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 Heïsera Hedwen [terminé]

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MessageSujet: Heïsera Hedwen [terminé]   Sam 30 Juin - 14:13



Présentez-vous

Prénom & Nom: Heïsera Hedwen
Sexe: feminin
Âge: 24 ans
Race: Thériantrophe - totem chouette effraie ici
Groupe: clan du Sud
Rang: Prêtresse de la Lune Bleue
Métier: Messagère


Description physique



“Ma sœur est comme une poupée de porcelaine laissait au bord d’un chemin. Au premier abord, elle semble être une femme froide et hautaine : ses traits durs et ses yeux sombres ne faisant d’ailleurs qu’accentuer cette apparence glaciale. Heureusement ses longs cheveux argentés flottant avec grâce dans l’air d’Edar adoucissent son visage et apportent une certaine élégance digne de son animal totem. La blancheur laiteuse de sa peau témoigne parfaitement de son appartenance au thériantrophe du type chouette effraie. Ces yeux de couleurs brunes semblent percer les âmes des simplets et lui donnent un côté mystérieux non négligeable. De plus, son corps incroyablement frêle, sa musculature quelque peu dessinée par les épreuves et les cicatrices qui jonchent l’ensemble de sa peau amène une touche sauvage appréciée par de nombreux individus de sa race. Son sourire dévoile une bouche pulpeuse et des dents bien alignées qui parfait son rôle d’oratrice. Son visage ovale et symétrique caractérisé par de petits yeux perçant lui apporte un charisme hors du commun. En d’autre termes, Heïsera est une personne marquée par les années et cependant agréable à regarder. La demoiselle porte toujours deux petites sacoches : la première avec le message qu’elle doit transmettre et la seconde avec des parchemins, des plumes et quelques couteaux. Ces couteaux lui servant à confectionner des arcs pour pouvoir chasser et se nourrir au cours de ses missions. Elle est le plus souvent habillée d’un sous-pull à col roulé rouge et d’une petite armure en métal pour se protéger de ses nombreux ennemis. Elle porte souvent un corsaire noir issu de l’uniforme des messagers qui lui confèrent la possibilité de bouger aisément. Ses mains et ses bras sont cachées derrière des gants en velours pour cacher de nombreuses brulures. Elle porte aussi des bottes de marches en cuir. »
Elliot Hedwen, petit frêre d’Heïsera


Description psychologique




Ami et collègue messager,

Je vous fais parvenir une lettre indiquant mon enthousiasme quant à l’élève Heïsera Hedwen.

Bien qu’au premier regard, elle vous semblera froide et hautaine, la demoiselle est une personne raffinée, éloquente et charismatique. Ses yeux sombres et perçants ont déjà conquis de nombreux cœurs grâce à leur aspect mystérieux et joueur. Son sourire omniprésent amène à la sympathie cependant ne vous y fiez pas trop, vous ne pourrez pas être proche d’elle.
La demoiselle est une personne très autonome voir même solitaire, cependant cela ne gâche point du tout son talent d’oratrice. En effet, le son cristallin de sa voix, la finesse de ses mots qu’elles ajustent avec sagesses dans ses phrases emballent les esprits les plus durs. Elle connaît la portée que peuvent avoir les paroles : d’ailleurs son efficacité et sa perspicacité ont été maintes fois révélé dans des domaines telles que la littérature, la politique ou encore l’histoire du monde. Elle est aussi très minutieuse et patiente dans ses recherches et son travail est fait avec un sens du détail hors du commun.

Cependant toutes personnes à ses défauts et les siens peuvent parfois la rendre détestable : la jeune thériantrophe est quelqu’un qui semble parfois remplit d’amertume et de tristesse. Bien qu’elle puisse rester très professionnelle devant les étrangers et les habitants, il paraîtrait qu’elle ait un cynisme trompeur. De plus, elle haïrait l’impuissance, je me rappelle d’une phrase qu’elle aurait dit, il y a fort longtemps et qui à mes yeux, résume parfaitement sa désillusion : « l’homme est un monstre absurde qui croit que par sa seule intelligence et par une dose surnaturelle de mystère flottant sur ses sens médiocres et imparfaits, il peut pallier à à l’impuissance de ces organes et la force du temps qui s’écoule doucement. Observez mon ami et comprenez qu’il existe deux sortes d’individus dans ce monde : il y a les monstres à qui répugne leur propre saleté, mais qui ne s'en écartent pas, retenus par le même sentiment, poussé à l'extrême, qui fait que l'homme épouvanté ne fuit pas le danger. Puis il y a les monstres du destin, comme moi, qui ne s'écartent pas de la banalité de leur vie quotidienne en raison même de l'attrait exercé par leur propre impuissance. Ce sont des oiseaux fascinés par l'absence du serpent ; des mouches qui restent collées à un tronc d'arbre sans rien voir, jusqu'au moment où elles arrivent à la portée visqueuse de la langue du caméléon.» Comme elle l’a elle-même exprimé, son détachement est profond voir même exacerbé, on ne peut l’apprivoiser.

Choisissez-là mes amis, vous ne le regretterez pas

Cordialement,

Alissë Ornomew




Histoire





Les astres de la nuit étaient encore haut dans le ciel quand un hibou aux ailes brunes toucha terre. Il semblait mal en point, son regard se vidait, ses cris s’affaiblissaient doucement, il sombrait. Il s’écroula sur le sol comme une pierre et dans un dernier souffle de courage, il se transforma en un bel homme aux yeux sombres. Désormais allongé sur le sol, des larmes salées perlaient de ses yeux et coulaient inexorablement le long de ses joues bien dessinées. Le cauchemar qui avait empoisonné son esprit durant tant d’années devenait une réalité : il ne pourrait plus jamais la toucher. Il se remémora son enfance et ressentit dans les abysses de son âme tourmentée un sentiment glacial : l’impuissance. Il se rappela d’abord de sa mère, délicate et fragile qui avait succombé à la morbidité de la vie. Puis il pensa à son père qui avait lutté avec acharnement pour la survie de ses fils et qui avait plié devant l’animosité funeste d’un vieux fou. Mais surtout, il se souvint d’Heïsera, sa belle et douce sœur qui avait réussi à survivre face à la cruauté de la vie.

Un spasme parcouru son corps, du sang jaillit de sa bouche, la boisson vénéneuse accomplissait sa besogne. Il refusa de partir ainsi, de fuir ce monde sans laisser une trace ou un message à sa sœur et à son frère. Il prit le parchemin et la plume qu’il avait glissé dans son bec au cours du voyage et écrivit d’une main tremblante la dernière lettre de sa vie.

« Ma douce sœur,
Je ne sais pas si tu pourras un jour lire ce billet mais je t’en conjure, pardonne-moi, pardonne-moi de ne jamais pouvoir te revenir. Le clan des pirates a eu vent du message et a empoisonné ma boisson pour me faire taire.
Oh Heïsera, mon cœur défaillit devant l’absurdité de la vie et les désillusions de nos existences. Je sens mon âme s’éteindre et cependant tu ne cesses de hanter mon esprit.

Je me rappelle de notre rencontre sur l’île d’Endar. J’étais encore jeune, 16 ans je crois, je piétinais le sol en maudissant mes parents d’avoir osé m’ordonner de sortir par un temps pareil. Je bousculais de nombreux Thériantrophes en maugréant quelque plainte quand ton rire cristallin éveilla mes sens et m’obligea à scruter l’horizon pour trouver sa source. Je n’ai jamais pu te le dire mais tu m’as subjugués : ta simplicité mêlée à ta joie de vivre a percé mon cœur d’enfant. Tu étais frêle, pied nus et vêtue d’une robe sale et déchirée, ton visage était parsemé de multiples blessures et traces de boues cependant cela t’importait peu, tu regardais le ciel en souriant et en dansant joyeusement. Ta beauté éclatante défiant les fous et les curieux, tu éclairais le marché et anéantissais la mauvaise humeur des passants. Hélas tu étais très jeune à ce moment-là, 14 ans il me semble, et ton père adoptif te poursuivait comme un gibier de choix. Je me souviens encore de ta face blême et apeurée en apercevant le gros sanglier blanc qui chargeait dans ta direction. Tu restas totalement immobile devant cette apparition, tu savais surement qu’il ne servait plus à rien de fuir. Tu cherchas assistance sans prononcer le moindre mot et tu me vis. Je ne sais pas ce que tu as pensé mais tu restas quelques temps à me contempler.

Puis le sanglier devint un gros homme barbu à la mine sévère et dangereuse. Il te gifla violemment et ton petit corps d’enfant heurta violemment le sol. Il te traina comme un objet en dehors de la ville malgré mes protestations. Je ne te vis plus pendant trois ans.
»

Le jeune homme se remémora les années de recherches qu’il avait entreprises, inspectant les moindres recoins de l’île, guettant l’arrivée des multiples équipages avec l’infime espoir de l’apercevoir. Cependant ce fut vain et c’est par un froid jour d’hiver qu’il la revit sans la reconnaître. Alors qu’il flânait entre les arbres de la forêt, apprenant à son petit frère Elliot à créer des boules de neige, il aperçut une chouette effraie déboussolée et épuisée. Ses ailes ne semblaient plus vouloir la porter, elle s’était effondrée sur le sol de glace. Le jeune homme retint son frère qui accourait auprès d’elle et lui chuchota quelques mots à l’oreille avant de le faire assoir à côté de lui tout en fixant l’animal. Le temps fit son œuvre et les trois individus restèrent assis là pendant de nombreuses heures à se regarder d’un œil curieux. La chouette, rassurée de voir des personnes compréhensives et inoffensives, s’endormit dans la neige. Le jeune homme et son petit frère en profitèrent pour l’attraper et la ramenèrent chez eux avec précaution.

Des jours passèrent et la chouette effraie ne se réveillait pas, il semblait qu’elle n’avait pas dormi pendant de très longues années. Le jeune homme et son petit frère l’avaient cachée à leur père et l’avait soignée du mieux qu’ils le pouvaient. Le jour vint ou elle se réveilla seule dans un petit nid aménagé à l’intérieur de l’habitation des garçons. Paniquée par cet environnement inconnu, elle vola en tous sens, arrachant quelques toiles des murs, brisant les objets en verre, tout en recherchant un moyen de s’échapper. Finalement les deux garçons entrèrent et tentèrent de la calmer avec des mots doux. La petite les reconnus et se posa sur une poutre, les yeux méfiants, le regard perçant les deux garçons. Heureusement Elliot eut les mots qu’il faut et la belle accepta de se poser sur lui. Les trois compagnons devinrent alors amis. Heïsera cacha pendant quelques temps sa forme humaine, de peur que les deux thériantrophe la détestent. Elle resta à leurs côtés appréciant leur compagnie au détriment d’Anator, le père des jeunes hommes.

Une semaine plus tard, alors qu’Edgar allait chercher son petit frère Elliot à son école, il fut agressé par un groupe de malfrats ayant soif de butin. La chouette, l’ayant suivi, s’envola vers le père du jeune homme et cria au désespoir de bien vouloir l’aider. Celui-ci ne comprenant pas les gestes imperceptibles de la chouette, celle-ci se transforma en humaine, accepta le manteau d’Anator et le pressa de venir en aide à son fils. Finalement le vieil homme la suivit et repoussa les malfrats à l’aide de la jeune fille. Cependant, le chef, un homme chauve-souris, attaqua la jeune fille dans un élan de rage et la blessa superficiellement à l’épaule. Une fois le tumulte passé, le père des deux garçons leur présenta leur sauveuse. Edgar écarquilla les yeux de surprise en voyant la jeune femme qu’il avait souhaité revoir depuis tant d’années. Cependant les deux frères comprirent qu’elle était la chouette effraie, Elliot la serra dans ses bras avec joie tandis qu’Edgar reculait d’un pas quelque peu étourdi par la nouvelle. La jeune femme, soulagée d’avoir été acceptée, s’effondra sur le sol, épuisée par sa transformation. Anator ramena la belle chez lui et la soigna avec toute l’attention que pouvait avoir un père pour sa fille.

Le lendemain à son réveil, la jeune femme fut étonnée de voir à son chevet les deux frères et leur père, endormis. Elle toucha les cheveux d’Elliot qui se réveilla immédiatement et hurla de joie de la voir réveillée et en bonne santé. Quelques temps passèrent avant qu’Anator se décide enfin à questionner la demoiselle sur ses origines et son passé.

Edgar se souviendra toujours du passé de la jeune fille, il se rappelait même parfaitement de l’air grave qu’elle avait affiché en apprenant qu’elle devait s’expliquer. Cependant elle ne broncha pas et sourit même avec sympathie avant de commencer à conter sa terrible histoire.

Elle était née en 670, dans la jungle d’Ekala, dans une petite maison proche de la mer. Son père, Hadwin Hedwen, était un membre du clan du sud qui avait décidé de vivre reclus dans la jungle pour pouvoir étancher sa soif de nature et de bien-être. Il avait été marié très jeune par arrangement à une de ses cousines car son clan périssait d’année en année de ne plus avoir de descendance. Sa femme aurait péri lors de la naissance de Heïsera. Il l’avait éduquée à l’image de son peuple et avec tout son amour, la nourrissant de lait mélangé à du sang de son animal totem, lui inculquant la sagesse, l’écriture, la lecture, l’importance des mots et l’écoute du monde sauvage.

A l’âge de 9 ans, il commença à lui apprendre les rudiments de la chasse, de la pêche et surtout à contrôler son animal totem choisi dès sa naissance, la chouette effraie. Cependant en 672, à l’aube du 7ème mois, un événement tragique vint détruire le quotidien tranquille de la demoiselle. Son père, bien qu’il se clamait écrivain, était surtout chroniqueur dans un journal assez réputé. Un mois avant, il avait dénoncé un complot juteux d’un groupe de malfrats très violents et avait réussi à faire enfermer leur chef. Hélas pour lui, ses hommes réclamant vengeance le retrouvèrent et le pendirent devant sa maison alors que la jeune demoiselle était partie jouer avec sa chouette. Quand elle revint le soir, il n’y avait personne, sa maison était vide et son père était accroché à une corde, le visage ensanglanté, les yeux paralysés par la mort, dans la peur et la douleur. Elle pleura beaucoup et tenta maintes et maintes fois de le décrocher de sa corde funeste mais elle était trop petite, trop frêle et son animal ne pouvait pas ronger la corde sans mourir de fatigue.

Alors la demoiselle décida pour la première fois de sa vie de se battre : elle sécha ses larmes, fermement décidée à sortir le cadavre volant de ses chaînes et entreprit un entrainement sauvage. Elle s’améliora dans les domaines de la chasse et de la pêche grâce à sa chouette. Elle apprit ainsi à flairer les pistes du gibier, repérer ses proies, patienter pour attendre le moment parfait où elle pourrait les attaquer. Elle commença à manier des couteaux de cuisine qu’il y avait chez elle, elle confectionna des arcs et des flèches, écrivant avec soin sur un cahier les différents moyens de les améliorer et de les rendre plus efficaces. Sa chouette lui inculqua la méditation pour qu’elle puisse un jour maîtriser une transformation totale en son animal totem. Finalement un soir, elle décrocha le squelette qui avait été son père à l’aide d’une flèche et l’enterra dignement derrière sa maison.

Pendant quatre longues années, elle apprit ainsi à se battre, à anticiper les dangers et à survivre. Il lui sembla d’ailleurs un certain nombre de fois apercevoir son père, près d’un arbre, la regardant avec une once de fierté mais elle n’en avait pas peur, les ancêtres sont là pour protéger et guider les générations suivantes…

Cependant toutes les choses ont une fin et, hélas pour la jeune demoiselle, cela ne signifie pas toujours un bon changement. Un soir qu’elle rentrait chez elle, elle vit une lumière à l’intérieur de son logis. Elle inspecta les lieux et découvrit un vieux monsieur endormi sur une table. Elle fit alors irruption dans la maison et le somma de partir, mais celui-ci refusa et décida même de faire de ce lieu sa maison. Pour amadouer la petite, il fut dans un premier temps très gentil, lui apportant de maigres victuailles, lui apprenant qu’il était un thériantrophe du clan du Nord, que son animal totem était un sanglier blanc, etc… Plus tard, il lui demanda à quel groupe elle appartenait et elle répondit timidement qu’elle venait du clan du nord pour ne pas perdre ce nouvel ami qui lui semblait si proche. C’est à ce moment-là qu’il lui raconta sa haine profonde envers le clan du Sud, qui avait osé accepter leur malédiction et s’en repaitre si facilement. Il les traita de monstre, vociférant des insultes illogiques, poussant sa colère à un point proche de la folie. Heïsera se félicita intérieurement de ne pas lui avoir révélé ses origines mais elle n’aurait jamais pu deviner à quel point cela avait son importance pour le vieil homme. Et en 677, par un bel après-midi printanier, il découvrit des documents qui appartenaient au père de la demoiselle et qui attestaient explicitement de son appartenance au clan du Sud. Le vieux monsieur devint alors complètement incontrôlable, il attrapa la petite et la frappa violemment, la balança de tous côtés dans la maison puis finit par la séquestrer dans le sous-sol de l’habitation. La petite y vécut 5 mois, sans jamais pouvoir voir la lumière du jour et supportant les différentes insultes de l’homme. Finalement, au bout du cinquième mois, la demoiselle parvint à l’assommer et s’en alla le plus rapidement possible hors de la maison. Elle courut longtemps, inspectant la jungle et la plage avec minutie et appréciant la douceur du vent sur son visage amaigri par la faim. Finalement elle trouva une embarcation et réussit à s’y cacher discrètement, elle découvrit alors l’île d’Edar et rencontra pour la première fois le jeune Edgar.

Ensuite le vieil homme la retrouva et la ramena non pas dans son ancienne maison, mais dans le clan du Nord. Il décida alors d’en faire sa fille et l’obligea à apprendre les traditions et les coutumes des hommes du Nord. La demoiselle n’eut pas d’autre choix que de suivre ses instructions qu’elle trouvait révoltantes pendant trois longues années. Cependant grâce à cela, elle apprit à mieux parler, à discourir parfaitement et à analyser les autres races. Elle s’entraina souvent en cachette à contrôler son animal totem et réussit enfin sa transformation totale à l’aube de son 17ème anniversaire. Là, hélas, le vieil homme la repéra et tenta de la tuer dans un élan de colère plus qu’exagéré. La demoiselle s’envola alors dans le ciel et plana de nombreuses heures avant de tomber sur le sol totalement exténuée. C’est en ce lieu qu’elle retrouva Edgar.

Les trois hommes furent abasourdis : une enfance pareille n’était pas commune. Ils la contemplèrent, tiraillés entre la compassion et l’envie de la protéger. Le père des deux fils s’en alla sans rien dire pour méditer sur ces révélations tandis que les garçons la réconfortèrent et lui promirent de ne jamais l’abandonner. Le lendemain, le père entra dans la chambre de l’alitée et ordonna à ses fils de sortir. La discussion fut suffisamment longue pour que les deux garçons, trépignant d’impatience quant à la décision de leur père, s’endorment comme des souches devant la porte. Finalement il fut convenu que la jeune femme habiterait chez eux et grandirait avec eux. Le père des deux garçons se battit courageusement pour obtenir la garde de la petite et réussit à force de parole et de compromis à l’avoir à sa charge dans un procès plus que juste. Cependant, il fut interdit de séjour dans le clan du Nord sous peine de mort et le vieil homme au visage colérique jura de se venger de cette infamie.

Le jeune homme sortit de ses pensées à cause d’une quinte de toux effroyablement bruyante. Il se retourna et continua sa lettre allongé sur le ventre.

« Je me souviens aussi des cinq années que nous avons passé ensemble. Chaque jour, tu t’embellissais telle une rose blanche sauvage aspergée par la rosée du matin. Les thériantrophes les plus farouches te tournaient autour comme des mouches, te proposant des rendez-vous galants, t’offrant de nombreux bouquets de fleurs sauvages mais tu refusais toujours, préférant jouer avec moi et mon petit frère Elliot. J’adorais nos moments passés tous les trois mais je préférais largement nos petits tête à tête. Ma douce Heïsera, plus je passais du temps à tes côtés et plus mon amour pour toi grandissait férocement. Je souhaitais tellement te protéger de tout et de tout le monde. Toi, si belle, si fragile et si forte à la fois, tu étais la lumière de mon existence et le fléau de mon cœur. Les mois passèrent, je devins de plus en plus sec et distant avec toi qui semblait terriblement blessé par ce changement d’attitude. Pardonne-moi de cela, je ne pouvais me résoudre à t’aimer, toi, qui étais désormais ma douce petite sœur. Je remarquai alors que tu te rapprochais de mon père et de mon frère : tu aidais dans ses besognes, discutais avec lui de choses et d’autre puis tu allais jouer avec mon petit frère âgé alors de neuf ans. Tu semblais beaucoup les aimer, à leur grande joie, et tu ne cessais de le démontrer en leur offrant de multiples présents. Quelques semaines s’écoulèrent encore et nous entrâmes tous deux dans la très prestigieuse formation des messagers.

Là, tes talents d’oratrice furent tellement appréciés que certains professeurs conseillèrent à la grande institution du clan de t’accepter comme prêtresse de la lune bleue et t’entrainèrent pendant une longue période à sourire solennellement et à cacher ce regard de haine que tu affichais parfois sans le désirer.

Finalement tu réussis ton entretien et c’est en 681 que tu devins une prêtresse de la lune bleue. Je n’ai jamais osé te l’exprimer mais j’étais terriblement fière de toi. Pour la première et dernière fois de ma vie, j’ai vu mon père pleurer de joie. Merci pour cela mon bel ange, merci.

Hélas l’homme sanglier qui avait promis vengeance accomplit son terrible châtiment et brula mon père vif au milieu de la place de la ville d’Endar alors qu’il rentrait de la chasse. Je me rappellerais toujours des flammes consumant mon pauvre père qui hurlait de douleur et de désespoir, ainsi que de toi, courant jusqu’à lui et essayant de le sauver en le couvrant d’un drap avec tes petites mains frêles. Tu réussis à arrêter le feu mais mon père avait déjà succombé à la douleur. Je me rappelle très bien de ton visage, de tes yeux écarquillés qui brillaient d’un éclat proche de la folie, versant des torrents de larmes incontrôlables. Je me souviens aussi de tes mains et tes bras brûlés sévèrement qui restaient immobiles sur tes genoux, comme morts.

Nous souffrîmes tous de sa disparition : mon frère pleurait chaque soir, je m’enfermais dans ma chambre en méditant sur mon avenir et toi, tu restais immobile dans la salle à manger, les yeux grands ouverts, le regard vide, la voix éteinte. Heureusement qu’Elliot, à l’aide de sa tendresse et de son amour pour toi, réussit à te ramener du tréfonds de tes tourments.

Hélas ma douce, je me rappelle encore la suite des évènements : les ennuis n’étaient pas finis. Le vieil homme au regard acerbe et cynique vint en notre demeure et se moqua de notre malheur puis il nous avoua son meurtre si bien maquillé et annonça ta future adoption. Tu ne dis rien, tu ne bougea point et c’est à ce moment précis que je l’ai repoussé en prétextant que nous allions nous marier. Je me rappellerais toute ma vie de ton regard étonné, de ton demi-sourire et de ta profonde tristesse au coin des yeux. Tu ne dis cependant rien et acquiesça d’un mouvement de tête.

Nous nous mariâmes en 682 mais cependant tu ne semblais point heureuse. Tu étais distante et froide, tes sourires semblaient emplis de mélancolie mais tu ne disais mot et continuais à t’occuper d’Elliot qui avait alors 10 ans. Nous ne fîmes jamais qu’un, nous parlions très peu, tu semblais mal à l’aise d’être à mes côtés. Tu me montras tout de même quelques marques de tendresses qui rendaient ma vie plus agréable mais cela n’allait jamais plus loin. Quelques temps passèrent et nous continuâmes à exercer nos métiers, amenant Elliot avec nous de temps en temps lors de nos voyages. Un jour d’été, le vieux fou revint une dernière fois à la charge mais tu coupas court à la conversation et lui demandas de te suivre : je ne le revis plus jamais.

Le temps passa, tu semblais moins frustrée. Nous fûmes de plus en plus heureux, tu venais plus à moi, tu me montrais un peu plus de marques ressemblant à de l’amour.

Nous sommes en 687 ; tu es partie en mission pour transmettre un message à une contrée voisine. Elliot, maintenant âgé de 15 ans, est venu me conter la raison de tes malaises et de tes doutes… Le lendemain, je suis parti en mission et me voilà ici et maintenant en train de succomber à ce poison, à cette absurdité qu’est la vie…

Oh ma douce et belle femme, par pitié, lis ce message et comprends que je ne me suis jamais marié avec toi par défaut ni pour protéger notre famille. Tu as toujours été très précieuse à mon cœur, je t’ai toujours aimée, et surtout sache que je ne t’ai jamais considérée comme responsable de la mort de notre père. Il t’aimait et tu l’aimais avec tout l’amour qu’une fille peut avoir pour son père...

Ma belle, oh lis cette lettre, je t’aime, je t’aime tellement pardonne moi de ne point te revenir, pardonne moi de ne jamais être venu jusqu’à toi… Prends soin de mon frère… Ma douce, ma…
»

Lettre écrit par Edgar, à destination d’Heïsera, en 687.






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MessageSujet: Re: Heïsera Hedwen [terminé]   Mar 3 Juil - 13:20

Je te valide sur l'avis d'Arren !
Bienvenu chez nous, j'espère que tu t'y plairas et n'oublie pas de générer ton parchemin d'identité Very Happy
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Heïsera Hedwen [terminé]

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