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 Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]

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Noble d'Ekalesias
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MessageSujet: Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]   Lun 12 Nov - 15:15

Année 687, 16ieme jour du mois d’aout.

Le voyage vers Ekalesias paru perdurer pendant des siècles au jeune noble, même s’il n’avait duré que quelques jours. Le médecin était resté le plus possible à l’écart de l’équipage, tout particulièrement loin de l’amiral. Non pas qu’il lui en voulu d’avoir tué son oncle, mais il se sentait coupable de l’enlèvement. Il avait été utilisé comme outil et avait rendu cette opération possible, pour cela, il s’en voulait. Il aurait dû se méfier de cet intérêt soudain de son père pour la marine d’Ekalesias, il aurait dû se méfier des visites fréquentes de ses oncles et des longues discussions qu’ils avaient eues avec son père. Et sa mère dans tout cela? Avait-elle été mise au courant? Ses tantes? Ses cousins, cousines? Tellement de questions assaillaient son esprit et il avait besoin de temps pour se clarifier les idées. Dès qu’il en avait l’occasion, le médecin s’isolait afin de lire les papiers qu’il avait récupérés dans le navire de son oncle. Il apprit ainsi que les cinq frères qui étaient ses oncles et son père s’écrivaient depuis longtemps et planifiaient cette opération depuis presque aussi longtemps et que ce dernier n’était que la première phase d’un complot encore plus vaste.

En effet, la famille visait à s’emparer de Mordun. En premier lieu, ils avaient visé l’amiral afin de désorganiser les troupes maritimes de la ville, ce qui devait leur faciliter la tâche par la suite. Deuxièmement, ils allaient retrouver leur troupes dans un repaire quelconque, les lettres en faisaient souvent mention, mais sans jamais révéler son emplacement. Troisièmement, ils devaient envoyer quelques assassins pour éliminer d’autres hauts gradés, sans prendre la peine de les enlever cette fois, chose assez curieuse, mais l’amiral avait probablement fait quelque chose de particulier qui avait courroucé les traitres. Et finalement, ils planifiaient une infiltration massive de mercenaires dans la ville et un assaut sur le château. L’opération couterait surement cher à ses commanditaires, mais les Methus possédaient les richesses nécessaires pour effectuer tout cela. Néanmoins, Jeönyr avait mis la main sur une partie de leur secret, bien qu’il ne puisse pas confirmer ces informations, les lettres troublaient profondément le médecin, qui ne savait que faire, devait-il alerter l’amiral et ruiner la réputation de sa famille ou en garder le secret et courir la chance de voir Mordun aux mains de ses oncles?

Il fit toute fois tout ce qu’on attendait de lui sur le navire, en échangeant parfois quelques mots, mais en se contentant de quelques hochements la majorité du temps, évitant les regards et agissant le plus possible seul. C’est ainsi qu’après ce périple sur les mers que l’équipage arriva finalement au port de Mordun. Le navire fut rapidement amarré et l’équipage s’affaira à faire ce qui était nécessaire pour que le tout se déroule sans problème. Une fois leur tâche terminée, les marines se dispersèrent dans le port.

Perplexe, le médecin ne savait quoi faire. Était-il supposé suivre les marines ou rester sur le navire? Devait-il retourner chez lui? À cette seule idée, il se senti de nouveau envahi par un profond sentiment d’amertume. Son père serait-il présent? Que lui dirait-il? Et sa mère? Non, il ne pouvait se risquer à retourner chez lui pour le moment. Il se retourna observant le navire quelques instants, mais en n’apercevant personne, il se retourna vers la cale et s’approchant de l’endroit qu’on avait désigné comme un genre de petit bureau pour le médecin afin qu’il puisse guérir les marines. Il entra dans la pièce et refermant le porte, il s’affaira rapidement, rependit quelques objets au travers de la pièce puis fit mine de les ramasser tout aussi lentement que possible alors qu’il réfléchissait à ce qu’il devait faire pour retarder le plus possible le moment où il aurait à quitter le bâtiment. Il se retournait régulièrement, croyant à tout moment entendre des pas qui approchaient et s’attendait à tout moment à voir un des membres de sa famille surgir pour l’attaquer.

Les sens à vifs et nerveux comme faire se peut, il échappait souvent, sans le vouloir, les objets qu’il ramassait, le ralentissant d’autant plus. Après avoir ramassé et étendu ses effets de nombreuses fois, il arrêta de bouger et se concentra sur les sons ambiants. Rien. Le silence régnait sur le navire. Il décida donc de relire une dernière fois les lettres qu’il avait récupérées en tentant de mettre tout cela au clair et se calmer un peu. Il les sortit toutes et se dirigeant vers une petite table, il les disposa en ordre chronologique. Ouvrant la plus ancienne lettre, il en commença la lecture.

Année 686, 23ieme jour du mois de décembre, missive adressée à Sanrell Methus

Mon cher frère, comme convenu, j’ai aujourd’hui rencontré notre nouvel associé. Ses hommes sont prêts à agir, il nous suffit de lever le petit doigt pour qu’ils débarquent. Dans peu de temps, la capitale nous appartiendra. Je me méfie toute fois de Tholodan, il est prompt à la colère et agit comme il lui plait. Il est impatient, mon frère, et si cela ne tenait que de lui, nous aurions déjà lancé l’assaut contre Mordun. J’ignore toujours pourquoi Victor l’a impliqué dans cette histoire, j’aurais dû rencontrer notre allié seul, cela nous aurait évité de nombreux ennuis. Selon la missive qu’il m’a transmise, ton fils ne devrait plus tarder à nous rejoindre, il travaille toujours dans le château, il tâte le terrain et le prépare pour notre arrivée. Ivastan a déjà gagné la confiance des nobles de l’endroit, il est libre d’aller où bon lui semble, d’ailleurs, il devrait nous transmettre très bientôt un plan détaillé du palais et de ses environs immédiats. De leur côté, mes fils m’ont déjà envoyé leur plan de la ville, bien entendu, nous aurions pu nous en procurer un ailleurs, mais les garçons ont toujours eut l’œil pour remarquer les détails. Mon scribe est présentement en train de copier le plan, il t’en sera remis un exemplaire, ne le perd pas. Nous n’avons toujours aucune nouvelle de Victor, il doit revenir de Berill dans quelques jours, espérons que tout a été pour le mieux là-bas. J’aurais normalement dû recevoir un message de sa part, je trouve cela franchement inquiétant, mais le connaissant, il est apte à se sortir de n’importe quelle situation, il devrait nous faire signe bientôt.

Par la bourse et le sang, Volenthas Methus


Et il passa à la suivante, relisant toutes les lettres retrouvées dans la navire de son oncle, espérant déceler un élément qui lui aurait échappé lors de ses précédentes lectures, complètement absorbé dans sa lecture, il ne prêta naguère attention à ses alentours...



Dernière édition par Jeönyr Methus le Ven 16 Nov - 0:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]   Jeu 15 Nov - 13:27

Durant tout le voyage, les apparitions de Jeönyr s'étaient faites très rare... Sven avait ordonné expressément qu'on le laisse en paix afin qu'il puisse faire le point pendant le trajet. Ce que venait de vivre le petit noble n'était pas une chose facile, surtout à son âge et encore plus quand le sujet touche ce que l'on a de plus chère, la famille. Cette mission de sauvetage avait été d'une intensité importante pour tout le monde aussi bien Jeönyr que l'équipage et le Baron qui lui s'était tout juste remis de cette péripétie. Cependant, il n'éprouvait aucun scrupule à avoir tué l'oncle du petit Guérisseur, le devait-il vraiment ? Peut-être un peu, après tout il aura très bien pu l'épargner et laisser la justice décider de son sort. D'un autre côté, la Justice s'est aussi un peu lui du moins son statut d'Amiral de la Flotte d'Ekalesias lui accorde quelques avantages dont il aime bien profiter. Après tout pourquoi ne le pourrait-il pas de temps en temps. Il n'est pas rare que son entourage ou le peu de personne qu'il fréquente lui reproche d'être trop strict et trop insensible, mais il aime leur répondre qu'il ne serait pas l'homme qu'il est aujourd'hui s'il ne s'était pas imposé sa propre ligne de conduite. Malheureusement, les rancoeurs du passé rendaient son âme un peu plus sombre chaque jour, le rendant toujours un peu plus froid et sans coeur envers ceux qu'il considère comme ses ennemis, oui il y a les Pirates, mais pas seulement la liste est longue et ne cesse pas de s'allonger un peu plus au fur et à mesure que le temps passe.

De son côté, Sven se tenait souvent sur le pont du navire aux côtés d'Anna observant l'équipage s'activer afin que le trajet se déroule dans les meilleures conditions possibles. En observant l'équipage, il était facile de se rendre rapidement compte qu'ils étaient tous très bien organisés, on était loin du chaos pouvant régner sur certains bâtiments pirates, voilà donc toute l'organisation militaire de la Marine ? En y repensant, si toute la Marine s'avère être formée de la même manière, les batailles navales doivent prendre des tournures souvent désastreuses pour les quelques malheureux voulant s'aventurer sur leur terrain où peut-être bien que non, une chose est sûre personne n'a véritablement osé s'aventurer près des côtes de Mordun surement par crainte de se faire couler aussitôt par l'armada d'Ekalesias, crainte fondée pour beaucoup sur de simples rumeurs ce qui suffisait amplement pour que personne ne s'y risque. Néanmoins, Arrenadd avait cependant mentionné la probabilité que l'Alliance de Jade s'en prenne à la Capitale, oserait-il vraiment faire face à son ainé dans une telle confrontation ? Non, son cadet ne prendrait pas le risque de laisser un autre que lui mettre à un terme à sa vie. Un bon point étant donné qu'il ne tenterait pas le diable, Mordun serait tranquille un moment bien que le danger plane sur toutes les principautés constamment.

Quand le vaisseau amarra sur le port, Sven laissa Anna se charger des dernières directives afin que l'équipage décharge les quelques broutilles amassées durant la mission, bien entendu l'équipage ne revenait jamais les mains vides. Armes et caisses de nourritures étaient ramassées sur les Navires vaincus où même dans les endroits où la marine était mandatée. Attention ! Contrairement aux pirates ils ne volent personne et ne pille pas les villageois, la Marine se contente de ramasser ce qui ne servira plus à leur opposants. De son côté, l'Amiral regagna son bureau afin d'y régler quelques détails administratifs, à l'occasion il devrait aller parler à Jeönyr il le savait, mais préférait attendre encore un peu. D'après l'homme, le noble n'était pas prêt à moins qu'il ne le soit pas lui non plus. Une fois que tout le monde avait fini de décharger le navire, les marines se dispersèrent dans le port, après tout ils avaient bien mérité une petite pause après autant de péripétie en si peu de temps. Sven se posa pendant de longues minutes dans ses quartiers, vacant à ses occupations paisiblement ou presque, il détestait au plus haut point toute cette paperasse administrative qu'il reffourguait en général à Anna qui aimait passer du temps à remplir divers dossiers. Un silence impressionnant avait pris place à bord du navire, il n'y avait plus personne à l'exception de l'Amiral qui se dirigeait désormais vers la sortie de son bureau, Double lame à la main.

Soudain, un bruit vint alors attirer son attention. Visiblement, il n'était pas seul sur le navire peut-être qu'un marin était resté lui aussi sur le navire pour terminer quelques tâches, le bruit se répéta alors plusieurs fois dans le fond du navire, plus précisément dans le petit local ou avait pris place le petit noble afin de s'occuper des blessés durant le voyage. Il s'arrêta alors un instant fronçant les sourcils, l'Amiral se concentra une nouvelle fois pour tenter de capter un nouveau son pouvant émaner de la pièce, mais il n'y avait plus rien, le vacarme avait cessé qui pouvait bien être encore sur le bâtiment alors que tout le monde était parti ? L'immense silhouette du Baron se dessina derrière la porte, sa main approcha lentement de la poignée avant de la tournerdélicatement pour entre-ouvrir cette dernière et jeter un rapide coup d'oeil. Il put alors voir le petit noble encore présent, concentré dans une intense lecture il ne prêta même pas attention à l'arrivée quelque peu inattendu de son supérieur qui poussa un peu plus la porte pour entrer dans la pièce, penchant légèrement la tête pour entrer il ne fit pas un bruit préférant l'observer un peu et attendre qu'il le remarque. Mais après plusieurs secondes, voyant qu'il ne l'avait toujours pas remarqué Sven s'avança un peu plus jusqu'à ce que son ombre vienne troubler la lecture du petit homme. Après avoir attendu qu'il relève la tête, il se décida à prendre la parole en premier :


« Alors petit, tu n'es pas rentré chez toi ? Après cette mission quelque peu éprouvante. » Sven sentait que Jeönyr était travaillé par quelque chose, il ne fallait pas être aveugle pour s'en rendre compte ! « Je ne t'ai pas dérangé durant le voyage par simple respect, mais je pense que maintenant une discussion entre nous s'impose. C'est le moment de vider ton sac petit, je ne t'en tiendrais pas rigueur... Pour cette fois uniquement, alors profites-en. Et qui sait ?! Peut-être que je pourrais t'aider à y voir plus clair. » Pour finir Sven s'adossa alors contre le bureau en attendant une réponse de son interlocuteur, quand il prêta attention du coin de l'oeil aux lettres se trouvant sur la table, étrangement il n'en avait pas fait mention auparavant. Est-ce qu'il cherchait à lui cacher quelque chose ? Bonne question...
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MessageSujet: Re: Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]   Ven 16 Nov - 21:42

Année 687, 14ieme jour du mois de janvier, missive adressée à Sanrell Methus

Cher frère, nous devons attendre encore un peu avant de lancer notre opération. Mes agents m’ont informé d’une hausse des activités des marines dans le secteur et il est impératif de ne pas se faire prendre la main dans le sac. Les affaires à Berill ne se sont pas exactement déroulées comme prévu, notre associé n’est pas l’homme le plus discret qu’il soit. Nos échanges ont fini par attirer l’attention des gardes, mais fort heureusement, quelques acolytes les ont distraits pendant que nous dissimulions toute chose suspecte. J’ai par la suite dut faire profil bas pour un moment, d’où l’absence de nouvelles, mais ne t’en fait pas, tout est en place. Bientôt, nous marcherons sur la capitale et nous serons rois.

Par la bourse et le sang, Victor Methus


Ses trois oncles étaient impliqués de manière irréfutable dans cette histoire, il lui était impossible d’en douter, malgré tout ce qu’il aurait préféré croire. Ils avaient trahi le royaume d’Ekalesias, ils avaient trahi la reine et il l’avait trahi lui. Il savait aussi qu’Ivastan, Saubrath et Oldasir travaillaient pour le compte de leurs pères à Mordun et aux dernières nouvelles, ils s’y trouvaient encore. C’était peut-être pour lui l’occasion de trouver des réponses. Il fouilla donc dans le tas de lettre qu’il avait récupérées et en sorti la plus récente. Il en commença la lecture

Année 687, 1ier jour du mois d’aout, missive adressée à Sanrell Methus
Cher oncle, votre plan a fonctionné. L’amiral de la flotte ainsi que son vice-amiral manquent à l’appel, sans leurs dirigeants, la marine ne tardera pas à se désorganiser. Encore un peu de patience et la ville sera à nos pieds. Vous pouvez vous rendre comme convenu en Lathorie pour apprécier votre prix, le privilège de trancher la tête du grand amiral Hilern. Puissiez-vous apprécier votre douce vengeance et n’oubliez pas de ramener votre trophée.

Par la bourse et le sang, Oldasir Methus


Les Methus étaient-ils tous impliqués dans cette histoire? La chose était possible, mais pourquoi Jeönyr ne l’avait-il pas été? La chose le tracassait, apparemment, il ne s’était pas prouvé apte à faire partie de leur complot. Enfin, il l’avait été d’une certaine manière, à son insu. Le médecin soupira, désespéré en prenant une autre lettre, il en lu les premières lignes, comme les autres, elle était adressée à Sanrell. Mais tandis qu’il la parcourait des yeux, une ombre vint troubler sa lecture, celle d’un homme. Surpris, le noble porta rapidement la main à sa ceinture, empoignant son pistolet en se retournant rapidement, prêt à sortir son arme et faire feu et de l’autre, il déplaça les lettres, voulant maladroitement les dissimuler. Il leva la tête et en reconnaissant l’amiral, il relâcha son fusil et se détendit quelque peu. Il passa son autre main dans son visage et ferma doucement les yeux, s’imaginant avoir fait feu sur son supérieur. Il chassa cette idée de son esprit lorsque le colosse s’appuya sur le bureau.

- Je… Je vous remercie de…de cette… attention… Je… Mais…

Long soupir, il en profita pour se mettre les idées en place et poursuivit.

- Je… Vous…Vous… Mon… Mon oncle n’était pas seul dans cette histoire… Je… Ce sont quelque unes des lettres qu’il a reçu de ses frères… Ils… Ils veulent s’emparer de Mordun… Mes cousins travaillent dans la ville… Je ne serais pas étonné d’apprendre qu’ils ont… acheté certaines personnes d’importance… Le… Les mercenaires qui sont responsables de…de votre enlèvement sont à leur service. Votre… Votre absence devait désorganiser les marines et puisque le vice-amiral se lancerait sans doute à votre recherche, les troupes d’Ekalesias devaient manquer de discipline… Ils… Ils ont employé de nombreux agents un peu partout dans le Kandor… Je… je crois qu’ils veulent renverser la reine… Mais… Vous…Vous êtes là… Tout ira bien n’est-ce pas?

Il détourna le regard, observant les lettres… Aller bien, cette idée était ridicule, tout irait de travers. Les Methus, sa famille, étaient des traitres et ils devraient en être punis en conséquence. Quel était le châtiment pour les traitres? Selon la marine, ou l’amiral, la mort était le sort qui les attendait. Sa famille était-elle donc condamnée? Fort probable… Cependant, rien n’impliquait ses cousines et ses tantes pour le moment… Mais Sanrell s’était toujours éloignée le plus possible du genre féminin. Il n’avait pris épouse que pour procréer et il avait toujours traité sa fille comme un homme, d’où son comportement qui différait de l’habituelle noblesse féminine. Le médecin releva les yeux vers l’amiral, attendant mal à l’aise sa réponse. Réalisant, avec un certain déclic, que l’amiral avait vu les lettres et qu’il les avait peut-être entre lues, il les traina vers son supérieur en poursuivant, tout aussi mal à l’aise.

- Jetez-y un œil si ça vous chante… Enfin… Vous… vous savez lire?

D’autant plus mal à l’aise, il regretta quelque peu ses mots, il craignait d’avoir offensé le colosse. Mais, logiquement, il se devait de remplir de la paperasse en tant qu’amiral et il doutait que cela soit possible sans qu’il sache lire…


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MessageSujet: Re: Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]   Sam 17 Nov - 14:25

Visiblement, le petit noble était encore un peu sur les nerfs d'où cette réaction visant à mettre en joue Sven qui était entré dans la pièce sans dire un mot. Comprenant malgré tout la situation, il ne bougea pas préférant le laisser rengainer lui-même son arme paraissant un peu gêné d'avoir pointé son arme sur lui. N'y prêtant pas plus que ça attention, l'Amiral se posa sur le bureau tranquillement en attendant que le petit Guérisseur daigne prendre la parole. Probablement perturbé par l'irruption de son supérieur dans la pièce, mais aussi par les lettres qu'il était en train de parcourir, il lui fallut un court instant pour se remettre les idées en place et reprendre un minimum de sérieux afin de tenter tant bien que mal de donner quelques explications. Ce que lui apprenait le petit homme n'avait rien d'étonnant, il aurait été étrange que ce complot des Methus ne vise que l'ainé des Hilern. Un passage fit sourire Sven, désorganiser les marines ? Etait-il vraiment aussi stupide pour tenter de dissoudre des militaires régies par des années de discipline sous le commandement de Sven ? Bien sûr, ce n'était pas le plus puissant être sur cette terre, mais l'impact qu'il avait sur les siens n'étaient pas négligeable et ne serait pas si facile à briser. Manquer de discipline ? Visiblement non, en arrivant la ville n'était pas en feu et sur le port régnait le calme habituel des marins qui s'y activent. De nombreux agents dans tout Kandor ? Les choses sont visiblement plus complexes qu'il n'y paraît. Mais comme tout le monde le sait, chaque problème à sa solution et l'Amiral en tant que fin stratège avait déjà plusieurs idées sur la manière dont il combattrait cette menace venant de l'intérieur.

Bien sûr, il était là et tout irait bien, penser le contraire reviendrait à mettre en doute ses compétences. Préférant garder temporairement le silence, il observa Jeönyr détourner le regard en direction des lettres avant d'adresser une dernière fois la parole à l'homme qui s'était adossé contre le bureau. S'il savait lire ? Sven était Baron du Duchet du Faucon ce qui implique un apprentissage rigoureux de la lecture et de l'écriture entre autre. Décidément, le petit homme se fait un peu plus maladroit chaque minute, mais une nouvelle fois à quoi bon lui en tenir rigueur ? Pour une fois Sven préféra opter pour la diplomatie afin de l'aider à reprendre confiance et de redevenir celui qui a voulu intégrer la Marine il y a de ça quelques semaines, il faut dire que son entrée avait été plutôt mouvementée et un peu brusque, mais rien de tel pour savoir tout de suite ou l'on met les pieds. Sven se releva alors lentement plantant son arme dans le sol en bois du navire afin de ne plus avoir à la tenir, cette dernière se planta plutôt facilement, indéniablement le Colosse avait reprit du poil de la bête ce qui était un bon signe aussi bien pour lui que pour le déroulement de certaines choses qui n'allaient pas se faire désirer très longtemps.


« Je suis là en effet, si tout ira bien ? Je ne sais pas et je pense que tu ne le sais pas vraiment non plus, il est inutile de s'en convaincre sachant qu'on ne peut pas tout prévoir malheureusement, ce sont les aléas de la vie. Mais je préfère tout de même penser qu'un homme peut arranger les choses qui paraissent souvent pour beaucoup impossible si on lui en donne les moyens. » Où voulait-il en venir ? Tentait-il de convaincre Jeönyr de quelque chose ? Probablement ! Dans sa tête se mettait en place toute une série de plan pour contrecarrer cette machination pouvant s'avérer gênante pour le trône d'Ekalesias. Levant les yeux au ciel, il soupira à son tour avant de reprendre son petit discours sur un ton un peu plus amusé pour changer de son air normalement froid et strict : « Crois-tu que si je ne savais pas lire ou même écrire, je serais où je suis maintenant ? Il ne manquerait plus qu'un illettré dirige une des plus grosses flotte du Continent. Et puis au final qui serait capable de mettre en place de si belles stratégies pour botter le cul à tous ses incapables. » Il finit sur ses paroles en serrant le poing brusquement, dans sa tête défilait tellement d'images toutes plus sombres les unes que les autres, mais comme tout être on a tous notre fardeau à porter.

Il vint alors se placer droit devant le Noble, l'observant d'un regard l'espace d'un instant presque inquiétant, il était difficile de savoir ce qu'il avait en tête à ce moment. La solution était déjà toute trouvée concernant les récents évènements, restait à savoir s'il accepterait ou non la proposition qu'allait lui faire son supérieur, un homme de main parmi les Marines pouvait être intéressant, puis il ne serait pas obligé de subir les colères de Sven sur le Navire ce qui était aussi un bon point que beaucoup aurait aimé ne pas endurer.


« Bien petit, je vais te proposer quelque chose. Je ne peux pas me charger de toute cette affaire sans alerter les autorités supérieures et semer le chaos dans tout Mordun, ce qui est je pense compréhensible même pour un jeune homme comme toi. Toutes ces lettres ne m'intéresse pas vraiment, je n'ai pas la tête à m'occuper d'un petit groupe de joyeux lurons aux tendances suicidaires. » Il retira alors l'une de ses bagues qu'il déposa sur la table. « Cette bague porte le sceau de la famille Hilern, elle est capable de t'ouvrir plusieurs portes là où d'autre se verrait dans l'obligation de rebrousser chemin. Bien entendu, cette bague a un prix... J'accepte de faire de toi un Marine un peu spécial à condition que tu réussisses à faire tes preuves en éradiquant toute trace de ce complot visant à nuire notre belle Principauté. J'aimerai bien entendu moi-même me charger de toute cette affaire, mais je ne pense pas pouvoir faire preuve d'assez de discernement pour ne pas mêler l'ensemble de ta petite famille à cette sordide affaire. Il va de soi que je t'offrirais de quoi t'aider dans tes démarches. Qu'en penses-tu ? Et surtout que comptes-tu faire Jeönyr. Tu as toutes les cartes en main désormais, mais n'oublie pas qu'elle est ta place et ne pointe plus jamais ton arme sur moi si tu ne veux pas finir comme tes prédécesseurs. »
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MessageSujet: Re: Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]   Sam 17 Nov - 21:58

Le colosse planta d’un mouvement habile son arme dans une des planches de bois qui composaient le plancher du navire, il se remettait rapidement sur pied, on aurait presque dit qu’il n’avait jamais été enlevé. La réponse de son supérieur avait quelque chose de rassurant, mais était-il possible d’avoir les moyens d’arranger les choses dans sa situation? Comment le pourrait-il? Son oncle était mort et ceux qui étaient encore vivants complotaient pour s’emparer de Mordun. Alors qu’il réfléchissait à une réponse quelconque, l’amiral reprit, étrangement, ce fut sur un ton amusé qu’il le fit, chose assez inhabituelle chez lui… et quelque peu inquiétante. Oui, bien entendu, le baron savait lire, à y repenser, il était tout à fait impossible qu’il ait atteint sa position en étant analphabète. Il vit le poing de l’homme se serrer, à quoi pouvait-il penser? Il tenta de déchiffrer le visage de son interlocuteur, perplexe tandis qu’il se posait devant lui. Lorsqu’il prit la parole, ce ne fut pas de tout ce que s’était imaginé le noble qui fut prononcé. Il pouvait comprendre que l’amiral ne pouvait se mêler directement de l’affaire, son prestige aurait tôt fait de mettre le désordre dans la capitale, mais il aurait tout de même pu lire les lettres, même si ce n’était qu’une ou deux. Lorsque son interlocuteur posa une de ses bagues sur le bureau, il le revit lui lancer celle de son oncle et eut un bref frisson, assurément, elle pourrait lui ouvrir des portes. Cet anneau portait tout de même le sceau familial de l’amiral d’Ekalesias. Mais son prix restait vague aux oreilles du guérisseur.

Un marine un peu spécial? Que voulait-il dire par là? Qu’est-ce qu’il impliquait dans ce titre? Par contre, la seconde partie était plus concrète, effacer toute trace du complot familial. Ne s’était-il pas promis au repaire des brigands de récupérer les anneaux des traitres? Certes, sa promesse passait par l’éradication de leur complot. Il ferme brièvement les yeux, voyant les visages de ses oncles un à un. Alors qu’il se les visualisait, l’amiral fit mention à son sens du discernement. Bien entendu, le jeune noble devait faire preuve de plus de plus de discernement que son supérieur dans cette histoire, il s’agissait après tout de sa famille. Toutefois, l’amiral avait épargné Jeönyr avant d’exécuter son oncle, n’était-ce pas cela une expression, même minime de discernement? Il voulut le signaler à l’homme, mais jugea en avoir assez fait pour le moment, incluant pointer son arme sur le baron, chose à proscrire à tout jamais. Le médecin croisa le regard du colosse, il était sérieux apparemment. Il voulait qu’il fasse ses preuves en étouffant le complot de ses oncles, mais comment pouvait-il être sûr qu’il n’irait pas les rejoindre? Ne lui faisait-il pas déjà quelque peu confiance? Il rassembla ses idées, ne voulant pas commettre une nouvelle bêtise et répondit, incertain au baron.

- Vous… Que voulez-vous dire par… un marine un peu spécial? Pour ce… pour mes… Pour le complot, ma décision est déjà prise… Ils m’ont déjà déchu et… en tant que recrue de la marine… Mon… Mon devoir est envers la reine et la principauté… Et non envers les querelles pour le pouvoir de mes oncles… Ils sont des traitres… Et je… Je verrai à ce qu’ils soient traités comme tel… Et je… Je n’oublierais pas ma… ma place, je… Je suis désolé, je… J’étais… Enfin…

Voyant qu’il se remettait à faire des erreurs, il se tut. Soutenant tant bien que mal le regard de l’amiral, mais sans lui manquer de respect. Jeönyr était néanmoins curieux de ce qu’il avait à lui proposer et cela se voyait dans ses yeux. Lui qui était tracassé à en mourir il y avait de cela quelque jour voyait enfin plus clair. Il faisait partie de la noble famille des Methus, c’était donc à lui de mettre un terme à leur plan et il savait déjà par où commencer. Mais il se devait d’agir avec prudence… Ses oncles ne tarderaient pas à apprendre le retour de l’amiral et le fait que Jeönyr n’en ai pas été accusé, en plus d’apprendre la mort de leur frère. Cela devrait les surprendre et avec un peu de chance, cela retarderait leurs actions, lui laissant le temps de préparer les siennes. Il avait certes moins de contacts qu’eux, mais au fil du temps, il s’était trouvé quelques personnes fiables à divers endroits. Le tout se déroulerait probablement subtilement, si l’amiral n’agissait pas, c’était pour ne pas mettre Mordun en pagaille, il était donc hors de question de faire cela. Mais en y repensant, il ne pouvait compter que sur la moitié de ses contacts, les autres ayant un lien avec ses oncles, ils les avaient déjà surement fait rejoindre leur parti. Mais, le guérisseur avait quelque chose qu’ils n’avaient pas, le sceau de la famille Hilern, peut-être pourrait-il entrer en contact avec l’archiviste de Mordun pour obtenir des renseignements avec ce sceau? De plus, les traitres ne pouvaient plus agir librement dans la capitale, ou ne le pourrait plus, puisque le jeune noble connaissait leurs intentions et que l’amiral en avait été mis au courant. Jeönyr devrait tirer le maximum de ces avantages…
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Amiral de la flotte d'Ekalesias
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MessageSujet: Re: Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]   Lun 19 Nov - 10:45

A l'entendre parler bien qu'il bafouillait de nouveau probablement mal à l'aise, l'Amiral esquissa un léger sourire. En y réfléchissant bien, il avait bien fait d'épargner ce jeune homme dans la cellule et de lui laisser une chance de se rattraper pour ce léger malentendu. Désormais, celui qui auparavant était un simple noble un peu gêné et ne sachant pas comment réagir se considérait belle et bien comme une recrue au sein de la marine d'Ekalesias, sans même avoir eu une quelconque approbation de la part de son supérieur, il savait ce qu'il voulait dorénavant, être un soldat. D'un certain point de vue, cette initiative montrait à quel point il était déterminé à faire changer les choses pour le bien de la Principauté et surtout pour racheter un nom à sa famille qui a été entachée par l'acte de son oncle. Qu'est-ce que l'ainé de la famille Hilern entendait par « un Marine un peu spécial ? » Et bien, ce dernier allait se voir confier une mission qu'aucun autre ne serait en mesure d'accomplir mieux que lui, bien sûr il était un peu maladroit par moment et n'avait pas encore suffisamment d'expérience en combat pour s'en sortir seul et avoir amplement confiance en lui, mais c'était sans compter sur l'aide de son interlocuteur. Sven avait dit qu'il ne s'en occuperait pas lui-même, cependant, il n'a pas dit qu'il ne l'aiderait pas du mieux qu'il peut. Et comme à son habitude, le Baron avait déjà prévu un plan suffisamment bien planifié pour apporter le soutien nécessaire au jeune garçon. Jeönyr réalisait de nouvelles erreurs dans son discours, voilà pourquoi il préféra s'arrêter là pour ne pas trop en dire et manquer de respect au Colosse lui faisant face. Il tentait tant bien que mal de soutenir le regard acier de l'Amiral qui ne se détachait pas des yeux du Noble, on pouvait déceler dans ses derniers une petite note d'impatience, il était prêt et cela se voyait. Mais de nos jours et surtout en cette période que l'on peut considérer de crise, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Se lancer dans une telle mission sans un minimum de préparation ne ferait que le conduire à sa perte et tout cela finirait par conduire Mordun à sa perte ce qui n'était absolument pas envisageable.

« Jeönyr, tu as bien grandi l'espace de ses quelques semaines qui se sont écoulées. C'est une bonne chose et tu es un garçon intelligent, je pense que je ne me trompe pas en te disant que toi seul pourra mettre un terme à ce complot. Toutes ces lettres, je ne les ai pas lu pour la simple et bonne raison que mon discernement serait faussé. Mise à part me mettre dans un état pas possible, elle n'aurait rien fait d'autre et à voir l'état dans lequel tu te trouvais à mon arrivée elles contiennent suffisamment d'information pour déjouer un à un les plans de ta famille. Cependant, je ne peux pas te laisser partir seul à l'aventure. Un ami me doit un service, c'est un homme de confiance, il ne refusera pas l'occasion de me rendre une faveur en te donnant un coup de main. C'est un fin stratège et ses conseils sont avisés, il te sera d'une grande utilité. Nous allons aller de ce pas à sa rencontre si tu le veux bien, ramasse tes affaires et rejoint moi sur le pont du Navire je t'y attendrais dans quelques minutes, le temps de regrouper à mon tour deux ou trois babioles. Ne tarde pas, contrairement à ce que l'on pourrait croire nous n'avons pas beaucoup de temps pour mettre la machine en route. »

D'un mouvement de la main, il retira son arme qu'il avait précédemment plantée dans le sol. Puis d'un petit signe de tête, il salua Jeönyr avant de tourner les talons lentement en direction de la sortie. Il savait qu'il faudrait un peu de temps au Noble pour prendre conscience de l'opportunité qui s'offrait à lui, bien entendu rien ne l'empêchait d'accepter ce qui obligerait par la suite l'Amiral lui-même à s'en occuper. Et tout le monde est suffisamment bien placé pour savoir qu'il ne fera pas dans la dentelle quitte à plonger un court moment Mordun dans la confusion la plus totale. Il referma la porte derrière lui pour regagner ses quartiers afin de ramasser ses affaires qui traînaient encore. En chemin il se mit à réfléchir où trouver cet homme dont il avait parlé un peu plus tôt, habituellement il traine sur le port observant les navires aller et venir avec amusement, ce n'est pas un soldat, pourtant il manie finement l'épée, formé par le responsable de la salle d'arme Adam lui-même. James est un homme tout ce qu'il y a de plus distingué, pourtant il a grandi dans les rues où il a croisé Sven étant un peu plus jeune, tout comme le Marine il s'est fait plus ou moins seul et s'est forgé le caractère qu'il a aujourd'hui. Ce n'est qu'une fois arrivé dans sa cabine qu'il repensa à l'auberge qu'il aimait fréquenter. C'est donc là-bas qu'ils se rendraient en premier lieu. Il fallut une poignée de minute pour que l'Amiral regroupe ses quelques affaires et enfile de nouveau son vêtement qu'il mit en place convenablement, il attacha sa double lame dans son dos pour ne pas avoir à la tenir d'une main et regagna par la suite le pont du Navire. Jetant un oeil à l'horizon, on pouvait apercevoir les marins s'agiter sur le port, certains partaient en mer et d'autres en revenaient tout comme l'équipage de l'Amiral. Quant au temps, il n'était pas clément en cette période pourtant si chaude normalement, le vent soufflait fort, les nuages plus ou moins présents se faisaient menaçant il ne manquait plus que la pluie pour que le décor soit définitivement posé. Après quelques minutes il tourna la tête vers les bruits de pas qui se dirigeaient vers lui :

« Très bien, tu as fait le bon choix. En route. »

En progressant dans les ruelles aux côtés de Jeönyr, Sven ne pouvait pas s'empêcher d'être à l'affut du moindre mouvement suspect, il ne se ferait pas avoir une deuxième fois par un stratagème aussi médiocre que dans lequel il était tombé. Sur le visage de certaines personnes on pouvait lire de la satisfaction quant à d'autres de l'étonnement, visiblement son retour n'était pas apprécié de tous, mais cela il en avait l'habitude depuis bien des années. Au détour d'une ruelle il croisa une escouade qui s'arrêta pour le saluer sans même lui demander où il avait bien pu passé depuis tout ce temps. Quoi qu'il en soit, il n'aurait pas répondu et ces derniers étaient bien trop habitué à le voir prendre le large durant plusieurs jours voir semaines pour chasser du Pirate alors les questions ils ne prenaient même plus la peine de les poser. Au bout de cette fameuse ruelle se trouvait une auberge servant l'un des meilleurs vins d'Ekalesias dont le tavernier est assez fière, il s'agit aussi du lieu de prédilection de James qui lorsqu'il ne passe pas son temps à vagabonder profiter de son temps libre pour savourer ce doux nectar. Une fois devant la taverne Sven s'arrêta jetant un dernier regard en direction du Noble qui le suivait toujours avant de pousser la porte, le vacarme qui régnait à l'intérieur cessa brusquement quand la silhouette du Baron franchit la porte accompagné du « soldat. » Observant rapidement les alentours, il repéra le principal intéressé de sa visite qui se tenait assis un verre à la main tandis que tout le monde reprenait le cours de leur discussion et instaurait un nouveau vacarme presque assourdissant ce qui serait parfait pour une discussion tranquille. Il fit alors un petit signe à l'aubergiste avant de s'avancer dans la pièce pour en regagner le fond et approcher celui qu'il considère comme un ami.


« Amiral Hilern ! C'est un plaisir que de vous recevoir en ces lieux. Voilà bien plusieurs semaines que je n'ai eu l'occasion de vous apercevoir. Je vous en pris installez-vous. » Dit l'homme sur un ton tout à fait respectueux et d'une voix claire.

Décrochant son arme qu'il posa contre le mur, le Colosse s'installa et fit signe à Jeönyr de faire de même. Une fois installé, le serveur apporta de quoi boire aux nouveaux arrivants. Et sans perdre une seconde, l'Amiral entra dans le vif du sujet :


« James ! En effet, il y a bien longtemps que nous n'avons pas eu l'occasion de nous croiser, mais l'heure est grave. D'où mon absence prolongée à Mordun. » Son interlocuteur réalisa alors un petit mouvement de tête pour qu'il poursuive sans plus attendre : « J'ai besoin de toi pour surveiller et mener à bien une mission, je n'en ai pas les détails, cependant, le jeune homme ici présent te fournira toutes les directives de cette dernière. Tout comme toi, il a ma confiance, tu peux donc te fier à lui sans problème je m'en porte garant. »

« Naturellement, je n'ai aucune raison de refuser, si je peux me rendre une nouvelle fois utile. C'est avec plaisirs que je le ferais. » Puis il se tourna vers le jeune homme qui accompagnait Sven pour lui adresser la parole : « Et à qui ai-je l'honneur ? Avant de me lancer dans quoi que ce soit, un minimum de convenance tout de même. » Dit il en buvant lentement son verre de vin pour ensuite tendre l'oreille vers son nouvel interlocuteur.


[Hrp : James à environ 35 ans, si tu as des questions quant à ta réponse ou pour le rp n'hésite pas ! Very Happy]
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MessageSujet: Re: Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]   Dim 25 Nov - 14:47

Le futur marine se retrouva étrangement flatté par les propos de son supérieur, d’une certaine part, si ses oncles n’avaient pas voulu renverser la reine, rien de tout cela ne se serait produit et son père ne l’aurait probablement pas incité à rejoindre la marine, il aurait donc pu se consacrer librement à ses passions, le jardinage et la médecine. Mais, ce qui était fait est fait et lui, qui s’était voué à aider les autres, se retrouvait soldat d’Ekalesias, mais d’un certain point de vue, n’était-ce pas là une bonne façon d’aider les autres, les marines ne servaient-ils pas pour le bien de la principauté? Ses oncles qui n’avaient pas voulu de lui à cause de sa faiblesse l’avait forcé à devenir plus fort et ils s’étaient fait un ennemi qu’ils allaient regretter de ne pas avoir à leur côté, mais aurait-il pu commettre un tel acte de trahison? Si son père lui-même le lui avait demandé, aurait-il accepté de participer au complot des Methus? N’avait-il pas rejoint la marine pour son père? Jusqu’où le médecin serait-il allé pour lui?

Il chassa cette idée lorsque l’amiral l’informa qu’il recevrait de l’aide d’un de ses amis. C’était une bonne chose de savoir que l’amiral n’avait pas que des ennemis, il ne serait donc pas seul pour régler cette affaire. Dès qu’il eut fini de parler, le colosse se retira de la petite pièce, laissant seul le guérisseur afin qu’il prenne une décision. Jeönyr resta quelques minutes sans bouger avant de rapatrier les divers objets qui trainaient un peu partout dans la pièce, regroupa les lettres et quitta prestement la cabine, rejoignant son supérieur sur le pont. Celui-ci ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit et tournant la tête, il lui fit signe de le suivre.
Ils avancèrent dans les rues de Mordun, l’œil aux aguets, il ne faudrait pas tomber dans un nouveau piège. Au passage du baron, les passants s’écartaient, le laissant passer et alors qu’ils passaient à leur côté, le médecin put voir que bien des gens n’étaient pas ravis du retour de son supérieur. Les hommes progressèrent toute fois sans problème et arrivèrent rapidement dans une auberge qui semblait fort occupée. Le vacarme qui en émanait témoignait du nombre d’ivrognes qui y trainait. Le médecin espéra que l’ami de l’amiral n’en fasse pas partie. Le duo franchit le cadre de la porte et les conversations cessèrent, pendant quelques brèves secondes, on eut pu entendre voler les mouches et autres bestioles qui peuplaient également cette auberge. Emboitant le pas au colosse, ils gagnèrent le fond de l’endroit et suite à l’invitation d’un homme qui y était assis, le baron prit place devant lui, déposant son arme un peu plus loin.

Lorsque l’amiral lui fit signe, le médecin en fit autant, il ne faudrait, après tout, pas manquer de respect à leur hôte, un certain James. Des boissons furent amenées au marines, mais le noble n’y prêta pas attention, elles étaient probablement bourrées d’alcool. Après un bref échange entre les deux amis, le plus jeune des deux tourna la tête vers Jeönyr, s’attendant à ce qu’il se présente et qu’il lui explique en quoi il avait besoin d’aide.

- Oui… C’est, c’est tout à fait normal… Je... Je me nomme Jeönyr… Me… Jeönyr Methus.

Il avait hésité à dire son nom de famille, celui-ci était connu dans Mordun et avec cette histoire de complot, il pourrait attirer l’attention. Néanmoins, le vacarme qui les avait accueilli était de retour et les occupants de l’auberge ne semblaient pas se soucier de leur conversation, c’était probablement pourquoi son supérieur avait décidé de rencontrer son ami en ce lieu. Avant de poursuivre, il tourna la tête vers le baron, après tout, ce James n’était qu’un inconnu pour le noble. Mais son supérieur avait confiance en cet homme et le médecin décida d’en faire autant.

- Oui, hum… Cette… mission est… quelque peu délicate… Certains membres de… de ma famille complotent contre le royaume, d’où l’absence temporaire de l’amiral… Je… je suis parvenu à récupérer quelques informations concernant leurs activités. Il… il est crucial de les arrêter, mais… Mais il faudrait faire tout cela le plus discrètement possible… Ce ne serait pas très profitable pour la principauté, surtout maintenant, si de telles nouvelles parvenaient à des oreilles mal intentionnées. Aux dernières informations, certains de… de ces traitres sont toujours à Mordun. Il faudrait… les intercepter et s’assurer de la… de la loyauté de ceux à qui ils ont parlé… Je souhaiterais bien voir que les hommes de notre contrée soient intègres, mais… l’or sait en charmer plus d’un et… et ce n’est pas ce qui manque chez les Methus… Heureusement, j’ai également cet avantage… S’ils n’ont pas vidé les coffres… Vous… Vous n’auriez pas un plan d’action à proposer? J’ai bien quelques croquis, mais… mais j’imagine que si… Si l’amiral est venu vous voir, ce… ce n’est pas pour rien.

Il observa l’homme en attendant sa réponse. Moins âgé que son supérieur, peut-être d’une dizaine d’année ou moins, il avait tout l’air d’un noble, mais pourtant, il ne le connaissait pas. Il faut dire que Jeönyr n’était pas le noble d’Ekalesias le plus présent à la cour, mais il y était déjà allé un bon nombre de fois, mais il n’y avait jamais vu son interlocuteur. Se pouvait-il qu’il se soit tenu à distance de la cour ou qu’il y soit tenu? Ce ne devait pas être le cas, mais son allure élégante laissait transparaitre une certaine aisance. Peut-être était-il marin, d’où l’amitié qu’il entretenait avec le baron? Si c’était le cas, il devait être habile combattant et plutôt malin afin d’avoir la confiance de l’amiral et il saurait assurément faire preuve de plus de finesse que celui-ci. Le médecin jeta un œil aux alentours, toujours le même boucan et personne ne semblait leur prêter attention, au loin des hommes jouaient aux dés, pariant des sommes qui attirèrent les oreilles du guérisseur. Soit ils ne réfléchissaient pas aux montants qu’ils mettaient en jeu, soit ils en avaient les moyens, mais ce n’était pas donné à tous de posséder autant d’or. Il voulut les écouter parler, mais seuls les montants et leurs rires lui parvenaient. Il rapporta son attention vers James, mal à l’aise, lorsque celui-ci prit la parole.

- Ne te tourne pas comme ça, c’est le genre de chose qui attire l’attention. Ne me fixe pas comme ça non plus.

Le médecin baissa le regard, quelque peu gêné. L’intervention de l’homme l’avait pris par surprise et il était resté l’espace d’un moment sans savoir quoi faire. Reprenant son calme, il remonta les yeux vers son interlocuteur et attendit qu’il poursuive, tentant de prendre un air naturel, mais la vérité était qu’il n’avait jamais vraiment apprécié les auberges et encore moins l’alcool.
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MessageSujet: Re: Je suis le Maître de mon destin, je suis le Capitaine de mon âme. [Sven Hilern] [3 ème et dernière partie]   Jeu 29 Nov - 11:44

Au fur et à mesure que le Noble résumait la situation à James, Sven ne pouvait pas s'empêcher le regarder en essayant de déceler la moindre réaction, cette histoire n'était pas tout à fait normale, même s'il avait été auparavant dans des situations beaucoup plus délicates que celle-ci. Une fois que Jeönyr eut fini de parler, James laissa échapper un soupire, non pas qu'il s'ennuyait, mais il se demandait simplement dans quoi il allait être embarqué. Quoi qu'il en soit, il devait ce service à l'Amiral qui s'était présenté à lui avec le Guérisseur il accepterait donc sans vraiment hésiter, même s'il émettait une certaine réticence à l'idée de se faire diriger en quelque sorte par quelqu'un de beaucoup plus jeune que lui, il n'aimait pas vraiment recevoir des ordres, ce qui expliquait aussi pourquoi il n'avait pas intégré la marine sous les ordres du Baron Hilern. Néanmoins, il n'en restait pas moins un homme de parole et confiance qui agirait uniquement pour le bien du petit noble tentant au mieux de le préserver des dangers et de certaines situations. Tandis qu'il rappelait à l'ordre Jeönyr, il vint par la suite question le Colosse qui était paisiblement en train de boire son verre ne prêtant même plus attention au bruit l'entourant, il profitait de cet instant jusqu'à être tiré de ses pensées, James se demandait pourquoi l'Amiral ne s'en chargeait pas lui-même, il est vrai que la question se posait facilement pour n'importe quelle personne réfléchissant un minimum. Buvant son verre presque cul-sec, il le posa sur la table faisant signe au serveur de lui en resservir un nouveau pour enfin répondre d'une voix calme et rauque à son ami :

« Et bien tu n’es pas sans connaître mes méthodes un peu trop radicales, je ne voudrais pas ébruiter un quelconque soucis interne, d’autant plus que la situation implique une famille de noble de la Principauté, ils ne sont certainement pas tous coupables ni au courant de ce qui est en train de se dérouler dans leur entourage et révéler au grand jour ce complot risquerait d’exposer des innocents à d’éventuelles représailles qui finirait tôt ou tard par semer le trouble à Mordun, je pense que tu es assez intelligent pour le comprendre à ton tour et je sais pertinemment que tous les deux, vous formerez une bonne équipe ne te fit pas aux apparences, ce petit est bien plus fort qu’il n’y parait. Il faudra simplement l’aider à encaisser certains coups bas de la vie. » Souffla le Colosse en jetant un regard strict vers le soldat à ses côtés, finalement, il l’aimait bien. Mais il ne lui montrerait pas ouvertement, préférant garder un minimum ses distances avec lui pour ne pas fausser son jugement au cas où il devrait s’impliquer plus qu’il ne le pense dans cette affaire.

« J'oubliais, il y a un délai à cette mission avant que je ne décide d'y mettre mon grain de sel, car je ne pourrais pas laisser planer le doute indéfiniment sur les possibilités que Mordun subisse une mutinerie de la part d'une simple famille de Noble aux bourses pleines d'or. » Marquant une pause, il inspira profondément, laissant le serveur s'approcher pour lui servir un nouveau verre qu'il attrapa d'une main. « Je vous laisse approximativement, six mois. » On put lire alors la stupéfaction s'afficher sur le visage de James, ce délai était bien trop court pour démanteler un tel réseau d'autant plus qu'ils ne connaissaient pas l'ampleur de cette machination, qui sait ? Il n'y avait peut-être pas que la famille Methus, encore fallait-il espéré que James ce trompe ce qui n'était pas improbable. « Je sais, ce délai peut paraître étrange, mais nous avons des problèmes tout aussi importants à gérer en interne, si d'ici là, la situation n'a pas changé j'userais de mon pouvoir ainsi que des quelques preuves que vous aurez accumulés pour faire tomber le complot. » Conclus Sven pour cette affaire, amenant le verre à sa bouche lentement, il fit un signe de tête à ses deux compagnons avant de l'avaler d'une traite comme le précédent, sentant l'agréable gout de l'alcool lui réchauffer aussi bien la gorge que le coeur en quelque sorte, apaisant certaine de ses plaies, plus invisible que d'autre. Après quoi sans perdre une seconde il se leva lentement, laissant planer une nouvelle fois un long silence qui ne s'estompa qu'après quelques secondes, il salua de la main James et la déposa après sur l'épaule du Noble, serrant légèrement son étreinte jusqu'à émettre un petit craquement de cette dernière.

« Je compte sur toi petit, ne me déçois pas. Il en va de ton avenir, ainsi que celui d'Ekalesias. »

Alors que le vacarme reprenait de plus belle, il se dirigea vers la sortie jetant une bourse pleine de pièce sur le comptoir du barman pour lui payer les consommations de la table. Il avait désormais à faire et préparer beaucoup d'autres mission pour les futurs évènements à venir, en espérant que la Reine Almehda vive assez longtemps pour faire maintenir l'ordre dans la Principauté. Lentement, la silhouette du colosse disparu alors lentement parmi la foule qui s'agitait dans les ruelles prenant soin d'éviter le géant avec son arme accrochée dans le dos qui faisait la crainte de beaucoup de ses ennemis, les cheveux dans le vent il repensait à tout ce qu'il venait de vivre en peu de temps... Il lui fallait un nouvel entretien avec son frère pour éclaircir certains points.


[hrp : Finalement si l'envie te dit je te laisse faire un poste de fin pour toi, sinon tu peux colorier le titre en vert et inscrire terminé dans le titre Wink ]
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