvelle fois la tête quand Almehda fit les présentations mais resta silencieux cette fois. Eli n'écoutait plus vraiment les différentes discussions plus ou moins officielles qui animaient le repas mais appréciait et profitait cette ambiance détendue. Il resta plongé dans le silence le plus total en voyant la très brève hésitation du page avant de le servir, mettant cet acte sur le compte du malaise que pouvaient ressentir certains humains en présence de thériantrophes.

La jeune femme attendit un moment avant d'entamer le sujet tant attendu du voyage. Il se pencha légèrement, soudain plus attentif concernant la conversation. Il se demandait ce que pourrait répondre le chevalier à une demande si bien formulée car la reine était convaincante. Cependant il se doutait que Tristan ne soit pas du genre à dire oui à la moindre parole de sa sœur et attendait de voir ce qu'il allait dire. Enfin l'humain prit la parole juste après que ces gestes aient montré son désaccord. Le chevalier le jaugeait du regard, le Renard se doutait bien qu'il ne laisserait pas sa sœur voyager avec un parfait inconnu en qui il ne devait avoir aucune confiance. C'était un comportement… Humain après tout. Dans la grande pièce, le silence s'était imposé pour laisser au chevalier le temps de répondre à sa reine. Dès les premières paroles, Eli fut surpris de la formalité qu'il employait avec la jeune femme puis au cours du développement, le vouvoiement céda sa place au tutoiement. Ses paroles étaient sages et censées, il avait raison de se montrer réticent et le thériantrophe l'écouta sans rien dire pour l'instant, pensif. Elirël savait que la proposition qu'il avait fait à la jeune femme pouvait paraître suspecte car elle allait ainsi se retrouver hors de portée de tout ce qu'elle pouvait connaître pour pénétrer dans un monde qui lui était inconnu. Il était normal que son frère la protège de ses risques mais ce n'était pas vraiment ce que le Renard avait prévu. Il écoutait avec attention les deux options qu'il pensait envisageable car lui aussi avait son mot à dire dans l'histoire. Il allait falloir trouver une solution qui permettrait que les deux partis tombent d'accord. Réfléchissant tranquillement aux paroles de Tristan, il se dit qu'il ne pouvait pas le laisser prendre la place de la reine car il ne lui faisait absolument pas confiance alors il ne voulait même pas penser aux réactions de son peuple si il s'en rendait compte. Le fait qu'il l'accompagne aurait pu être une solution possible mais Eli commençait à se dire que les thériantrophes du Nord n'étaient pas très enclin à recevoir des combattants humains sur leurs terres aussi facilement, surtout si la chose n'était pas prévue. Pourtant il savait qu'il ne pouvait pas refuser de manière catégorique ces options car cela n'aurait fait que renforcer la méfiance que l'humain semblait avoir envers sa personne. Il mangeait silencieusement et réfléchissait aux mots qu'il allait pouvoir employer. Une fois qu'il se sentit prêt, il posa avec lenteur les couverts sur les bords de son assiette et essuya la commissure de ses lèvres.

"Vos paroles sont censées messir Kerns, cependant je doute que la première des solutions soit véritablement envisageable pour une seule raison. Je vais donc être franc avec vous car je pense que vous avez actuellement la même opinion me concernant ; je n'ai guère confiance en vous pour le moment car je ne vous connais pas. Ce simple acte de méfiance a de forte chance de se répercuter sur mon peuple et cela ne peut qu'entraîner des tentatives de violence pour blesser les personnes qui pourront m'accompagner dans le simple but de me protéger. Or, pour avoir longuement discuté avec la reine Taränisaiï ce jour-ci, je pense que cela se déroulera de manière plus calme car je ne vois aucune raison pour que sa présence représente une menace, bien au contraire. C'est la raison pour laquelle je pense que la deuxième option que vous offrez me semble plus réalisable dans mon cas. Bien sûr ceci est mon avis personnel et j'espère surtout ne pas vous avoir offensé car je préférai me montrer clair, je n'ai rien à vous cacher."

Saisissant le verre de vin tout juste rempli, il le porta à ses lèvres avec lenteur avant de stopper son geste. L'odeur fruitée de la boisson était délicieuse mais il avait l'impression de reconnaître une odeur âcre beaucoup moins agréable. Le Renard fronça légèrement les sourcils et huma avec attention le liquide qu'il faisait légèrement tourner dans le verre. Lui qui avait l'habitude des vins les plus raffinés se demandait qui pouvait oser une chose pareille, son flair ne le trompait jamais. Il reposa le verre sur la table un peu plus violemment qu'il ne l'avait d'abord pensé ce qui eut pour effet de faire tourner quelques têtes interloquées dans sa direction. Eli posa ensuite ses mains à plat sur la table pour se forcer au calme mais on pouvait voir à ses muscles crispés qu'il adoptait une position plus tendue. Le jeune chef tremblait légèrement de colère, lui qui venait visiter Ekalesias dans un acte de paix rageait de voir qu'on essayait de le réduire au silence. Il laissa s'échapper un grondement sourd et menaçant tandis qu'il jetait un regard sombre au chevalier avant de se dire qu'il n'avait aucun rôle dans cette vaine tentative, tout comme la reine. Il serait ridicule qu'ils essaient de le tuer à présent, en plein dîner et donc en public, alors que la reine avait eu cette occasion à maintes reprises dans la journée. Se rappelant du comportement étrange du page qui l'avait servi lui ainsi que les deux jeunes gens, le grondement s'intensifia à en devenir inquiétant tandis que ses prunelles enflammées parcouraient la salle à sa recherche. Ne le trouvant pas il se concentra sur la reine et le chevalier, prenant une grande inspiration pour se calmer il murmura sur un ton qui montrait le contrôle exercé sur lui-même pour cacher toute trace d'agressivité :

"Mademoiselle Taränisaiï, Messir Kerns… Je vous saurai gré de ne pas goûter à cette boisson que l'on nous a servi quelques instants plutôt. Je crains que l'on essaie d'attenter à nos vies et je puis vous assurer que ce vin a été empoisonné."
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Sam 18 Aoû - 20:14

Comme elle s'y était un peu attendue Tristan n'était pas particulièrement enchanté à l'idée de la voir voyager dans le nord, seule. Elle ne pouvait pas le blâmer, elle-même reconnaissait volontiers que les arguments qu'il donnait était particulièrement sensés. Cependant il allait bien falloir trouver une solution, et elle ne pouvait accepter que son frère y aille à sa place, il était plein de bon sens et courtois lorsqu'il le désirait mais c'était elle, la reine. Elle devait donc représenter son pays lors de cette visite extraordinaire. Quand était-ce, la dernière fois qu'un souverain humain, un des cinq qui les avaient autrefois chassés, était venu en Lathorie pour établir, si ce n'était une paix du moins une entente véritable, entre leur peuples ? Elle n'en avait pas le souvenir. Peut-être n'avait-elle jamais eu lieu, cette visite. Mais aujourd'hui elle avait l'occasion d'accomplir réellement quelque chose... d'importance... elle ne voulait pas que sa faiblesse vienne contre-carré ses projets. On avait, toute sa vie durant, insisté pour la dorloter et la choyer, elle n'avait d'ailleurs jamais rien fait contre ou presque, il fallait bien l'admettre. Mais aujourd'hui cela lui pesait aussi, en repensant à la seconde proposition que Tristan lui avait fait, elle l'accepta intérieurement tout en se promettant de trouver des occasions pour se renforcer elle-même. Soupirant doucement elle sourit tout de même, la tendresse dans ses prunelles n'ayant pas même vaciller lorsque de cet exposé plutôt violent de la situation. Elle saisissait fort bien la méfiance de Tristan à l'égard d'Elirël, d'autant plus quand on savait que son frère vivait en Berill. Elle ne s'étonna donc pas de les voir se jauger comme le ferait deux chats, il fallait bien en passer par là si ils voulaient tous trois parvenir à s'entendre sur le long terme. Elle attendit donc la réponse du jeune chef, appréciant de le voir si éclairé et sensé. Cependant son esprit était alors accaparé par le passage en revu des individus qui pourraient servir d'intendant si Tristan l'accompagnait dans le nord.

Il y avait, en effet, Irina, la jeune chevalière déjà renommée d'Ekalesias qui avait taillé sa place dans ses conseils à la force d'un tempérament de feu. Elle était certes jeune mais avait déjà plus d'expérience qu'Almehda elle-même lorsqu'il s'agissait des autres contrées. Mais elle restait une femme et bien que championne de son pays elle aurait à se battre contre son genre pour être acceptée pleinement tout comme elle-même devait faire face à des complications chaque fois qu'une descision était prise. Et elle ne désirait pas froisser non plus ses conseillés. Elle pouvait également faire appel à Gregorist, un homme de politique, reconnu, respecter des cinq principautés, un homme qui savait s'imposer et qui savait gérer une économie. Oui, Gregorist était certainement l'homme idéal pour ce genre de besogne, mais voilà il avait déjà bien des soucis, Helios était proche de la côte, en Meniev, et les pirates y sévissaient avec une violence rare en ces temps troublés. Si on ajoutait à cela les nombreux problèmes qui échappaient aux souverains des principautés et que les cinq se chargeaient de régler... elle ne pouvait décemment l'enlever à la population alors qu'elle avait tant besoin d'un protecteur proche et accessible. Qui restait-il alors ? Elle ne pouvait faire appel à Sigfried, même si les relations étroites entre les deux régions étaient connues de tous les duchés d'Ekalesias n'accepteraient jamais de voir le souverain d'une autre nation prendre leur état sous son aile, même pour un court laps de temps. Il y avait suffisamment de tension entre duché et de rancœur à son égard sans qu'elle en rajoute davantage. Non, il ne lui restait qu'une seule solution. Nommer un des membres du conseil. Mais là encore tout n'était pas si simple. Tous ou presque pouvaient accomplir ce rôle mais aucun ou presque ne le ferait sans arrière pensée. Elle ne retenait que deux personnes, l'Amiral Hilern, qu'elle savait loyal au possible mais aussi très enclin à courir derrière le moindre pirate passant à porter pour lui passer la corde au cou. Et Emeril Flöe du duché du loup, un homme relativement âgé, aimé de tous, dont la position était stable et florissante et qui, de tous, n'avait jamais briguer le trône. Mais voilà, le duché du loup et celui du faucon avait, de tout temps, étaient des rivaux, et si Emeril ne s'inscrivait nullement dans la lignée e ses pairs concernant la traditionnelle inimité il ne restait pas moins qu'il risquait d'être influencé par d'autres membres de sa famille. Et cela c'était hors de question.

Soupirant légèrement elle revint à la réalité lorsque Elirël reposa violemment son verre sur la table. Lui décochant un regard surpris et interrogateur devant la réaction subite qu'il venait d'avoir elle comprit bien vite lorsqu'il parla de poison. Son cœur faillit raté un battement et elle agrippa d'une main le bras de Tristan, lui lançant un regard remplit d'horreur. Du poison... l'arme qui avait tué son époux. L'arme qui.... avait faillit la tuer... à cet instant. Elle, son frère, leur invité... elle avait crût faire fuir les assassins lors de la purge après la mort du roi mais il semblait qu'elle se soit bercée d'illusions. Soudain privée de souffle ses yeux parcoururent la table, à la recherche bien naïve de celui ou celle qui était responsable. Puis, se tournant vers Tristan elle lâcha, dans un faible souffle son nom, comme un appel au secoure. Elle était pétrifiée.
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Lun 20 Aoû - 21:50

Quelques instants se déroulèrent dans le silence avant qu’Elirël prenne la parole, répondant à ses propos. Il se doutait qu’il avait longuement réfléchit avant de lui fournir cette réponse, et ce dernier usait d’intelligence pour n’offusquer en aucun cas Tristan, tout en demeurant franc. Heureusement, l’une des options que le chevalier de Berill avait mentionnées semblait lui aller, même s’il décelait une pointe d’incertitude. Tristan était des plus satisfaits, accompagner sa sœur sur les territoires enneigés lui permettrait de passer un peu plus de temps à ses côtés, tout en découvrant une région qu’il ne connaissait point.

Contrairement à ce que la plupart des thériantrophes semblaient penser, sans doute à cause du passé, Dark Star était un homme plutôt ouvert d’esprit bien que naturellement méfiant envers les hommes qui croisaient la route de sa chère sœur. Le chevalier avait l’habitude de côtoyer des thériantrophes et il n’avait aucun préjugé à leur sujet, même que, il était curieux d’en apprendre un peu plus sur eux. Ainsi, s’ils devaient s’avérer à être ses ennemis, il pourrait d’autant plus cerner leurs faiblesses. Et Si Almehda décidait de faire ce voyage pour une potentielle alliance, ce serait une occasion pour lui de comprendre d’autant plus ce qu’ils avaient vécus et ainsi, rendre honneur à l’alliance qu’elle mettrait en place.

Avant que Tristan ne puisse formuler une réponse à l’invité de sa sœur, celui-ci reposa sa coupe sur la table avec une certaine violence. Il semblait bouillonner de l’intérieur et Tristan comprit rapidement que quelque chose n’allait pas. Ce dernier fronça les sourcils en se questionnant sur ce qui pouvait bien le tourmenter, constatant qu’aucun évènement récent à la table des invités n’ait pu l’offusquer d’une quelconque manière… Elirël prit la parole de manière assez passive et contrôlée, ce qui fut surprenant avec ce qu’il venait de leur annoncer. Il sentit la main de sa sœur agripper son bras dans une terreur qu’il devinait assez facilement.

Le chevalier se leva d’un bond, et d’un naturel, il ordonna qu’on verrouille toutes les portes du palais, que personne ne sorte ou n’entre. C’était une question de sécurité et il se doutait que sa sœur ne lui en voudrait pas de prendre de telles mesures. Ils devaient mettre la main sur le ou les responsables avant qu’un incident arrive. Le peuple d’Ekalesias avait déjà perdu un roi, ils ne pouvaient perdre leur reine.

« Le repas est interrompu. Personne ne touche à quoi que ce soit avant qu'on ne leur donne l’autorisation. »

Il se retourna ensuite vers sa sœur et pouvait lire dans son regard qu’elle était pétrifiée, ne sachant surement pas comment réagir à une telle situation. Si on avait tenté de l’empoisonnée, peut-être que le meurtrier choisirait un autre moyen pour arriver à ses fins lorsqu’il constaterait qu’il avait failli à sa tâche.

« Almehda… Je crois qu’il serait judicieux que je garde un œil sur toi jusqu’à ce que nous trouvions le coupable. Il doit bien être encore dans le palais!» Il se retourna vers Elirël « Je vous remercie. Grâce à votre flair, notre reine est saine et sauve. Je suis navré qu’un traître ait osé porter atteinte à votre vie. »

Les gardes s’étaient déjà précipités depuis longtemps pour verrouiller toutes les portes et s’assurer d’une sécurité maximale… L’assassin était forcément prisonnier du palais à présent et ils feraient tout en leur pouvoir pour le démasquer.

« Aurais-tu des doutes à formuler sur un potentiel coupable ma sœur? »
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Chef du Clan du Nord, tribu d'Esmerin
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Jeu 23 Aoû - 9:25

La réaction de la reine et le chevalier ne tarda pas et Elirël fut surpris de voir le regard de la jeune femme se remplir d'horreur en s'accrochant au bras de son frère. Mais après les rumeurs qu'il avait entendu sur le roi défunt à son arrivée, cela ne l'étonna pas davantage. Un instant, un très court instant, son esprit divagua et l'image de Amändir lui apparut comme dans un rêve. Son visage pâle à cause de la fatigue, cette lueur de vie disparaissant de son regard… Le poison, une arme dangereuse qu'il était possible d'utiliser à outrance. Quasiment indétectable. Les mesures qu'il allait devoir prendre une fois de retour en Lathorie devraient être drastiques pour éviter de renouveler la chose car les thériantrophes connaissaient leurs capacités. Ainsi il allait être difficile pour lui de pouvoir détecter un poison venant de l'un d'eux, même l'ancien chef d'Esmerin n'en avait pas été capable et cela lui avait coûté beaucoup. Intérieurement, Eli était soulagé d'avoir réagi à cet effluve étrange car cela lui avait sauvé la vie ainsi qu'aux deux jeunes gens. Cela aurait ainsi pu éviter de nouvelles tensions entre la Lathorie et Ekalesias, d'ailleurs le Renard commençait à se dire que cette vaine tentative allait pouvoir instaurer plus rapidement qu'il ne le pensait une confiance mutuelle. C'était plutôt une bonne chose finalement. Ses prunelles d'ambre se posèrent sur la jeune femme qui semblait chercher du regard la personne qui aurait pu être responsable, la panique était bien visible dans son regard émeraude.

Elirël se força à ne pas bouger de son siège lorsque Tristan se leva pour donner ses ordres sur un ton presque trop naturel pour paraître normal. C'était une bonne initiative que de demander à faire fermer les portes du palais pourtant l'idée de se savoir ainsi enfermé dans ses lieux lui était tout de même désagréable. Pourtant il se força à rester le plus silencieux possible alors que les gens autour d'eux commençaient à s'agiter pour retrouver le coupable avant qu'un autre incident beaucoup plus grave n'arrive. Comme il s'en doutait, le repas était interrompu. Après tout, peut-être que le vin n'était pas la seule chose d'empoisonnée alors mieux valait se montrer prudent et rien que cette idée lui coupait tout bonnement l'appétit. Croisant ses bras sur son torse en prenant une profonde inspiration, le thériantrophe finit par se lever à son tour, ne pouvant plus tenir en place sur sa chaise avec les évènements qui venaient de se passer. Il jeta un coup d'œil curieux à la scène qu'offraient Tristan et Almehda, l'un essayant de rassurer l'autre au possible. Le Renard ne se sentait presque de trop dans cette situation car il ne savait guère quoi faire, n'étant pas sur ses terres il n'avait après tout aucune autorité. Malgré tout chacun de ses muscles était tendu prêt à réagir au moindre signe de violence envers sa personne. Le chevalier se tourna dans sa direction pour le remercier et Eli hocha la tête par politesse en tiquant légèrement au terme employé pour désigner son odorat mais ne dit rien dessus.

"Je suis également rassuré que rien de grave n'ait pu se produire car cela n'aurait fait que renforcer les tensions visibles entre les humains et les thériantrophes, celles-là même que nous tentons de faire s'apaiser."

Ainsi il avait parlé de traitres… C'était intéressant de savoir que ce royaume était en aussi mauvaise posture que Meniev. La reine ne s'était pas trompée le moins du monde en lui assurant que le Kandor ne brillait plus à son sommet. C'était peut-être une chance pour le clan du Nord de se faire une place véritable dans ce monde. Lorsqu'il demanda à la jeune femme si celle-ci avait des idées concernant le coupable, le visage du page qui les avait servi se dessina dans son esprit pourtant il ne dit rien de plus à ce sujet, laissant la reine répondre, trop plongé dans ses pensées. Il regardait autour de lui, de nouveau malaise de toute cette agitation. Passant une main dans sa crinière rousse qui lui tombait sur les yeux, il en profita pour détailler plus attentivement l'humain qui lui rappelait ce capitaine pirate. Essayant de se montrer discret, il finit par se dire qu'il ressemblait beaucoup trop à Arrenadd pour que cela soit une simple coïncidence pourtant l'idée que cet homme soit de la même famille de ce dernier était tout bonnement inimaginable et il préférait ne pas imaginer ce qui pourrait se passer si son pacte avec le Silence était découvert. Secouant imperceptiblement la tête pour chasser ses idées de son esprit bouillonnant, il s'approcha de la reine qui était toujours en compagnie de son frère. Eli avait l'impression que le visage de la jeune femme avait pâli tant la peur était lisible dans ses yeux.

"Mademoiselle Taranisaiï… Vous allez bien? Avez-vous besoin de quelque chose?"

Il finit par se tourner et faire face à Tristan, ses prunelles dorées montraient tout le sérieux qu'il portait à cette affaire. Après tout, il n'aimait pas vraiment savoir qu'un humain ait tenté de l'assassiner lâchement, même s'il n'était en premier lieu pas visé.

"Puis-je vous proposer mon aide? Je dois avouer qu'il est difficile pour moi de rester… Inactif dans une situation telle."
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Jeu 30 Aoû - 17:28

Son cœur battait la chamade, elle mit un moment à remettre ses esprits en ordre et s'accrocha encore davantage à Tristan. Heureusement qu'il était là pour prendre les mesures nécessaires, elle, elle n'aurait pas été capable de quoi que ce soit si elle avait été seule. La peur de la mort était intense, la peur d'être vulnérable, à découvert, d'être tuée au milieu de ceux sensés la protéger. Elle laissa Tristan faire fermer le palais et sursauta lorsqu'on lui adressa la parole. Mal à l'aise et apeurée, elle se força à trouver des mots pour leur répondre d'une voix blanche.

« Je... je vais bien. Le page... celui qui a servit le vin... c'est sûrement lui »

Elle ne voyait personne d'autre en mesure de faire cela. C'était le page qui avait accès à leur coupe, lui qui versait, lui qui avait aussi servit les plats. Pourquoi l'assassiner ? C'était certainement les mêmes tueurs qui s'en étaient prit à son époux, et ils revenaient pour elle à présent. C'était terrifiant. Mais au moins elle savait de qui il s'agissait. Elle imaginait le palais, grouillant d'assassins, tapient dans les coins, prêts à la supprimer. Un frisson de terreur la parcourut et elle se releva subitement. Un regard de ses yeux verts parcourut l'assemblée. Kÿsham se leva et la rejoignit en hâte, restant près d'elle.

« Je... je vais me retirer dans mes appartements. Ce sera plus sûre »

Elle voulait être seule, seule avec son frère, Kÿsham et Elirël, elle n'aurait confiance en personne d'autre dans un moment aussi dramatique. Qui sait si ceux présents n'étaient pas des membres du complot qui la visait, elle et tout les autres. Contournant la table le plus loin possible des autres, une fois à l'extérieur elle emprunta un passage aménagé pour le seul couple royal et s'enferma ensuite dans ses appartements...
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Jeu 6 Sep - 22:12

Malgré la situation, le chevalier de Berill inspirait plus de calme que quiconque se trouvait dans cette pièce. Il avait l’habitude de régler des affaires de meurtre, habitant dans la contrée la plus réputée pour ses assassins. Ainsi donc, il avait cette méthode de travail assez efficace quand il s’agissait de trouver un coupable, bien que cette fois, outre le page, personne ne lui paraissait suspect. Le Thériantrophe proposa son aide, mais avant que le chevalier ne puisse prendre la parole, la Reine parla d’une voix aussi pâle que son visage et visiblement, elle était mal à l’aise face à cette situation. Son frère était tiraillé par son désir de prendre soin de sa Almehda et son rôle de protecteur, de chevalier qu’il devait assumer. Il aurait voulu la prendre dans ses bras et l’emmener loin de tout danger, là où elle pourrait se sentir bien, mais ce n’était pas possible pour le moment, il fallait agir.

Quand elle annonça qu’elle voulait se rendre dans ses appartements, Tristan fronça les sourcils en direction des gardes présents.

« Trouvez le page, enfermez-le et prévenez moi lorsque ce sera fait. S’il y a un traître parmi vous, je vous jure qu’il regretta d’être venu au monde. » Tonna-t-il d’une voix autoritaire et sombre.

Sur ces mots, il passa un de ses bras autour de la taille de sa sœur et la conduisit, dans le silence, jusqu’à ses appartements. Une fois qu’ils furent à l’intérieur, Tristan inspecta les lieux de façon systématique pour s’assurer que personne ne s’y cachait, puis revint face à Almehda qui devait trembler de peur.

« Ne t’en fait pas, Almehda, nous le trouverons. Nous le ferons parler. Tu es en sécurité ici. Dit moi s’il y a des hommes de ta garde en qui tu as confiance qui pourraient s’assurer qu’aucun traître ne se trouvent dans le palais, ni dans l’armée d’ailleurs. »

Le chevalier se retourna et constata qu’Elirël et Kÿsham les avait suivit. Il jeta un œil à la reine et comprit qu’elle était à l’aise avec leur présence dans ses appartements. Tristan posa son regard un peu plus amical sur le thériantrophe et poursuivit :

« Vous pouvez veiller sur elle. Vous, et Kÿsham. » Dit-il en considérant la confiance que sa sœur semblait porter en ces deux êtres. « Je ne vois pas ce que vous pourriez faire d’autre, Elirël. » En effet, ne faisant pas partie de la routine quotidienne de la reine, il ne pouvait pas faire grand chose pour l’aider.

À bien y penser, peut-être que ce voyage en territoires du nord tomberait à point, car en étant éloignée de son royaume, elle serait éloignée aussi des tentatives d’assassinat.
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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Sam 15 Sep - 16:06

Ses prunelles d'ambre passaient avec lenteur sur chaque personne présente, la curiosité et la méfiance étant clairement visible dans son regard alors qu'il se sentait mal-à-l'aise au milieu de toute cette agitation. Il avait l'impression d'être en plein cœur d'une fourmilière sans avoir la moindre utilité et Eli détestait tout simplement cela. Il surveillait toute personne s'approchant de lui tandis qu'il se forçait à se détendre après avoir remarqué ses poings inconsciemment serrés à en faire blanchir les phalanges. Il était surpris de voir avec quelle facilité le chevalier gardait un calme olympien face à tout ce qui se passait alors que la reine continuait de s'accrocher à lui, la peur se lisant toujours aussi clairement dans son regard émeraude. La jeune femme semblait réussir peu à peu à reprendre ses esprits mais sursauta lorsqu'on s'adressa à elle. Elirël ne s'était pas trompé et le page était le coupable aux yeux de tous de par son comportement suspect et le chevalier demanda immédiatement que celui-ci soit trouvé et enfermé. Tristan allait être intransigeant face à l'assassin et à tous les traîtres parmi les rangs d'Ekalsias, ce qui était fort compréhensible. Le Renard finissait par se dire que le Kandor devait vraiment être fragilisé pour que certains tentent d'assassiner Almehda qui semblait pourtant correctement tenir son rôle. Les grands dirigeants humains semblaient tomber les uns après les autres et peut-être qu'une chose telle pourrait lui servir, un de ces jours, mais il ne fallait pas qu'il se concentre sur cela. Il s'approcha un peu d'elle quand elle se releva mais l'arrivée rapide d'un autre le fit se reculer avec une légère précipitation. L'odeur qu'il dégageait ne pouvait pas le tromper, c'était le léopard du Sud qu'il avait en face de lui pourtant il se força à ne pas réagir à ses instincts premiers.

La reine déclara qu'elle allait rejoindre ses appartements mais Eli ne bougea pas de suite, restant alerte aux réactions des autres pour savoir ce qu'il allait faire. Evidemment, la réaction était légitime et c'était ainsi plus sûr pour elle de rejoindre ses quartiers, quitter ce lieu pour se mettre à l'abri de l'assassin. Il ne la quitta pas des yeux quand elle contourna la table alors que son frère passait un bras autour de sa taille comme pour la contenir et jeta un regard inquisiteur à l'autre thériantrophe avant de suivre à son tour le petit groupe dans le passage avant de regarder avec attentions les appartements de la jeune femme tandis que le chevalier inspectait le tout. Instinctivement il huma légèrement comme pour vérifier qu'aucune autre odeur ne vienne interférer avec celles des personnes présentes avant de se concentrer sur le chevalier qui le regardait de manière moins méfiante que lors du repas. Il comprit alors que l'humain lui faisait à son tour confiance car cela ne pouvait que l'arranger pour la suite des évènements. Prenant appui sur un mur il ferma un court instant les yeux pour réfléchir et pris enfin la parole en regardant le chevalier puis la reine.

"Bien sûr je le comprends parfaitement, je ne sais de plus pas quelle aide je pourrai vous apporter ne connaissant en rien ces lieux et donc je veillerai sur la reine en compagnie de… Kÿsham." Il marqua une petite pause et soupira. "Je suppose que notre discussion s'arrête là pour ce soir malheureusement." Il jeta un regard à la reine, se demandant ce qui allait se passer jusqu'à ce que le page soit arrêté car il n'aimait pas se sentir enfermé dans un lieu qui ne lui était pas commun. Il se tourna vers Tristan. "Allez-vous rester en ces lieux ou bien allez-vous participer à cette… 'Chasse' à l'assassin?"



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MessageSujet: Re: Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]   Dim 21 Oct - 12:37

La jeune femme, une fois dans la sécurité de ses appartements, se détendit quelques peu, mais juste assez pour pouvoir répondre avec raison aux demandes de Tristan. Une fois cela fait elle se laissa tomber dans un fauteuil et y demeura un long moment en compagnie du guépard qui, justement, ne participerait pas à la chasse. C'était une chose que de conclure une alliance, s'en était une autre que de laisser sa reine en compagnie du renard, seule, et sans défense, alors qu'un assassin rôdait dans la nature. La nuit fut très éprouvante, mais, lorsque le matin arriva, l'espion avait parlé et le palais était sécurisé. La jeune reine passa tout de même la journée enfermée, craignant de sortir. Le reste des discussions s'effectua donc à huit clot, dans l'appartement royale


[Hrp : Sujet clot, le manque d'inspi après tout ce temps ^^" j'ai essayer de sauver les meubles ]
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Là où les chemins se croisent [PV Almehda] [Terminé]

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