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 10 année, (Luna Taliësin)

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MessageSujet: 10 année, (Luna Taliësin)   Mer 13 Fév - 18:36

Dans les posts qui suivront vous pourrez trouver le récit de l'aventure qu'a vécu Luna lors de sa visite involontaire dans un monde parallèle. Elle y a passé 10 année et revient dans notre monde en tant que jeune femme.
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MessageSujet: Re: 10 année, (Luna Taliësin)   Mer 13 Fév - 18:41


Chapitre 1 : un nouveau monde


Doucement et sans un bruit, la jeune enfant se réveilla et regarda autour d’elle. Autour d’elle aucun trésor, aucunes sculpture divine. La jeune enfant se leva doucement et chercha sa mère du regard, mais aucune trace d’être humanoïde dans les environs. De plus, l’odeur de la chef de clan ne lui venait pas, comme si elle n’avait jamais mis les pieds dans cette jungle. Au plus profond d’elle, l’enfant savait bien qu’elle connaissait cette jungle, ces arbres, ces collines, cette montagne, elle les avait explorés maintes et maintes fois. Elle s’était retrouvée en Arana, tout près de l’ile d’Endar, cet endroit qui l’avait vu grandir et rire. Après quelques minutes, elle décida d’avancer doucement vers l’ile, cherchant à retrouver sa mère et son clan. Cependant quelque chose ne tournait pas rond, elle le savait. Toutes ces odeurs étranges, si animal, comme si personne n’avais vécu ici avant ce jour. Tout au fond d’elle, l’inquiétude grandissait, pas qu’elle craignait pour sa vie mais bien pour celle du clan en entier. Bien que la jeune fille sentait qu’elle était très loin de se trouver en sécurité, tout son être l’invitait à suivre ce chemin pour tenter de retrouver les siens. L’enfant voulait s’assurer que sa mère et le clan était en sécurité, au risque de se mettre elle-même dans les pires situations imaginable. C’est donc dans ce but qu’elle avançait à pas feutré vers ce qui devait être sa ville.

Cependant, jamais elle n’aurait pu prévoir ce qu’elle y trouva. Devant elle ne se trouvait pas la majestueuse ville qu’elle aimait tant. Non, devant elle se trouvait des ruines, les ruine de ce qui semblait avoir été jadis la grande cité du clan du sud. À pas félin elle entra dans la cité alors que son petit cœur se faisait de plus en plus lourd. Ici se trouvait le terrain de balle où tous les enfants se retrouvaient pour se détendre entre les cours. Tout d’un coup elle se rappela les autres enfants du village, que ce soit Éric et ses bêtises incessantes, Marie et ses rêves de famille, Alice et ses dessins, Nolwen toujours à défier la jeune fille ou encore Jimmy et son tempérament de petit général. Elle se demandait silencieusement combien de temps avait-elle été inconsciente et où les gens du clan s’étaient réfugier. Un peu plus loin elle se retrouva devant ce qu’il restait du beau palais, mais rien que des restes, rien que de lamentables ruines. Là se trouvait la caserne, où le jeune Dereck et Liam, tout deux sur le point de toucher la vingtaine, s’entrainait lorsqu’ils ne courtisaient pas les jeunes femmes. Bien sur comme toutes les gamines du village elle avait un faible pour l’un des deux, Liam.

Un peu plus loin la jeune fille trouva ce qu’il restait de la salle du trône, voyant que la pièce n’avait surement pas été utilisée depuis des décennies Luna craqua. Sous l’émotion les jambes de la jeune thériantrope cédèrent et elle se retrouva à genou, pleurant en silence à l’idée qu’elle ne retrouverait plus jamais sa mère et ses amis. Tout au tour d’elle semblait mort, silencieux, quelque chose s’était passé et tout semblait être perdu. Tout au fond d’elle la jeune fille ne comprenait rien à ce qu’il se passait, la dernière chose qu’elle se rappelait était d’avoir pris ce collier tout simple qu’elle portait au cou. Après l’avoir pris elle avait entendue sa mère crier quelque chose puis silence. La noirceur l’avait envahi pour finalement la plonger dans un sommeil profond.

Alors qu’elle réalisait que tous les repères qu’elle avait s’étaient évaporés tout d’un coup, un bruit vint attirer son attention. Rapidement elle se retourna et tenta de déceler la provenance du bruit de ses yeux remplis d’eau. Définitivement elle n’avait pas le droit de se laisser aller, tant qu’elle n’aurait pas retrouvé le clan il lui faudrait être forte. Rapidement elle se retourna et s’engouffra dans la forêt, vers la caverne qu’elle avait l’habitude d’allez avec sa mère. De cette caverne elle pourrait espionner le clan et, surtout, se protéger de tout danger. Quelque chose ne tournait pas rond mais l’enfant ne pouvait dire exactement quoi. Bien qu’elle comprenait ce que le clan n’était plus présent et ce depuis longtemps selon les traces les plus récente. Tout ceci était illogique, les traces du campement étaient vieilles de plusieurs mois, voir des années alors qu’elle n’avait quitté l’ile depuis moins d’une semaine. Décidément quelque chose clochait dans cette histoire. Alors qu’elle s’apprêtait à sortir, une voix se fit entendre non loin de l’entrée de la caverne, rapidement l’enfant se cacha derrière une chute d’eau et écouta attentivement.

-Jack, t’es certain de l’avoir vu entrer ici? Si on la perd s’en est fini de notre retraite toute payé.

-Mais tu vas la fermer oui! De un on ne sait même pas si c’est une Thériantrope, j’en ai jamais vu d’aussi jeune. Si sa se trouve c’est juste une gamine conne qui passait par là et on en tirera rien.

-Ouai, mais si c’est une Thérian son sang va valoir plus de 150 000 pièces d’or… Non mais tu te rends compte, on est surement en train de traquer la dernière de la race!

-Si t’as raison on pourrait bien la mettre en cage et faire payer les gens qui veulent voir la dernière représentante de la race disparue, bien plus lucratif tout ça.

Alors que les deux hommes continuaient de parler la jeune enfant tremblait de tout son être, comment pouvait-il dire de tels insanités sans même avoir honte? Cependant, quelque chose l’avait frappé de plein fouet, plus de thériantrope depuis des années. Est-ce qu’ils mesuraient vraiment leurs paroles? Surement que oui, sinon le prix pour son sang ne serait pas si élevé. Son sang? Mais, depuis quand les humains chassaient le clan pour vendre son sang? Quelque chose de grave se passait ici, elle n’était pas chez elle et ne comprenait pas pourquoi tout était si différent. Ce fut en touchant le collier qu’elle avait pris dans le temple que certains évènements lui revint en mémoire. En tout premier lieu sa mère qui semblait lui crier de revenir vers elle, de ne pas entrer dans cette salle étrange, ne pas toucher à toutes ces richesses. Elle ne réalisait pas comment pouvait-on se retrouver dans une telle galère en touchant à un collier. Pendant qu’elle pensait à tout ce qu’elle avait pu faire dans ce temple un souvenir étrange lui revint. Cette lumière bleutée au milieu de la pièce. Elle n’avait fait que quelques pas après avoir pris le joli collier orné de saphir quand elle était apparue. Rapidement la lueur s’était agrandit pour l’englobé d’un coup sans qu’elle puisse faire quoi que ce soit. C’est alors qu’elle ferma les yeux par réflexe mais la lueur était tellement intense que sous ses paupières tout était blanc. Mais, tout d’un coup, plus rien.

L’enfant avait ouvert les yeux doucement pour ne voir que du noir autour d’elle, un noir si opaque qu’elle ne pouvait même pas voir sa main à quelques centimètres de son visage. Tout autour d’elle le silence était omniprésent, bien qu’elle tentait de crier aucun son ne sortait de sa bouche, comme si quelqu’un ou quelque chose obligeait l’enfant à se taire et écouter. Pourtant rien, personne ne lui parlait, personne ne lui donnait d’explication sur ce qui se passait, sur pourquoi tout ceci lui arrivait. Pire encore, elle se sentait flotter dans ce vide noir et aucune odeur ne venait à elle, comment pouvait-elle comprendre quoi que ce soit dans ce vide si, parfait. La dernière chose qu’elle se souvenait était ce vide puis, plus rien.

La jeune fille était dans une impasse, les deux chasseurs ne semblaient pas vouloir lâcher le morceau et l’enfant n’était pas réellement décidé à se laissé capturer aussi facilement. Pourtant il n’était pas question de se battre, bien qu’elle était apte à se défendre dans la mesure du possible, ses capacités physiques ne lui permettaient pas de vaincre deux grand guerriers assoiffé de combat et d’argent. Rien que l’idée qu’ils pouvaient la torturer pour qu’elle avoue sa vraie nature l’effrayait mais elle ne pouvait pas se permettre de laisser sa peur dominer en cet instant si important. Tout au fond d’elle le désir de revoir ceux qu’elle considérait comme sa famille, Kalyäh, Daëron et tout le clan du sud. C’est à ce moment qu’elle réalisait à quel point ces gens étaient si importants pour elle. Ce concept elle l’avait entendu tellement de fois, jamais elle n’aurait pu si bien le comprendre, jamais elle n’aurait pu apprendre aussi rapidement sans cet évènement.

Tout ce qui lui restait à faire était de réfléchir en silence, de chercher une solution en attendant que les deux hommes partent, ou encore de trouver un moyen de les faire partir sans qu’elle risque sa vie. Dans un parfait silence elle s’assit, tentant de voir au travers de la chute le déplacement des deux hommes qui pouvait la trouver à tout moment. L’avantage de ne pas pouvoir les voir était qu’ils avaient peu de chance de la trouver, surtout qu’ils n’avaient pas son flair félin et qu’ils ne semblaient pas du genre à être patients. Autre point positif, ils étaient très bruyant, surtout qu’ils l’appelaient à tout moment comme s’il pensait qu’elle serait assez conne pour répondre à ses appels.

Ce ne fut qu’une heure plus tard qu’elle osa sortir la tête doucement pour vérifier s’ils étaient partis. Comme de fait la caverne était totalement vide, les deux truands semblaient avoir repris leurs recherches dans la jungle, au grand plaisir de la petit Luna. Dans tous les cas il était inutile de courir, ces deux guerriers auraient tôt fait de la capturer avant même qu’elle ne puisse atteindre un territoire moins hostile. Cette idée paralysa Luna pendant un instant, pour la première fois elle admettait que sa terre natale lui était hostile, qu’elle devait maintenant apprendre à être vigilante peu importe où elle se trouvait et avec qui. Plus rien ne serait pareil et elle ne pouvait plus se fier à personne pour assurer sa protection. Elle sortit doucement de sa cachette et se mis en tête d’explorer sa cachette avec minutie, toutes les informations qu’elle pouvait trouver lui serait utile dans cette situation si tendue. Cherchant chaque recoin, elle finit par trouver un petit manuscrit, un journal intime plus précisément. C’est donc sous un petit filet de lumière, restant à l’abri des regards indiscrets, qu’elle commença sa lecture.

Année 680, seconde lune
Cela fait maintenant deux lunes que nous sommes en guerre ouverte avec les humains et rien ne semble présager un cesser le feu. Tout autour de moi les femmes et les enfants ont peur, peur de la mort et du sort que ces lâches nous réservent. Je tente avec difficulté de les rassurer mais la tâche est ardu, surtout depuis que j’ai pris le pouvoir du clan. Si seulement Kalyäh était encore en vie, tout serait plus simple. Elle a toujours eu les mots pour calmer les esprits échauffés, pour nous permettre de trouver un endroit sécuritaire et surtout de trouver la paix. Mais non, elle avait été leur première cible, un exemple disaient-ils. Ce qu’ils lui ont fait est impardonnable, toute cette torture pour finalement la vider de son sang. Ce ne fut qu’une lune plus tard que je compris pourquoi ils voulaient ce sang si précieux. Selon les grands leaders religieux de Meniev, notre sang permettrait, si on en ingérait suffisamment, de devenir immortel. Cependant tout ceci n’est que des balivernes, aucune magie de la sorte ne nous affecte et je suis certain que ce n’est que pour nous faire mettre a mort plus facilement sans nécessairement avoir à lever des armées officielles qu’ils ont utilisé ce stratagème. Pourtant les humains de tout le Kandor y croient dur comme fer, les plus riches recrutant les meilleurs chasseurs pour nous abattre petit à petit sans que nous puissions prévoir leurs attaques. C’est donc une guerre de chasseur que nous menons depuis maintenant deux lunes, le problème n’est pas seulement qu’ils ont changé leurs méthodes, mais bien plus qu’ils ont osé tuer notre chef alors qu’elle organisait une rencontre diplomatique chez certains de nos allié qui nous ont trahis. Nous sommes seuls, le nombre de chasseurs grandit de jour en jour et leur équipement de plus en plus sophistiqué au fur et à mesure qu’ils rapportent les plus faibles des nôtres. Nous ne pouvons plus faire sortir les enfants, nous ne pouvons plus nous permettre de quitter nos cachettes plus d’une ou deux heures. Tout ce qu’il me reste comme espoir c’est qu’ils croient que nous sommes tous mort. Pour cette raison j’ai envoyé plusieurs petits groupes trouvé refuge chez nos possibles alliés. Le premier se dirigeait vers les terres des nocturnes, sans grand espoir de retour. Le second vers le clan du nord, si jamais ils réussissent à passer le kandor peut-être pourront-ils former une alliance avec nos ennemis de toujours vu les temps difficiles pour nos deux peuples. Le dernier fut envoyé chez les elfes, en espérant qu’ils n’ont pas été dupés par cette fausse rumeur d’immortalité.

J’écris ces dernières lignes en espérant que quelqu’un pourra nous aider à surmonter ces temps dur et que notre race ne sombre pas dans l’oubli. Je dépose ici mes armes avant de quitter pour combattre comme l’aigle que je suis.

Adieux.
Doucement l’enfant ferma le petit journal, elle s’était trompée sur toute la ligne. Ce n’était pas un journal intime, mais une ébauche de testament, les dernières volontés d’un homme qui avait vu la mort de sa mère. Pourtant, elle n’avait pas ressentit la tristesse, elle n’avait pas ressentit la perte de cette Kalyäh. Pas qu’elle n’avait pas de sentiments pour sa mère, mais bien que la date de la mort était impossible. Car si Kalyäh était morte en 680 la jeune Luna n’aurait jamais été élevé par celle-ci et n’aurait pas pu devenir celle qu’elle était. Il était donc plus qu’évident que cette Kalyäh était une autre femme, que ce monde était autre. Cependant la jeune fille devait accepter le fait qu’elle vivrait dorénavant ici.

Ce fut donc épuisé et ébranlé que la jeune fille s’assit doucement sur le rock en position de méditation. Bien qu’elle n’avait pas beaucoup d’énergie à consacré à une méditation poussé elle se devait de le faire, elle avait besoin d’Asa en ce moment de solitude qui la pesait. Pourtant, alors qu’elle cherchait l’esprit dans chaque endroit de ces terres, rien. La présence que l’enfant sentait lorsqu’elle méditait s’était estompée, dans ce monde l’esprit qui l’accompagnait, sa sœur d’âme, n’existait pas. Pendant plusieurs heures l’esprit de la jeune fille chercha sa conseillère en vain, pendant plusieurs heures le désespoir monta en elle comme un tsunami d’émotions que personne ne pouvait freiner. Finalement, l’enfant ouvrit les yeux et se coucha sur un lit de lichen peu confortable, pleurant à chaude larme sans comprendre ce qui l’avait entrainé dans cet univers si hostile et si loin des siens. Le sommeil la prit et la nuit la transporta au travers de rêves étranges, de combats et de mort.

Pendant quatre jours elle habita cette grotte, s’entrainant comme on le lui avait enseigné et cherchant ses repères en plus d’acquérir des armes qui l’aiderait à se défendre. Sa première arme fut une dague, utilisée pour la cuisine dans le village. La seconde, une lance, qu’elle garda en repensant à Samy, cette nocturne qui l’avait marquée. Alors qu’elle se préparait à son départ, la jeune enfant eut une idée, rejoindre la terre des nocturne pour y trouver de l’aide. Bien sur elle ne savait pas si les deux races de cet univers avait eux aussi une alliance mais c’était l’endroit le plus sûr pour elle.

Sans dire un mot elle prit le chemin du nord, le chemin qui la mènerait sous la terre et peut-être même à des dangers plus grand. Pourtant elle avait confiance, de toute façon elle n’avait plus rien à perdre, tout ce qui lui restait était ce collier étrange qu’elle avait pris au temple.


Dernière édition par Luna Taliësin le Ven 1 Mar - 17:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 10 année, (Luna Taliësin)   Ven 1 Mar - 17:41


Chapitre 2 : retour aux sources

Cinq jours, c’était le temps qui était nécessaire pour se rendre au monastère de Jade. Cet endroit qui était si familier pour la jeune fille, elle qui s’y était entrainé pendant trois mois un peu plus tôt dans l’année. Caché dans les profondeurs du monument en ruine, vestige d’un art martial maintenant oublié, se trouvait la destination finale de Luna, le temple où elle avait pris le collier. La jeune tigresse avait découvert l’endroit alors que son maître, Daëron, l’y avait emmené pour lui apprendre cet art martial si unique qu’il était le seul, ou presque, à connaître aujourd’hui. L’endroit était tout indiqué pour débuter ses recherches, là où tout a commencé.

À la fin de ces cinq jours de marche la jeune enfant ne trouva pas le majestueux monastère qu’elle connaissait. Pour le remplacer, une immense structure en ruine s’y trouvait, comme si quelque chose s’était attaquer à l’endroit des dizaines d’années au par avant ou encore que la nature avait repris ses droits sur ce que les moines avaient construit. C’est donc à pas feutré qu’elle s’avança vers le cercle de combat, ce lieux était le point centrale du monastère. Les pierres qui devaient former un cercle parfaitement lisse était maintenant éparpillé un peu partout, rendant l’endroit inutilisable. Les gravures créées à la mémoire des vaillants guerriers qu’avait formé cet endroit étaient absent, comme s’ils n’avaient jamais existé. Définitivement, cet endroit n’avait rien à voir avec le monastère si majestueux qu’elle avait connu. Alors qu’elle avançait peu à peu dans les décombre, les souvenirs remontait à son esprit. Cet endroit qu’elle avait utilisé pour apprendre l’art qui lui sauverait surement la vie un jour n’était plus. Tout comme les gens qu’elle connaissait, elle devait faire une croix sur ces endroits qui avaient tant de signification à ses yeux.

Avançant avec précaution, la jeune thériantrophe s’enfonça dans les sous-sols, là où sa vie avait prit un tout autre tournant. Au moment qu’elle entrait dans le tunnel, l’enfant fut obligé de s’arrêter car un imposant éboulis avait bloqué l’accès. Elle s’approcha de l’éboulis en s’essayant de bouger les pierres en vain. Ce fut à l’instant où elle apercevait un petit espace tout en haut qu’un bruit attira son attention.

-Rah… elle nous a filées entre les pattes cette gamine! Si je la trouve elle va souffrir autant que leur pute de chef a souffert!

Leur pute de chef? Est-ce qu’il parlait de Kaly? La rage prit le cœur de l’enfant, alors qu’elle avait profité du bruit qu’il faisait en parlant pour se cacher dans l’espace entre le plafond et les pierres. Tapis dans l’ombre, les traits des deux hommes se gravèrent dans l’esprit de l’enfant, celle-ci se jurant de les tuer dès qu’elle le pourrait. Mais ce n’était pas le moment, déjà qu’elle n’était pas en position de force, l’enfant avait quelque chose de plus important à faire, trouver un moyen de se sortir de ce mauvais pas. Peu à peu, avançant dans la noirceur totale, la jeune fille finit par retrouver la salle où elle avait découvert le bijou. C’était la seule pièce éclairé des sous-sols, bien que Luna n’ait aucune idée de la provenance de la lumière. Tout était identique, à un point près. Aucun trésor ne s’y trouvait, la pièce était vide et devant elle se trouvait l’hôtel où elle avait pris le collier. D’un geste lent et en prenant toutes ses précautions, elle déposa le bijou là où elle l’avait trouvé. Pourtant rien ne se passa, pas de lumière aveuglante, pas de sensations de picotement, pas de changement d’univers. Rien n’arrivait au grand dam de l’enfant. Ce fut donc en silence qu’elle s’assit sur l’hôtel, réfléchissant à ce qu’elle devait maintenant faire dans ce monde où leur race semblait s’être éteinte avant même qu’on leur ait donné une chance de se défendre. Que pouvait-elle faire, elle n’était qu’une simple enfant perdu dans une terre qui lui semblait tout d’un coup totalement inconnue. En silence elle reprit le bijou si précieux et le replaça à son cou, se disant qu’elle devait supporter ce fardeau en attendant de découvrir comment revenir chez elle. Elle se plaça en position de méditation, cherchant à trouver une réponse à toute cette mascarade. Est-ce qu’elle devait tuer ces deux humains? Son cœur lui criait de le faire sans hésitation, qu’elle devait venger sa mère, cette femme qu’elle aimait le plus au monde.

Les deux yeux bleus comme le ciel s’ouvrirent d’un trait, comme si une secousse l’avait immédiatement prise. Il y avait en effet une secousse qui avait secoué la jeune enfant, cette secousse mentale était une décision. Alors que les prunelles prenaient leur allure animale, l’enfant se dirigea vers le campement des deux hommes, les regardant papoter avec le sourire en buvant et discutant de ce qu’ils feraient de son petit corps lorsqu’ils l’auraient attrapée. Elle décida d’utilisé ce début de soirée pour dormir dans le vieux temple, histoire de pouvoir passer à l’action alors que les deux hommes seraient endormi. Elle savait qu’elle devait agir rapidement, tout devrait se dérouler en quelques secondes. Bien sûr elle devait achever sa tâche en un seul coup, devoir planter une seconde fois sa dague ne serait seulement signe d’échec, cela permettrait aussi à sa victime de réagir et de contre-attaquer. Avant de retourner à sa cachette, elle observa attentivement l’emplacement des deux couches, la distance qui séparerait les deux hommes et l’angle d’approche qu’elle devait prendre. Puis, elle explora les couloirs qui étaient encore praticable et trouva une seconde sortie. Sachant qu’elle pouvait sortir de cet endroit sans faire de bruit, elle alla dormir en silence, attendant le bon moment pour passer à l’action.

Il faisait déjà nuit noir lorsque l’enfant se réveilla, sans un bruit elle engloutie le peu de fruit qu’elle avait gardé sur elle et empoigna sa lance ainsi que sa dague. À pas feutré, elle s’avança vers la sortie, prenant soin d’observer tout ce qui se trouvait autour d’elle pour être certaine de ne pas être surprise par un quelconque revirement de situation. En quelques minutes elle se retrouva dans la jungle, au nord du temple. Sans hésiter un instant elle s’avança vers le campement des deux hommes, les apercevant sans grand difficulté vu leur ronflement bruyant. Alors qu’elle avançait vers eux, l’enfant sentait son cœur battre de plus en plus fort, chaque battement créait un énorme vacarme dans ses oreilles, si bien qu’elle avait peur que ses cibles entendent ce flot sanguin si puissant qui était créé par l’adrénaline. Sans une seule hésitation, l’enfant planta sa lance directement dans la trachée du premier mercenaire, lui qui avait parlé ouvertement de sa mère et des tortures qu’elle avait subi par sa faute. Pour le second ce fut à coup de dague, réalisant qu’elle était en train de tuer un homme pour la première fois. Sa main tremblait, hésitant à donner ce premier coup qui mettrait fin au premier bain de sang qu’elle vivait. Puis vite comme l’éclair, la petite main s’abattit sur la gorge de l’homme. Ses pupilles se dilatèrent, ses veines se gorgèrent de sang, elle serra les dents comme jamais elle ne l’avait fait. Elle sentit alors quelque chose de chaud sur sa joue, un liquide chaud émanant de la blessure de l’homme. Ce sang touchant sa peau fut assez pour déclencher la suite. Quelque chose se brisa chez Luna, quelque chose qui lui permettait de rester calme depuis le début de cette nuit si morbide. C’était trop, le barrage d’émotion se brisait comme la glace sous un soleil de juillet. Elle n’entendit même pas le cri de douleur et de peine qui sortait de sa gorge, ne voyant que sa main qui plantait encore et encore le couteau dans sa victime. Alors qu’elle détruisait totalement le corps du pauvre homme qui n’avait jamais eu de chance de se défendre, elle pleurait à chaude larme, comprenant qu’elle devrait vivre dans un monde de sang et qu’elle ne verrait surement plus sa mère. Peu à peu le corps fut détruit et rien ne restait que l’on puisse reconnaître l’identité de la victime. Elle se tourna alors d’un coup vers l’autre victime, lui donnant le même traitement dans son excès de rage qui la possédait. Elle était littéralement une furie guerrière sur deux pattes, ne réalisant pas ce qu’elle faisait. Tout ce qu’elle voulait c’était tuer, tuer pour venger les siens, tuer pour venger sa mère, tuer pour se sortir de là. Rien à rien, peu importe ce que l’on aurait pu lui dire elle aurait continué de tuer ces deux être encore et encore car son esprit ne la possédait plus. Cette mascarade sanglante dura plus d’une heure, une heure où elle poignarda sans relâche les deux hommes qui étaient déjà mort après le premier coup. Peu à peu, elle s’épuisa et s’endormi dans cette mare de sang des plus dégoutante.

Lorsqu’elle se réveilla, il faisait déjà jour. Contrairement à ce qu’elle était habituer d’entendre, les oiseaux ne chantaient pas, le soleil ne réchauffait pas l’endroit de ses doux rayons. Tout doucement l’enfant ouvrit les yeux, se disant qu’elle était enfin sortie d’un cauchemar des plus horribles, peut-être même LE plus horrible de sa vie. Mais ce qu’elle vit ne fut pas la belle Arana qu’elle connaissait, elle ne vit rien d’autre que le sang qui s’était étendu sur tout le rond d’entrainement. À ses côté les corbeaux avaient déjà commencé à déguster ce fabuleux repas que la jeune Luna leur avait servit sur un plateau d’argent. Les yeux de la jeune fille devinrent rapidement énorme, aussi rond que des balles de ping-pong! Avant de se lever et de courir en trombe, elle lâcha un cri d’horreur. Elle se réfugia rapidement dans les tunnels sous le monastère en ruine. Rapidement, elle alla se réfugier dans une pièce peu éclairé, tremblant sous le stress des événements qui lui revenait en tête. Alors qu’elle se rappelait peu à peu la barbarie dont elle avait fait preuve, de comment elle avait pu détruire les deux corps sans hésitation, son regard se déposa sur ses petites mains, couverte de sang séché. Ses yeux se remplirent alors de larme, réalisant la porté de son acte et comprenant à quel point sa mère serait déçue de savoir qu’elle avait été la cause d’un tel bain de sang. Dans le seul bruit de ses sanglots, elle se positionna en position fœtale et repensa encore et encore à la scène qui venait de se passer. La chaleur habituelle de la jungle ne semblait plus l’atteindre, un froid de mort la caressait encore et encore, ce qui la faisait frissonner de froid. Au fond d’elle tout ce brisait, jamais elle n’aurait pu imaginer que prendre une vie pouvait avoir cet effet sur une personne. Elle était en train de découvrir la vraie valeur de la vie.

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MessageSujet: Re: 10 année, (Luna Taliësin)   Lun 4 Mar - 22:47



Chapitre 3 : Dans la noirceur de la nuit


Pourquoi, pourquoi ne pas s’être arrêté après le premier coup? Pourquoi avoir perdu le contrôle alors qu’elle savait ce qu’elle avait à faire? Pourquoi tout ne s’était pas passé comme prévu? Avait-elle besoin de verser tout ce sang? Pourquoi le sang sur ses mains ne disparaissait pas? Pourquoi il était encore dégoulinant? Il devrait sécher, s’écailler et disparaitre. Il s’était maintenant passé trois jours depuis qu’elle avait agis comme une bête sauvage assoiffée de sang. Trois jours à rester assis dans cette pièce sombre sans réponses. Tout ce qu’elle pouvait voir dans cette pénombre était ses mains, deux mains recouvertes d’un sang rouge éclatant. D’un sang si présent que la couleur elle-même venait paraître dans la noirceur. Aucune réponse ne lui venait à l’esprit, aucune solution. Pour la première fois elle avait tué un être humanoïde, un être doté de parole et d’intelligence tout comme elle. Non seulement elle en avait tué un, mais deux! Puis elle avait perdu le contrôle, rapidement elle avait détruit les corps à coup de dague comme une primitive. Sans respect pour les âmes des deux défunts et pour elle-même, elle avait fait couler le sang encore et encore. Chaque coup qu’elle donnait était accompagné d’une haine sans limite, chaque goute de sang versé était une satisfaction de plus. Comment avait-elle pu ressentir de telles émotions? Elle avait pourtant médité sur le sujet, elle avait appris à contrôler ses émotions! Mais non, en moins d’une seconde tout cet entrainement avait été mis à mal. Elle était une meurtrière, elle avait aimé cette sensation de puissance. Oui, pendant un instant elle avait follement aimé se sentir si puissante face à ces hommes. Est-ce qu’elle était vraiment l’une de ces meurtrières? Comment sa mère avait-elle réagit lors de son premier combat? Trois jours sans dormir, manger ou boire. Trois jours à pleurer encore et encore, regrettant son geste et se demandant si elle était elle aussi un monstre. Elle se dégoutait de ne pas s’être contrôler, d’avoir apprécié cette violence gratuite. Elle avait agi de façon à trahir toutes les valeurs qu’elle chérissait, les valeurs transmises par ses ancêtres. Peu à peu, elle se laissait mourir de faim, ne trouvant pas de réponses qui pouvait lui redonner foi en elle. Pourquoi continuer alors qu’elle était maintenant seule, qu’elle avait prouvé qu’elle pouvait devenir un monstre à tout moment? Non elle ne désirait pas vivre ce genre de vie. Peu à peu elle s’affaiblissait, cessant de penser et sombrant dans la noirceur.

Elle sortit étrangement de cette noirceur sans le vouloir, avançant vers la sortie sans hésitation. Peu à peu, la chaleur du soleil si brulant vint caresser son doux pelage blanc. Elle était sale, ses pattes habituellement blanche et noir étaient maintenant rosé du au sang qui les avait taché. Son regard bleuté comme l’océan de glace était fatigué, un regard affamé. Rapidement, elle usa de ses dernières forces pour s’élancer vers la jungle épaisse. Partout autour d’elle les animaux s’enfuyait. Non pas parce qu’ils la voyaient comme un monstre, seulement car ils savaient ce qui allait se passer. C’était la dure loi de la nature, elle avait besoin de se nourrir pour survivre et ce besoin allait causer la mort d’une autre créature. Puis, une biche passa devant elle, accélérant pour sauver sa vie. C’est alors qu’un déclic se produit dans l’esprit de Luna, elle devait vivre. Bien sûr, elle avait perdu le contrôle, elle avait mal agis, elle aurait du s’arrêter après le premier coup mortel. Mais elle n’avait pas à mourir pour cette erreur, elle devait survivre pour devenir plus forte et ne plus perdre le contrôle. Elle n’était qu’une enfant, elle avait le droit à l’erreur, car elle allait apprendre de ces erreurs. Alors qu’elle réalisait que personne ne lui avait demandé d’être parfaite, que personne ne la jugeait et qu’elle n’avait déçu personne, elle s’élançait avec puissance vers la biche. Tout au fond d’elle un second souffle se déclencha, décuplant sa vitesse et lui permettant de rattraper sa cible avec aisance. Elle finit par effectuer un puissant bond, usant de la puissance de ses pattes arrière pour se propulser, gueule grande ouverte vers l’animal en panique.

Après son repas, elle retourna vers le temple d’un air calme et serein. Cette expérience, se laisser pousser par l’instinct animal de son totem lui avait fait réaliser qu’elle devait retrouver sa mère et le clan. En parfait silence, elle retourna dans sa salle noir et reprit sa forme humain, affichant un air calme sur le visage. Sans dire un mot, elle se vêtit de manière à pouvoir voyager léger. Il était évident qu’elle ne pouvait tout garder avec elle. Le plus important était sa lance et sa dague, ces deux armes seraient surement des plus utiles dans son voyage. Ensuite, bien que peu utile, elle décida d’emmener le journal qu’elle avait trouvé. Ce journal était en quelque sorte un moyen de marquer son passage sur l’île d’Endar, elle le montrerait à sa mère dès qu’elle la reverrait. Ensuite, elle se mit dans sa besace des fruits et des noix. À sa taille, juste à côté de la dague, elle attacha sa gourde d’eau. Puis dans son cou elle attacha le pendentif qu’elle avait pris dans le sanctuaire.

Après ces préparatifs de voyage terminée, elle sortie en silence, profitant du soleil de midi pour prendre la route. Luna savait bien que la première étape de son voyage se ferait très rapidement, elle connaissait déjà sa route. Bien qu’elle n’y soit allez qu’une fois, elle savait qu’il n’y avait aucun autre chemin que celui de Cartale. Pourquoi Cartale? Tout simplement parce qu’elle devait fuir Arana, il elle sentait au plus profond d’elle qu’elle n’y trouverait rien de constructif. De plus elle pouvait trouver de l’aide chez les nocturnes, sûrement que l’alliance des deux peuple n’avait jamais été réellement utilisé vu la mort de sa mère. S’ils étaient réellement de parole ils lui fourniraient l’aide qu’elle avait besoin pour se sortir de ce guêpier.

Le sentier vers le nord étaient toujours aussi subtile, les thériantrophes ne l’utilisant que peu souvent. Il était constituer de points de repère qui aidaient les membres du clan à se repérer, mais par la même occasion, égarait les étranger vers une route qui allait se perdre en plein milieu de la jungle. Alors que la jeune fille avançait sans hésitation dans la végétation luxuriante, elle pensait à ce que l’avenir pouvait lui réserver. C’était évidement sans crainte que l’enfant avançait dans cette nature si hostile pour plusieurs, elle qui avait grandit dans cette jungle la connaissait comme sa poche. Bien sûr elle n’était pas la seule, tous les enfants du clan apprenaient dès leur plus jeune âge à connaître tous les recoins d’Arana. Cette jungle était non seulement leur berceau, elle était aussi leur terrain de jeu et la terre de leurs ancêtres. Chaque hectare de terre devait être connu, chaque lieu sacré respecté. Cette connaissance n’était pas seulement source de fierté pour le peuple du sud, elle était aussi très avantageuse quand il était temps de se déplacer ou encore de se défendre. Cependant, l’enfant ne savait pas comment elle pourrait retrouver la cité souterraine, n’ayant que très peu vu le pays des nocturnes qui leur avaient bandé les yeux pour s’assurer qu’ils ne puissent pas les retrouver comme ils le désiraient. Mais peu importe, elle se devait de retrouver le seigneur Nyl’Nacra et de lui faire comprendre qui elle était et pourquoi ils devaient l’aider. Elle avait beau penser encore et encore à ce qu’elle pourrait dire, rien ne lui venait à l’esprit. Comment expliquer qu’elle venait d’un autre monde? Comment prouver aux nocturnes qu’elle était réellement une Taliësin? Ses connaissances de la diplomatie n’étaient que basique, elle n’avait pas eu le temps d’apprendre beaucoup auprès de sa mère. Peu importe se disait-elle, même si la situation n’était pas de son côté elle n’avait qu’a dire à vérité, le seul fait qu’une thériantrophe de son âge soit en Arana l’aiderait surement à prouver sa situation.

Elle marcha pendant plusieurs jours, ne s’arrêtant que pour dormir et manger. Jusqu’à ce qu’elle voit cette contrée qui était si hostile pour les humains, Cartale.
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10 année, (Luna Taliësin)

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