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 Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]

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Chevalier d'Ekalesias
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MessageSujet: Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]   Ven 19 Oct - 11:35

Chapitre 1
Rencontre forcée.


15 Septembre 687, Mordun
Demeure des Méthus.



Sa vie à Meniev semblait prendre, au plus grand désespoir de notre héroïne, le chemin du large et s’estomper au fil des jours pour se perdre dans l’océan de ses souvenirs. Presque deux mois déjà que la cérémonie avait eut lieu dans la plus totale discrétion. Ce jour là semblait s’être gravé au fer rouge dans sa mémoire et Irina était sure que d’une seule chose les sentiments qui l’avait alors envahit ne sombreraient jamais dans l’oublie et lui rappelleraient chaque jour sans exception ses devoirs de Chevalier. Son ascension hiérarchique l’avait alors mené dans l’obligation de quitter tout ce qu’elle avait toujours connu pour débarquer à Mordun la grande capitale d’Elakesias sa nouvelle partie.
Son père et ses trois compagnons d’armes avaient rejoint leur royaume respectif sitôt son adoubement fait l’abandonnant cruellement à sa nouvelle vie. Irina avait alors eut l’impression d’être un chétif agneau blessé ridiculement balancer dans une cage aux lions. De part son jeune âge beaucoup à la cour ne lui accordait que peu d’importance et était parfois outré des fonctions qu’elle pouvait avoir ou était dans l’obligation même d’occuper. De plus, Irina arborait un facteur nouveau qui en gênait horriblement plus d'un dans le cercle très fermé des gentilshommes de haute société : elle était une femme.
Et la seule femme dont on acceptait le moindre fait et geste en courbant l’échine que ce soit ordres, brimades ou encore conseils n’était qu’autre que sa bienveillante Majesté Almehda Taranïssaii. De plus Irina d’Hélios, à l’instar d’être une femme, était une étrangère. Une étrangère au drôle de manière, une étrange qui montrait le mauvais exemple aux belles et ravissantes demoiselles de la cours à s’accoutrer de vêtement d’hommes et à agir le plus souvent comme eux. Irina était si… différente. Et la différence, dans la psychologie humaine particulièrement c’est malheureux à dire, effraie. Toutes ces raisons réunies pesaient assez lourdement dans la balance de ce qu’on appelle l’égalité ne la firent pas pencher en sa faveur. Les trois conseillés séniles gravitant sans cesse prêt du trône et une grande partie de la noblesse ne lui firent aucunement confiance et l’exclurent autant qu’il était possible de la mettre à l’écart. La jeune femme n’étant pas dupe de leur petit jeu avait eut bien du mal à se faire une place, aussi petite soit-elle. Habituellement de nature sociable et altruiste, elle s’était murée dans la vacation de ses fonctions pour ne pas perdre la face. Ainsi, d’une rigueur sans précédent face à elle-même, elle s’était forgé une carapace lisse et sans failles. Malheureusement ce petit stratège, aussi efficace à court terme soit-il, s’était essoufflé sur la longueur les semaines se courant les unes après les autres.On ne lutte rare très longtemps contre sa vrai nature et la solitude, mal vicieux et silencieux, la rongea de la l’intérieur la poussant dans ses derniers retranchement.

Il était sage à présent de s’arrêter une seconde et d’analyser la situation avant de franchir le cap de l’auto destruction. Ce fut pourquoi la première décision qu’elle prit fut tout d’abord de trouver un médecin ou guérisseur apte à soigner une nouvelle fois sa blessure. Irina avait été si dure avec elle-même, qu’elle n’avait pas vraiment attendu la fin de sa période de convalescence avant de reprendre pleinement ses activités. Et encore pleine fut un bien faible mot car se fut de manière abusive qu’elle s’était acharnée au travail dernièrement.
Lors de son combat quelques mois plus tôt, elle avait reçu un violent coup de griffe au niveau de l’omoplate droite incisant sa chair comme une lame dans du beurre. La plaie avait alors été nettoyée puis recousue. Irina, le cœur courageux, n’avait alors pas prononcé le moindre cri. Ses yeux avaient brillé mais nulle larme ne s’était échappée. Juste quelques grognements sauvages et ses ongles avaient transpercés la couche de peau à l’intérieur de sa main tellement elle avait serré les poings. Elle avait attendu patiemment quelques semaines mais la fougue de la jeunesse n’avait pas attendu autant que son Père lui avait sagement conseillé. Pourquoi donc ne l’avait-elle pas écouté ?! Inconscience de la jeunesse quand tu nous tiens…
C’est ainsi que même si les entailles les moins importantes s’étaient correctement refermées, la centrale et plus vilaine, s’était malheureusement rouverte faisant sauté les fils qui tenaient la plaie fermée lors d’un entraînement à l’épée un peu trop soutenu. La douleur fut si vive que ce fut le glas qui la ramena à la raison.

Sur les indications de sa royal amie, elle s’était alors dès le lendemain démenait à trouver un certain Jeönyr. La nuit avait été bien courte. Comme la veille et l’avant-veille, ainsi que toutes les nuits depuis plus d’un mois Irina refaisait encore ce rêve. Toujours le même depuis qu’elle était enfant. Elle s’était habituée à être imprégner de ce sentiment d’être deux à partager le même corps, sous la surface du lac elle cherchait désespérément Jehil. Elle savait que feu sa loutre n’était pas loin et lorsqu’elle tournait le regard pour poser ses yeux emplit de bonheur sur son animal, qu’elle sentait si proche elle se réveillait en un sursaut incontrôlable. Cette fois-ci en plus d’être couverte de sueur, ce fut une pitoyable grimace qui vint dévisager son charmant minois de si bon matin. Irina avait un mal de chien à son épaule ce qui n’arrangea pas son humeur qui semblait avoir déjà dépassé le stade du maussade.


*Pourvu qu’il n’est pas deux mains gauches,
sinon tout ce qu’il peut espérer pour ses services c’est ma main dans son groin… *

Il était encore très tôt, les soleils dardaient à peine l’azur du ciel de leurs rayons. Les rues de la capitale étaient encore désertes à cette heure matinale, tranquille de tout vacarme qui ne saurait tarder à bientôt pointer le bout de son nez. Irina aimait particulièrement ce calme, malheureusement éphémère.
Au coin d’une rue elle tourna manquant de peu de trébucher sur un homme soûl à moitié avachi contre le mur tenant fermant une bouteille sa main crasseuse tandis que sa tête était mollement tombée sur le coté. Un filet de bave dégoulinait le long de sa bouche démontrant que le clochard ivre dormait encore d’un sommeil profond. Même si la vue du mendiant la révulser quelque peu, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de l’envier quelque peu. Cet homme perdu dans l’anonymat et se consolant dans la boisson ne devait rien à personne, il était libre de se noyer dans sa détresse sans se soucier du regard de quiconque. Il n’avait pas cette étiquette stupide et pesante à arborer. Ce furent sur ces tristes pensées que la noble passa son chemin, remontant une ribambelle d’escaliers pavés de pierres polies par le temps.
Quelques dédales de rues plus loin, si elle avait bien suivi toutes les instructions, elle ne serait plus très loin de la demeure de Méthus. L’indice qui lui indiqua qu’elle était enfin arrivée fur l’immense porte de bois massif frappée du blason familiale. Irina s’approcha et attrapa l’anneau de fer qui permettait de faire savoir qu’un invité voulait entrer. Elle toqua trois fois. Rien. Le quatrième coup fut suivit de l’aboiement répétitif d’un chien. Elle l’entendit jappait derrière le portique. Un courant d’air s’engouffra dans l’allée, frais et vivifiant. Irina ne pouvait enlever à Mordun le charme de son océan qui bordait ses cotes. Elle appréciait ses effluves iodées, chose qu’elle ne possédait à Meniev perdu dans les plaines reculées.
Quelqu’un ouvrit alors le lourd battant dévoilant la silhouette bien habillé d’une servante son tablier lui tombant à mit cuisse par-dessus sa longue jupe noire. Sans prendre la peine de se présenter, ni même laisser à son interlocutrice le temps de lui demander quel bon vent la mener ici, Irina lança d’une voix rude sans la moindre politesse:


« Je cherche un dénommé Jeönyr Méthus.
On m’a indiqué qu’il vivait ici, puis-je le voir ? »


La servante sembla la dévisager. Irina ne pouvait lui tenir rigueur de sa grossièreté, elle-même n’avait pas vraiment était très douce à son égard. Mais sa patience ne semblait pas avoir vu le jour en ce bon matin et ce fut avec insistance et froideur qu’elle ajouta :

- Maintenant,
voyant qu’elle hésitait toujours elle s’empressa de conclure,
j’ai besoin de ses services.

- Bien Madame.
Veuillez entrer et patienter dans le patio je vous pris.

Le message n’étant pas rentré dans l’oreille d’un sourd, elle s’engouffra dans la petite cour intérieure. L’endroit était parfaitement entretenu, les buissons coupés à la feuille près, les fleurs épanouies, le sol méticuleusement propre. Alors que la femme qui l’avait accueilli s’était éclipsée, un gros chien au long poil sombre vint s’empêtrer dans les jambes du Chevalier battant vivement de droite à gauche sa grosse queue. Irina lui caressa le sommet du crâne tout en continuant d’analyser le lieu.
Une arche donnant sur l’extérieur attira alors son attention. Alors que personne n’était encore venu à sa rencontre, elle avança d’un pas lent vers celle-ci. La demeur surplombé un peu l’océan et l’encadrement offrait un tableau idyllique en cette magnifique journée qui débutait. L’étendu d’eau scintillante était resplendissante. Cette vue sembait alors apaisé l’âme tourmenté de la jeune femme qui se braqua à nouveau quand un raclement de gorge insistant se fit entendre suivit d’un compliment joliment prononcé sur le paysage duquel elle s’était laissé bercé.
Après un léger sursaut elle s’était retournée vers celui qui réclamait alors son attention. Un jeune d’homme aux traits fins avait planté son regard sur elle. Serait-il possible que Jeönyr soit aussi jeune ? Elle ne dit cependant rien et le scrutant également attendit qu’il se présente.




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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]   Ven 19 Oct - 23:52

Jeönyr dormait d’un sommeil agité, depuis qu’il avait rejoint la marine, son père avait disparu sans laisser de trace, tout comme ses oncles, le laissant avec une tonne de responsabilités et d’ouvrage. N’arrivant plus à dormir, le noble quitta son lit et se prépara pour une autre journée de paperasse. S’il avait su que ses prédécesseurs quitteraient Mordun sans préavis, il n’aurait peut-être pas rejoint la marine d’Ekalesias. Cette nouvelle fonction lui demandait une bonne partie de son temps car il se devait de parfaire son éducation militaire afin de servir de son mieux la flotte. Croulant sous les responsabilités, le guérisseur avait laissé de côté la poésie et s’était évertué à accomplir ses devoirs. Une fois fin prêt, il gagna la cuisine où il se prit une tranche de pain à peine du four et se dirigea vers le jardin, profitant du peu d’activité pour se détendre un peu. Il mangea en chemin son mince repas et une fois sur les lieux de son havre de paix, entreprit d’enfiler un tablier avant de s’occuper de ses plantes. Arrosant ici et là, arrachant les mauvaises herbes et autre travaux d’entretien de jardin. Il laissa son esprit aller, tachant d’oublier pour un instant tous ses soucis et diverses craintes. La situation des Methus était précaire, beaucoup d’entre eux manquaient à l’appel et après son expérience avec les mercenaires de Lathorie, il ne savait que penser.

Jeönyr vagua néanmoins à son passe-temps jusqu’à ce qu’il entende Misaël, un gros chien au poil gris japper furieusement à la porte. Le guérisseur n’y prêta pas attention pour le moment, voulant retarder le plus possible le moment où les affaires le demanderaient. Il crut entendre une des servantes questionner quiconque cognait à la porte du domaine familial. Ce qui était tout à fait normal vu la disparition de son père. Des rumeurs d’assassinat circulaient, d’autres croyaient à un complot et une autre version, la plus véridique aux yeux du médecin, voulait qu’un conflit d’intérêt ait éclaté entre les diverses branches de leur famille. Il y avait déjà eu à la connaissance du jeune homme quelques escarmouches, néanmoins rien ne permettait de les justifier avec certitude. La préposée à la porte sembla avoir laissé rentrer l’inconnue car Jeonyr pouvait entendre des pas derrière lui. Il ne se retourna néanmoins qu’après avoir répondu à la personne qui le demandait.

- Mon bon monsieur Jeönyr, il y a une dame à la porte, le chevalier Irina d’Hélios si mes informations sont bonnes, elle demande à vous voir immédiatement, elle attend sur le patio.
- Je… Bien, faites la venir ici. Il serait dommage de ne pas profiter de la bonté des soleils… A-t-elle précisé la raison de sa venue?
- J’ai accourut auprès de vous avant qu’elle ne le spécifie.

Jeönyr se redressa et regarda le personnage qui lui parlait. Un jeune valet du nom de Roland, de nature énergique et enjouée, ses parents servaient la famille depuis une vingtaine d’année, leur procurant de loyaux services et maintenant que leur fils avait atteint ses quinze ans, il aidait de temps en temps. Le noble se tourna vers un buisson de rosier qu’il renifla doucement, apaisant son esprit qui se mettait en marche. Pour quelle raison cette dame leur rendait-elle visite? Avait-elle des affaires avec son père? Probable… Si c’était le cas, il devrait la questionner pour en savoir plus ou peut-être était-elle venue pour l’arrêter? Il était possible que quelqu’un ait trouvé une preuve de l’implication de sa figure paternelle dans l’enlèvement de l’amiral qui s’était déroulé en juillet? Il porta son regard sur le jeune Roland qui le regardait toujours, ce garçon attendait à chaque indications de son employeur une deuxième validation, chose que Jeönyr fit d’un geste de la main. Alors qu’il regagnait la maison, le guérisseur pris place sur un des bancs de pierre qui peuplait le jardin, rangeant ses effectifs de jardinage et reposant ses jambes un instant.

Au même moment, Roland débouchait sur le patio et observait avec une pointe d’admiration le chevalier qui se tenait là. Elle semblait être dans la même tranche d’âge que Jeonyr et elle était complètement absorbée par la vue sur l’océan qu’offrait l’endroit. Le garçon, désireux de bien faire, se racla la gorge afin d’attirer l’attention de la demoiselle avant de prendre la parole.

- La vue est sublime n’est-ce pas? J’aime particulièrement observer les bateaux qui viennent au port.

Voyant qu’il avait maintenant toute son attention, le valet s’inclina respectueusement et poursuivit.

- Je me nomme Roland, valet au service de la famille Methus. Jeonyr vous attends dans le jardin, laissez-moi vous y conduire.

Il tourna les talons et guida la dame jusqu’à son employeur, qui retirait son tablier lorsqu’ils apparurent au bout du couloir. Lorsqu’ils furent à portée de voix, le jeune noble prit la parole à son tour, tout en s’inclinant devant la demoiselle.

- Bonjour dame Hélios et bienvenue dans notre modeste demeure… Ce…C’est un plaisir et un honneur de vous recevoir ici… Néanmoins, je…nous n’attendions pas votre visite, il y a-t-il quelque chose que mon humble personne puisse faire pour vous?

Puisque la conversation était entamée, Roland ramassa le tablier du guérisseur et s’éclipsa poliment de la scène. Le noble attendit patiemment une réponse du chevalier, analysant rapidement son interlocutrice. Elle faisait honneur à sa réputation, bien entendu, le médecin l’avait déjà vu, mais c’était la première fois qu’il avait la chance de s’en trouver aussi près. Comme le prétendait tous ceux qui l’avait vu, le physique de cette femme était tout à fait trompeur, sa silhouette fine avait dû faire tourner bien des regards mais le médecin savait pertinemment que sous ce voile tendre ce dissimulait une musculature digne de son titre chevaleresque. Elle pourrait à ne pas en douter, aisément battre Jeönyr en combat, qui pris soin de garder ce fait à l’esprit pour la durée de leur rencontre. Les yeux dorés du noble croisèrent par la suite le regard d’émeraude de la femme, elle semblait également l’analyser, que pouvait-elle bien penser de lui? C’était une question qui lui revenait souvent en tête lorsqu’il rencontrait d’autres personnes, car seul un fou ou un idiot converserait avec quelqu’un sans essayer le moindre du monde de connaitre légèrement son interlocuteur…


Dernière édition par Jeönyr Methus le Lun 12 Nov - 21:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]   Sam 20 Oct - 16:07

Un simple valet. Irina ne prit alors même pas de répondre. Le jeune garçon était plein d’entrain et débordant de vie, la noble aurait pu s’en réjouir mais loin de là s’en fut. Le Chevalier n’avait cure de ces petits détails, de plus ça serait bien la seule et unique fois qu’il lui adresserait la parole, pourquoi alors perdre son temps à mener une conversation stérile et sans le moindre fond.
Elle suivit Roland, ainsi ce nommer t-il, se murant dans un silence froid et amère. La bonne qui l’avait accueillie, avait disparut. Sans doute l’avait-elle effrayée. Qu’importe, elle non plus, elle ne la reverrait sans doute plus jamais de sa vie.
D’après les dires du garçon de maison, Jeönyr semblait être aussi une âme matinale ce qui réconforta quelque peu l’invitée. « L’avenir appartient à ceux qui se lève tôt. » avait pour habitude de lui répéter son tuteur. Malgré qu’Irina soit sortie de son lit avant l’aube il ne lui semblait pas du tout avoir main mise sur l’avenir et pire que cela, celui-ci lui semblait si incertain qu’elle ne voulait pas vraiment y toucher. Mais ce qui semblait être sûre toutefois, était que son hôte ne semblait pas être un faignant de première classe.

Après avoir déambulé entre deux longs couloirs, le duo insolite s’engouffra dans ce qui semblait vraisemblablement être les jardins de la maison. L’endroit était reposant et la verdure n’hésitait nullement à s’accaparer l’endroit, preuve irréfutable que la jardinier avait bien la main verte.
Un homme se tenait droit face à eux et lorsqu’ils furent assez près il s’adressa à la jeune fille prenant grand soin de respecter toute marque de politesse. Il semblait quelque peu surpris de sa visite et légèrement gêné. Il fallait bien l’avouer que de se rendre à cette heure chez une personne qu’on ne connait pas et assez peu commun. Alors que son maître avait prit le relais, le jeune Roland s’était volatilisé les laissant seuls à leur conversation.
Irina toisait totalement son hôte autant que celui-ci ne laissait échapper aucuns détails qui se présentaient à lui. Elle mit quelques secondes avant de lui répondre prenant soin de l’analyser avec soin. Plus grand qu’elle, élancé, des cheveux d’ébène soigneusement coiffés, un regard comme elle avait rarement l’habitude de croiser. Sa peau net et ses traits encore légèrement ronds trahissaient sa jeunesse encore toute fraîche, alors que son corps et son allure respiraient la dureté de la vie déjà adulte. Tout comme elle, ses yeux étaient également marqués de cernes sombres. Des nuits agitées peut-être ? Cependant, elle se refusa à chercher quelconque raisons plus poussée et répondit enfin :


« Tout d’abord je tiens à vous remercier de me recevoir sitôt dans votre demeure.
Seigneur Méthus, j’aurais besoin de vos talents au plus vite. »

Sa voix n’avait ni été chaleureuse, ni amicale sans pour autant démontrer la moindre animosité. Elle était allée droit au but sans oublier les convenances qui l’a lié à son rang. Elle était une noble avant tout, elle se devait la politesse quand elle croisait une personne de son rang. Même si, dans le fond elle trouvait ses manières bien futiles. Si elle en aurait eut la possibilité sans se soucier des conséquences elle aurait depuis longtemps envoyé balader dans les rosiers plus d’un qu’il soit de noble lignée ou non.
Plongeant son regard dans celui de son interlocuteur elle ajouta insistant bien sur ses propos :


« Je tiens également à ce que tout ce que vous allez faire ou bien voir reste dans la discrétion la plus absolue.
Dans le cas contraire je me verrais dans l’obligation de vous nouer la langue. »

Elle était resté à sa place n’ayant même pas bougé d’un millimètre. Toutefois nulle doute la dessus, ses yeux n’auraient su la trahir à cette instant même, sur le fait qu’elle soit capable de mettre à bien ses menaces. Irina était très calme et arborait même une froideur singulière. Si on prenait la peine d’y regarder de plus prêt il était aisé de se rendre compte que tout ceci était synonyme de carapace. Une protection qui jusque là, l’avait sauvé à mainte reprise.
De plus il était d’une importance crucial que rien de s’ébruite sur son épaule blessée. Jusque là elle avait réussit à duper tout le monde. Si cette information, si dérisoire semblait-elle paraître, venait à se savoir beaucoup n’hésiterai à sauter sur l’occasion. Et ça Irina, n’y tenait pas vraiment.
De plus, les histoires récentes à Mordun concernant la mort du Roi ne faciliter pas les choses. Savoir que le Chevalier favori de la Reine n’était pas dans le meilleur de sa forme dans cette sombre période ne présager rien de bon qui vaille. Oui, il valait donc mieux que tout le monde croit sagement que ladite blessure soit totalement rétablie. Pour son propre bien moral. Pour le bien de sa Majesté.

Afin de s’assurer que son hôte eut bien comprit l’intégralité de ses attentes et à la fois ne pas lui forcer la main elle termina simplement l’air détaché :


« Acceptez-vous de m’aider ? »



Shadows - Lindsey Stirling
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]   Dim 21 Oct - 23:08

Jeönyr s’était attendu à ce que le chevalier lui parle directement, mais son ton sans aucune trace d’émotion le laissait quelque peu perplexe. Il était habitué à ce que ses interlocuteurs dissimulent leurs émotions, mais à un tel point, c’était remarquable. Elle présenta néanmoins une certaine politesse, comme il était de coutume entre les gens de la noblesse. Ainsi donc, elle était ici pour recevoir des soins, une question de réglée. Il expira doucement de soulagement alors qu’elle poursuivait, lui ordonnant que tout ce qui se passerait devrait rester entre eux, ce qui était habituellement sa façon de faire, rien de nouveau de ce côté et rien à craindre de sa menace. Malgré le fait qu’elle planait toujours dans l’air et à son regard, le guérisseur ne doutait nullement qu’elle la mettrait à exécution. Ils se regardèrent mutuellement pendant quelques secondes avant qu’Irina ne reprenne la parole d’un ton plutôt détaché cette fois, comme pour ne pas lui mettre de pression ou en un autre sens pour le convaincre en se donnant cet air désintéressé qu’elle trouverait ce dont elle avait besoin ailleurs. Soit, il l’aiderait, ce n’était pas dans ses coutumes de refuser d’aider autrui. Une fois qu’il fut sûr qu’elle ne rajouterait pas quelque chose, le médecin lui répondit calmement d’un air qui se voulait quelque peu sympathique sans en mettre trop.

- Oui, oui… Je comprends bien que notre rencontre ici doive demeurer…discrète. Cela serait fort fâcheux si quelques individus…mal intentionnés apprenaient que votre personne n’est pas au meilleur de sa forme… Mais n’ayez crainte, tout ce qui se passe entre ces murs reste entre ces murs… Je m’en porte garant… Si vous vouliez bien me suivre, nous devrions aller en un lieu plus approprié. Malgré la beauté de ce jardin, il n’est pas l’endroit idéal pour ce… ce genre de chose…

Il tourna les talons et ramena la demoiselle à l’intérieur, repassant devant le patio. Et à la première servante qu’il croisa, il chuchota à son l’oreille que cette visiteuse n’était jamais venue ici et lui indiqua de faire passer le message. Il poursuivit son chemin, vérifiant de temps en temps que sa cliente le suivait toujours. Il se dirigea vers la chambrette qui lui servait de clinique. La pièce située relativement près de l’entrée principale était simplement meublée. Un lit, un tabouret à son chevet, une tablette ou reposait quelques instruments médicaux et une étagère où le médecin conservait le reste de son matériel. Il ouvrit doucement la porte et s’écarta en effectuant une courte révérence pour la laisser passer et ajouta par politesse et pour amuser quelque peu la dame qui semblait fort tendue.

- Les dames d’abord.

Une fois qu’elle fut entrée, il referma tout aussi délicatement la porte avant d’indiquer à la dame le lit pour qu’elle s’y installe. Pendant ce temps, il ouvrit les portes de l’étagère, en sortant le matériel nécessaire pour recoudre une blessure ainsi qu’un petit vase de crème pour détendre les muscles du chevalier. Il se retourna et déposa le tout sur la tablette en rangeant ce qu’il avait omis de ranger la dernière fois. Tout en s’effectuant, il reprit la parole, plus à l’aise maintenant qu’il se retrouvait dans son élément et enchaînait les questions, laissant tout de même un peu de temps à son interlocutrice pur lui répondre.

- Comment vous êtes-vous blessée? Cela fait-il longtemps que votre épaule vous élance? Votre bandage a-t-il été refait récemment?

Le noble, malgré les efforts impressionnants du chevalier pour le dissimuler, avait remarqué cette gêne minime lors des déplacements causée par un bandage et probablement des points qui avaient étés brisés. Selon le guérisseur, la dame devait avoir été touchée à l’omoplate lors d’un combat, puis quelqu’un devait s’être occupé de sa blessure. Par contre, elle ne devait probablement pas avoir arrêté toute activité physique exigeante, ce qui expliquait probablement sa venue car la plaie devait s’être rouverte. Une fois prêt, il s’approcha toujours en parlant.

- Je vais devoir vous demander de retirer tout vêtement pouvant nuire à l’opération et si vous vouliez bien vous mettre à plat-ventre pour que je puisse y jeter un œil.

Il se tourna vers son matériel pour ne pas gêner le chevalier et respecter autant que faire se peut son intimité. Lorsqu’elle se fut exécutée, il se retourna, un petit scalpel à la main en entreprit de retirer le bandage déjà présent. Il était taché de sang, ce qui ne présageait rien de bon. Lorsque la voie fut dégagée, il se recula un peu, l’air penseur. La plaie était vilaine et un début d’infection faisait son apparition au plus creux. Il restait quelques bout de fils sur les bordures, mais une bonne partie était guérie. Sans se retourner, il agrippa une petite bouteille d’alcool sur la tablette, en humidifiât un linge avant de dire à sa cliente, d’un ton qui se voulait quelque peu compatissant.

- Faites attention, cela risque de chauffer un peu…

Sans attendre de réponse, il approcha son linge en entreprit de nettoyer délicatement la plaie. Avec milles et une précaution, il parvint à le faire sans trop de grabuge. Néanmoins, les muscles étaient toujours aussi tendus, ce qui ne lui facilitait pas la tâche. Il reposa son linge et pris le petit vase de crème qu’il avait sorti de son étagère un peu plus tôt, l’ouvrit et en appliqua la contenu sur les épaules de la femme. Sentant son sursaut, peut-être dû à la froideur de la crème, il lui dit doucement en massant délicatement ses muscles endoloris.

- Laissez-vous aller. Cette crème devrait apaiser vos muscles, normalement vous en ressentirez les effets dans quelques minutes.

Après quelques instants, Jeönyr sentit les épaules de la dame s’affaisser quelque peu, il cessa lors de les masser et procéda à la fermeture de la plaie. De ses mains habiles, il retira les quelques bouts de corde restants et en cousu d’autres. Une fois son travail achevé, il appliqua un nouveau bandage, légèrement plus petit que le précédent, gênant ainsi moins ses mouvements. Lorsque son travail fut terminé, il se redressa en l’observant, tout semblait être en ordre…

- Et voilà dame d’Hélios. Votre blessure était profonde, vous devrez faire plus attention. Évitez les activités physiques. Demandez le moins d’effort possible à vos muscles. D’ailleurs, restez allongée un moment, le temps que votre omoplate accepte les points. Pendant ce temps, je vais aller vous faire préparer un petit repas, avez-vous faim? Je vous invite à diner. Nos cuisiniers font un travail fort impressionnant. Ne bougez pas surtout.

Sur ces mots, il se retira de la pièce et se dirigea vers les cuisines afin de faire préparer un repas pour son invitée…


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]   Lun 22 Oct - 12:01

Jeönyr avait soutenu son regard montrant d’une certaine manière qu’il ne dirait rien et donc ne craignait nullement la réalisation de sa menace. Après l’avoir rassurée verbalement, il l’incita à le suivre. Parfait, il acceptait sa demande. Sans se faire prier Irina se mit alors à le suivre comme son ombre restant toutefois à une distance respectable et aussi silencieuse que les grosses carpes de la fontaine principale de la capitale. Il sembla alors donner des consignes à une jeune femme qui s’empressa de disparaître aussi tôt surement pour faire passer les ordres qu’elle avait reçu. De temps à autre son hôte jetait de petits regards discrets en sa direction afin de s’assurer qu’Irina était toujours derrière lui. Il fallait bien l’avouer, la jeune femme n’était pas une invitée facile. Très peu bavarde, seul le bruit de ses pas dans le couloir trahissait se présence.
Jeönyr ouvrit alors un porte sur sa droite mais s’arrêta cédant le passage au chevalier tout en essayant de détendre l’atmosphère en une phrase toute convenue. Malheureusement Irina ne sembla pas se décrisper pour autant et répondit d’un simple hochement de tête lorsqu’elle passa devant lui pour répondre à sa politesse. Rien de plus.
La pièce, quant à elle, était vêtue du plus simple apparat se cantonnant au strict minimum. La chambrette respirait la neutralité dont elle se devait de tenir rigueur. D’une voix douce il montra le lit au fond de la pièce pour qu’elle s’y installe alors qu’il refermait la porte derrière eux. Jeönyr, une fois plongé dans cette intimité professionnelle, semblait plus à l’aise. Et cette confiance nouvelle qui émanait du jeune homme n’avait pas échappé à Irina. Alors qu’il s’afférait à préparer un quelconque matériel elle ne l’avait pas quitté une seule seconde du regard l’observant dans les moindres détails. Ses gestes se laissaient aller à un mécanisme habituel, une routine bien rodée prouvant une expérience déjà acquise. Se retournant vers elle tout en déposa ce qu’il avait soigneusement choisi précédemment il lui dressa alors le questionnaire usuel et précis qu’il posait à chaque patient.


- Comment vous êtes vous blessée ?
Cela fait longtemps que votre épaule vous élance ?


- Lors d’un combat il y a un peu plus de deux mois.
Elle ne s’est jamais vraiment remise depuis.


- Votre bandage... a-t-il était refait récemment ?

- Tous les matins ainsi que chaque soir.
Ma servante régulièrement m’aide à rincer la plaie à l’eau clair avant d’appliquer les bandes.


Irina ne pouvait s’empêcher d’être impressionner même si elle se gardait de le montrer. Sans grand mal le médecin avait sans doute déjà diagnostiqué ce dont elle souffrait alors qu’elle ne lui avait rien divulguer sur l’objet exact de sa venue jusqu’à présent. Se tournant à trois quart vers le matériel posait sur le chevet il lui demanda alors de se dévêtir et de s’allonger face vers le sol sur le lit. Ce fut quelque peu réticent qu’Irina s’exécuta. De nature très pudique, rare était ceux qui avaient un jour vu plus qu’il était de coutume d’apercevoir. Ce fut avec difficulté qu’elle retira sa veste puis sa chemise de lin couleur crème. Un linge lui serrait la poitrine tandis qu’un bandage grossier tenait fermement son épaule en place. Sans attendre qu’il puisse en voir de trop, la jeune femme s’allongea sans plus attendre un léger mal aise s’étant lové dans le creux de son estomac. Pour dire vrai Irina avait honte de ses formes de femme, elle n’avait jamais appris à les aimer. Alors que les filles de son âge se démenaient pour se mettre en valeur, elle faisait tout pour les dissimuler.
Irina sentait à présent que le guérisseur s’était penché au dessus d’elle. Il fit quelques gestes et le bandage céda laissant à nouveau la plaie à l’air libre. Elle l’entendit prendre un flacon sans pour autant voir ce qu’il faisait. D’une voix calme il l’alerta sur les picotements qu’elle allait ressentir. Sa phrase à peine terminée elle sentit qu’il nettoyait à présent la plaie. Irina se contracta sans en avoir vraiment conscience, pur reflexe alors que des ondes de chaleurs brulantes irradiées à présent son épaule. Encore une fois des bruits suspects. Cette fois-ci ce fut carrément un sursaut lorsque ses doigts fins étalèrent une sorte de pâte froide autour de la blessure. Encore sa voix, aussi apaisante que la crème qui agissait efficacement à présent. Elle ne sentait plus grand-chose à vrai dire. Quelques minutes passèrent silencieuses vibrante de concentration. Puis Jeönyr brisa cette atmosphère qu’il avait lui-même instauré. L’opération elle même n’avait duré plus de cinq minutes. Efficace le môme. Drôlement efficace. Il lui donna ses dernières instructions avant de sortir laissant la jeune femme seule et livrer à ses propres soins désormais.

Le temps sembla alors extrêmement long. Toujours à moitié nue Irina craignait que quelqu’un n’entre dans la pièce autre que le jeune homme et cela en l’aider pas à rester allonger. Poussant un soupir, elle tourna la tête de façon à observer la pièce plus en détails. Mais à sa grande déception elle en fit trop vite le tour à son goût. Epuré de toute fioriture elle avait donc jeté son dévolue sur la petite table de chevet ou elle arrivait à apercevoir les instruments étranges que le guérisseur n’avait pas encore prit la peine de ranger. Irina s’impatientait à présent. Et même si Jeönyr Méthus avait voulu bien faire en lui offrant pitance, elle n’aurait guère le temps de s’attarder chez lui. Son absence serait tôt ou tard démasqué s’il elle n’y fait pas attention et beaucoup trop de curieux chercherait à savoir plus qu’ils n’en leur seraient alors permis risquant de compromettre tout le mal qu’elle se donnait alors pour dissimuler ce petit détail de santé. Le jeune homme réapparut alors dans l’encolure que la porte venait d’offrir en s’entrebâillant, il s’était approché d’elle et avait inspecter le travail effectuer un peu plutôt un léger « tout m’a l’air en ordre » s’échappa d’entre ses lèvres comme s’il se le murmurait à lui même. Puis de son éternel voix pacifique il lui dit alors tout en ce reculant :


« Si vous voulez bien vous donnez la peine de vous revêtir un maigre repas est fin prêt dans le jardin.
Vous me feriez vous l’honneur de me tenir compagnie ? »

La jeune femme se releva, puis d’un de ses bras cacha sa poitrine instinctivement même si celle-ci était déjà dissimulé sous son bandage. Regardant son interlocuteur elle hocha positivement la tête alors qu’il détournait déjà son regard. Elle lui devait bien ça, lui accordait un peu de son temps ne lui coutait pas grand-chose en définitive. Une petite heure pas plus et tout irait bien. Alors que le médecin était à présent dos à elle il ajouta en se dirigeant vers la sortie une seconde fois :

« Très bien, dans ce cas je vous attends derrière la porte. »

Prenant soin de ne pas faire de faux mouvement Irina fit de son mieux pour se dépêcher. Cette fois-ci lorsqu’ils prirent le chemin menant aux jardins la jeune femme était à hauteur de son hôte. Elle semblait s’être déridée un peu mais son silence était toujours de marbre.
Traversant l’arche qui menait au petit sentier de gravillon, longeant la rangée de roseraies ils débouchèrent dans une petite alcôve à l’abris des regards indiscrets et possédant un vue imprenable sur l’océan. Une petite table avait été dressée où trônait parfaitement présentés panière de fruits frais, galettes encore fumantes, pichets et autre encas. Jeönyr l’invita à s’asseoir lui tirant la chaise de fer forgé puis prit place à ses cotés. Il lui présenta alors les produits régionaux et Irina profita d’une réponse pour lancer quelques questions hasardeuses :


« Celui-ci ira parfaitement merci bien.
Dites moi seigneur Méthus,
si je ne m’abuse vous semblez encore bien jeune pour exercer seul une discipline comme la votre.
Cependant vous possédez une habileté peu commune,
pratiquez vous depuis longtemps ? »


Ce n’était certe pas très cocasse de sa part mais ce fut la seule perche qu’elle trouva à lancer à son hôte pour amorcer une conversation à peu près potable. Il fallait dire que Mordun l’avait horriblement terni. Son sourire, illuminant tant de fois son visage habituellement, s’était rouillé, ses yeux d’émeraude ne reflétaient plus les étoiles qui y avait un jour tant brillées, sa malice légendaire semblait s’être éteinte pour y être remplacer par un profond désarroi. Mais pour une fois depuis qu’elle était arrivée, en compagnie du jeune homme, les rayons du soleil semblait avoir retrouvés un peu de leur chaleur. Qui sait peut être feront-ils fondre, ne serait-ce qu’un petit peu, cette maudite carapace dans laquelle Irina s’est réfugiée…



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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]   Mar 23 Oct - 22:53

Le noble attendit patiemment que la demoiselle se revêtît, appuyé doucement contre la porte, la tête dans les nuages. Lorsqu’il senti la porte s’ouvrir derrière lui, il se redressa aussitôt, se dégageant du chemin du chevalier. Il la conduisit au travers du domaine familial jusqu’à une petite table dressée dans un lieu quelque peu isolé et ayant une magnifique vue sur l’océan. Alors que la dame prenait place sur la chaise que Jeönyr avait courtoisement tirée, un goéland passa à quelques mètres de l’endroit, attiré par la nourriture probablement, mais en voyant les personnages, il bâtit en retraite aussi vite que ses ailes le lui permettaient. Le guérisseur eut un bref sourire à cette vue avant de prendre place lui-même à table. Autour de ce petit encas, ils conversèrent quelque peu avant que le chevalier se décide à lui lancer quelques questions, tentant un rapprochement que le noble ne rejeta nullement. Cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas diverti quelque peu et sa compagne actuelle semblait s’être quelque peu détendue depuis son arrivée. Il lui répondit donc, un sourire aux lèvres et en tentant de garder autant que possible l’assurance qu’il avait eu lors de l’opération.

- Sans… Sans vouloir vous offenser, je pourrais vous retourner le commentaire. C’est une chose d’être chevalier, cela en est un autre d’être parmi les cinq…surtout aussi jeune. Vous devez être extrêmement douée… Mais néanmoins, cela ne répond pas à votre question et quel hôte serais-je si je vous laissais dans l’ignorance? Je pratique depuis mes dix ans…enfin…je…j’ai commencé à apprendre le métier à cet âge. Personne ne voulait laisser un gamin s’occuper de leurs blessures...J’ai donc appris mon métier au fil des années, mais il faut dire que j’ai toujours eu un certain… talent naturel pour ce genre de chose.

Alors qu’il terminait sa phrase, Roland vint à leur rencontre avec un plateau portant deux grands verres d’une boisson à base de fruits fraichement pressés qu’il déposa sans un bruit sur la table avant de se retirer. Décidément, les cuisiniers n’y étaient pas allés de main morte. Il semblait au guérisseur qu’ils déployaient tout ce qui était envisageable pour plaire à l’invitée surprise qu’il recevait aujourd’hui. Ou peut-être profitaient-ils du fait que leur employeur mange enfin de manière convenable. Néanmoins, le noble prit le breuvage qui lui était destiné et le levant aux niveaux des yeux, il prit la parole à nouveau.

- À votre santé, puissiez-vous vous rétablir rapidement et sans soucis.

Sur ces brefs mots, il prit une grande gorgée de l’agréable boisson tandis qu’il cherchait un nouveau sujet de conversation.

- Dites-moi, vous vous habituez bien à votre nouvelle ville? J’ai entendu dire que vous étiez de Meniev? J’imagine qu’il n’est pas aisé de s’accoutumer à un tout nouvel environnement sans réel contact préétabli. Les conseillers de la reine ne vous ont pas trop fait la vie dure au moins? Il y a quelques rumeurs qui voudraient que votre arrivée ne leur ait pas plu. Ainsi, si je puis me permettre un conseil…ne, ne baissez pas votre garde.

En terminant, le noble se rendit compte qu’il avait peut-être exagéré. Il se reprit donc, en balbutiant.

-Enfin, ce…Ce n’est que mon opinion… Et…Et après tout, ce ne sont que des rumeurs.

Jeönyr se tut ensuite, certain d’avoir fait une erreur et attendit quelque peu afin de voir si son interlocutrice le lui pardonnerais.

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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]   Mer 24 Oct - 11:47

Irina esquissa alors un maigre sourire toutefois on ne peut plus sincère. Jeönyr était un passionné. Il était encore vraiment bon de converser avec ce genre de personne. Il aimait profondément son métier et la jeune femme comprit alors pourquoi elle avait ressentit chez lui autant d’assurance venant de sa part dans la petite chambré. Car à présent même s’il voulait se montrer sûr de lui, son trait un de caractère un poil timide avait reprit le dessus et laisser paraître quelques hésitations dans son élocution.
Puis ses sourcils s’étaient alors froncés sur son visage trahissant une légère inquiétude. Comment cela se faisait-il que son interlocuteur soit déjà aux nouvelles de son intégration de la Guilde des Cinq ? Son père avait prit le soin, en accord avec la Reine, que la cérémonie soit la plus discrète possible et surtout que personne ne soit au courant de venue dans sa célèbre guilde. Elle avait eut alors ordre d’elle-même d’éviter de mentionner ce fait autant que possible. Et un médecin qu’elle venait tout juste de rencontrer était informé de ce détails si bien gardé ? Plongeant avec une intensité vibrante ses yeux dans les siens, s’immergeant en profondeur dans ses pupilles comme si elles étaient des fenêtres donnant accès à son âme, elle répondit :


« Parfois lorsqu’on tient à quelque chose, ou quelqu’un, plus que sa propre vie, on réalise des exploits qu’on aurait jamais cru possible.
Disons que ma bravoure doublée de persévérance a été l’une des clés qui m’a permis d’accéder à la place à laquelle je suis aujourd’hui. »

Alors qu’elle allait le questionner sur le comment du pourquoi il savait à son sujet pour la guilde, le jeune garçon de maison apparut avec des boissons. Irina se retenu alors tout commentaire tandis que son hôte trinquait à présent à sa santé et son rétablissement. Elle l’accompagna de bon cœur alors qu’il reprit en main la conversation. Alors ça ?! Jeönyr en avait dit plus long qu’il ne l’aurait voulut au plus grand plaisir de la jeune femme. Alors comme ça il soupçonnait l’entourage de la Reine. Cet avis soulagea Irina d’un grand poids même si son interlocuteur sembla alors très soucieux de sa futur réaction ce qui amusa quelque peut notre demoiselle.
Ce fut alors, après quelques secondes d’attente car plus le temps semblait passer plus le jeune homme semblait s’en vouloir d’avoir parlé si vite sans connaître les positions de son invitée et de son point de vue Irina - d’un naturel taquin- trouvait ça assez drôle, que d’une voix dans un premier temps lourd de reproches pour se jouer un peu plus de lui qu’elle lança :


« C’est en partie exacte seigneur Methus. J’ai, aussi loin que mes souvenirs me permette de fouiller dans ma mémoire, toujours vécut dans le royaume de Meniev.
La demeure de mon Père se trouve à l’intérieur des terres, le climat y est plus rude qu’ici.
En ce qui concerne les conseillés royaux…,

Irina s’arrêta un instant n’en pouvant plus de garder son sérieux face au visage affreusement crispé de Jeönyr
alors que ses épaules prient de sursauts convulsifs trahissaient sa réaction à venir,
elle explosa soudainement de rire à gorge déployer.
Une fois calmée alors son compagnon semblait soudainement perdu, elle continua :

… ses vieux bougres séniles ne me laissent jamais tranquille, toujours à m’épier comme si j’étais un bête de foire !
C’est assez désagréable et fatiguant je dois dire. »

Elle avait alors parlé de bon cœur et cela lui fit un bien fou. Pouvoir se confesser de ses sentiments qui lui pesaient déjà depuis des semaines était une sorte de libération. Jamais elle n’aurait su en toucher mot à son amie royale ne sachant comment aborder se sujet délicat et Jeönyr, même si elle le connaissant depuis seulement aujourd’hui, avait confiance en lui. Ce garçon était un homme bien. Et Irina se trompait rarement sur les gens.
Se rapprochant de lui de façon à ce que ses mots soient les plus discret possible elle ajouta sur un ton complice :


« De vous à moi je pense aussi qu’il y ai anguille sous roche,
puis se reculant de façon à se réinstaller confortablement dans son siège elle lança simplement,
de toute façon comme l’adage le dit si bien il n’y jamais de fumée sans feu. »

Les deux jeunes gens conversèrent alors pendant un bon moment. Irina le questionnant sur son métier, ses projets d’avenir alors qu’elle s’occupait de répondre à ses curiosités sur la vie à Meniev, sa vie d’avant. La jeune femme ne pouvait alors s’empêcher de penser à Gregorist et ses émeraudes se voilait de nostalgie sans qu’elle ne puisse rien y faire. Le vieux cloché sonna alors les huit coups sonores annonçant l’heure exacte. Il était temps pour la jeune femme de s’éclipsait. La journée s’annonçait être encore longue et éreintante mais pour une fois depuis longtemps Irina ne s’était pas sentit aussi bien. Cela ne faisait pas plus d’une heure qu’elle tenait compagnie à son hôte et se fut avec le regret de ne pouvoir rester qu’elle se leva et lui dit :

« Vous me voyez vraiment navrée de ne pouvoir finir ce délicieux encas en votre agréable compagnie.
Mais les devoirs sont ce qu’ils sont qu’ont les apprécie ou non, je me dois de les remplir,

un triste sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’elle continua,
en tout cas je vous remercie sincèrement de votre hospitalité.
En ce qui concerne la note pour votre prestation faite venir une missive à mon intention
et je m’assurerai que la somme vous soit revenu de droit je vous en donne ma parole.
En espérant vous revoir en d’autre circonstance monseigneur, passez une bonne journée. »

Irina avait reprit l’attitude frigide des premiers instant ou elle l’avait rencontré un peu plus tôt dans la matinée, cependant quelque chose avait changé dans son regard comme si la flamme de son âme brillait un peu plus fort à présent. Alors qu’elle avait tourné les talons et se trouvait à présent au bout de l’allée couverte de gravillon elle s’arrêta et demanda d’une voix assez forte pour que Jeönyr l’entende :

« Une dernière chose Seigneur Methus, comment avez-vous su pour les Cinq ?
Personne à part sa bienveillante Majesté en personne n’est au courant ici. »

Écoutant attentivement la réponse de son nouvel ami Irina sourit puis disparut totalement dans le dédale de couloir ramenant au grand portique. Discrète et sans la moindre hésitation elle sortit de l’immense demeure réfléchissant au futur mensonge qu’elle allait bien servir pour ses charognards de nobles qui l’attendaient déjà surement à la cour. Elle avait revêtu le masque invisible camouflant à la perfection la moindre de ses émotions, elle retournait sereinement au palais désormais.



Way of life - OST The last samuraï



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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]   Jeu 25 Oct - 23:22

HRP: Post de fermeture ^^

Le guérisseur écouta poliment la demoiselle lui répondre, elle semblait tout aussi passionnée par son métier que lui. C’était une bonne chose de savoir que le chevalier favori de la reine avait une bonne motivation et un esprit vaillant. Néanmoins, c’est d’un air remplis de reproches qu’elle lui répondit au sujet de sa vie passée et à ses inquiétudes sur les conseillers. Jeönyr se maudit intérieurement d’avoir parlé si vite, peut-être était-elle en harmonie parfaite avec eux? Bien que cela fût fort improbable, cela restait une possibilité. Le médecin cherchait paniqué une raison pour justifier ses propos lorsque le chevalier éclata de rire et prit un air plus enjoué en poursuivant et le noble l’écouta, déconcerté et ébahi par ce rire soudain. Elle ne semblait pas être la même femme qu’un peu plus tôt, mais Jeönyr ne sut décrire ce qui avait changé. Ils poursuivirent ainsi leur discussion, parlant de sujets divers alors que le temps s’écoulait doucement.

Au bout d’un certain moment, son interlocutrice lui annonça qu’elle devait le quitter pour vaguer à ses occupations. Elle fit aussi mention d’une note et elle conclut en lui disant qu’elle espérait le revoir en un contexte plus favorable. C’est donc en pensant à ses propres devoirs que le noble lui répondit de manière courtoise.

- Ne vous inquiétez pas pour cela gente dame…ce…ce fut des moments forts agréables passés en votre compagnie… Et pour ce qui concerne cette…note, oubliez-donc. J’ai longtemps eu pour discours que la première consultation était gratuite. De plus, c’est toujours un plaisir de venir en aide à… à ceux dans le besoin. Sur ce, passez, vous également, une agréable journée mademoiselle.

Alors qu’elle s’éloignait, elle posa une toute dernière question, à laquelle le noble répondit de manière toute aussi courtoise.

- On… On peut dire que j’ai des contacts… Et à ce propos, je crois que cela pourrait vous intéresser de savoir qu’il y a quelques nobles de votre côté.

Une fois qu’il eut fini de parler, le chevalier quitta définitivement la demeure des Methus. Laissant le guérisseur seul devant la petite tablée. Il prit une pomme dans un panier devant lui et c’est en croquant lentement ce fruit qu’il laissa son regard aller dans l’océan. L’esprit rêveur jusqu’à ce que Misaël jappe de nouveau, annonçant l’arrivée d’un nouveau visiteur. Quelques minutes plus tard, Roland vint le trouver et lui annonçant de sa voix claire qu’il était attendu à l’entrée. Jeönyr soupira doucement en se levant, prêt à commencer une nouvelle journée interminable.


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Chapitre 1: Rencontre forcée. [Pv Jeönyr Méthus]

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