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 La vérité.

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MessageSujet: La vérité.    Mer 12 Sep - 18:45

1er jour du mois de Septembre

Les deux soleils se levaient sur les terres chaudes d’Arana, alors que les Thériantrophes se rassemblaient suite à la demande de leur chef. Il était temps pour eux de connaître la vérité à propos de leurs voisins au nord à qui ils empruntaient le territoire pour cultiver la terre. Ils ne le savaient pas, mais sous ces montagnes et cette terre à première vue inhabitée, des alliées de taille se préparaient, et Kalyäh avait gardé cette information pour les protéger, mais aussi protéger les siens, c’était l’une des clauses de leur alliance. L’air était frais malgré la saison chaleureuse et le ciel était coloré d’un doux orangé. La chef des Thériantrophes du Sud se tenait fièrement au milieu de la place publique sur l’île d’Endar. Bientôt, la foule se rassemblait et on entendait des murmures quant à ce qu’elle aurait à leur dire.

HRP : Sont conviés à participer à ce RP : Kalyäh Taliësin, Setesh Hurle-Val, Sûman Griedo, Mikheil Elveiti et tout autre futur membre du Clan du Sud souhaitant faire partie de l’intrigue. Merci de bien vouloir fournir des réponses ne s'étendant pas sur plusieurs semaines afin de ne pas bloquer les autres joueurs. Si vous ne croyez pas être capables de tenir le rythme, prévenez-nous et ne vous joignez pas au Rp. Nous enlèverons votre nom de cette liste le cas échéant.
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MessageSujet: Re: La vérité.    Jeu 13 Sep - 12:42

Setesh s'était arrêté près du marché du village, et s'adonnait à quelques achats d'importance - examinant les pommes cuivrées d'un cageot ici, d'autre plus cramoisies dans celui là - lorsqu'on avait appelé au rassemblement sur la place du village. D'ordinaire, Setesh ne s'intéressait que très peu à ces rassemblements publiques, et à ces longues déclarations, trop marginal qu'il était par rapport à la très sympathique mais familiale population d'Endar. Mais cette fois ci, cela semblait sérieux; bien entendu, le térianthrope ne possédait aucun sens de la divination, mais la hâte avec laquelle les différents membres du clan s'était pressés autour de leur chef qui s'apprêtait à parler, avait légèrement intrigué le rôdeur. Abandonnant les cageots de pommes et les quelques marchands égarés dans leur rêveries solitaires, Setesh s'était approché de la foule grossissante.

Il scrutait les individus, froid, attentionné - dévisageant les différents hommes et femmes pendus aux lèvres de la grande chef; son instinct de survie exacerbé par la chaleur accrue par l'effet de masse, et les récurrents cris et poings levés vers le ciel, il se sentait tel une ombre en plein soleil, abandonné aux impitoyables rayons incandescents. Puis, poigne refermée sur la garde de son cimeterre, il s'arrêta, a l'écart de la masse molle et débordante des êtres, à quelques pas des rire gras et des chuchotements éparpillés, des tintement de chaînes et des bruit des bottes frappant le sol sec.

Son long manteau râpé bombé, soulevé par quelques vent léger, ses longs cheveux plaqués sur son visage, il observait, attendant patiemment que la foule se calme, et que Kalyäh entame son discours. Eventuellement, il lançait un vague regard vers les nombreuses ruelles tortueuses débouchant sur la place - elles affluait de toute part, de nouveau soldats, artisans et commerçant se dirigeant peu à peu vers l'amalgame vivant, et se joignant à la masse mouvante et hurlante. Ça et là il reconnaissait des individus, rencontrés éventuellement au terme d'une chasse, ou d'une simple patrouille - Sodesh le traqueur, le poil blond, barbu, une cicatrice traversant sa pommette gauche; Yoz le gardien, bien bâti et aux mains caleuse, le visage anguleux...Attentif et aux aguets, Setesh détaillait avec une minutie infinie chaque individu - prédateur instinctif né qu'il était, tel un carnassier disséquant du regard sa futur proie, ou antagoniste.

La déclaration prenant du temps à commencer, Setesh alla flâner vers quelques étalages placés non loin du brouhaha enjoué - dagues, rapières, kriss, poignards, cimeterres, kapesh, bourses, sacoches...Bien que possédant un large spectre de choix, Setesh jeta finalement son dévolu sur une des quelques pommes qu'il examinait plus tôt, échangeant un beau fruit cuivré contre quelques pièces de cuivre facilement concédées.

Alors qu'il croquait dans ladite pomme, perdu dans ses pensées, une soudaine clameur éclatant au sein de la foule amassée sur le centre de la place attira son attention. En fin de compte, cette déclaration finirait bien par arriver. Aussi, finissant jusqu'au trognon le fruit entamé, il s'engagea d'un pas lent et grave - aussi précis qu'un chorégraphe, ou dans un autre registre, qu'un félin se mouvant à travers les ombres, mesurant chaque pas avec une attention toute particulière - vers les êtres presque massés les un sur les autre, le visage inexpressif, le regard sévère, ses longs cheveux noirs encadrant avec désordre son faciès barbu.

Puis, il se mêla à la masse.
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MessageSujet: Re: La vérité.    Jeu 13 Sep - 14:00



La veille, en compagnie de ses compagnons d'arme, Mikheil avait chassé le gibier. Ça avait été une fructueuse journée, et il pensa déjà aux quelques pièces que cela lui vaudra. Le thérianthrope ne comptait pas manger cet énorme porc, mais il comptait le vendre en bon état afin de remplir sa bourse ; c'était la raison pour laquelle il l'avait tué sans abîmer son pelage, sans répandre du sang partout. Sous sa forme de scorpion, il l'avait empoisonné. L'effet s'estomperait largement jusqu'au lendemain. Mikheil avait l'idée de se rendre au marché dès l'aube...

Le matin même, le porc mort sur les épaules, le scorpion marchait à travers la foule vers le boucher le plus prisé des lieux. Il observa les visages qui défilaient devant lui, craignant en même temps d'apercevoir des traits qu'il ne souhaitait pas particulièrement rencontrer. C'était pour cela qu'il détestait venir ici, mais le besoin l'y obligeait à chaque fois... De loin, il aperçut Setesh, un bon ami qui savait ce qu'était la fidélité fraternelle. Celui-ci ne l'avait pas vu, mais par manque de temps Mikheil s'était abstenu d'aller le saluer.

Arrivé enfin à sa destination, il entra dans l'antre du boucher sans demander sa permission. Le voyant au travail, il se dirigea vers celui-ci et déposa d'un geste de l'épaule son animal sur la longue table de bois.

« Je suis désolé, mais j'ai déjà trop de porc en stock ! » lui dit le marchand en levant sur le thérianthrope un regard embêté.
« Nous n'avons jamais assez de porc, mon ami, tu le sais mieux que quiconque. Et j 'ai besoin d'argent. » répondit calmement le scorpion. Il n'allait pas en faire toute une affaire, mais savait se montrer persuasif. Il n'allait pas non plus attaquer un des siens ou faire du chantage, cela n'était guère son intention, mais mettrait toutes ses chances de son côté. « Je t'en donne quatre pièces, je ne peux pas faire mieux... » Mikheil soupira. Le boucher essayait de le rouler. « Ne te moque pas une seconde fois de moi, boucher, cela serait préférable. Je suis sûr que tu peux doubler ta mise, tu as un marché qui fonctionne très bien et tu revendras ce porc pour plus que son prix. » Le marchand soupira et jeta huit pièces au scorpion, qui partit sans un mot après avoir empoché son dû.

Revenant sur ces pas, le scorpion se retrouva sur la place. A présent, une foule de gens s'était rassemblée en masse autour de quelqu'un, mais Mikheil ne distingua pas d'aussi loin de qui il s'agissait. De toute manière, il n'avait jamais été intéressé par ce genre d'audience et ne compta pas s'attarder qui plus est. Alors qu'il s’apprêtait à se retirer, une douce voix féminine, celle du chef du clan du sud retentit à ses oreilles. Kalyäh allait énoncer un discours. Son cœur battit un peu plus vite que la normale, et il ressentit un poing s'y enfoncer. Mikheil se retourna vers la scène et observa, restant en retrait...


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MessageSujet: Re: La vérité.    Sam 15 Sep - 12:15

'' La chasse a été longue. Ton esprit était à rude épreuve. Tu étais quelque peu nerveux. Je t'avais rarement vu dans cet état. Ton front était encore baigné de sueur; Tes bras dégoulinaient d'un sang qui n'était pas le tien. Tu étais nauséeux et fatigué. Tes jambes vigoureuses flageolaient presque, devant supporter le poids de ton corps qui s'efforçait malgré tout de garder l'équilibre. Tes yeux étaient embués par la sueur, et tu nettoyais tes yeux du revers de ton avant-bras, au bout duquel tu tenais la tête tranchée d'un pauvre énergumène qui ne valait qu'un petit millier de sous. Très peu à tes yeux. Surtout que tu étais de plus en plus convaincu que l'exercice qu'il t'avait fait faire en valait plus que ça. Au moins, trois milles, voire cinq milles.

Tu ne prenais même pas la peine d'emprunter les chemins foulés et dessinés de la jungle. Tu coupais les routes tout droit en direction du village, te frayant un passage dans les quelques marais, coupant quelques racines récalcitrantes qui dépassaient du sol, faisant fuir le léopard attiré par l'odeur du sang. Tu poussa un long soupir de lassitude lorsque le félin revint à l'assaut. D'un seul cri bestial, comme un râle de colère, tu le fis fuir pour de bon. Tu n'étais pas une cible facile, et tu détestais que quiconque te sous-estimait. Si cette bête se représentait, tu la découperais en petites cubes sans aucune autre forme de procès. Après tout, cette tête était à toi, pas à elle. Et toi-même, tu ne te laisserais pas donner en pâture à ces fauves inférieurs. De toutes les espèces habitant cette jungle, c'était toi le chasseur par excellence.

Tu parvins enfin au village, qui n'était au final que plusieurs chaumières installées ci et là, reliées entre elles par des pontons. La plus grande des habitations se situait derrière elle, nichée contre un énorme tronc millénaire, qui devait sa longue espérance de vie au climat humide et prospère de la jungle. Les enfants qui jouaient dans la mangrove s'arrêtèrent immédiatement, te regardant avec des mines surprises et ébahies. Ils ne te connaissaient sûrement pas encore, ou alors ils n'avaient pas l'habitude de te voir revenir avec tes trophées sanguinolents. Tu pénétras par l'encadrement immense de la masure faîte d'un bois épais et suintant, et tu approchas d'une sorte de bureau où tu jetas dessus la tête de ta cible. Les yeux exorbités étaient encore injectés de sang, du carmin coulait de son oreille. Tu annonças « Deux milles». La préposée aux primes leva la tête vers toi, étonnée, et secoua doucement la tête.


« C'était mille pour lui. »

Mais tu insistas. Hors de question de ne pas en retirer un bon prix. Tu te bornas à augmenter le prix, mais l'assistante continuait de refuser. Tu finis par céder à contrecœur et à empocher la bourse qu'elle te tendit. Tu te juras de rendre visite à la chef de guerre Hanaïri quand tu auras le temps. Ils ne sous-estimaient que trop les criminels de cette époque. Mille pauvres pièces d'or pour un truand qui avait toute une bande organisée à ses côtés, protégé en plus par sa famille et son village. Un truand qui se carapatait comme un furet lorsque tous ses amis se faisaient tuer par ta lame.

Tu poussas un long soupir en regagnant l'extérieur, et t'étiras de toute ton envergure masculine, étendant tes bras de chaque côté de toi, faisant saillir les muscles formidablement dessinés de ton dos. L'agitation sur la place éloigna tes pensées des souvenirs encore rougeoyants de fureur de ta chasse. Quelque chose se tramait au centre du village, il y avait là un grand rassemblement. Tu crus même reconnaître des personnes que tu avais déjà croisé dans la cabane d'Hanaïri. Tu t'approchas d'un pas laconique, trahissant une profonde perte de patience. Tu n'avais rien d'autre à faire pour l'instant, alors il te fallait trouver une distraction. Cependant, plus tes pas te menaient au plus de la foule, au plus tu t'aperçus que la masse formait un cercle autour d'une femme aux cheveux de feu...Kalyäh. Ceci relevait ostensiblement ton intérêt et tu te faufilas parmi les autres Thériantrophes jusqu'à être capable de voir le visage de votre grande chef.''
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MessageSujet: Re: La vérité.    Lun 17 Sep - 20:48

Le souvenir de cette contrée souterraine brûlait encore sa mémoire, et celui de Kehlvh’an Nyl’Nacra encore plus. Si elle avait pu rester en ces lieux pour apprendre, elle n’aurait pas hésité, mais ses responsabilités en Arana étaient trop importantes pour oser rester. Elle avait donc du mettre ses connaissances de côté, mais s’était promis d’un jour assouvir sa soif de savoir.

La frénésie était à son comble en ce premier jour du mois de Septembre, plus que jamais. Les siens s’étaient rassemblés chaleureusement prêts à entendre son discours, et elle ne les ferait pas attendre plus longtemps.

« Peuple du Sud! Je suis ici pour vous faire part d’une grande nouvelle qui plaira sans doute à certains et qui déplaira à d’autres. Vous vous souvenez lorsque nos navires marchands ont été coulés il y a quelques mois et que plusieurs des nôtres ont été touchés? » Lança-t-elle autant comme un questionnement qu’une façon de leur rappeler. « Je ne les ai pas oubliés moi, et il avait été promos qu’ils obtiendraient leur vengeance. Il est maintenant temps! J’ai attendu le moment opportun, non pas par choix, mais plutôt par obligation, pour vous annoncer ceci : Nous avons des alliés d’une puissance importante, qui sont cachés dans les souterrains de Cartale, des alliés qui veulent assouvir leur vengeance sur les humains autant que nous, sinon plus, mais qui n’ont pas voulu que je divulgue leur présence avant aujourd’hui par simple protection autant pour eux que pour nous. Même si j’avais voulu, ils m’ont fait jurer dans leur langue qu’aucune parole à leur propos ne franchirait le seuil de mes lèvres jusqu’à ce qu’ils l’aient décidés, ce qui, curieusement, m’empêchait de le faire, sans doute était-ce la magie qui œuvrait encore ! » Déclara-t-elle les yeux brillants. « Mais ce n’est pas pour rien qu’il nous est possible de cultiver les terres de Cartale un peu plus au nord d’Arana, c’est qu’ils l’ont bien voulu. C’est même eux qui nous les ont offertes pour notre alliance. Ce n’est pas pour rien non plus que peu de visiteurs se rendent jusqu’à notre territoire, c’est qu’ils ne les laissent pas passer. Mais aujourd’hui, je pourrai répondre à toutes vos questions, à savoir qui est ce peuple mystérieux dont je parle… Aujourd’hui annonce le début d’une nouvelle ère, car à leurs côtés, les humains vont subir la vengeance de plusieurs générations.»

Sur ces mots, elle balaya la foule du regard, espérant plutôt qu’ils soient heureux de cette nouvelle plutôt positive pour le clan, qui leur permettrait de faire valoir leur force et imposer le respect sur Merak. En même temps, cela signifiait la guerre… Mais une guerre qui serait bénéfique pour eux, autant que pour les Nocturnes. Les humains comprendraient enfin ce qu’ils avaient affligés autant aux thériantrophes pour leur capacité à se transformer en animaux, autant aux Nocturnes qui avaient été exilés.

En observant la foule, elle remarqua plusieurs sortes de réactions. Certains, très satisfaits de pouvoir en savoir plus, d’autres étaient teintés d’incompréhension. Peu importe les réactions, la chef des sudistes était prête à répondre à n’importe quelle question et elle savait, hors de tout doute, qu’elle avait prit la bonne décision en gardant ces informations pour elle avant ce jour… car cela permettait l’effet de surprise désiré par les Nocturnes lors qu’ils s’attaqueraient aux Principautés humaines.
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MessageSujet: Re: La vérité.    Lun 22 Oct - 4:36

Setesh avait observé Kalyah les bras croisé, tout au long de son petit discours. Les affaires d'états et de politique n'avaient jamais été son fort, et c'était le dos raide et les épaules hauts qu'il avait accueilli ce qui semblait être une excuse de la part de leur dirigeant. Bien sur, il comprenait que l'on puisse se sentir trahis, mais encore une fois, le manque d'intérêt flagrant qu'il avait pour la politique, et son sens arriviste des choses quand il s'agissait d'agir, l'empêchait de manifester le moindre sens de reproche envers son chef. A sa gauche comme à sa droite, le discours avait suscité de grandes explosions d'émotion - de la satisfaction à la haine, de la torpeur a l'incrédulité, de la fascination au flagrant manque d'intérêt. Toutefois, si ce discours avait d'abord parut assez peu intéressant aux yeux de Setesh, désengagé, la suite avait piqué sa curiosité. "Les humains vont subir la vengeance de plusieurs générations."...Voilà qui semblait déjà plus plaisant. Setesh ne connaissait que très peu les royaumes humain, n'en ayant entendu que des bribes d'histoire par les lèvres des sages du village. Bien sur, il parvenait à visualiser ce qu'était un "humain", en ayant déjà rencontré sur les côtes, que ce soit des bateaux au drapeau noir, ou quelques nobliaux partis à la recherche d'exotisme.

Toutefois, en dépit de ces nombreuses rencontres avec ces proches cousins du grand Nord, Setesh ignorait beaucoup de choses des hommes. Tout ce que l'on lui avait appris, et ce qu'il avait put lire, rattachaient inévitablement cette espèce aux termes de trahison, félons, assassin. Pour ce qui était de son expérience, Setesh n'avait jamais vraiment eut l'occasion de haïr viscéralement ces êtres comme la plupart des anciens du village le faisait si bien, et les souvenirs trop flous quasi-inexistant qui lui restaient de son enfance n'évoquaient rien d'un culte de haine anti-humain. Aussi, dans la perspective d'une guerre vengeresse contre ceux ci, Setesh ne s'était ni emballé, ni renfermé. Il avait été entraîné à obéir, et si on lui commandait de participer à une grande expédition punitive issue de dizaine de générations ruminant leur colère, il s'exécuterai automatiquement.

Quoiqu'il en soit, le discours étant sans détour un appel aux armes. Setesh entendait déjà certain jeunes individus massés à sa droite trépigner d'excitation; ils remuaient, impatient d'en découdre avec cet ennemi transformé par des années de fables et de contes ivres de rage, qu'ils n'avaient jamais vu autrement qu'au travers des verres d'une expérience subjective. Qui pourrait les blâmer ? Les jeunes du Sud étaient éduqués dans le climat hostile de la jungle, et nourrit d'un lait amère qu'est la rancune pesant sur les épaules de son clan. Froid, Setesh s'éloigna simplement de la foule ,l'effervescence suscitée par le discours passée, s'approchant d'un petit magasin d'extérieur, où le marchand avait eut la sagesse d'étaler à plat sur une longue table, la plupart de ses marchandise. Peu désireux de changer son armement auquel il s'était attaché après tant d'années passées en compagnie de cet arc et de ce cimeterre, Setesh saisit simplement une poignée de pierre lisses, ainsi qu'une demi-douzaine de flèche, qu'il fourra respectivement dans la bourse attachée à sa ceinture, et dans le carquois passé autour de son épaule. Payant le marchand grognon, de sept pièces d'un bronze usé, Setesh s'éloigna du petit stand, cherchant du regard un certain individu.

Il ignorait quand le départ vers le Nord allait être lancé; aussi s'était-il contenté de se préparer de suite, avant que le torrent de jeunes conscrits comme de vieux vétérans ne viennent déferler sur le marché. Il lui fallait maintenant retrouver Mikheil. Ce personnage, tout particulier qu'il était, avait été aux yeux de Setesh, ni plus ni moins qu'un frère avec lequel on partageait tout ce qui était à même de le troubler ou de le réjouir. Plus enthousiaste qui ne l'était lui, Mikheil avait permis à Setesh d'éclaircir sa vie somme toute très austère et d'une fadeur effroyable jusque là. Bien sur, le manque de goût qu'avait put présenté sa vie ne l'avait jamais dérangé outre mesure, mais depuis que Mikheil était venu ajouter sa présence sur la fresque de son existence, pimentant ici et là les aspects de sa vie, il lui avait semblé impossible d'envisager une vie sans lui, son frère. Aussi l'avait-il cherché, ne serait-ce que pour considérer son attitude face à ces récentes nouvelles. Le trouvant au milieu de la foule, Setesh se fraya un chemin jusqu'à lui, poussant ici, se faufilant là...Quand enfin il arriva à portée de son ami, il se contenta simplement de poser sa main sur son épaule droit.

"On dirait qu'il faille commencer à se préparer..." dit-il avec un semblant de sourire.

"...Je serai au marché" reprit-il après une courte pause, s'effaçant par la suite après un vague geste de la main.

Puis, se fondant de nouveau dans la foule, Setesh marcha d'un pas droit, résolu, vers le petit marché non loin de la place. Avant de partir en guerre, il lui fallait régler quelques petites choses...

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MessageSujet: Re: La vérité.    Mar 30 Oct - 20:11

Une fois que les murmures plus ou moins intenses de la foule furent estompés, elle remarqua que certains d’entre eux s’emballaient déjà de la suite des choses. La chef des thériantrophes savait que même les plus grincheux la suivraient lors de cette guerre qui était essentielle pour le Clan, c’était une véritable opportunité de prendre leur marque dans le monde de Merak, plus que celle que voulaient bien leur laisser les humains. Plusieurs questions s’enchaînèrent, dont une particulièrement importante : la date du départ. Bien évidemment, elle leur laissait le temps à tous de se préparer, de préparer leur famille, les récoltes autant que possible pour survivre pendant cette période plus sombre. Même si ce temps paraissait court, il était néanmoins nécessaire.

« Nous irons rejoindre nos alliés les nocturnes à la mi novembre, nous partirons donc dans deux mois approximativement afin que nous puissions tous atteindre leurs montagnes. Par la suite, peu de temps s’écoulera avant que nous lancions l’assaut sur les Principautés humaines. Préparez le plus de ressources possibles, car la majorité seront en guerre et ne pourront donc pas s’occuper de chasser ou cultiver la terre. Il faut faire des provisions dans les deux prochains mois, préparez vos familles, vos enfants. Il ne faut pas que cette guerre affecte notre économie au point à la faire chavirer. »

Bien sûr, elle savait qu’il y aurait sans doute des répercussions, mais elle espérait toute de même en prévenir le plus possible. Une fois que la foule commença à se dissiper, Kalyäh chercha des yeux Daëron, elle voulait lui toucher un ou deux mots, mais elle ne le trouva pas. D’ailleurs, cela faisait quelques semaines qu’elle ne l’avait pas vu et son absence l’inquiétait un peu. Surement une mission lui avait-elle était confiée? Elle espérait tout de même le revoir avant le début de cette guerre…

La thériantrophe décida d’aller au marché afin de se fondre dans la foule, elle aussi avait besoin de se préparer et elle avait toujours adoré l’ambiance. Cela lui permettrait de tâter le pouls de la population…


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MessageSujet: Re: La vérité.    Jeu 1 Nov - 18:13

Adossé à un petit muret, aiguisant le fil de ses lames en faisant doucement glisser les précieuses pierres plates de la garde à la pointe, Setesh écoutait d'une oreille distraite la clameur du marché. Les effluves multiples qui montaient à ses narines regorgeaient de différentes saveurs : la boue, la sueur, la suie, le charbon, le souffre et le nectar des fruits...Setesh avait appris à aimer ces aspects du marché - c'était sans doute l'endroit de société qu'il connaissait le mieux, tant il y venait à chaque fois qu'il sortait de sa jungle chérie. Le marteau du forgeron battant le fer chaud, les cris du marchand vantant son produit, les bruits de pas et des bourses frétillantes...Le marché était un lieu de vie, d'effervescence, tel un brasier palpitant crachant ici et là des étincelles crépitantes.

Setesh était aux aguets en permanence - si la jungle lui avait appris une chose, c'était que la méfiance était élémentaire, quelque soit le lieu, le temps...Son oreille tressaillait à chaque bruits irréguliers venant déranger le confortable brouhaha. Un bruit de pas inhabituel lui fit plisser les yeux, la pierre à aiguiser dérapant le long de sa lame. Prudent, il jeta un regard par dessus son épaule, baissant son cimeterre pointe vers le sol. La main gauche venant doucement serrer la garde de sa dague glissée sous sa ceinture râpée. Bien entendu, la présence d'une véritable menace était peu probable - il était encore tôt, et une bienveillance relative régnait au sein du village. Les individus du clan sud avaient appris à s'apprécier les uns les autre et à se serrer les coudes dans leurs nombreux malheurs et mésaventures. De toute évidence, il en existait quelques uns n'ayant pas embarqué sur le même bord que leurs congénères, préférant tirer profit de toutes occasions pouvant s'avérer bénéfique pour la santé de leur bourse. Encore une fois, Setesh faisait preuve d'un excès de prudence, trop prompt à réagir en toute circonstances. Lorsqu'il vit se dessiner la silhouette de Kalyah Taliesin dans la pénombre du soir - passant probablement par là afin de rejoindre sa mansarde, flâner dans le marché, ou simplement se joindre au soudain emportement de son peuple - Setesh desserra immédiatement la poigne ferme qu'il gardait sur la garde de sa dague. Supposant qu'elle l'avait remarqué, il se contenta de se raidir, effectuant un bref salut respectueux, frappant son coeur de son poing droit, baissant humblement la tête.

"Mes respects, Taliesin..." dit-il d'un ton neutre.

Setesh connaissait assez mal cette femme, qui endossait selon son propre avis, parfaitement les responsabilités liées au rôle de chef de clan. Il nourrissait un certain respect à son égard, mêlé à une froideur qu'il attribuait d'office à ceux qu'il ne connaissait que trop peux. Pourtant, derrière ses apparences froides et distantes, Setesh n'éprouvait aucune aversion envers la très respectable chef des térianthrophes d'Arana. Encore une fois, son fort instinct de survie le poussait à considérer chacun et chacune avec une froideur inexpressive, détachée, lucide. Il ignorait si elle le connaissait...Après tout, il n'était qu'un simple guerrier rôdant près des frontières - un rôdeur des ombres aliéné de la société. A un tel grade de soldat lambda, décoré d'aucune autre façon que par la gratitude du peuple, nul excès de zèle était en mesure de faire connaître de ces supérieurs, un guerrier aussi anonyme que lui. C'était sans doute triste à dire, mais pourtant si simple à comprendre. Les grands étaient connus de tous. Les petits, aussi talentueux, serviables, zélés ou dévoués soient-ils, n'avaient aucun nom dans le coeur de chacun. Ils étaient "les soldats", "les guerriers", "les preux", "les sacrifiés"...C'était d'une logique froide, mais imparable.

Setesh sortit de ses reflexions, arraché à celles ci par un éventuel retour de salut de la part de Kalyah. Figé sur place, ne sachant que faire dans une telle situation, autre que de laisser simplement le temps filer et faire bouger les choses, il se contenta de rester appuyé avec rigidité contre le mur. Il n'attendait qu'une réaction...un mot, un salut...Mais, de lui même, il ne lui venait à l'esprit aucune action qui lui permettrait de faire progresser l'échange...



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MessageSujet: Re: La vérité.    Dim 4 Nov - 19:18

Ses pas s’engouffrèrent dans le marché et elle se permit de jeter un œil d’abord aux armes qu’avaient confectionnés plusieurs artisans. La chef des sudistes avait bien du mal à se départir de son arc-à-flèche, mais un peu de nouveauté ne lui ferait sans doute pas de tord, surtout avec ce qui s’en venait. Elle regarda d’abord les dagues, toutes affilées les unes plus que les autres, mais aucune de ses armes ne réussit à la charmer. Il fallait dire que la thériantrophe avait bien du mal à tuer sans qu’il n’y ait une véritable raison, mais ce qu’ils s’apprêtaient à faire, tous, était bien plus qu’un meurtre sans importance. Avec cette guerre, ils allaient récupérer leur honneur, leur vie, et tout ce qu’ils avaient du endurer depuis qu’ils avaient décidés d’échapper au règne du Saint-Père, depuis qu’ils avaient voulu façonner leur monde à leur manière. Ils allaient également venger tous ces défunts qui travaillaient sur les navires marchands.

La majorité des membres du Clan du Sud étaient satisfaits d’enfin pouvoir obtenir cette vengeance, ils savaient que le temps avait été choisi judicieusement et même si plusieurs avaient à quitter leur famille, ils feraient leur devoir. Kalyäh se rendait aussi compte que certains critiquaient le choix qu’elle avait fait de garder le secret sur ces « Noctures » qui vivaient dans les cavernes, mais la chef ne pouvait leur en vouloir. Celui qui aurait agit différemment en se mettant à sa place aurait peut-être mieux réussit qu’elle, mais ça elle ne pouvait pas en être certaine et jamais elle n’aurait prit le risque de sacrifier qui que ce soit.

Aucune épée n’attira son attention, elle s’engouffra donc dans une ruelle, dans l’idée, de rentrer bientôt chez elle. Tout au bout se tenait un homme qui lui communiqua ses respects avec un ton neutre. À cette distance, elle ne savait pas de qui il s’agissait, mais en s’avançant lentement vers lui elle le reconnu. En tant que chef, il était de son devoir de connaître les habitants, surtout en essayant d’être le plus proche possible d’eux. Et puis, lorsqu’elle suivait son père et n’ayant pas trop de responsabilités à cette époque, elle avait eu tout le temps de se souvenir des noms de ceux qu’elle croisait.

« Bonsoir. Vous êtes un Hurle-Val si je me souviens bien?»

Kalyäh était déjà rendu à sa hauteur et elle lui adressa un sourire amical. Il était l’un de ses guerriers qu’elle n’avait malheureusement pas encore prit le temps de connaître plus, même si elle le devrait. C'est d'ailleurs une chose qu'elle tentait d'inculquer à sa fille, le fait de connaître ses alliés autant que ses ennemis. Ses prunelles noires se posèrent sur le dénommé Setesh.

« J’espère que mon discours ne vous a pas démoralisé. » Dit-elle sur un ton teinté d’humour. « Aurais-je la chance de vous voir dans nos rangs en novembre? »

En plus de son entraînement, Kalyäh avait l’intention de visiter le plus de guerriers possible pour savoir ce qu’ils en pensaient, mais aussi s’ils étaient prêts à affronter la tempête. Elle n’avait pas forcément l’intention d’obliger les siens à se battre, mais s’ils le faisaient, c’était sans doute parce que les thériantrophes avaient l’esprit de solidarité!

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MessageSujet: Re: La vérité.    Dim 11 Nov - 15:07

« Bonsoir. Vous êtes un Hurle-Val si je me souviens bien?»

Setesh avait tiqué à l'énonciation des mots "un Hurle-Val"...A proprement parler, Setesh n'était pas "un" Hurle-Val; il était "le" Hurle-Val, le seul et unique, ayant adopté un alias afin de combler le vide qui tâchait son existence, sous la forme d'un nom de famille inconnu, voir inexistant. Il s'agissait l'à d'un aspect douloureux de la vie du térianthrophe : son passé. Sans doute avait-il été victime de quelque amnésie dans sa plus tendre enfance; bien entendu, il en ignorait la cause - puisque l'intégralité de sa plus tendre enfance s'était tous simplement volatilisée de sa mémoire, comme un pâle spectre mourant, n'ayant jamais existé. Par la suite, on avait été incapable de lui dire d'où il venait. On l'avait trouvé sans avoir la moindre idée de quelle était sa famille d'origine ni quel sort celle ci avait put subir pour disparaitre du jour au lendemain, si subitement. Setesh n'avait jamais vraiment cherché à redécouvrir ses racines; profondément, il s'agissait à la fois d'un désir jamais assouvi et d'une vérité interdite, que son inconscient cherchait à enfouir encore et toujours, loin de son esprit innocent. L'alias, était une manière de combler ce vide difficile à assumer. Le rôle de la famille étant prépondérant dans la tradition du clan du Sud, ce gouffre béant avait été pour Setesh une source d'aliénation, de détachement vis-à-vis de ses congénères. Il était Hurle-Val, une identité bien choisie, en raison de son animal-totem, le seul fragment de son identité qu'il avait put conserver de ces temps oubliés, effacés, abandonné, en plus de son nom.

« J’espère que mon discours ne vous a pas démoralisé....Aurais-je la chance de vous voir dans nos rangs en novembre? » avait-elle ajoutée après une longue pause

La grande reflexion dans laquelle Setesh avait été plongé eut surement un certain impact sur son expression. Les yeux vitreux, le regard vague, le visage relâché, inexpressif, il semblait ailleurs l'espaces de quelques secondes. Les mots de la belle tériantrophe l'arrachèrent de sa transe. Le temps de réaliser qu'elle lui avait posé une question, et Setesh reprit une attitude plus normale, fermé - son habituelle expression de "maîtrise de soi". Après une très courte pause, il répondit à Kalyäh.

"Hurle-Val, oui. Setesh."

Il déglutit rapidement avant de poursuivre.

"Et non, votre discours ne m'a pas démoralisé...A vrai dire je doute qu'il ai démoralisé qui que ce soit...Notre peuple à souffert trop longtemps dans les ombres pour ne pas être transformé par la haine...Il a soif de vengeance, de sang, de victoires. Sans doute a-t-il été trop longtemps traîné dans la boue...A l'heure qu'il est, la plupart de ces hommes et femmes sont déjà en train de s'armer de courage et d'attiser leur haine, vos paroles ayant fait bouillir leur sang et ressurgir leur rage."

"Je ne désire rien dans le Nord. Mon foyer, ma terre est ici. Toute inhospitalière soit-elle, cette jungle féroce est devenue notre royaume, notre empire sauvage...Indompté, redoutable..."

"Vous pourrez compter mon arme, et mon arc, et ma vie parmi les vôtre quand viendra le moment de marcher vers le Nord. Non pas parce que j'aspire a brûler des chaumières, des fermes et des villages...Non pas parce que j'aspire a piller chaque parcelle du royaume humain, jusqu'à en brûler la terre...Non pas parce que je souhaite faire couler autant de sang que nos ancêtres en ont versé sous les coups de l'empire carnassier. Mais seulement et simplement parce que je vis, et je meurs, pour le clan."


Setesh fit une pause, observant la réaction de Kalyäh. Il avait parlé sincèrement, exprimant cette vérité qui lui semblait élémentaire : la vengeance alimente parfaitement la haine. Juste ce qu'il faut pour faire perdurer un brasier féroce, redoutable, pugnace. Et il s'imaginait déjà, que, longtemps après sa mort, les descendants de ce peuple qu'ils s'apprêtaient tous à massacrer indignement, viendraient chercher cette même vengeance dans le sang, la chair et les ossements.

Déjà Setesh voyait cette expédition punitive dégénérer...Massacres, pillages, viols, extermination, sauvagerie et brutalité monstrueuse...Setesh n'était pas étranger à la nature des hommes...Et tout éloignés idéologiquement soient-ils de leurs cousins du Nord, les tériantrophes étaient très semblables aux humains sur un plan moral. Une fois concentrés en masse, armés, cuirassés, les hommes s'abandonnaient aux mouvement de la foule, du groupe. Ils criaient comme un seul, marchaient comme un seul, tuaient et mourraient comme un seul. Une force irrésistible, dégénérée, monstrueuse.

Pourtant Setesh était prêt à partir, fusse-t-il le premier à marcher sur les terres du Nord, et le premier à tirer de son fourreau sa lame. Il ferait ce que l'on lui dirait de faire.Car, comme dans les meutes des grands loups, l'individu n'a pas son mot à dire, ni de choix à faire. Il chasse et tue pour le clan et pour son alpha, sans se poser de question, sans réfléchir, sans prendre d'initiative.

Une lueur de tristesse passa dans le regard de Setesh; c'était malheureux à dire. Il se doutait bien que Kalyah ne souhaitait nullement lâcher une horde de barbare voraces enivrés par le sang sur les landes ennemis et les innocents citoyens, qui regardent vers le Sud sans se douter de rien. Il l'observait désormais, plongeant son regard dans ses profondes prunelles, attendant une réaction, une parole, une expression.

Qui était-il pour donner son avis ?
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MessageSujet: Re: La vérité.    Dim 11 Nov - 18:52



Les murmures de la foule s'étaient accentués, et Mikheil sentit l'émoi des personnes à proximité. Il comprenait le ressentiment de certains, tout comme il ne saisissait absolument pas celui des autres. Les avis étaient mitigés, et la belle Kalyäh avait réussi, une fois de plus, à captiver l'attention de tous. Son statut de femme n'était nullement un obstacle à son rôle de chef, et le scorpion respectait énormément cette qualité... comme beaucoup d'autres, plus "intérieures" et moins voyantes.
Une fois le discours terminé, une main furtive s'était posée sur son épaule. Mikheil fut tellement dans ses pensées qu'il n'avait pas sentit Setesh arriver. Il répondit d'un sourire à son frère, qui s'en alla aussitôt. Le thériantrophe comptait suivre son ami, mais resta d'abord un instant dans son petit monde, sombre et froid. Cette histoire de vengeance lui plaisait au niveau militaire, bien que lui, personnellement, en avait particulièrement assez de tout ce remue-ménage qui avait bouleversé sa vie, ainsi que celle de milliers d'autres. Mikheil aspirait à en finir avec tout ça, et qu'un temps de paix revienne pour qu'il puisse reprendre là où il s'était arrêté, avant tout ce carnage. Entre autre vivre loin, seul, en bon nomade qu'il était.

Le scorpion soupira, sa décision était déjà prise de toute manière. Il suivra Kalyäh dans cette aventure, par aspiration guerrière et personnelle. Bien, il était temps pour lui de se préparer, comme l'avait prédit si bien Setesh avec sa légendaire perspicacité. Il fit marche arrière et chercha des yeux un vendeur de poison, ceux-ci se cachant et restant généralement discret... sauf que les hommes comme Mikheil, les repérait assez vite. Tandis que le scorpion se faufila entre les gens pressés et enjoués, il distingua la silhouette de son ami qu'il connaissait sur le bout des doigts. Avec lui, la ravissante chef des troupes. Un petit pincement de jalousie lui picota la poitrine. Il changea vite de direction en espérant qu'aucun des deux ne l'appellent pour de quelconques échanges de paroles, vaines la plupart du temps...

Mikheil rencontra un homme suspect à la longue cape bleue nuit, munie d'une capuche couvrant un visage aux traits durs et fatigués. Il s'était avancé vers celui-ci et lui intima sa commande d'une voix sèche, pour faire bien et vite.

Le scorpion soupira, sa décision était déjà prise de toute manière. Il suivra Kalyäh dans cette aventure, par aspiration guerrière et personnelle. Bien, il était temps pour lui de se préparer, comme l'avait prédit si bien Setesh avec sa légendaire perspicacité. Il fit marche arrière et chercha des yeux un vendeur de poison, ceux-ci se cachant et restant généralement discret... sauf que les hommes comme Mikheil, les repérait assez vite. Tandis que le scorpion se faufila entre les gens pressés et enjoués, il distingua la silhouette de son ami qu'il connaissait sur le bout des doigts. Avec lui, la ravissante chef des troupes. Un petit pincement de jalousie lui picota la poitrine. Il changea vite de direction en espérant qu'aucun des deux ne l'appellent pour de quelconque échanges de paroles, vaines la plupart du temps...

« Vous avez l’œil observateur, pour m'avoir si vite abordé » lui adressa le marchand d'un ton amusé mais toujours distant, tout en cherchant les bonnes fioles dans ses immenses poches intérieures. « Je me garderai de vous demander l'usage que vous en ferez. »

Mikheil ne répondit rien et lui donna quelques pièces, sans lui jeter de regard. Il n'aimait pas parler à ses gens dont personne ne savaient rien, mais que tout le monde connaissait, car ils étaient fort exploités justement pour leur poison dévastateur. Le thériantrophe en avait besoin pour se battre, son totem de scorpion lui obligeait parfois de recourir à des techniques douteuses dont il se passerait bien de temps en temps...

« Nous ne nous sommes jamais vus » souffla l'homme étrange avant de disparaître.

Voilà une bonne chose de faite. Il lui fallait aussi chasser un maximum et « mettre de côté » les aliments les plus conservables, ce qu'il fera une fois retourné dans sa jungle fétiche. Il ajouta à sa liste des armes à remettre à neuf, ainsi que des accoutrements dont la qualité ne laisserait pas à désirer au premier regard. Il faisait tout de même parti du clan des quatre venimeux, et se devait de faire bonne figure... Mikheil ne put s'empêcher de jeter un regard vers Setesh et Kalyäh, qui discutaient d'il ne savait quel sujet passionnant. Sûrement la guerre.
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MessageSujet: Re: La vérité.    Lun 12 Nov - 21:53

Le guerrier sembla absent quelques instants, mais dès qu’elle le questionna, ses yeux retrouvèrent le peu de vivacité qu’ils devaient avoir en temps normal. Quelque chose troublait-il Hurle-Val? Kalyäh n’en savait rien, mais de toute façon cela ne la regardait pas, surtout si ça n’avait rien à voir avec la guerre. Elle ne serait donc pas trop indiscrète à son égard, car même si elle était chef, cela ne lui donnait pas le droit de s’immiscer dans la vie privé des siens. Elle se contenta de l’observer doucement, plongeant son regard sauvage dans le sien, tentant malgré elle de percer les mystères qui pouvaient bien l’entourer.

Le discours de Setesh se voulait un peu plus rassurant, elle comprenait parfaitement ses paroles et les approuvait même sans trop de difficulté. Elle retint particulièrement l’une de ses phrases qu’il avait dite : « cette jungle féroce est devenue notre royaume, notre empire sauvage… Indompté, redoutable… » Il avait raison. N’importe quel thériantrophe ayant vécu ici avait apprit à apprécier cette jungle, et pour eux, rien ne pouvait être plus magnifique que ce qu’elle avait à offrir. Probablement que Kalyäh mourrait à vivre dans un endroit comme les Principautés Humaines. Elle appartenait à la jungle comme la jungle lui appartenait et elle appréciait trop la nature pour la quitter trop longtemps.

« Alors nous sommes deux à vivre et mourir pour ce Clan. »

Et probablement plus que deux. Effectivement, le but premier de la guerre qui s’annonçait n’était pas, pour Kalyäh, de brûler des chaumières et tuer des innocents, non, le but de cette guerre était plutôt de récupérer ce qui était dû aux Thériantrophes depuis bien des années, et d’obtenir la vengeance méritée. Bien des sages diraient que la vengeance ne résolvait rien, mais Kalyäh était d’un tout autre avis lorsqu’il s’agissait d’un peuple entier. La vengeance avait lieu d’être, par respect pour leurs défunts ancêtres. Ils avaient terminés de se faire marcher sur les pieds… Aujourd’hui, les Thériantrophes feraient un énorme pas en avant.

La chef du sud sentit le regard de Setesh se poser sur elle, sachant pertinemment qu’il attendait une quelconque réaction. Elle réfléchissait… Il avait raison sur plusieurs points et elle se demandait comment elle réagirait lorsqu’effectivement, il leur faudrait tuer des innocents, brûler leurs chaumières.

« Gardons simplement en mémoire les nôtres qui sont morts pour nous, que ce soit il y a plusieurs centaines d’années lorsque nos ancêtres ont du marcher vers le sud, ou récemment, lorsque nos navires qui ont été coulés… alors… seulement à cet instant là, les chaumières qui seront brûlées le seront pour une bonne raison. »

Un léger sourire anima les lèvres de Kalyäh. Elle ne le disait pas nécessairement pour lui, mais plutôt pour elle. Avait-elle besoin de se convaincre elle-même? Peut-être. Mais elle devait avoir l’air confiance devant son peuple, ce qu’elle réussissait généralement à faire.

En détournant le regard, elle aperçu un homme au loin; Mikheil Elveiti. Il s’agissait d’un membre des quatre venimeux, dirigé par un homme qu’elle appréciait beaucoup, Daëron. Kalyäh n’avait pas eu l’occasion de croiser Mikheil depuis un bon moment et elle se rendit compte qu’elle n’en savait que peu à son sujet, malheureusement. D’un geste de la main, elle le salua, sachant que son regard venait de croiser le sien. Peut-être viendrait-il se joindre à eux?


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MessageSujet: Re: La vérité.    Ven 23 Nov - 0:42

3 mois. Voilà à peu près le temps depuis lequel Jeremiah n'était pas rentré à Endar. Il avait pris une mission qui l'avait emmené au plus profond de la région d'Arana. Il avait entendu bon nombre de rumeurs sur le chemin du retour, de nouveau le spectre de la guerre naissait dans le coeur des Thériantrophes. Mais toujours égale à lui-même c'est avec un grand sourire qu'il rentra dans la cité d'Endar avec son chariot chargé de bois d'excellentes qualités. La ville était en ébullition, plus qu'à l'accoutumer, il faut croire qu'il était arrivé un peu tard puisque les habitants semblaient tous quitter la place centrale.

Il dirigea sa charrette jusqu'à l'entreprise qu'il l'emploi comme bûcheron. C'était un petit négociant qui fournissait tout Endar en bois pour tout usage. Son propriétaire était un petit homme d'environ 45 ans à la moustache longue et noire, aux sourcils broussailleux et au crâne parsemé de quelques cheveux. Il était toujours pressé et vif, pas moyen qu'il reste en place mais il était un agréable patron qu'on souhaite à tout employé qui se respecte. Son échoppe était relativement modeste, on pouvait y acheter tous types de bois, et adossé au magasin on trouvait une petite remise où les employés bûcherons rapportaient le fruit de leur labeur. La dernière partie de la visite est le premier étage où se trouvait le bureau du boss et une petite salle de vie où les salariés pouvaient se retrouver et se détendre, c'est dans ce dernier lieu que les différentes missions étaient affichées.

Jerry entra dans la remise où il était attendu, il commença le déchargement tandis que le patron arriva bien vite à la rencontre de son meilleur employé. Cette entreprise avait été la seule qui avait bien voulu de lui, et même après être devenu un bûcheron expérimenté il était toujours resté fidèle à celle qui lui avait donné sa chance. Si bien qu'après tant d'années son employeur le voyait plus comme un ami que comme un réel subordonné. Il arriva donc pour le saluer.


_ Holà, Jerry ! Comment s'est passé le voyage ? Pas d'incident j'espère ?

_ Aucun monsieur Locksley, tout c'est très bien passé au contraire, toutes les commandes pourront être honorées.

_ Bien, tant mieux, tant mieux…


Jeremiah sentit une pointe d'inquiétude dans la réponse du petit homme, un patron est toujours préoccupé me direz-vous. Mais avec l'effervescence exacerbée de la cité, il était évident que quelque chose était à l'oeuvre et il résolu d'en savoir plus. Loin d'être idiot Monsieur Locksley le convia plutôt à un entretien dans son bureau. Ils montrèrent donc au premier et une fois dans le bureau le négociant lui indiqua une chaise vide tandis qu'il s'installa à son bureau l'air toujours aussi sévère.

_ Monsieur ? Que se passe-t-il donc ? Avez-vous quelques remarques a me faire… des reproches, peut-être ?

_ Non pas, bien au contraire Jeremiah, vous êtes mon atout le plus précieux et vous savez que je vous vois plus comme un ami que comme un employé. Vous avez su me préférer alors que bon nombre vous proposait des offres d'emploi que jamais je n'aurait pu concurrencer.

_ C'est grâce à vous si j'en suis là aujourd'hui, le moins que je puisse faire c'est vous être fidèle.

_ Et votre fidélité me touche mon garçon. Seulement c'est pour le futur de l'entreprise que je crains aujourd'hui. Je suppose que vous avez entendu les rumeurs qui se profilent ?

_ Quelques racontars de taverne, rien de bien sérieux.

_ Là est votre erreur, vous n'êtes donc pas au courant.

_ Au courant de quoi monsieur, je commence à me languir de ce petit jeu. Qu'est-ce qui se trame dans notre si paisible cité ?

_ C'est officiel, le début de la guerre vient d'être annoncé par Dame Taliësin, il semblerait qu'elle a trouvé des alliés en Cartale. Des alliés d'une très grande puissance selon ses dires. Il est demandé à tous de répondre à l'appel, l'appel de la vengeance sur les humains.


La guerre. Le pire scénario que Jerry avait pu envisager et il tombait comme un couperet sur sa tête. Comment après tant d'années pouvait-on en arriver là, encore et toujours la même rengaine. La haine n'engendre que la haine, elle s'immisce ne laissant aucune place à la paix. Jerry aimait sa race plus que n'importe qui mais il avait appris à pardonner, à vivre en paix, ne plus rechercher le sang. Peut-être que le temps passé seul au coeur de la nature l'avait ramolli, il n'empêche que le cercle de la violence recommençait et la fragile paix venait, à ses yeux, de voler en éclat sous le terrible marteau de la guerre. Mais malgré ce si puissant sentiment qui l'animait, il savait très bien que rien n'y changerait, les Thériantrophes n'avait pas su passer au delà de leur maux pour se forger un avenir, leur haine n'avait fait que grandir dans leur coeur et c'est avec plaisir et violence qu'elle se libèrait aujourd'hui. Arrêter cette folie ne serait que pure utopie et bien qu'il avait juré de ne jamais devenir ce que son père voulait de lui, il semblerait que le destin le rappelle à son bon souvenir. Lui, le rêveur qui avait renoncé aux métiers des armes pour vivre selon ses aspirations, en pacifiste et homme de bien, il est évident que le destin se joue parfois de nous.

Il serra la main de Monsieur Locksley, le remerciant pour la chance qu'il lui avait donné, ces 10 dernières années avaient été magnifiques. Il confia à cet homme tous ses biens, après tout il était son seul lien à Endar. Et c'est résolu qu'il sortit de l'échoppe, il venait de dire adieux à la partie la plus heureuse de sa vie pour se plonger dans l'horreur de la guerre qui se préparait. Il ne le faisait pas pour lui mais pour sa race et il avait un objectif, un projet fou. Celui d'atteindre les hautes sphères, impossible me dirait vous, mais impossible n'est pas Jerry. Parce qu'il se sentait investit d'une mission, celle de redonner vie à son peuple, il serait aisé de se cacher derrière de grand principe, comme quoi la guerre c'est mal, qu'il faut tendre l'autre joue et tout le tremblement. Lui, savait que les seuls moyens à son service, c'est son corps, son esprit et son entraînement. Et c'est grâce à ces trois éléments qu'il gravirait les échelons du Clan pour que sa voix soit entendu et que son peuple puisse enfin goûter à la paix et la sérénité. C'est sur cette détermination devenu inébranlable qu'il partit pour s'engager dans cette folie et en espérant que sa volonté lui permette de pas y céder. Il se dirige alors vers la place centrale.

Jeremiah se dirige vers un attroupement, visiblement on passe par ici pour s'engager. La file est composée de tout ce que peut offrir Arana, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femme, tous avec la même volonté, celle de servir le Clan. Il est à la fois peiné et heureux, triste que certains partent pour une mort presque certaine mais content que autant ont su répondre à l'appel.

Après quelques minutes au coeur de cette foule, il arrive devant un homme en armure entrain d'écrire derrière son bureau. Étant assis, Jeremiah le surplombe de toute sa masse, le recruteur relève alors la tête sur l'homme qui lui fait ombre. On peut ainsi voir ce visage taillé par les batailles, une unique balafre barrant un oeil vitreux jusqu'à sa lèvres supérieur, lui conférant une bouche en bec-de-lièvre laissant apparaître les premières dents de sa rangée supérieur. Bref pas très accueillant au premier abord, mais c'est pas ça qui va décourageait Jeremiah, bien au contraire cela le motive pour que plus jamais cela ne se reproduise sur l'un des membres de son clan. Ses deux yeux fixent sans interruption cet oeil unique qui lui fait face. Cette scène se passe de parole, le dialogue est muet et c'est Jerry qui rompt le silence toujours avec son air des plus sérieux.


_ Jeremiah Mäckrog, volontaire.

Et voilà tout avait été dit, avec ces trois mots son destin était lié. L'homme n'avait plus rien à lui demander, sa seule réponse est un geste pour pointer du doigt l'endroit où il allait échanger sa peau de bûcheron pour celle d'un soldat. Jerry lui répondit d'un sourire reconnaissant et bienveillant. Le recruteur ne le quitta pas de l'oeil tandis qu'il s'avançait vers la direction qui lui avait indiqué. Peut-être avait-il été intrigué par cet armoire à glace qui venait de lui adresser une chose qu'il n'avait sans doute pas vu depuis longtemps et encore moins de la part d'une nouvelle recrue, un véritable sourire.

Jeremiah rejoignit ceux qui comme lui avait aujourd'hui donner leur destin pour le clan. En passant dans leur rang, on pouvait voir beaucoup de sentiments, la fierté, la peur parfois maladroitement dissimulée, la détermination, la conviction et même l'indifférence. Ils semblaient tous attendre quelque chose ou quelqu'un, les on-dits allaient bon train et apparemment Dame Taliësin comptait nous honorer de sa présence. Jeremiah n'avait qu'entre-aperçu celle qui dirige le Clan du Sud, lui qui passait le plus clair de son temps en extérieur, les mondanités et les choses de la ville n'ont toujours été que mystère à ses yeux. Mais rencontrer celle qui va les mener à travers les lignes ennemis, c'est un autre affaire. Il n'a pas l'habitude de juger les gens surtout ceux qu'il ne connaît ni d'Ève, ni d'Adam mais il est curieux de faire face à cette femme qui va avoir sa vie et celle de ses nouveaux compagnons entre les mains. Il veut s'assurer que tout ceci n'est pas une vile mascarade, que celle-ci aura les épaules pour prendre les décisions qui s'imposent lorsque des vies seront en jeu, si elle sera assez forte pour les mener à la victoire malgré les sacrifices. Bref, savoir si elle sera un vrai chef pour le Clan, avec tout ce que ça implique.

Mais d'ici là, Jerry s'installe un peu à l'écart du groupe, et il continu d'observer ses visages. Il sera heureux de tomber sur l'un d'eux en cas de coup dur, il ne devra plus penser en tant qu'individu mais en tant que Thériantrophe. Il devra faire parti intégrante du groupe, car sans cohésion nul victoire. De plus en plus, il se rappelle les leçons de son enfance, celles de son père, quelle ironie. Mais aujourd'hui c'est même enseignement pourront lui sauver la vie et peut-être aussi celle de ses compagnons. Il reste ainsi pensif attendant la venu de celle qui va à présent disposer de leur vie, pourra-t-elle en faire bon usage ceci reste à savoir.
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MessageSujet: Re: La vérité.    Jeu 29 Nov - 20:58

HRP: J'attends la réponse de Mik d'ici le we (car Setesh s'absente), sinon je répondrai en début de la semaine prochaine!
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MessageSujet: Re: La vérité.    Ven 30 Nov - 18:23

Malgré toute sa concentration à se faire discret, Mikheil parvint quand même et malgré lui à croiser le regard de sa chef, à la longue chevelure sauvage et ondulante. Il soupira intérieurement et hésita, lui sembla-t-il pendant des siècles, à ce qu'il devait faire maintenant qu'il avait été repéré. Le scorpion n'avait aucune excuse, et juste par politesse à la hiérarchie il se devait de saluer. Ne serait-ce qu'un geste de la main, cela n'était pas non plus impossible...
Simulant des toussotements afin de ne pas trop parler, en se rapprochant des deux thériantrophes, Mikheil resta tout de même quelque peu distant. Évidemment lorsque la belle Kalyäh était dans son entourage, son côté animal resurgissait et il faisait attention à tout danger qui pourrait la nuire. Le scorpion répondit à son geste en un signe de tête. Une fois face à Setesh, il lui serra le bras, et se tournant vers leur chef, il parla d'une voix ferme et forte comme à son habitude, cachant nombreux sentiments.

« Vous avez bien parlé, Dame Taliësin. Et je pense que vous avez redonné espoir et courage à beaucoup » déclara-t-il en désignant d'un coup d’œil la foule qui parlait entre eux, avec sur leurs visages des traits adoucis. « Et il est évidemment inutile de préciser que je me tiendrais à vos côtés lorsqu'on savourera notre vengeance » lui sourit-il en plongeant son regard dans le sien. Il ne lui dit pas non plus qu'il aurait un oeil sur elle à chaque seconde et qu'il ne sera jamais bien loin. Non pas qu'il doutait de ses capacités, qu'il savait compétentes, mais des bras bienveillants en plus ne feraient guère de mal.

Mikheil avait un peu oublié Setesh qui traînait à côté... D'ailleurs, sans s'en rendre compte il avait empiété sur son ami pour se tenir entre les deux thériantrophes afin d'un peu les distancer. Se raclant la gorge, il brisa le silence qui le gêna, et ne prit pas la peine de demander au loup s'il serait de la bataille. Il était évident que Setesh y participera !

Au loin, le scorpion avait repéré un énorme personnage aux muscles saillants, qu'il était difficile d'ignorer. Il ne se souvenait pas l'avoir vu, et se demandait qui il pouvait bien être. Mikheil ne prit tout de même pas la peine de se déplacer... C'était, à vrai dire, qu'il était bien là où il se trouvait. Il se tourna vers Kalyäh, semblant se détendre au fur et à mesure du temps. « Tout va bien pour vous, de votre côté ? » Il aurait aussi aimé demander « et à part la guerre et la politique ? » mais cela serait déplacé étant donné leur relation qui n'était pas la plus proche et amicale qui puisse exister. Il se retint donc, une fois de plus, et se contenta de lui sourire en attendant que sa douce voix effleure ses lèvres.

Mikheil devait encore parfaire ses fouets chez ses plus humbles et sages marchands en qui il avait confiance, l'un d'eux était légèrement abîmé. Regardant tour à tour Setesh et Kalyäh, il prévint d'une voix sereine qu'il devrait bientôt prendre congé de leur agréable compagnie pour continuer ses vagabondages de guerrier, en d'autres termes son petit shopping à lui. « Si par ailleurs il vous manque quelque chose, n'hésitez pas ». Le scorpion reprit son attention sur le loup, qui scrutait. Il voulut lui demander ce qu'il comptait faire à présent mais se retint finalement. Ce n'était décidément pas son genre de s'imposer ou déranger.
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MessageSujet: Re: La vérité.    Mer 5 Déc - 19:10



HRP: Désolée du retard et de la longueur du RP. Faudrait qu'on se bouge un peu ^^


La frénésie qui entourait cette future guerre était palpable, tellement que Kalyäh avait du mal à contenir les différentes émotions qui s’emparaient d’elle : à la fois la joie, la satisfaction, et beaucoup d’autres. Elle sentait le pouls de la population, s’agitant à gauche et à droite, commençant déjà à se préparer. Mikheil vint finalement à eux et brisa l’instant de silence qui s’était installé entre les deux thériantrophes. Il engagea la conversation en la complimentant sur ce discours, ce qui, elle devait l’avouer, apaisait un peu le stress qu’elle avait l’habitude de ressentir dans ce genre de situation. Le regard de l’homme croisa le sien, et elle le soutint quelques instants avant de jeter un œil sur la foule, le sourire aux lèvres.

À chaque instant qui s’écoulait, elle s’imaginait déjà en armure, en train de combattre aux côtés des Nocturnes. Elle espérait que la confiance qu’elle leur avait accordée serait digne de ce nom, après tout ce temps. Ramenant doucement ses iris noirs dans ceux de Mikheil, elle répondit :

« Les dernières semaines ont été éprouvantes… mais aujourd’hui ça va. » Avait-elle dit avec un brin d’hésitation.

En effet, les choses n’avaient pas été faciles. Avec l’entraînement de sa fille pendant lequel elle avait du se priver de sa présence trois longs mois, et la rencontre d’Artemis qui l’avait fortement troublé en plus de son voyage en Cartale, Kalyäh ne savait plus où donne de la tête. Mais à présent, elle ne devait que s’occuper de cette guerre… et rien d’autre. Enfin… théoriquement.

Plongée dans ses pensées, son regard vogua sur un homme à la forte carrure. Elle remarqua par la suite son allure déterminée, chose qu’elle appréciait chez les siens. Surement venait-il de donner son nom au responsable du recrutement, ce qui fit naître un sourire sur ses lèvres.

« J’espère que tout vas bien pour vous également. Nous n’avons pas tellement eu l’occasion de discuter. D’ailleurs, comment va Daëron? » Elle marqua une pause, jaugeant les deux hommes du regard. « Ne vous inquiétez pas, je ne manquerai pas de vous le faire savoir. Je vous remercie par la même occasion de me soutenir »

Elle ne manquait de rien, sauf peut-être un peu de compagnie. Parfois, ensevelie sous une tonne de travail, la chef des sudistes négligeait un peu son côté sociable et sa vie personnelle, mais cela… elle ne se l’avouerait jamais.
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MessageSujet: Re: La vérité.    Ven 14 Déc - 5:01

Le scorpion devait se l'avouer. Malgré l'agréable présence du secteur (sans parler, évidemment, des deux mâles dont il pourrait se passer), qui n'était autre que Kalyäh, Mikheil se sentit légèrement mal à l'aise. Il aimerait bien remplacer tous ces bruits, ces gens qui poussent et qui se dépêchent, par le calme dangereux et le silence inquiétant de la jungle. Il n'était nullement misanthrope mais avait, certes, des tendances de solitaire bien à lui qu'il se voyait mal mettre de côté...

Tandis qu'il échangeait quelques mots avec Dame Taliësin, il buvait ses paroles les unes après les autres en ne les écoutant qu'à moitié, mais devinait que ce n'était que positivité et optimisme. Ça avait toujours été le cas, avec elle, et le thériantrophe se demanda un instant si elle ne s'impliquait pas trop dans son rôle de chef en risquant de tout délaisser à coté.
Mikheil ressentit la frénésie de son cœur qui le suppliait d'aller autre part, loin, et de se changer les idées. Écouter cet organe, aussi vital soit-il, n'avait jamais été une habitude chez lui, mais pour une fois il fit une exception à la règle.

Se raclant la gorge, il s'adressa surtout à Kalyäh d'une voix qu'il espérait douce et tranquille. « J'aimerai rester bien plus longtemps encore si je le pouvais, mais le devoir m'appelle. » disait-il en faisant surtout référence au matériel à retaper et aux provisions qu'il devait rassembler. Et, prenant son courage à deux mains en maudissant tacitement une partie de sa vie, il rajouta : « Et... et si un jour l'envie de chasser pour faire le plein de provisions, ou... ou autre chose vous prenait... Et qu'il n'y a personne d'autre de disponible, et bien je... Disons que j'ai beaucoup de temps libre » Il s'inclina vite et s'en alla sans vraiment attendre de réponses. Il avait parlé assez bas pour que Setesh ou quiconque, ne l'entende et c'était très bien comme ça !

S'éloignant vers la forêt, Mikheil se fraya un passage en bousculant la foule qui obstruait son passage, pestiférant silencieusement contre lui-même. D'être parti tel un voleur, comme ça, il ne connaîtra jamais la réponse, et ça lui apprendra !

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La vérité.

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