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 La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]

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MessageSujet: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Dim 8 Juil - 9:35



Heïsera dormait peu depuis la mort d’Edgar. Elle n’avait plus le goût à rien : la nourriture l’écœurait, le sommeil ne venait pas et surtout les regards des habitants d’Edar dégoulinant de pitié l’insupportaient au plus haut point. Elle ne souhaitait point qu’on la blâme, qu’on change de comportement avec elle ou encore qu’on lui offre des présents de consolation comme si des pots de confiture pourraient un jour apaiser son âme… Elle se sentait tellement vide et emplie de haine envers les malfrats qu’elle ne se rendait pas compte de l’amour qu’elle éprouvait pour le jeune homme décédé. Cependant, elle n’avait pas versé une seule larme pour son mari. Elle en ignorait encore la raison, mais il y avait comme un blocage dans son esprit.

L’aube se levait et la belle qui n’avait pas dormi de la nuit songeait à son petit frère, Elliot. Le jeune thériantrophe qui avait toujours été courageux dans toutes les épreuves de la vie était aujourd’hui anéanti d’avoir perdu son seul et unique frère. Il ne parlait plus, ne mangeait plus, ne souriait plus : il était une coquille vide qui se laissait mener par la vie. La demoiselle ne savait pas quoi faire, elle était désemparée. Elle réfléchissait à un moyen de les sauver… Peut-être faudrait-il déménager, se retirer un peu de la population. Un bruit se fit entendre de l’étage et tira la belle de ses pensées ; le petit homme était réveillé. Il se traina machinalement jusqu’à la table du déjeuner et prononça un faible « bonjour » en direction d’Heïsera. La belle, qui avait passé sa nuit sur un vieux fauteuil délabré, se leva d’un bond, s’étira un peu et s’attabla au côté de son petit frère. Elle tenta de lui parler mais les réponses du jeune homme étaient courtes et vides de sens. Elle lui avoua son projet, partir un peu plus loin dans la forêt, il acquiesça sans un regard pour elle.

Désemparée, elle lui fit une caresse au cou et l’embrassa sur le front avant de s’en aller ; une douleur lancinante transperçant son cœur meurtri. Il fallait absolument trouver une solution, cela ne pouvait plus durer. Elle partit en direction du lieu de rassemblement des messagers pour commencer une nouvelle mission. Elle parcourut le village, les arbres qui leur servaient d’habitations étaient majestueux, ils imposaient le respect par leur noblesse et leurs formes harmonieuses. Elle aimait cet endroit, ses saveurs délicieuses, ce vent paisible qui calmait les angoisses, cette force de la nature si douce. Cependant elle se devait de le quitter ; les souvenirs étaient trop pesants et elle croulait sous les responsabilités. Peut-être un jour reviendrait-elle en ce lieu… Qui sait ?
Elle entra dans une grande bâtisse avec une statuette de pigeon portant une lettre ouverte dans son bec sur la devanture. La chaumière était peu aménagée, il y avait une grande table de conseil avec quelques chaises en bois, de multiples étagères contenant quelques messages et deux autres pièces où se tenaient le Don et le dirigeant de la bâtisse. La demoiselle salua de nombreuses connaissances avec un sourire radieux et s’introduisit dans la grande salle à la recherche du Don. Celui-ci, un grand homme à l’allure imposante, se tourna vers la belle avec un sourire complaisant.

« Ah! Ma petite chouette, c’est aujourd’hui que tu reprends ta besogne ? »

« Oui, messire Haunt, c’est aujourd’hui. Je souhaiterais commencer mon travail rapidement. Je me dois de sortir certaines pensées de mon esprit, comme vous pouvez vous en douter. »

« Oui… Voici votre mission. Vous devez vous rendre au Tar-Ashaman, près de la citadelle du Levant. Une demoiselle du nom de Caithlyn doit recevoir ce message pour recevoir une permission d’entrer sur l’île d’Edar. »

« C’est une mission plutôt… aisée, si je ne m’abuse. »

« Certes mais il me semble important que tu reprennes doucement. »

« Très bien »

La belle aux cheveux argentés sourit doucement avant de sortir de la maison. Elle n’était pas réellement ravie de faire une mission aussi simple mais elle se devait de montrer l’exemple et de ne point discuter les ordres de Haunt. Elle marcha rapidement, se désolant d’aller aussi loin et d’ainsi laisser son petit frère seul. Elle prit quelques dispositions avec des amis de la famille puis sortit de la ville à pas de loup. Une fois près de la plage, elle se déshabilla, s’assit sur le sable chaud et commença une longue méditation pour pouvoir se transformer complètement en son animal totem. La belle avait un peu de mal à se concentrer, tout se bousculait dans sa tête. Elle prit alors une grande inspiration et s’obligea à ne plus réfléchir. Finalement, elle réussit sa métamorphose : son visage devint un masque facial blanc en forme de cœur. Le haut de son corps se teinta en gris cendré moucheté de brun sombre, richement pointillé et perlé de fines taches blanchâtres ourlées de noir. Son torse acquérait une couleur blanchâtre plus ou moins piquetée de brun foncé. Ses jambes devinrent de longues pattes couvertes de plumes blanches et munies de doigts puissants aux serres bien développées. Des ailes longues et étroites vinrent parfaire ce tableau transpercé par des yeux aux iris ténébreux.

La dame blanche s’envola gracieusement vers le Nord, ses deux précieuses sacoches accrochées à son bec. Elle comptait faire une grande partie de son voyage transformée ainsi afin d’éviter les mauvaises rencontres. Elle commença sa course de jour bien que la nuit lui soit plus favorable. Elle parcourut de nombreuses terres, tout en s’accordant quelques pauses nécessaires à sa survie. La forme de ses yeux permettant de concentrer un maximum de lumière sur sa rétine, elle chassa de nuit dans les prairies et les champs cultivés. Elle se reput de ses nombreuses séances de pêche et s’abreuva dans les sources d’eau potable qu’elle croisait.

Enfin, elle arriva dans la Lande par un jour pluvieux. De petites gouttelettes perlaient doucement du ciel et s’écrasaient sur une terre meuble et particulièrement plate. L’horizon s’étendait à perte de vue malgré la pluie, les arbres peu ombreux ne pouvaient cacher les silhouettes humaines : tout était vu par celui qui peuple le ciel. Cependant, s’il y avait eu un homme dans les parages, la belle n’aurait pu le voir tant elle était exténuée. Elle se posa donc sur une branche d’un arbre, épuisée par son périple et son cœur affaiblit ; puis elle entreprit une transformation pour redevenir humaine.
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Chevalier d'Archenior
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Mer 11 Juil - 6:18

Parcourir les terres humaines du Kandor n'était pas pour lui déplaire, les parcourir seul était certes un problème mais il y trouvait tout de même son compte, surtout après les dernières semaines Il en avait assez de voyager accompagner, même de ses pairs chevaliers. Les périodes d’asociabilité telle que celle-ci arrivaient parfois et les siens avaient l'habitude de le voir se fermer comme une huître, il n'avait donc eut aucun problème à faire comprendre qu'il devait partir seul quelques temps. Il avait chevauché dans la campagne verte des principautés de l'ouest puis dans celle, plus cuivrée de l'est pour enfin atteindre, après un long voyage, la lande, cette vaste étendue plate et herbeuse qui protégeait le sanctuaire des elfes. S'était la première fois qu'il se rendait à la citadelle des guerriers et il devait avouer être assez curieux de ce qu'il y trouverait, tout comme de la raison qui le poussait présentement en avant. Après tout... son patron ne lui avait absolument pas dit pourquoi il l'envoyait là bas. Le silence était bienfaisant, profond, uniquement troublé par les doux bruits de la nature.

Par la pluie douce et fraîche qui tombait, bruissante alors même qu'elle abreuvait la terre et s'écoulait, sans que cela le gêne, sur sa personne, humidifiant ses cheveux noirs, glissant le long de l'armure légère qu'il portait pour le voyage... la pluie ne dérangeait pas, bien au contraire, il trouvait cela revigorant, l'appréciant pour ce que s'était, un don de la nature sur cette terre aride et rêche. Par la respiration de sa monture qui soufflait de petits nuages de vapeurs dans la soudaine atmosphère rafraîchie, par ses sabots qui se posaient avec un bruit sourd sur la terre meuble et tendre, assouplie. Par le vent léger qui soufflait par intermittence, faisant gonfler sa cape et danser ses mèches folles autour de son visage d'ivoire. Pensif, sans broyer du noir pour autant il paraissait triste, ses yeux glacés ne suivant rien de matériel, perdu qu'il était dans un horizon que lui seul connaissait, laissant à sa monture toute liberté de le conduire à bon port. Combien de temps exactement s'écoula avant qu'il ne se redresse sensiblement sur la selle en voyant l'arbre solitaire, il n'aurait su le dire.

Une forme, une silhouette sombre, tordue, tâche d'encre fantasque sur le parchemin du ciel gris et orageux. Il donna un petit coup de talon pour ordonner à sa monture d'y trotter tranquillement et la regarda approcher sans passion, l'observant avec détachement puis, alors même que le végétal vénérable se faisait proche et clairement visible, il s'en désintéressa, laissant ses yeux retomber dans le vague du sol. Une simple restriction des rennes fit s'arrêter le coursier et il soupira doucement, savourant l'état figé qui, soudain, soulageait grandement ses muscles crispés par les heures de monte. Il suivit par la pensée le tracé de quelques gouttes d'eau dans son cou puis leva le nez, ré-ouvrant ses yeux royaux à l'éclat distant qui éloignaient en général bien des individus. On aurait pu croire alors, en voyant ce qui se trouvait dans les branches qu'il aurait sursauté, ou se serait montré surpris, ahuri ou même dégoutté, qui pouvait savoir ce que l'esprit humain pouvait inventé dans une situation auquel il n'était pas habitué.Pourtant tout ce qu'il parvint à faire fut d'ouvrir grand les yeux, des yeux qui, pour une fois, ne se paraient pas de leur froideur sans vie habituelle mais d'une lueur franche de questionnement.

Marquant un temps d'arrêt il observa la forme humaine qui résidait juste au dessus de sa tête, cligna plusieurs fois des yeux pour être certain de ne pas être en train d'halluciner puis amorça le geste de se lever sur sa selle pour l'étudier de plus près. Mal lui en prit, tellement perturbé par la soudaine découverte il avait oublié qu'a son coté, pendait sa lance, lance qui égratigna sa monture qui, pour le coup, se cabra, coinçant la pointe de son arme dans les branches et manquant de le désarçonner par la même occasion. Il attrapa sa lance pour la décoincer mais ne réussit qu'à faire tomber la créature humanoïde sur lui, l'attrapant à plein bras en luttant de tout ses muscles pour ne pas tomber de selle et s'assommer par terre. Serrant l'individu il mit un instant à calmer son étalon affolé puis à, enfin, arraché son arme du bois où il était fiché pour ensuite s’intéresser à ce qu'il portait comme un gros bébé. Nouvel arrêt sur image, nouveaux yeux énormes puis il s'étrangla de dégoût et balança littéralement la créature par terre en tentant de s'en éloigner le plus possible.

Une femme. Par tout ce qui existait de bon en ce monde c'était une femme ! Il avait en avait touché une. C'était... affligeant comme constat. Il la regarda avec quelque chose proche de l'effroi et se força à ne pas partir au galop, se rappelant des enseignements de messire le dus d'Helios qui le tannait pour qu'il apprenne à se comporter correctement avec ces dames. Cachant son hésitation il s'approcha et mit pied à terre, raide comme un piquet. Il avança et tendit une main sans vraiment le vouloir pour l'aider à se relever.

« Je suis... désolé. Hm.. vous m'avez prit par surprise, je ne pensais pas... enfin vous allez bien c'est le principale. »

Se grattant la nuque il étudia avec une curiosité mêlée d'hésitation la forme en face de lui. Il ne savait pas du tout comment réagir aussi attendit il un bref instant de voir si elle réagirait avant de reprendre la parole. Mais il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était sensée dire à une jeune femme qu'il venait de jeter à terre comme une malpropre pour la simple raison qu'elle était... et bien, une femme. Déjà qu'à l'ordinaire il ne savait pas du tout ce qu'il était sensé dire à l'égard de qui que se soit alors dans un moment pareil il ne fallait pas trop en demander non plus. Finalement il prit le parti de se tourner de nouveau vers la créature sortie de nul part et brava courageusement ses attributs féminin pour s'approcher.

« Qu'est ce que vous faite ici ? Enfin si ce n'est pas impoli de demander je suppose. »

C'est vrai, après tout qu'est ce qu'une jeune femme comme elle fichait dans un arbre, en plein milieu de nul part, sans monture et de toute évidence éreintée. Elle n'avait pas fait tout ce chemin depuis les principautés à pied quand même ! Il voulait bien croire qu'il y ai quelques fous capable d'entreprendre un tel périple mais tout de même, elle ne paraissait pas particulièrement folle à première vue.... pas qu'il s'y connaissait réellement en folie mais après tout hein. Il détestait les femmes... non, ce n'était pas tout à fait juste. Il ne les comprenait pas. Il admirait leur beauté, leur façon de se mouvoir, de sourire... mais il ne comprenait absolument pas comment elles fonctionnaient. Et puis il n'avait jamais eut de bonnes expériences avec une représentante de la gente féminine alors cela n'aidait en rien. Mais bon... il fallait faire la part des choses... non ? Tant qu'elle ne se jetait pas sur lui ou se mettait à glousser comme une dinde, chose dont il avait une sainte horreur, il voulait bien tenter de tolérer sa présence.

« Est ce que je peux faire quelque chose pour.. hm... vous.. vous aidez ? En dédommagement de notre... rencontre malencontreuse »
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Le fou
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Sam 14 Juil - 16:32

Nenäd quittait la grande route pour se diriger vers la Lande. Passant trois jours dans cet endroit, seule, à faire le guet... Très peu pour elle. Cela dit, chose inhabituelle, elle y avait rencontrer Armeline, et n'en était pas très convaincue... Malgré son sang d'elfe, Nenäd avait son caractère bien trempé, et elle n'était ni aussi compréhensive qu'on le disait, ni très ouverte aux rencontres, et n'aimait pas forcément tout le monde... En parlant de ça, elle avait toujours autant mal à sa cheville, et les galops de sa monture en rajoutait à son supplice silencieux. Elle regretta de ne pas avoir demander à cette guérisseuse un peu de sa bonne volonté pour soigner cette stupide plaie. Nenäd n'avait juste pas voulu paraître aussi faible devant un des siens... Surtout quand on connaissait la manière dont elle s'était blessée. Foutu orgueil mal placé.

Son cheval noir avait parcouru une longue distance, elle savait qu'elle lui en demandait beaucoup, mais elle ne voulait pas perdre de temps. L'elfe devint rejoindre ces compagnons pour cette histoire d’artefact volé. On ne lui disait jamais rien, à elle ! Une fois arrivée à destination, elle exigerait des informations. Ce n'était pas leur faute, car on l'avait muté dans le trou perdu d'Illithil et ils n'y pouvaient rien... Mais quand même. Les pigeons voyageurs, ça existait. Tirant la tête, elle ordonna à son étalon de trotter. Elle se trouvait à présent sur une petite route pleine de cailloux, entourée d'arbres, en pleine forêt.

- Ici aussi, c'est un trou perdu, lâcha-t-elle avec un fond d'ironie. Elle soupira d'exaspération, c'était le bon mot.

Nenäd prit pied à terre. Elle ôta ses bottes et savoura l'air qui se glissa entre ses orteils. Tout ce trajet l'avait détruite de partout, jamais elle ne s'habituera à ces distances interminables et ces paysages, tous identiques. Elle s'ennuyait réellement dans cette contrée, vivement qu'elle s'en aille. L'elfe continua à pied, son cheval derrière elle. Comme sur la grande route, elle arracha une brindille qu'elle porta à ses lèvres. Celle-ci avait le même goût sucré que le précédent, c'était délicieux ! Cette petite découverte allait devenir un de ces nombreux péchés mignons, c'était sûr. Marchant à son aise tout droit devant elle, des birbes de pas et de conversations lui venaient aux oreilles. Son sens de l'ouïe étant développé, et sa curiosité mal placée, elle chercha la source de ces bruits confus... qui la mena droit vers une scène assez étrange. Un homme, une femme, un cheval, debout près d'un arbre. A en croire les traits crispés du jeune homme aux allures ténébreuses et glaciales, il aimerait être à l'instant même quelque part d'autre, tandis que la femme semblait assez sonnée. Néanmoins, l'elfe décida de ne pas intervenir maintenant, mais elle ne resterait pas longtemps à couvert, avec son imposante monture qui commençait à faire des siennes en hennissant. Lentement, elle marcha en direction des deux humains, gardant tout de même un œil méfiant...


Dernière édition par Nenäd Jahîl le Mer 8 Aoû - 8:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Mer 18 Juil - 17:13

Heïsera perché sur un arbre aux branches basses ne se préoccupait ni du paysage, ni des gouttes d’eau qui perlaient sur son corps nu. Le voyage avait été éreintant, il lui fallait reprendre son souffle avant de poursuivre son périple. Elle se demanda tranquillement si elle avait bien fait de se transformer en son animal totem sachant qu’elle ne pourrait plus le refaire avant quelques heures puis elle le remercia intérieurement de l’effort qu’il avait fourni avant d’entreprendre un habillage rapide et efficace.

Cependant un bruit de sabots attira son attention et elle n’eut que le temps d’entrevoir une silhouette humaine avant de perdre l’équilibre et de tomber machinalement sur un homme assis sur sa monture, inquiet de voir son cheval gesticulait en tous sens. Elle souffla doucement croyant que sa chute était terminée mais ne put prévoir que l’homme en l’observant la jetterait sur le sol comme une malpropre, son visage dissimulant mal un profond dégout. Elle s’écroula donc sur le sol, dans sa tenue la plus simple, les cheveux cachant un visage choqué d’un tel affront. Elle se retourna vivement, prête à interroger l’humain quand celui-ci posa pied-à-terre, et s’approcha d’elle avec prudence avant de dire en lui tendant une main plus que fébrile :

« Je suis... désolé. Hm.. Vous m'avez pris par surprise, je ne pensais pas... enfin vous allez bien c'est le principal. »

*Comment pourrait-il le savoir… il ne me regarde même pas …*

La demoiselle ne dit aucun mot et accepta avec hésitation la main du jeune homme, se demandant vaguement s’il n’allait pas la lancer quelques mètres plus loin parce qu’il avait effleuré ses doigts si indésirables. Puis elle s’approcha de sa sacoche pour récupérer quelques habits sans regarder l’homme qui semblait chercher ses mots d’une voix plus que gênée :

« Qu'est-ce que vous faites ici ? Enfin si ce n'est pas impoli de demander je suppose. »

Heïsera se refusa de le contempler, une douleur légère naissant à son flanc, surement dû à sa chute. Elle réussit enfin à se vêtir correctement et examina la sacoche comportant son précieux message avec soulagement, rien n’avait été abîmé.

« Est-ce que je peux faire quelque chose pour.. hm... vous.. vous aidez ? En dédommagement de notre... rencontre malencontreuse »

Heïsera prit une profonde inspiration, puis se retourna vers le jeune homme avec un sourire amusé avant de dire d’une voix amicale mêlée à une pointe de rancœur :

« Eh bien, monsieur, si l’on m’avait dit ce matin qu’un tel évènement se produirait en un bel après-midi pluvieux, je n’aurais pu le croire. Cependant ne vous inquiétez point de mon état, je ressens une légère douleur au flanc qui s’effacera doucement avec le temps. Je m’appelle Heïsera Hedwen, je porte un message pour un habitant de cette région. »

Elle fit une pause le fixant avec un léger sourire aux lèvres : l’homme aux cheveux ébène et aux yeux sombres la regardait avec une pointe de dégout. L’atmosphère devenant pesant, la belle se demanda vivement s’il y avait quelque choses qui gênait le jeune homme en sa personne, peut-être sa nudité l’avait choqué, ou son aspect de thériantrophe… elle ne put s’empêcher de l’interroger :

« Est-ce vraiment moi qui ait besoin d’aide ? Vous semblez quelque peu troubler par quelques choses que je ne peux expliquer. Aurais-je mal agi ? Je… »

La demoiselle s’arrêta net, quelqu’un d’autre approché, elle grimpa rapidement sur un arbre et leva la tête en direction des pas qui se faisait entendre puis sans regarder le moins du monde l’humain, elle murmura tout bas :

« Un visiteur… on croirait presque que l’on me poursuit… »
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Mar 24 Juil - 13:12

Sa voix le fit légèrement sursauté, le ton sonnant étrangement sans qu'il parvienne à vraiment définir de quoi il s'agissait. En vérité il s'arrêta beaucoup moins sur le ton ou les paroles que sur le fait que ça voix était féminine. Oui normal pour une femme mais voilà. De même pour son nom, bien qu'il apprécia davantage la sonorité, un brin étrangère. Il n'avait jamais entendu qui que ce soit avec un nom comme celui là et lui aurait bien demander d'où elle venait... et accessoirement comment elle s'était retrouvée pendue dans les branches sans rien sur sa personne. Cependant il n'était pas du tout expansif et qu'il ai déjà réussit à aligner trois phrases tenait du miracle. Il n'eut pas le temps de se décider qu'elle continuait sur sa lancée.

Ah mais... elle ne s'arrêtait pas hein ? Et puis comment faisait-elle pour être aussi à l'aise hein ? En entendant son interrogation il fut un instant tenté de lui répondre franchement, comme il en avait l'habitude avec d'autres. Oui vous me troublez, vous êtes une femme, évidement que vous me troublez. Mais voilà ça n'était pas galant tout ça, pire s'était même particulièrement insultant, il supposait, au vu des réactions qu'il savait recevoir dans d'autres circonstances, de la part d'un certain duc. Du coup il accueillit l'annonce d'un visiteur avec bonheur, cela lui évitant de répondre à la question qui risquait de lui valoir quelques ennuis supplémentaires ( Oui parce que bon... il en avait déjà avec ce qui venait de ce passer et s'était entièrement sa faute, la prochaine fois il le saurait, mieux valait une épée qu'une lance en voyage... ).

Il se tourna et regarda la silhouette qui se dessinait au loin, de plus en plus proche à mesure que sa monture la conduisait vers eux. Droit vers eux. Il n'y avait pas à être surpris cependant, sur cette plaine déserte et pluvieuse on ne voyait qu'eux. Lorsque l'individu se trouva assez près pour que l'on distingue ses traits il retint une lamentation désespérée. Encore une femme. Il était poursuivit, s'était officiel. Il était l’ennemi numéro un, celui qu'il fallait abattre au plus vite. Il ne voyait que cette explication au fait qu'il se retrouve pris en sandwich au milieu de deux jeunes femmes au milieu de nul part sans aucune autre raison évidente que la pure malchance du voyageur. Il en aurait presque pleuré si il avait été quelqu'un d'autre. Le nœud qui se formait au creux de son estomac n'y était pas pour rien. Que la femme en question fut une elfe n'ôtait rien au coté infernal de la scène, dans d'autres circonstances peut-être aurait-il put s’intéresser à l'une ou à l'autre avec un minimum d'égard mais là tout de suite il n'avait envie que d'une chose, s'enfuir le plus loin possible et ne jamais revenir. De préférence s'enfuir vers le Kandor, quoi qu'il avait entendu des rumeurs sur la citadelle, sur le fait qu'il y avait peu de femmes entre ces murs. Peut-être devrait-il s'enrôler chez eux en fin de compte... il serait sans doute plus tranquille. Toujours était-il qu'il salua d'un signe de tête l'arrivante, serrant les rennes de son cheval d'une main et tentant de ne pas reculer. Il les regarda à tour de rôle, critique et pinçant les lèvres, puis soupira légèrement et osa enfin ouvrir la bouche.

«  Hm... je devrais peut-être vous laisser  » En vérité s'était plutôt un équivalent de : J'aimerais beaucoup m'en aller là tout de suite mais je ne vous ferez pas l’affront de fuir.
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Mer 8 Aoû - 8:42

L'étalon tapait de ses puissants sabots sur le sol. Pour Nenäd, qui penchait pour la discrétion, les innombrables pierres semblaient faire un vacarme énorme sous leurs pas. L'elfe avait commencé son ascension vers les deux inconnus qui échangeaient des mots. Elle voyait à présent bien distinctement un homme totalement mal à l'aise, et une femme vraiment étrange qui n'avait pas l'air dans son meilleur état. A plusieurs mètres d'eux, elle entendait grâce à son ouïe fine leur conversation dont elle ne ratait pas une birbe. Elle avait à faire à une certaine Heïsera Hedwen, là pour porter un message. L'autre personnage parlait d'une voix qui laissait paraître un trouble évident, qui attisa la curiosité de la guerrière.

Nenäd lâcha son cheval pour le laisser se nourrir à sa guise, cela faisait quelques minutes qu'il tirait pour aller vaquer à ses occupations. Quel caractère insupportable, cette bête ! L'homme étant visiblement un être humain, l'elfe attendit d'être proche pour lui parler. Comparé aux elfes de sexe masculin, Nenäd trouvait les mâles des humains beaucoup plus attirant. Mais bon, cela était une gigantesque parenthèse !

« Salut à toi ! » lâcha-t-elle simplement. Les relations sociales n'étaient pas son fort, et cela se sentirait certainement dans les minutes à venir. « Dis, loin de moi l'idée de te déranger dans... tes occupations... » dit-elle en lançant un regard curieux vers la jeune femme plus loin « mais si tu aurais un petit quelque chose à grignoter je dirais pas non. C'est que l'herbe et les bouts de bois sucré, j'en ai un peu marre ! » se plaignit-elle avec un petit rire nerveux. L'idée d'aller chasser la fatiguait déjà à l'avance, et qui ne tente rien n'a rien !

Attendant impatiemment sa réponse, elle se tourna vers la jeune femme et lui décocha un sourire crispé. « Il y a peut-être des plantes médicinales, par contre je ne m'y connais pas forcément, mais si tu es blessée il faudrait peut-être faire quelque chose... » Nenäd souffrait également, de sa cheville, cependant l'habitude de la douleur avait eu raison d'elle. L'elfe faillit proposer son cheval pour aider la femme étrange, mais jeta ensuite un regard à l'homme. Il avait un cheval, lui aussi, qu'il soit un peu gentleman, voyons ! Nenäd eut un sourire ironique, arquant un sourcil. On verra bien s'il penserait à cela.
Ayant écouté leur conversation, elle ne posa aucunes questions à ses interlocuteurs, et faillit presque oublier de se présenter...

« Je suis Nenäd, guerrière de la Lande. » dit-elle d'un ton monotone. Tout le monde s'en fichait, mais elle avait prêté un serment auquel elle tenait. L'elfe regarda derrière elle, vérifiant que son étalon était toujours vivant et en un morceau. Il était tellement imprévisible que mieux valait le surveiller de près. C'était fou comme elle pouvait le détester par moment, et l'aimer dans d'autres. Elle émit un sifflement puissant, et le cheval marcha directement vers elle, d'une lenteur incroyable.
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Dim 12 Aoû - 10:18

Heïsera regarda la femme approchée avec curiosité. Sa longue chevelure rosée la rendait pétillante et son air mal à l’aise montrait parfaitement que la communication n’était pas son fort. Elle parlait en regardant autour d’elle et semblait demander quelques nourritures et plantes médicinales pour se restaurer. Heïsera sourit doucement lorsqu’elle dit son nom et son rang, puis commença à parler d’une voix assurée :

« Madame, je suis enchantée de vous connaître. Je me nomme Heïsera Hedwen, messagère de l’île d’Edar.- la thériantrophe s’inclina lentement tout en regardant l’elfe - Je vois que vous semblez fatiguer et mal en point, je vous propose donc de vous reposer. En tant que thériantrophe (comme vous avez pu le deviner compte tenu de mes origines), je me ferais un plaisir de chasser pour vous. »

Heïsera ne voulait point se faire d’ennemis dans ce lieu reculé, elle sentait son corps affaibli cependant il fallait être cordiale et amicale pour éviter des dangers inutiles. De plus, il ne pouvait y avoir que des avantages à connaître de nouvelles personnes.

Elle se tourna vers l’homme au regard désespéré, il semblait vouloir partir le plus rapidement possible. Elle le fixa avec une curiosité mal dissimulée, quel étrange personnage. Cependant elle ne laissa pas paraître son désir de le questionner et continua machinalement :

« Monsieur, je sais que vous aimeriez partir cependant je vous demande humblement de nous aider en allant chercher quelques plantes médicinales. Je sais que cela peut paraître culotté de ma part, cependant cela laverait sans aucun doute l’affront de tout à l’heure. »

Elle voulut continuer mais se tut. L’homme était vraiment une étrange créature… Qu’avait-il ? Qu’est-ce qui le pousse à vouloir fuir la compagnie d’Heïsera mais aussi celle la nouvelle invitée. Elle réfléchit quelques secondes, cherchant des similarités entre elles quand enfin un éclair de logique la fit sourire :

*Il ne nous connaît pas, il ne sait rien de nous… cependant il semblerait qu’il ait une réelle peur de nous. Soit il craint les autres races de ce monde ce dont je doute fort compte tenu de ses vêtements marquant un statut d’officier et son désir de voyager. Non… il n’y a qu’une seule raison possible…une seule concordance… il a un problème avec la gent féminine…*

La belle le regarda avec une profonde envie de le questionner mais elle se retint pour ne pas paraître indiscrète. Elle prit sa sacoche avec ses quelques armes et son message qu’elle devait toujours garder sur elle puis entreprit de partir à la chasse. Elle passa devant le jeune homme, lui sourit sympathiquement cependant la blessure à son flanc la piqua de plus belle et elle dut se rattraper sur lui pour se reposer un peu.

« Excusez-moi mon ami, une faiblesse sans doute. »

Elle resta prostrée là sans bouger, la douleur cuisante avait eu raison d’elle. Elle ne savait point du tout comment l’homme allait réagir cependant elle aurait au moins une réponse à ses hypothèses muettes.
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Mar 14 Aoû - 10:26

Il avait tout d'abord pensé que l'elfe s'adresserait à la jeune femme en premier. Ce ne fut pas le cas. Une tension supplémentaire vint s'ajouter sur ses épaules alors qu'il tournait son regard nordique vers la silhouette gracile. Elle non plus, ne semblait pas particulièrement à l'aise lorsqu'il s'agissait de discuter avec des inconnus. Il n'avait pas le temps de se remettre de son état d’hébétude, les deux femmes engageaient chacun l'autre.... Ce ne fut qu'en entendant l'elfe donner son nom qu'il réagit enfin. Ou du moins aurait-il réagit si l'autre trouble fête n'était venu s'affaler sur lui. Il bondit littéralement en arrière et lui attrapa le bras d'un geste vif et sec, l'éloignant à bout de bras, la tenant simplement là pour l'empêcher de tomber tout en faisant en sorte qu'elle ne le touche pas trop. Mais enfin qu'est-ce-que c'était que ces manières ?! Une simple blessure au flanc et elle le prenait pour un accoudoir ! Et quoi encore ? La prochaine fois essayerait-elle de faire de lui un fauteuil ou une chaise ? Il était surpris et indigné, mais surtout la puissante répugnance qui était montée à sa gorge comme de la bile avait bien faillit lui causer du tord. Et même si cette créature était une femme il n'avait pas envie de lui faire de mal. Il était chevalier diantre pas bandit. Il la lâcha finalement lorsqu'elle se décida à se redresser et recula d'un pas.

« Oui, c'est culotté de votre part de vous servir d'un tel prétexte pour me demander un service d'autant que j'aurais tout aussi bien pût vous abandonner là en premier lieu sans un mot. Et je vous l'affirme, je n'y connais strictement rien en plantes médicinales ! »

Et c'était vrai, il n'y connaissait rien. C'était Adreas, Irina ou même Gregorist qui s'étaient formés à l'utilisation des plantes et à la médecines naturelles. Lui n'était qu'un soldat comme un autre, destiné à combattre et à tuer. Rien d'autre. Alors qu'une inconnue lui demande d'aller jouer les jardinier en pleine lande, alors qu'il n'était jamais venu là, et sans la moindre connaissance, s'était un peu fort à son goût. Surtout lorsqu'on essayait de tirer quelque chose de lui avec de telles excuses. Il était tout prêt à aider sans ça, franchement. Se tournant vers l'elfe il reprit sans leur laisser, à toutes deux, le temps de répondre

« Je suis Anton Seithvelj, chevalier champion d'Archenior. On m'a demandé de livrer un message à la citadelle de la lande. Puisque vous êtes de leur rangs madame, accepteriez-vous de me guider jusque là ? Je ne suis jamais venu sur la Lande auparavant et je dois avouer avoir quelques mal à me repérer. Et puisque madame Hedwen est aussi une messagère et qu’apparemment je serais bien incapable de me débarrasser d'elle dans la minute je suppose qu'elle pourrait venir avec nous. » Un coup d’œil vers la thériantrophe « Vous prendrez mon cheval. J'irais à pied. » Puis il revint à Nenäd « En attendant, si vous avez faim pas besoin de chasser, je partagerais mes vivres » Comme il l'avait dit, quoi qu'il se passe il serait incapable de les planter là sans un mot de plus et si il se rendait compte qu'il se montrait fort sec dans ses paroles il ne chercha pas à s’excuser, préférant attraper son cheval par la bride pour fourrager dans les sacs de selle. Il en tira un paquet contenant de la viande salée et des fruits séchés. « Vous aussi vous êtes blessée non ? Pourquoi ne pas vous asseoir ? »

Il lui tendit, tendu, le paquet, puis retira sa main en évitant de la toucher, lui laissant le tout pour qu'elle se sustente, ou partage avec Heïsera tandis qu'il attachait son cheval sous l'arbre, leur lançant de farouches coups d’œil mêlé de l'amertume de ne pouvoir partir. Mais il avait bien besoin de l'aide de l'elfe et celle-ci ne laisserait sans doute pas l'autre jeune femme seule en pleine lande avec une blessure et aucune monture.
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Le fou
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Mer 15 Aoû - 6:43



Amusée, Nenäd regardait la scène silencieusement. De l'une, La jeune thériantrophe était vraiment hilarante ; elle savait rester courtoise tout en abusant de la situation et ça, c'était digne d'une femme ! Tandis que le chevalier apeuré, par son incapacité à réagir de manière plus ou moins censée, semblait totalement démuni par l’événement. De plus, la venue de l'elfe ne semblait pas le réjouir plus que ça non plus... Et ça aussi, c'était drôle ! La guerrière avait toujours aimé être de trop et déranger, c'était particulièrement plaisant !
Oui, c'est culotté de votre part de vous servir d'un tel prétexte pour me demander un service d'autant que j'aurais tout aussi bien pût vous abandonner là en premier lieu sans un mot. Et je vous l'affirme, je n'y connais strictement rien en plantes médicinales ! Second fou rire que l'elfe retenait tant bien que mal. Elle essayait de se contenir et répondit à l'homme lorsqu'il s'était adressé à elle, d'un air tout aussi sec et désintéressé. C'est là que je me rends, donc oui, je t'y guiderai sans problème. L'elfe le regarda un instant sans dire un mot de plus, et acquiesça quand il proposa une solution, c'est-à-dire : emporter avec nous Heïsera, lui prêter sa monture, partager ses mets et s'en aller. S'en aller au plus vite, vu la tête qu'il tire... pensa la jeune guerrière. Elle ne rencontrait pas tous les jours des personnalités aussi étranges que lui, elle allait sûrement en profiter !

Après s'être brièvement présenté, Anton lui tendit de la viande salée et des fruits secs. Quelle horreur, elle détestait autant l'un que l'autre. Cependant elle se tut, il avait l'air déjà assez mal en point, et se contenta de prendre ces crapuleux aliments. Merci. J'adore la viande malgré ma race elfique ! ironisa-t-elle en tendant la viande à la thériantrophe, qui devait sans doute apprécier cela plus qu'elle. Le chevalier fit un commentaire sur sa propre blessure, que Nenäd avait totalement oublié. Sa cheville la lançait de temps à autre, ce n'était pas une blessure omniprésente et insupportable, elle n'aurait aucun problème à gérer cela jusqu'à la Citadelle. Ça me fait encore plus mal lorsque je suis assise, répondit-elle d'un clin d'œil qui se voulait taquin. Malgré sa conscience qui lui disait de se taire et de ne pas être indiscrète, Nenäd avait agi, comme à son habitude, en baissant tête la première. Et toi ça va ? demanda-t-elle du tac au tac. C'est qu'on a du chemin à faire à trois, alors autant tout se dire directement, non ? insista-t-elle légèrement en jetant un regard à la seconde femme du trio excentrique.

Le cheval de la jeune elfe s'était posé aux côtés de l'étalon du chevalier, continuant de dévorer sans pitié l'herbe naissante sous ses sabots, tandis que Nenäd rejoignit Heïsera en s'adossant sur l'énorme tronc d'arbre. Elle prit une poignée de ces fameux fruits secs, qu'elle ne dégusta pas vraiment, mais peu de choix s'offrait à elle, et Nenäd se résigna en tirant une mine déconfite. Elle les avala difficilement, et reprit quelques secondes son souffle avant de reprendre une poignée de cette chose immangeable. Finalement, la faim avait eu le dernier mot !


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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Jeu 16 Aoû - 9:07

Heïsera regarda le prénommé Anton Seithvelj avec une profonde envie de le taquiner un peu plus. Il était tout à fait normal qu’il soit outré par le comportement plus que « maladroit » de la belle cependant grâce à cela, elle avait compris son point faible et s’amusait vivement de ses réactions tourmentées. Elle jeta un rapide regard vers l’elfe qui semblait rire de la situation et apprécia cela d’un simple sourire à son attention.

Elle s’adossa ensuite à un tronc et regarda les deux protagonistes échangés quelques mots. L’homme bien que rude semblait plutôt compatissant et essayé d’être appréciable aux yeux de l’elfe malgré son « dégoût ». L’elfe quant à était sans aucun doute doté d’un caractère marquant et franc, très appréciable aux yeux d’Heïsera. Finalement la belle aux cheveux roses donna quelques nourritures à la femme chouette et s’adossa à côté d’elle contre le tronc. Heïsera comprit parfaitement que la belle n’aimait point du tout la viande séchée mais qu’elle s’obligeait de le manger par respect pour le chevalier. Elle tapota la belle avec son doigt et posa discrètement quelques gâteaux qui lui restaient sur une pierre devant elle, invitant ainsi les deux jeunes gens à se servir.

Enfin alors que personne ne se décidait à parler, elle répondit à l’homme d’une vois enjouée et ironique :

« Pardonnez mon « culot » messire Seithvelj, il n’était point contre vous et permet de connaître bien des choses sur son interlocuteur. De plus, vous n’êtes point tout blanc, vous en conviendrez. »

Elle avança un peu vers lui pour caresser son cheval :

« Vous ne connaissez point les plantes médicinales ? dit-elle faussement surprise, c’est bien triste, je croyais que les officiers en connaissaient au moins les rudiments… -elle se retourna en souriant à l’elfe- bref je vais les chercher moi-même. Vous aurez alors tout le temps de discuter. »

Elle attrapa ses sacoches qu’elle mit en bandoulière puis passa devant l’homme avec un sourire presque compatissant pour sa faiblesse. Il avait certes donné une très mauvaise impression à cause de son réflexe passager cependant il avait dû se passer bien des choses dans sa vie pour qu’il est une telle aversion des femmes. Après quelques pas, elle se retourna et dit d’une voix plutôt douce :

« Je n’ai nullement besoin d’escorte pour une blessure aussi superficielle. Si vous souhaitiez partir pendant mon absence, je n’en serais nullement choquée. Je ne souhaite ni être un poids - elle fixa l’homme avec insistance - ni ralentir une potentielle mission en cours. »

Elle adressa un léger clin d’œil à l’elfe puis agita sa main en signe d’au revoir avant de s’enfoncer dans la lande à la recherche de quelques plantes qui pourraient apaiser sa douleur au flanc.
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MessageSujet: Re: La plume, l'étalon et le fou [Heïsera Hedwen;Anton Seithvelj;Nenäd Jahîl]   Dim 26 Aoû - 12:17

On lui demandait vraiment de penser à tout dans son état de nerfs ? Voilà une belle bande d'utopiste. Il était jeune, il était stressé et, plus que tout, il n'avait pas la moindre réelle envie de se montrer ouvert et conciliant. Il ne l'avait jamais été et ça lui allait très bien. Mais parce qu'il n'avait guère le choix, il se pliait à ce qu'il était obligé d'accomplir. Il lança un regard douloureux à l'elfe qui signifiait clairement que, non, il n'allait pas bien. Mais ça il ne fallait pas être un génie pour le comprendre et les deux jeunes femmes avaient dû s'en rendre compte dès le départ. En même temps il ne faisait aucun effort pour le cacher alors c'était compréhensible. Et puis il n'était pas officier. Il n'était même pas de l'armée régulière. Mais ça elles ne pouvaient le savoir encore. Et voilà la thériantrophe qui s'en allait par mont et par vaut à la recherche de plantes... elle réalisait à quel point c'était dangereux ? Bon sang cette plaine était sauvage, il y avait des prédateurs, autant animale qu'humains ! Mais il n'arrivait pas à décrocher un mot, sa mâchoire semblait s'être bloquée sur elle même et il la regarda s'éloigner avec un mélange d'amertume et de soulagement. Au moins une de ses Némésis serait au large pour un moment. Restait la seconde. Il finit, en manque d'options, par s'asseoir dans l'herbe, près de sa docile monture qui broutait. Posant un regard inquisiteur mais froid sur la créature sans doute bien plus âgée que lui il se demanda ce qu'elle était, au sein des guerriers de la Lande, ce qu'elle valait comme combattante, si elle avait déjà voyagé hors des frontières de la Lande... c'était moins difficile, de la regarder elle que Heisera. Ils étaient, si on pouvait parler ainsi, sur un pied d'égalité, deux guerriers. Elle était même très certainement meilleur que lui. Alors que la thériantrophe était toute frêle, une jeune demoiselle à sauver sans doute, le type qu'aimait Gregorist... il n'arrivait pas à s'y faire. Mais à tourner toujours autour du même sujet on n'avançait jamais.

«  Alors... vous étiez en voyage ou aviez-vous une autre raison de vous trouver par ici ? » En fait il ne savait guère quoi dire, encore une fois. S'en était navrant mais il ne voyait absolument pas ce qu'il pouvait dire, du moins sur quel sujet était-il de rigueur de parler avec quel personne et ainsi de suite. Il aimait parler presque autant qu'il aimait les femmes après tout...
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